Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
12 Avril 2009
UN SILENCE TRES PARLANT ...
L'an passé, par écrit, j'étais intervenu auprès du préfet de l'époque pour soutenir la famille
Dzidzikasvili de Montargis (voir
ce blog, mai 2008), celui-ci s'était donné la peine de répondre. Aujourd'hui, le nouveau préfet de la Région centre et du département du Loiret ne répond pas à mes mails et courriers. Ce silence
assourdissant du représentant de l'Etat en dit long sur le mépris que ce préfet exprime vis à vis de ceux qui sont directement concernés, ainsi que ceux, population et élus, qui choqués par une
politique migratoire, en conscience sont contraints de pratiquer activement "le délit de solidarité". Pourtant, n'y aurait-il pas matière à dialoguer sur des sujets aussi sensibles que ces
problèmes humains?

Monsieur le Préfet,
Sans réponse de mon mail et de mon courrier du 18 février 2009, ainsi de mon mail du 9 mars 2009 je m’inquiète de savoir si vous avez été bien destinataire ces trois envois.
Je me permettais dans ces différents messages d’attirer votre attention sur la situation particulièrement difficile de la famille Dzidzigouri, habitant à Nesploy dans le Loiret, et de nationalité géorgienne.
Vous n’êtes pas sans avoir été informé du soutien massif de la population locale et des élus que cette famille reçoit. Dimanche 22 mars, à la mairie de Nesploy, un parrainage républicain a été réalisé par une dizaine d’élus de toutes sensibilités politiques et de fonctions diverses (adjoints au maire, maires, conseillers généraux et régionaux).
Sans rentrer dans les méandres judiciaires, de grâce que l’application d’une logique purement administrative et comptable d’expulsion ne brise pas des familles. Compte tenu de la situation particulièrement délicate et bien fragile de la Géorgie, leur expulsion dans leur pays d’origine revient à mettre cette famille dans une situation extrêmement dangereuse pour sa cohésion et pour la vie de ses membres, sachant que déjà plusieurs membres de la famille ont subi des sévices et que deux d’entre eux ont disparu.
Monsieur le Préfet, de part vos fonctions vous avez la capacité personnelle d’introduire de l’humanité dans cette froide mécanique. De plus, il y a un caractère extrêmement étonnant de maintenir en situation de précarité une famille durant neuf ans sur notre territoire en situation d’inquiétude permanente et avec interdiction formelle d’avoir des emplois, alors que cela serait possible. Je vous rappelle que sur les trois enfants, deux sont nés sur le territoire français et que pour les deux ainés leur scolarité se réalise tout à fait normalement.
Dans mes précédents courriers, je vous posais deux questions dont je me faisais le relais. L’Etat français dispose-t-il d’un suivi sur les conditions des retours dans les pays d’origine des personnes qu’il expulse, a-t-on des statistiques sur ce qu’ils sont devenus, et en cas de mort de ces personnes expulsées, qui serait responsable devant le Tribunal Pénal International ?
En vous remerciant par avance d’une part d’un geste humanitaire, équitable, juste et mérité vis-à-vis de cette famille déjà intégrée parmi nous et d’autre part de vos réponses aux questions que beaucoup de gens se posent et me posent. Restant disponible pour tout échange, recevez Monsieur le Préfet l’expression de mes salutations distinguées.