RIEN NE VA PLUS ! FAITES VOS JEUX !
Un Loiret obstinément plus à droite
Une 4ème circonscription (le Gâtinais) en tête de l'extême
A propos des résultats nationaux du premier tour qui placent François Hollande à 28,63%, Nicolas Sarkosy à 27,18%, Marine Le Pen à 17,90%, Jean-Luc Mélenchon à
11,11%, François Bayrou à 9,1% et Eva Joly à 2,20% pour ne citer que ces candidats, une fois de plus le Loiret se distingue. Contrairement au national, le candidat président sortant
distance François Hollande : 29,31% pour l'UMP(+2.13%) contre 25,45% pour le PS (-3,12%), 20,58 pour le FN (+2,68%), 9,53% pour le Front de Gauche, 9,31% (+0,21%) pour le Modem et 1,89%
(-0,31%) pour Eva Joly. Plus grave encore sont les résultats de la 4ème circonscription, celle où je vis. Le sortant obtient 29,8%
(+0,49%), le FN 25,2% (+4,62%), François Hollande 21,5% (-3,95%), Jean Luc Mélenchon 9,8% (+0,49) , malgré nos votes Eva Joly
est à 1,6% (-0,29) même si elle obtient à Cortrat le record départemental à 14,29% la plaçant en troisième position derrière Sarkozy et Hollande, mais devant le FN. A remarquer que la 4ème
circonscription sur les six du Loiret est la championne concernant le FN. Je ne peux m'empêcher de faire un lien entre la pauvreté de cette circonscription et ce vote extrême. N'oublions pas
que Montargis est la 334ème ville sur 334 concernant le revenu par foyer fiscal et que Châlette-sur-Loing est la 334ème sur 334 en terme de revenus par habitant, et l'ensemble des chefs lieux de
cantons passe la 300ème place. Je n'oublie pas que notre bassin d'emploi est le 3ème de la Région Centre en terme de chômage. Gâtinais, "territoire dévasté"disait-on déjà sous Rome et
les Mérovingiens. A méditer. Dans cette quatrième circonscription, la Gauche n'est pas en terre de mission mais en terre de punition ce qui oblige toutes ses sensibilités à faire preuve
de beaucoup de responsabilité.
La tentation inavouée de la Droite
Le lapsus du 4 mai de Longuet
Même si la Gauche réunie est dans une configuration favorable à une victoire à la présidentielle, Droite et Extrême-droite restent majoritaires dans
l'électorat national. Elles se tiennent par la barbichette au point parfois, dans les discours de leurs leaders, de se confondre. Le plus étonnant lorsque l'un des leaders de l'UMP fait
remarquer à la gauche qu'elle se met une pince sur le nez, la Droite-UMP-Centriste s'offusque d'être assimilée au FN. Lequel a la pince à linge sur le nez ? Reste que Monsieur
Longuet, ancien militant d'Occident (groupe d'extrême-droite), répondant à l'hebdomadaire d'extrême droite « Minute », le Ministre de la Défense a jugé qu'il existe « une
différence notable entre Marine Le Pen et son père ». Et de poursuivre :« Tant mieux, car il sera désormais possible de parler de sujets difficiles avec un
interlocuteur qui n'est pas bienveillant mais qui, au moins, n'est pas disqualifié ».Si ce n'est pas de la banalisation, qu'est-ce que c'est ? Il a expliqué au micro de Frédéric
Rivière ses positions prises dans l'interview donnée au journal d'extrême-droite "Minute", et qui ont provoqué une polémique. Ce matin 4 mai, il s'est lancé dans une argumentation
compliquée sur RFI : "La question se pose à la gauche comme à la droite, comment gérer la relation avec un parti qui a la tentation de se banaliser (...) Et pour nous au Front national... euh...pour eux au Front national..."
Il est vrai qu'une partie de l'UMP n'adhère pas à ces propos, en rappelant qu'« Il n'y aura jamais d'accord électoral avec le Front national, ni de
discussion ou de négociation avec les leaders du Front national".Reste que chaque scrutin où le FN fait un gros score, suscite des voix discordantes au sein de l'UMP. Personnellement je
n'oublie pas les élections régionales de 1998 où la droite dite républicaine s'était alliée en Région Centre avec le FN afin de spolier la Gauche de sa majorité relative, et qu'après avoir avoir
élu un président, il a fallu d'immenses manifestations sur l'ensemble de la région pour que ce dernier démissionne et que la droite républicaine fasse marche arrière dans cette alliance.
Mais la tentation est toujours là quatorze ans après. En fonction des résultats, ce débat pourrait rebondir après le 6 mai au sein de l'UMP.
Cette montée d'un électorat Front national n'est pas le fait du hasard mais, d'une certaine manière, la conséquence des
propos ou des postures tenus par le Président sortant ou certains de son entourage proche. C'est aussi le résultat de la politique menée durant les dix dernières années et particulièrement depuis
2007 qui a laissé à l'abandon des catégories entières de classes populaires et vidé le territoire de tous services publics, qui se trouvant alors en difficulté, recherchent à tort des boucs
émissaires. D'abord "l'étranger" à commencer par des Français de nationalité, celui qui perd son emploi, les fonctionnaires, d'autres catégories professionnelles et finalement à défaut
le voisin tout simplement parce qu'il paraît "bizarre". Lorsque le Président sortant lors du débat d'hier déclare un mandat sans violences ni mouvements populaires graves, visiblement
il n'a pas intégré la violence de sa politique, de sa manière d'être, de ses propos et de ses décisions sans concertation (contrairement à ce qu'il prétend). Le mensonge qu'il dénonce à tout
propos n'est que le sien élevé au rang de méthode de gouvernance, et projeté sur les autres. Il est plus que temps de se libérer de lui et des siens. La France doit retrouver une
respiration salvatrice.
La montée des populismes plus que jamais condamne François Hollande à réussir.Si par malchance,
maladresse ou pour d'autres causes il ne réussit pas à redonner à notre pays et à ses habitants une partie de leur espérance, et ce dans leur vie quotidienne, la prochaine fois, l'alternance
risque de voir arriver au pouvoir l'Extrême-droite ou ses idées, quelle qu'en soit leurs apparences.
Concilier idéal et réalité, c'est aussi grandir
Pour les amis, et j'en connais, qui trouvent François Hollande trop mou, pas assez de "gôche", la vraie question d'une présidentielle : peut-on arriver à la
gagner sur une ligne pure et dure? c'est-à-dire celle-là même qui nous appartient et que l'on pense juste? Je pense que non et que pour faire plus de 50% des voix en France, il faut forcément
sortir de son camp, de son pré carré, sans pour autant ne rien lâcher sur l'essentiel de ses valeurs, on doit forcément s'agréger l'adhésion d'électeurs qui au regard
de certains ne sont ni purs ni durs et parfois d'une autre culture politique (ils sont différents). Questions, qui possède à ce point la "Vérité"? Qui détient le curseur, l'étalonnage de la
"juste cause"? De cette recherche d'une "pureté" supposée existante (nous sommes là dans un intégrisme quasi-religieux), chacun en connaît les dérives. Le compromis entre l'idéal et la
réalité ne signifie pas compromission, il faut savoir composer comme chacun le fait dans sa vie sociale, professionnelle, personnelle voire affective. Si François Hollande ne m'apporte pas
les réponses que j'espère en tant qu'écologiste , sans doute serai-je amené à discuter, à revendiquer, peut-être à lutter, à m'opposer, mais ma priorité d'aujourd'hui est de renvoyer le Président
sortant et son équipe. Après, c'est sans illusion, et le pire qui pourrait m'arriver à moi et à mes idées c'est d'être heureusement surpris. Sans doute il y a ceux qui préfèrent le statut quo.
C'est vrai que pour certains, il est mieux de ne pas mettre les mains dans le camboui et conserver la pureté supposée en restant finalement confortablement dans une contestation permanente, sans
prendre le risque de la confronter à la réalité des autres qui par essence sont différents et posent des limites à "une toute puissance". Aujourd'hui, pour ceux qui seraient dans cette posture,
cela reviendrait à reconduire le président sortant et de rester dans le rôle d'une opposition "révolutionnaire",
alors qu'elle n'est, au bout du compte, qu'un conformisme conservateur et immobile.
Lors du débat du 2
mai, à propos du nucléaire, j'ai été surpris de voir les deux candidats parlant des énergies fossiles, gaz et pétrole en oubliant de préciser que le nucléaire ne fonctionne pas à l'eau fraîche
mais que son carburant n'est autre que l'uranium dont il dépend. La France ne possède pas d'uranium, notre indépendance énergétique est suspendue à une réserve somme toute limitée de ce
minerai qu'il nous faudra à l'avenir acheter de plus en plus cher compte tenu de sa rareté, à moins que nous ne restions bientôt plus les seuls à dépendre, pour notre
électricité, presque totalement de l'uranium. Pas un mot évidemment sur les 250 000 tonnes de déchets radioactifs que l'on ne sait toujours pas traiter. Bon, sur ces sujets et bien d'autres
encore nous serons vigilants et actifs afin que la crise environnementale dans toutes ses déclinaisons (sociétale, économique, sociale, sanitaire...) soit prise en compte et que les lignes
bougent concrètement dans le cadre de l'intérêt général.
C'est dans cet esprit que le Dimanche 6 mai, je voterai François Hollande, non seulement pour aider
le Gâtinais, le Loiret, mais aussi la France et l'Europe pour contribuer à la mise en place d' un monde solidaire et juste.
Derniers Commentaires