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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 17:46


sur quel projet de société ?


Lors de l'assemblée plénière des 26 et 27 mars derniers, à l'occasion d'une décision budgétaire modificative, l'exécutif régional (auquel j'appartiens) a proposé des priorités et des financements sur différentes poliltiques régionales. C'est d'un plan régional de soutien économique et social dont il s'agit afin de soutenir l'économie et l'emploi durement malmenés par la crise dans notre région. C'est une augmentation des dépenses d'investissement de 17,525 millions d'euros en crédits de paiement . A remarquer que ces financements s'opèrent sans augmentation de la pression fiscale ni de l'emprunt mais par des choix de priorité.
Au delà d'un tel plan qui répond à l'immédiat indispensable et nécessaire, la question qui devrait se poser est celle sur la relance, l'innovation, et la sortie de crise. Ces temps de difficultés ne devraient-ils pas être l'occasion de revisiter en profondeur le sens de nos politiques économiques, sociales et environnementales. Quand j'entends les uns et les autres parler sur un ton volontariste de la relance à venir, je reste dubitatif et perplexe sur le sens concrêt des discours tenus...
Voici mon intervention pour le groupe vert lors du débat précédent le vote de ce plan régional de soutien économique et social.


exposition Meroll, Le Lieu Unique, Nantes.

Monsieur le Président,

Chers(es) collègues,

 

Vous écrivez que cette crise se situerait proche de celle de 1975. Sur le fond, permettez-nous de ne pas partager cette analyse. La crise économique d’alors était due à la guerre du Kippour entre les pays arabes et Israël d’octobre 1973, qui elle-même était la conséquence de la guerre de 1967 entre Israël et ses voisins. Les producteurs de pétrole d’alors étaient principalement du Moyen-Orient qui au sein de l’OPEP ont utilisé l’or noir comme un moyen de pression sur le reste du monde, chacun ses armes! Nous étions dans le scénario d’une crise énergétique avec ses conséquences économiques et sociales pour les pays dépendants. Entre 1975 et aujourd’hui la mondialisation du « tout marché » s’est imposée et génère une conjonction de multiples crises : financière, économique, sociale, écologique, énergétique, alimentaire, sanitaire, identitaire, etc… sans perdre de vue une démographie mondiale qui ne cesse d’augmenter et qui créé toujours plus de nouveaux besoins.

 


Vous allez répondre à juste titre que la Région Centre ne peut prendre en charge tous les maux de la terre. Néanmoins admettez que la région n’évolue ni en dehors du contexte français et européen, ni en dehors du monde, donc ces crises la concernent à des degrés divers : d’où ce plan régional de soutien économique et social. Ce plan, on peut l’espérer, devrait au travers de cette décision modificative budgétaire, bénéficier à des investissements supplémentaires dont le but est de soutenir l’emploi par une activité économique aidée.

 

Vous écrivez que le plan de relance de l’Etat est insuffisant et n’est pas à la hauteur. Comment le serait-il alors que le premier ministre après avoir voté le bouclier fiscal en septembre 2007 déclarait l’Etat français en quasi-faillite et qu’à la fin de cette même année 2007, Nicolas Sarkozy déclarait qu’il ne pouvait pas faire sans argent. Curieuse UMP et son chef de l’Etat de Président, qui il y a encore un an affichait un libéralisme débridé et forcément avec moins d’Etat et de services publics et qui aujourd’hui dans leurs discours sont de farouches partisans de l’omniprésence de l’Etat. Le bateau est ivre.


 


La situation est complexe. A la fois, il nous faut être réactif (ce que nous faisons régionalement avec ce plan), pour aider l’emploi auprès d’une population inquiète et parfois dans le désarroi,et, en même temps, anticiper la suite de l’évolution du futur. C’est que, sur les revenus du travail, les choix de société pèsent lourd sur le budget des familles alors que les inégalités sociales ne cessent de se creuser. Le monde politico économique ne parle « en boucle » que de sortie de crise et de relance. La question que les Verts posent c’est : quelle sera-t-elle ? Quel sens, quelle philosophie et quelle cohérence aura-t-elle ? Parce que nous sommes dans une transformation systémique, alors, cette sortie de crise c’est maintenant que nous devons la penser. Attention, que la relance ne soit pas une fuite en avant d’un système qui, pour le profit de quelques-uns et d’intérêts particuliers, détruit plus qu’il ne construit au détriment de tous les autres, voire de continents entiers, du vivant et des générations futures.

 

Quand l’échec d’un système est patent, il faut penser à autre chose. Se poser les bonnes questions, sortir des idées reçues et de la pensée unique, largement entretenue par un productivisme toujours bien présent au sein des grands partis ce qui d’ailleurs a abouti à consacrer la domination de l’économique sur le politique. Il faut sortir du conformisme ambiant et ne pas sans cesse opposer la gestion à l’indispensable utopie nécessaire et vitale pour oser autre chose, car de vous à moi, vous pensez réellement que cette forme d’économie mondialisée est là pour l’éternité ? Nous ne le pensons pas, et ce d’autant plus, que si nous  les politiques,décidons partout où cela est possible, d’infléchir autrement l’action publique et de faire autrement, alors d’autres politiques sont possibles.

 

Ces sortie de crises (et il n’y en a pas qu’une) sont autant d’opportunités pour le développement local. Quelle perspective longue et sur le très long terme puisqu’il nous faut à la fois changer lentement mais de façon urgente. Il nous faut une mise en perspective avec des objectifs en sachant évaluer et bouger si nécessaire dans le temps. Il nous faut brasser les idées anciennes et les nouvelles. Il nous faut également utiliser l’accélérateur et le frein. Les enjeux sont tels qu’il est urgent de modifier nos manières de produire mais et surtout nos manières d’être et de vivre ensemble, c'est une affaire comportementale. C’est quoi l’échange dans notre société ? Il nous faut durant cette crise concevoir de nouvelles pratiques de médiation sur l’impératif social (pas d’écologie de classe par des bonus-malus au détriment des plus précaires), économique et écologique (n’oublions pas qu’en grec Ecologie et Economie sont deux mots frères, le premier « la maison des hommes », le second « la bonne gestion des biens de la maison ».si bien que: dis-moi quelle économie tu défends et développes et je te dirai quelle écologie tu réalises ».

 

Ce vaste chantier quasi-incontournable qui dépasse largement des aspects techniques, mais qui touche à leur mise en cohérence par une philosophie qui les porterait à l’échelle régionale et qui donnerait du sens à cette relance de sortie de crise, oblige à écouter et entendre les minorités et ceux qui pensent différemment. C’est à cette seule condition que d’autres orientations économiques, sociales et écologiques s’imposeront concrètement.
 

 Parallèlement à ce plan de soutien économique et social, les Verts souhaitent que le Conseil régional s’engage encore plus dans une réflexion avec des objectifs concrêts sur une sortie de crise porteuse de valeur et de cohésion sociale. Ne souhaitons-nous pas que cette période de crise de l’emploi soit mise à profit pour former encore plus notre population ? Alors donnons l’exemple pour imaginer une véritable sortie de crise qui permette bien concrètement à nos concitoyens d’acquérir un véritable « pouvoir de vivre » bien inscrit dans la durée.

 

A propos d’écoute, lors d’une précédente session, le Groupe Vert avait déposé un amendement sur les économies d’énergies dans les lycées à la hauteur de 5 millions d’€. Amendement rejeté par cette assemblée. Pour ce plan de relance nous nous félicitons que vous ayez retenu la proposition que les Verts avaient faite. On aurait pu gagner 3 mois.

 

Sans aucun doute, nous nous félicitons de ce plan de relance mais néanmoins en terme de Développement Durable, même si il y a des avancées par exemple sur le rail ou sous d'autres formes, les Verts estiment que l’on relève aussi quelques contradictions qui vont faire l’objet d’amendements.

 

Je vous remercie

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Publié par Burgunder - dans Politique
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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