Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 20:02

 

 
NOUS SOMMES TOUS
SANS PAPIERS!

Comme convenu le dimanche 22 mars dernier, des citoyens et des élus se sont retrouvés à 15h à la mairie de Nesploy (Loiret). Il s'agissait de parrainer la famille DZIDZIGOURI (voir sur ce blog : parrainages républicains, lettre au Préfet du 18 02 09 et Identité sans frontières du 23 02 09). C'est fait, les  proches de la famille georgienne ont parfaitement réussi la mobilisation.
 
La salle de la mairie était pleine, 150, 200 personnes, plus peut être...Nous étions tous là bien serrés pour dire collectivement combien nous souhaitons conserver auprès de nous les sept membres de cette famille. On n'attend pas 9 ans pour renvoyer dans un pays en but à des conflits intérieurs des personnes (enfants compris, dont deux sont nés en France). Ces gens ne sont pas des marchandises, mais des êtres humains et à ce titre nous leur devons respect, soutien et solidarité et ce d'autant plus qu'un retour chez eux reviendrait à les condamner à de multiples tourments dont l'acte ultime, la mise à mort, n'est pas exclu. Tous les présents refusent viscéralement l'application littérale de lois qui portent ainsi atteinte à la condition de vie des personnes. On n'a qu'une vie et au nom de quoi peut-on disposer de celle d'êtres humains quels qu'ils soient ?Derrière les quotas d'expulsion, c'est bien de cela dont il s'agit.

 

Le Préfet,  c'est-à-dire l'Etat ne répond pas à mes questions sur le suivi du retour des personnes expulsées, et sur la responsabilité pénale en cas de mort devant le Tribunal Pénal International. "Normal", ne sommes nous pas en présence d'une règlementation qui est dans une logique comptable dénuée de toute humanité?

 

Thérèse Martin qui avec yves son mari hébergent la famille Dzidzigouri

C'est justement d'humanité et de chaleur dont il fut question entre les personnes présentes durant cet après midi du 22 mars. Beaucoup d'émotion, des larmes aussi, c'est difficile d'être heureux, alors qu'à chaque instant on peut se retrouver rafflé, séparé, jeté dans un avion et l'inconnu au bout du voyage... Que les yeux de Katuna sont cernés, sans doute l'incertitude et l'inquiètude de l'instant à venir. Comment se poser l'esprit et posséder la légèreté de l'être dans une telle situation ?

 

Comment un pays comme le nôtre, avec l'histoire qu'il a connue, comment peut-il flirter avec des politiques déjà vues ? N'aurions nous rien appris sur nous-mêmes ? Alors de grâce, arrêtons cette hypocrisie nationale de laisser faire comme si la chasse aux sans papiers était propre sur elle. Thérèse et Yves Martin, agriculteurs retraités, septuagénaires tous les deux hébergent les DZIDZIGOURI. Tous deux disent : "avant cette histoire, nous n'imaginions pas la réalité des sans papiers, et ne mesurions pas la vie qui est la leur". C'est pourquoi il ne faut pas banaliser de telles situations en se retranchant derrière les lois. C'est toujours au nom de la loi du moment, que l'indiscible se banalise et prend presque figure humaine. L'administration française s'est déjà fait prendre à ce piège. Ne serait-il pas temps sur ces sujets d'immigration de légiférer et d'adopter des textes respectueux d'abord des individus et de trouver de trouver des formules adaptées qui permettent une liberté de circulation au gré des situations individuelles ?

 


Nous étions une douzaine d'élus de toutes sensibilités politique (dont deux Verts ,Thierry Soler, conseiller général du Loiret et moi-même) et de toute nature : des maires, des adjoints, des conseillers généraux, un conseiller régional et le sénateur Jean Pierre Sueur. C'est donc au coude à coude que nous avons parrainer ou marrainer les sept membres de notre famille georgienne : Lizy, née en France en 2006 et parrainée par Anne Beignet, maire de Faye-aux-loges ; son frère Irakli, né en France en 2001 par Jacques Beauvallet, Maire de Chambon- la- Forêt, le frère ainé Zakro par Albert Février, maire de Ladon. Leur grand père du même prénom, Zakro, est parrainer par Franck Demaumont, conseiller général maire de Chalette-sur-loing et marrainé par son adjointe Christine Lander du Collectif Immigré du montargois ; de son côté, la grand-mère, Nelly a deux parrains le maire de Bouzy-la-forêt, Francois Daubin et Thierry Soler, conseiller général du Loiret (canton de Chécy). Jean Pierre Sueur a parrainé Nikoloz leur fils, qui est le père de la petite famille, et moi-même conseiller régional et conseiller municipal de Montargis, j'ai parrainé Katuna, la mère des trois enfants.

l'Eclaireur du Gâtinais, jeudi 26 mars 2009

 Une fois passés ces moments émouvants et forts de solidarité face à l'injustice de leur situation, c'est dans un brouhaha plein de chaleur que tout le monde s'est retrouvé autour d'un verre et des gâteaux nombreux apportés pour la circonstance. Chacun a pu s'entretenir ou échanger avec les réseaux du Comité de soutien comme l'Association catholique Partage, réseau Education sans Frontières, les responsables de parents d'élèves des écoles des enfants ou encore le club de foot Bellegarde-Ladon etc... ainsi qu'avec les membres de la famille. C'est alors que d'autres georgiens m'ont été présentés. Certains ayant obtenu leur régularisation, d'autres sans papiers et en grande précarité. Il est clair qu'on ne peut laisser ces personnes abandonnées à leur sort alors que dans leur pays l'insécurité est totale pour eux. "Vous savez me dit l'un d'entre eux, on ne quitte pas son pays sans raisons. C'est le coeur bien gros qu'on abandonne son chez soi, c'est dur à vivre!" Toujours est il que ce 22 mars n'est pas une fin en soi, mais l'organisation et la mobilisations encore plus fortes autour de ces gens qui vivent parmi nous depuis 9 ans et qu'il faut protèger et garder parmi nous. A suivre...


Les deux garçons  sont déjà partis chez des copains pour fêter un anniversaire...

Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article
8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 23:07



DIMANCHE 22 MARS  2009

PARRAINAGE  REPUBLICAIN
D'UNE FAMILLE
"SANS PAPIERS"
15h mairie de Nesploy, proche de Bellegarde (Loiret)
en présence d'élus locaux et d'associations







La famille Dzidzigouri vivait en Géorgie jusqu’à l’année 2000. Après avoir découvert et dénoncé une fraude électorale une partie de la famille est  arrêtée, assassinée, l’autre partie a disparu. Leurs biens ont été détruits dans un incendie. Ils choisissent la  France comme terre  d'accueil et "pays des Droits de l'Homme".                                

C’est à Bellegarde qu’ils sont logés. Les grands parents:  Zakro, 70 ans et Nelly, 64 ans, les parents,  Nickolose, 36 ans et Katuna, 33 ans, leurs deux petits garçons, Zakro,10 ans  et  Irakli, 8 ans, qui est né en France, comme  la petite  Lizi, née en juillet 2006. Ils apprennent tous le français. Les deux garçons suivent une scolarité normale à Quiers et Bellegarde. Le père est entraineur bénévole de l’équipe des poussins du club de foot Bellegarde -Ladon. Il est lui-même joueur dans l’équipe des vétérans. Depuis huit ans, ils demandent le statut de réfugié politique. Malgré les preuves de la torture et de l’assassinat du frère et de la grand-mère de  Nickolose, malgré un contrat de travail, La France les rejette!  (voir sur ce blog: identités sans frontières).

 Sans la solidarité de tout un village et alentours pour leur venir en aide, ils auraient déjà été expulsés de France en 2007. Aujourd’hui, ils sont sous la menace d’une nouvelle expulsion.

A l’initiative de RESF (Réseau éducation sans frontière) et l’association Partage, soyons nombreux, avec les nouveaux amis(es) de cette famille pour les soutenir.

Pour cette occasion nous  offrons un goûté. Si vous le souhaitez vous pouvez apporter un gâteau de votre confection.



SOUTIENS: RESF 45, Partage, Les Verts, Cimade, PS, PC, MRAP, ASTI, FSU 45, Sud Education 45, Artisans du Monde de l'Orléanais et du Montargois, Les Amis du Monde Diplomatique du Gâtinais, Mouvement pour une Alternative Non-Violente d'Orléans, Droit Devant!!, Collectif Immigrés du Montargois, Groupe Gaston Couté...

 

                                              

Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article
8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 09:40



AVEC TOUT LE RESTE...

Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article
23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 14:16


En mai 2008 (voir sur ce blog), j'avais été interpellé et avais suivi la situation d'Alexandre Dzidzikashvili, sa compagne et leur enfant également réfugiés georgiens et habitant à Montargis. A ce jour, il est toujours en France en attente du verdict de la Cour de justice européenne...
Aujourd'hui, c'est la famille Dzidzigouri également georgienne habitant à Nesploy qui est en grande difficulté. Le dimanche 22 mars à 15h, à la mairie de Nesploy (Loiret), est organisé un après midi de parrainage pour  la famille avec des élus en priorité. Seront également présents l'équipe de foot, plusieurs associations, et bien évidemment la presse locale.
La France n'a pas de politique d'intégration et durant des années elle se joue du destin d'hommes, de femmes et d'enfants car derrière les quotas imposés par la politique du gouvernement se trouvent des êtres humains qui ont dû fuir leur pays d'origine et ont choisi notre pays comme nouvelle patrie. Le penseur de cette chasse à l'homme n'est autre qu'un fils d'immigrés qui aujourd'hui par la politique qui est la sienne ne permettrait pas à son père de reconstruire sa vie en France alors qu'il ne pouvait pas rester en Hongrie, menacé dans sa vie qu'il était...


PERSONNE NE POURRA DIRE:
"ON NE SAVAIT PAS"

Depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1992, la Georgie n'est pas un pays tranquille. Des régions se déclarent autonomes vis à vis de TBILISSI et les affrontements armés sont nombreux. Qui dit affrontement dit armée et population. Nikolose D, bien qu'originaire d'une des régions en sécession, comme citoyen georgien il fait partie de l'armée georgienne et participe à des opérations militaires contre les sécessions. Il quitte l'armée pour se consacrer à son imprimerie et son épicerie, et adhère à un parti politique. C'est comme militant qu'il est désigné par celui-ci pour surveiller le bon déroulement d'un scrutin national. C'est  qu'en  2000, en Georgie, c'est une année électorale. Il constate de nombreuses fraudes et produit des vidéos cassettes afin d'en témoigner. Pas de chance, elles dénoncent le parti qui sort victorieux de l'élection. Sa vie bascule... Son beau frère ,le premier est arrêté et assassiné, de plus, sa soeur  a disparu  depuis ! .La chasse à l'homme est ouverte, l'objet étant de récupérer les cassettes compromettantes. L'imprimerie et l'épicerie de Nikolose sont incendiées et détruites. Il est arrêté et torturé, sa femme Katuna originaire d'une autre région en sécession est violée et perd le second enfant qu'elle porte. Totalement démunis, sur le trottoir et dans une insécurité absolue, il leur faut sauver leur peau à tous les trois. La seule solution c'est la fuite et l'exil. L'exil n'est jamais anodin pour personne, ni simple à vivre. La petite famille georgienne accompagnée de la mère de Nikolose choisit la France compte tenu de sa "réputation" de pays des droits de l'homme et de terre d'accueil. La réalité est beaucoup plus nuancée pour ne pas dire surfaite. La France est capricieuse à propos de l'accueil des réfugiés. Beaucoup l'ont appris à leurs dépends et l'ont, pour certains, payé de leur vie. N'a-t-elle pas non seulement livré massivement des réfugiés à des destins fatals, n'a-t-elle pas déchu de leur nationalité des citoyens français pour cause d'origine! A ce sujet, sa parole est versatile et peu fiable. Tout récemment, ne voulait-t-elle pas renvoyer en Italie d'ex-brigadistes rouges qu'elle avait accepté d'accueillilr dans les années 80 ? Qu'en sera-t-il demain pour les  Farcs colombiens aujourd'hui accueillis sur notre territoire ?



A leur arrivée en France, ils sont pris en charge par un organisme de soutien aux réfugiés. La petite famille obtient un logement à Bellegarde dans le Loiret. Le couple suit des cours de français à Montargis, et en 2001 naît un second garçon. Tout va bien, ou presque...

Nationalement, sous l'impulsion du  ministre de l'Intérieur de l'époque, un certain Sarkozy, le gouvernement ne cesse de durcir sa politique à propos des étrangers. Ce fils d'immigré ne peut accepter que d'autres puissent s'inscrire dans une paisible intégration. Une première demande de carte de séjour se trouve rejetée sans motif. Côté Géorgie, non seulement la grand-mère de Nikolose a été tuée, mais en 2003 son père est battu et laissé pour mort dans un fossé. Recueilli par une infirmière qui passait par là, il est soigné clandestinement par elle et un médecin. Rétabli, comme son fils, il choisit l'exil et fuit pour la France (où il se trouve actuellement) en passant  par la Turquie.

Le temps passe, de trois mois en trois mois, des titres provisoires de séjour mais avec une interdiction formelle du préfet de travailler alors qu'un employeur est prêt à embaucher Nickolose avec un contrat de travail (!).  Une seconde demande d' un titre de séjour est à nouveau rejetée sans explication en aout 2006 ,soit un mois après la naissance de la petite dernière, LIZI. De leur côté, les deux garçons suivent une scolarité normale à Bellegarde et Quiers. Ils jouent au foot au club local avec leurs petits camarades d'école.  Qui est l'entraineur  bénévole de l'équipe poussins du club Bellegarde-Ladon? Et qui joue dans l'équipe vétérans du même club?  Nikolose bien-sûr. L'intégration est naturelle et  tranquille et ne pose pas de problèmes. C'est en avril 2007, soit plus de six ans après le arrivée que la petite famille est frappée d'un avis d'expulsion de leur logement de Bellegarde. L'ordonnance de reconduite à la frontière les frappe et c'est le 23 octobre qu'à 7h30, la gendarmerie exécute et rafle toute la famille et les conduit au centre de rétention de ...Toulouse. A ne pas perdre de vue qu'un centre de rétention existe à Cercotte (à côté d'Orléans) dans le Loiret. Non, c'est à Toulouse qu'on les envoie, sans doute histoire de les séparer de leurs soutiens que sont les 150 personnes de Bellegarde et des environs qui refusent qu'ils soient ainsi traités. Le 26 octobre, le Tribunal administratif de Toulouse rejette la demande de reconduite à la frontière. C'est donc munie d'un nouveau titre de séjour provisoire que la famille Dzidzigouri est libre mais totalement démunie sur les trottoirs de Toulouse. A remarquer que le père Nikolose était du voyage, seule sa mère, absente, avait échappée à la rafle du 23 octobre.

De retour à Bellegarde, les nouvelles de Georgie ne sont pas bonnes. Nikolose apprend que son frère jumeau a été arrêté, et est mort en 2006 sous la torture, à 33 ans. Malgré cette "liberté" retrouvée, la menace d'expulsion est toujours présente. Plus vigilant que jamais, le comité de soutien reste mobilisé, totalement révolté d'une telle situation. Un couple d'agriculteurs en retraite habitant Nesploy (Loiret) décide de loger la famille Dzidzigouri. Yves et Thérèse Martin viennent d'achever l'aménagement d'un gîte rural, qu'importe, ils le mettent à, disposition. Ainsi sont logés les trois enfants : Zakro, Irakli et Lizi, leurs parents Nikolose et Katuna, ainsi que le père et la mère de Nikolose. Les services de la préfecture font bien  pression par des recommandation pressantes du genre : "de ne pas politiser et ébruiter l'affaire". Résultat, le couple et le Comité de soutien avertissent la presse locale qui réagit favorablement.


Le futur passeport de Nikolose


Le 27 janvier 2009, soit presque neuf ans après leur arrivée en France, la Cour administrative d'appel de Bordeaux a statué en confirmant  la demande de reconduite à la frontière d'octobre 2007 pourtant annulée par le Tribunal administratif de Toulouse . Désormais au jour d'aujourd'hui, tout est possible, allant jusqu'au retour en Georgie où il est clair que leur vie est en danger. Dans mon courrier au Préfet, du 18 de ce mois, je lui ai posé cette question "en cas de mort des personnes expulsées, qui serait responsable devant le Tribunal pénal international ?(voir sur ce blog)" .
Ne sommes-nous pas dans le cas présent devant une attitude qui en cas de reconduite à la frontière relève de  la non-assistance à personnes en danger ? En tous cas, jamais personne ne pourra dire "qu'on ne savait pas", alors, il faudra bien que certains assument leurs responsabilités. Je ne souhaite pas en arriver à ce stade. La famille Dzidzigouri doit rester parmi nous. Ils nous ont choisis.

 

Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article
18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 17:03

 

 

Pourquoi?
La Famille Dzidzidgouri (trois enfants), bien intégrée depuis 2001 à Bellegarde et Nesploy dans le Loiret est à nouveau menacée de reconduite à la frontière. Aujourd'hui, en tant qu'élu-citoyen, j'ai écrit à Monsieur Bernard Fragneau et j'invite tous ceux qui le peuvent à en faire autant. De plus, signez la pétition très rapidement (voir sur ce blog).
                                                                                        
                                               Montargis le 18 Février 2009

 Monsieur le Préfet,

 

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation particulièrement difficile de la famille Dzidzigouri, habitant à Nesploy dans le Loiret et de nationalité géorgienne.

 

Je n’interviens pas sur les méandres judiciaires qui donnent un contour légal à sa possible expulsion de France. Je m’étonne cependant qu’habitants du Loiret ils se retrouvent au Centre de rétention de Toulouse et que ce sont les tribunaux de Toulouse et de Bordeaux qui sont saisis de leur affaire, ce qui pour le moins ne facilite pas leurs démarches.

 

Suite à la décision de la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux du 27 janvier 2009, qui confirme la demande de reconduite à la frontière émise en 2007, pourtant annulée par le Tribunal Administratif de Toulouse le 23 octobre 2007, aujourd’hui cette décision fait l’objet d’un pourvoi devant le Conseil d’Etat, mais en attendant la famille risque la reconduite à la frontière dans des délais courts ( !!!).

 

Ce qui m’interpelle le plus dans le cas de cette famille, c’est que l’Etat français dont vous êtes le représentant n’ignore absolument pas la situation actuelle qui est celle de la Géorgie. Vous n’ignorez pas que certaines communautés sont persécutées par l’actuel gouvernement géorgien. La crise de l’été dernier, avec l’intervention de la Russie, a clairement mis en évidence la situation réelle de ce pays.

 

En 2000, la situation de famille de Monsieur Nikolose Dzidzigouri s’est brutalement et violemment détériorée. Arrestations, tortures, et ses biens incendiés et détruits. Des membres de sa famille sont assassinés ou meurent sous la torture, et sa femme est violée et perd le second enfant qu’elle portait. Cette famille aux abois a choisi la France comme terre d’accueil et a bénéficié durant quelques années d’un calme relatif. Ainsi ils ont obtenu un logement à Bellegarde, d’où ils ont été expulsés en octobre 2007, suite à leur internement au Centre de rétention de Toulouse.

Depuis 2001, deux enfants sont nés sur le sol français, et cette famille - enfants compris - est parfaitement intégrée là où ils vivent, d’où un soutien fort de la population locale. Il est clair que reconduire à la frontière et à les rapatrier en Géorgie, revient à briser cette famille, en toute connaissance de cause avec des risques évidents pour leur vie.

 

A ce propos, de toutes les personnes ainsi expulsées, l’Etat français a-t-il un suivi sur les conditions de leur « retour » dans leur pays d’origine ? Que savez-vous de ces personnes après leur expulsion ? Et disposez-vous de statistiques (derrières lesquelles se cachent des humains) ? De plus, en cas de mort des personnes expulsées, qui serait responsable devant le Tribunal Pénal International ?

 

De grâce, que l’application d’une logique purement administrative et comptable d’expulsions ne brise pas des familles. Introduisez de l’humanité dans cette froide mécanique. Il serait important de mesurer les risques pour leurs vies que court cette famille (les trois enfants compris) en cas de reconduite à la frontière et d’un retour forcé sur le territoire géorgien. Ne perdons pas de vue la famille décimée de Monsieur Nikolose Dzidzigouri et les maltraitances qu’il a lui-même et sa femme vécues, et subies. Circonstances qui les ont portés sur notre territoire. Monsieur le Préfet, vous avez la capacité et l’autorité d’intervenir au cas par cas. Je vous demande en tant qu’élu et citoyen de conserver parmi nous cette famille. Je vous demande une solution humaine dans la mesure où l’avenir de cette famille dépend de vous.

 

Par avance, je vous remercie de l’attention que vous porterez à ma requête. J’ai l’espoir que vous saurez prendre en conscience une décision juste, équitable et humaine, et qui donne à cette famille déjà intégrée parmi nous une véritable perspective de vie. Il ne lui manque que votre autorisation de travail pour ce faire.

 

Dans l’attente de vos réponses et décisions, recevez, Monsieur le préfet, l’expression de mes salutations distinguées. Si besoin est, je suis à votre disposition.

 

 

 

 

Jean-Luc BURGUNDER

   

 

Monsieur Bernard FRAGNEAU

Préfet de la région Centre, Préfet du Loiret

 
Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article
16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 14:16


PETITION

 

LA FAMILLE DZIDZIGOURI est à nouveau en difficulté ; la Cour Administrative d’Appel de BORDEAUX a  statué le 27 janvier 2009 ; elle confirme la demande de reconduite à la frontière émise en octobre 2007 (pourtant annulée par le tribunal administratif de Toulouse le 23/10/2007).

 

Cette décision fait l’objet d’un pourvoi devant le Conseil d’Etat mais la famille risque la reconduite à la frontière ; nous voulons éviter une nouvelle rafle comme celle réalisée en octobre 2007, aussi MOBILISONS NOUS.

 

Zacro et Irakli sont scolarisés avec vos enfants à BELLEGARDE et QUIERS ; ils font du foot  avec eux, ne les oubliez pas.

 

Si vous êtes sensibles au sort des familles sans papiers, si vous connaissez les Dzidzigouri, signez cette pétition.

 

Toutes les signatures recueillies permettront de démontrer que cette famille est intégrée dans notre canton et qu’elle mérite d’être régularisée depuis 8 ans qu’elle est chez nous.


A RETOURNER DE TOUTE URGENCE:

à Myriam PRAT, Nioville 45270 Ouzouer sous Bellegarde


Nom de famille

commune

signature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article
9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 15:53

LE BLOG
http://saintemarthefermebio.unblog.fr
Vous étiez présents (ou pas) à la ferme de Sainte-Marthe lundi dernier.
Le ciel n'était pas avec nous, mais les étoiles… Oui !!!

Nous commençons à nous organiser. Le comité de pilotage du Comité de soutien s'est réunit pour la première fois aujourd'hui lundi.

 


Eric Grelet, dessinateur, créateur et administrateur du blog

Comme nous l'avions évoqué, Eric Grelet (1)  a créé le blog officiel du comité de soutien à la ferme de Sainte-Marthe dont il est l'administrateur 


du matériel avant la vente
Je vous invite à le consulter, à y laisser un témoignage de solidarité et à le faire connaître dans vos réseaux.

 

un intervant avant la vente
Ce blog sera "la courroie de transmission" entre le comité de pilotage du Comité de soutien et l'ensemble des sympathisants de notre (noble) cause.
Le blog se veut un outil de communication intéractif, où chacun peut exprimer ses idées, faire des propositions, des remarques, poser des questions.
On y trouve déjà des photos et articles de presse, des liens et des informations sur les pétitions, dons et soutiens reçus, et bientôt des vidéos.

Il est complémentaire du site officiel de la ferme, www.intelligenceverte.org


durant la vente

Rendez-vous sur le blog (et partout ailleurs !)
Amitiés écologiques et citoyennes,

(1) Éric Grelet dessinateur "en direct" et graphiste

 

http://ericdessins.unblog.fr
Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article
5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 13:40


DES MOTS POUR LE DIRE

 

Suite à l’appel lancé autour de la journée particulière du 2 février, les messages de soutien à la Ferme Sainte Marthe et à l’action de Philippe Desbrosses ne cessent d’arriver à Millançay.

 

Je ne peux évidement pas les publier tous. En voici quelques-uns : Coline Serreau, Edgard Morin, le Directeur du Haut Comité de la Croix-Rouge en Afghanistan. D’autres arrivent tous les jours, comme les Verts, France Nature Environnement (FNE), Yann Arthus-Bertrand, etc… Et il en vient du monde entier…




Cher Philippe,

 

Je suis avec toi de tout cœur et te soutiens dans ton combat contre les forces rétrogrades qui veulent étouffer ton œuvre, ton entreprise et les gens merveilleux qui y travaillent, contre ces voleurs qui veulent ruiner le travail de toute une vie pour le bien de cette planète et de l'humanité.

 

Et c'est précisément au moment où leurs malversations se révèlent au grand jour, où leur criminel mépris des gens soulève l'indignation et la colère d'une part grandissante du peuple français que leur peur les pousse aux actions les plus basses.

 

Ils sentent le danger arriver car leur fin est programmée, le monde ne veut plus de leur système qui affame le tiers-monde et rend malade les soit-disant pays riches dont la majorité de la population peine à joindre les deux bouts et s'empoisonne dans les rayons des hyper-marchés.

 

Tes combats pour la formation de milliers de jeunes futurs agriculteurs en bio, pour la revalorisation de la paysannerie et du patrimoine qu'elle nous a donné, pour une nourriture vivante et saine, pour une autonomie alimentaire et pour la juste ré appropriation des semences libres et variées, cette richesse dont la nature nous a généreusement fait cadeau depuis des millénaires, qui nous nourrit, qui nous appartient comme un droit de l'humain et que les marchands nous ont volé pour leur profits crapuleux, tous ces combats nous sont précieux comme la prunelle de nos yeux.

 

Personne n'a le droit de toucher à un cheveu de la ferme de Sainte Marthe, ce lieu de tous les espoirs dont nous avons besoin comme d'un radeau dans cette société à la dérive.

Je t'embrasse et te dis à très vite pour d'autres combats,

 

Coline Serreau






Cher Philippe je viens de trouver votre appel à Sitges Esagne où je me suis retiré pour faire un livre à la mémoire d’Edwige; Si j’étais à paris je vous aurai rejoint, et de toute façon comptez sur mon soutien et ma solidarité

 

Edgar Morin






Philippe,

 

Je ne pourrai être des vôtres lors de cet ultime appel à la raison. J'en suis navré. Je ne peux pas croire qu'on en soit là et qu'une fois encore l'essentiel, la sagesse et le bon sens soit anéanti parle court terme, le profit immédiat et la vanité.

 

Mon cœur est à tes côtés.

Fidèlement

 

Nicolas Hulot




 

Chers amis,

 

J'ai lu hier votre message qui m'est parvenu par les voies mystérieuses d'Internet concernant le domaine de Philippe. J'ai été très touché de lire cela et toutes mes bonnes pensées sont avec vous.

 

J'ai été d'autant plus sensible à cette situation, que je suis en ce moment en Afghanistan, en mission professionnelle, et que je vois chaque jour les conséquences les plus extrêmes de la logique du système d'exploitation effrénée des personnes et des ressources qui prévaut aujourd’hui. Le pays est en ruine après plus de 30 ans de conflits incessants, la communauté internationale a déversé des milliards mais il y a deux fois 3 heures d'électricité par semaine à Kaboul, pas d'eau courante, pas de tout à l'égout, la sécurité est désastreuse et la seule ressource agricole qui a vraiment progressée est la culture du pavot.

 

A première vue, quelle rapport entre l'Afghanistan et un domaine d'agriculture biologique en Sologne ?

 

Selon moi, ce sont les deux faces d'une même réalité, d'un même système. La crise financière indique la même chose, mais il me semble que cela ne suffise pas encore pour que nous prenions conscience de l'urgence de la situation. Ce système basé sur l'ignorance et l'avidité insatiable a fait faillite, sommes-nous prêt à une remise en question radicale, à une véritable révolution intérieure, non pas par les armes et la violence, mais par un éveil de la conscience ?

 

La prise de conscience de l'interdépendance, de l'interêtre est pour moi le premier pas. Donc, Kaboul et la Sologne sont plus proche que l'on ne s'imagine, il y va de la survie de notre planète !

 

Bien amicalement

 


Tho

 

Directeur du Haut Comité de la Croix Rouge en Afghanistan




Cher Philippe,

 

Je découvre ton mail (hallucinant) la veille de mon départ pour l'Egypte. Même prévenue plus tôt, je n'aurais pas pu être présente physiquement ce 2 février.

 

Mais j'espère que le soutien moral et affectif de tous les amis qui ne seront pas présents contribuera à te sortir de ce mauvais pas. J'ai lu un peu rapidement l'attaché (c'est compliqué!) mais je suppose qu'il s'agit, une fois encore, d'une solide magouille.

 

Avec tout mon soutien et mon affection

 

Simone Denaeyer.

Université de Louvain




Sauvons un site pilote de l'agriculture biologique en France

La Ferme de Sainte-Marthe, menacée par une saisie-vente de la part du groupe agricole Agralys, doit être pérennisée et devenir un lieu collectif pilote pour l'agriculture biologique.

Les Verts s'associent au mouvement de soutien de la Ferme de Sainte-Marthe, site majeur d'expérimentation et de promotion de l'agriculture biologique en France depuis 1970. Fondée par Philippe Desbrosses, cette ferme a développé des activités de conservation et de diffusion de variétés potagères et fruitières anciennes, et sert de support à de nombreuses activités pour le développement de l'agriculture biologique.

Par son histoire et ses actions, la Ferme de Sainte-Marthe est aujourd'hui de fait un « bien collectif » de l'agriculture biologique française.

Elle est aujourd'hui menacée par une procédure financière engagée par le groupe coopératif Agralys, au motif qu'un programme européen souscrit en commun en 1993 n'a pas été complètement réalisé. Mis en cause par l'UE dans d'autres montages financiers, le groupe Agralys semble avoir préféré rembourser l'ensemble du projet pour limiter ses contentieux européens, et se retourne contre la Ferme de Sainte-Marthe en exigeant 267.000 euros que la Ferme ne peut évidemment pas payer.

Pour que l'agriculture biologique dispose de moyens pour son développement, et devienne l'affaire de tous, Les Verts appellent les citoyens à en soutenir le sauvetage de la ferme et à en faire une structure collective et citoyenne sur le modèle des installations assurées par l'association Terre de Liens. La mobilisation doit permettre de sauvegarder le site, de le pérenniser par une implication collective dans son financement et son statut juridique, de permettre à Philippe Desbrosses de poursuivre son activité de pédagogie et de recherche autour de l'agriculture biologique, et de maintenir la totalité des 24 emplois salariés liés à l'activité de la ferme.

Communiqué de presse des Verts du 3 février 2009


 



Philippe Desbrosses, Jeanny Lorgeoux et moi-même



Et énormément de soutiens, dont des personnes connues et reconnues (à suivre...)

 


Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article
4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 14:30

  SOUTIEN

ET SOLIDARITE


La météo du dimanche soir 1er février n’est pas favorable. Neige et verglas s’invitent au rendez-vous , au rendez-vous sur 27 départements déclarés en zone orange (dont les nôtres) pour le Lundi 2 février. Peu importe, ma décision est prise, j’irai à Millançay. Avec Valérie Queralt, adhérente verte de l’est-Loiret (vous savez celle qui avec Pierre et quelques autres construisent depuis un an et demi une maison bois et paille pour leur tribu) nous avons décidé de faire du covoiturage. Sur les petites routes de campagne un peu de neige et à partir d’Orléans de la pluie.


 

Ambiance…le temps est gris, bouché et humide. Nous arrivons à Millançay à midi juste et c’est les pieds dans la boue que nous nous mêlons aux personnes qui s’agglutinent tant bien que mal autour et dans la ferme (environ 150). Sans doute nous aurions pu être plus nombreux, mais un lundi beaucoup travaillent. De plus, l’alerte a été lancée trop peu de temps avant et n’a pas permis à beaucoup de s’organiser pour faire le déplacement, sans compter la météo.


le matériel à vendre était exposé dans la cour de la ferme

 

Le matériel saisi et destiné à la vente est exposé dans l’une des cours de la ferme : divers engins agricoles, véhicules utilitaires, tracteurs, remorques et petits matériels. Sous la pluie, on fait le tour de cet étalage qui n’est pas de première jeunesse mais qui fonctionne toujours et donc reste utile à l’exploitation. Le matériel des salles du centre de formation est lui aussi à vendre mais est resté en situation bien à l’abri.

 

France 3, presse écrite et radio locale sont présents. Avant le repas Philippe Desbrosses fait le point de la situation. La salle est bondée et tous ne peuvent entrer. Toute la partie immobilière (bâtiments et dépendances) et les terres ne sont pas concernées par cette histoire et donc pas menacées de vente. Seuls les outils de travail sont saisis et mis en vente à l’exception du matériel en leasing bien évidemment. Autre précision, la procédure judiciaire n’est pas terminée sur le fond. Finalement cette saisie-vente est un « accroc» de plus dans la vie mouvementée de la Ferme Sainte Marthe.


 

                             mise en commun des victuailles, dans la bonne humeur


Quand je parle d’accroc, c’est qu’avec l’expérience et l’observation de cas similaires, j’ai constaté que toute démarche alternative forte qui engage plus qu’une simple production n’a pas une vie économique linéaire. La prise de risque est amplifiée par le caractère expérimental, donc par définition peu ou pas codée. Cela ne permet pas d’être dans le risque zéro, je dirais même, nous en sommes très loin. Dans la normalité chaque entrepreneur sait déjà cela, mais quand vous avancez dans l’expérimentation (je ne parle pas de production de légumes ou autres) mais dans la construction de stratégies de développement d’idées matérialisées par une production concrète et commerciale, la volatilité du risque est explosive. Dès qu’on sort du concept intellectuel et fantasmé, la réalité du passage à l’acte peut devenir redoutable. Aujourd’hui, ce n’est pas le sujet de mes impressions de cette journée particulière, mais à partir de ce qui se joue autour de la Ferme Sainte Marthe, je serai amené à aller plus loin et affiner la réflexion afin que ceux qui veulent bien s’en donner la peine réfléchissent au-delà des a priori de toutes sortes et des « y’avait qu’à ».

 

Chacun et chacune avait amené son panier. C’est réparti dans différents pièces de la ferme que la mise en commun des victuailles s'est naturellement faite. Ainsi, nous nous sommes restaurés collectivement dans une convivialité chaleureuse, grave, déterminée et combattive compte tenu des circonstances.

 

Vers 13h30, les premiers acheteurs (pour l’essentiel des agriculteurs) sont arrivés et soupesaient du regard le matériel mis en vente. Un petit mot d’accueil leur a été remis pour les informer de la situation et du contexte particulier mais plus encore pour les inviter à ne pas rentrer dans le jeu de la vente par la surrenchère.


 

                                            les premiers acheteurs potentiels

A vrai dire, ils le savaient tous. Pour s'en persuader il suffisait de laisser traîner ses oreilles pour surprendre quelques commentaires du genre : "normal ce qui arrive, la bio ça ne peut pas marcher ni nourrir son homme..." et quelques autres remarques du même jus.

 

Sous un hangard donnant sur la cour, une estrade avec sono a été dressée. Coline Serrault et sa troupe devaient être du pique -nique. C'était sans compter avec la neige qui dans la région parisienne, le matin, a désorganisé le trafic ferroviaire, bloquant Coline et les siens à la gare d'Austerlizt (voir son message de soutien - par mail- qui fut lu par Philippe Desbrosses). Petit discours : celui de Philippe, de Bienvenue Assyi du Sénégal, de Jeanny Lorgeoux Maire de Romorantin et de moi-même. La pluie ne cesse pas...

 

L'heure de la vente est arrivée. Le commissaire priseur un peu à la manière d'un arbitre sportif, prend la parole et fixe les règles du déroulement des enchères. Il fixe également l'esprit dans lequel il espère voir la vente se dérouler et souhaite qu'entre les acheteurs et le "comité de soutien" ne s'installe pas une rivalité agressive, voire violente. Cela tombe bien, puisque nous sommes tout à fait dans cet état d'esprit.


                                   le commissaire-priseur

Les enchères débutent : 300 euros, 350... qui dit mieux ? 360, non 400 dit le commissaire, non, adjugé à 350, et ainsi de suite. Revue de détail et descriptif du matériel et les mises à prix se succèdent : 600 euros... 650...700 etc, adjugé. Engin après engin, tracteur après tracteur, remorque et ainsi de suite la vente se poursuit toujours sous la pluie.


Mais ici, la solidarité n'est pas un vain mot, ni un concept intellectuel. On passe à l'acte. Les personnels et les comités de soutien au fil de la vente ont racheté l'essentiel du matériel ce qui va permettre de poursuivre l'exploitation de la ferme. Les personnels dans un lieu expérimental et alternatif ne sont pas là par hasard. Ce sont aussi des militants engagés. Ils défendent une philosophie, un projet de société qui dans le cas présent passe par une confrontation entre deux types d'agriculture, je dis bien agriculture et non pas d'une confrontation entre agriculteurs. Les agriculteurs du conventionnel sont déjà morts, mais ils ne le savent pas, trompés qu'ils sont par les multinationales de tous poils. En attendant, lors de cette vente, intimidés et paralysés par notre présence et celle des caméras et appareils photo et quelques acheteurs potentiels n'ont pas surenchéri. Et le peu qu'ils ont emporté, c'est tout simplement ce que le "comité de soutien" ne voyait plus utile du matériel concerné. Depuis quatre jours, les messages de soutien arrivent de partout, de France et de la terre entière. L'affaire n'est pas terminée, un jugement doit intervenir en juin prochain. C'est pourquoi une résistance active et concrête se met en place pour défendre un lieu et son activité qui est un bien commun et une référence pour ceux qui à travers l'agriculture biologique défendent des valeurs écologistes et universelles.


Philippe Desbrosses, durant les enchères

Au ret
our, il pleuvait toujours, mais il nous paraissait  nécessaire d'avoir fait le voyage car au-delà des faits objectifs, en politique les symboles sont tout aussi importants. A suivre...


sous la pluie, les pieds dans la glaise...

Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article
3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 15:54

MENACES

SUR LA FERME DE SAINTE-MARTHE.


Historique d’un contentieux avec le Groupe Coopératif agricole N° 1  (Franciade-Ligéa-Agralys) qui met en péril la Ferme bio, pionnière de Philippe Desbrosses suite à un artefact juridique…


Groupe de stagiaires à la pose par beau temps

 

Au début des années 90, Philippe Desbrosses et la Ferme de Sainte-Marthe sont sollicités pour la création et le développement d’une section Agriculture Biologique par le directeur de la coopérative des Agriculteurs de Loir-&-Cher « La FRANCIADE » .

 

Philippe Desbrosses, participe au recrutement par celle-ci d’un ingénieur agronome unanimement apprécié dans les milieux professionnels bio et conventionnels. Grâce à cette collaboration, la Franciade obtient en novembre 1993 un contrat CEE sur 3 ans avec une enveloppe budgétaire de 812.571 écus pour un projet-pilote de démonstration en Agriculture Biologique.

 

Ce projet communautaire s’inscrit dans la politique de réforme des pratiques agricoles en faveur de l’Environnement et bénéficie des dispositions de l’Article 19 qui soutient des actions pilotes pour la reconnaissance des méthodes de productions plus économes et plus respectueuses de l’environnement et de la santé.

 

Le programme attribué à la Coopérative Franciade s’intitule : « Projet de démonstration concernant le développement intégré d’une filière Agriculture Biologique ».

 

La Sté. Civile (SCPAA) Ferme de Sainte-Marthe pionnière de cette démarche depuis 1969, est choisie contractuellement par la Coopérative pour assurer une partie des missions du programme.

Dans cette même période, (1992-97), la Coopérative qui est en butte à de graves difficultés financières, change de Président et le Conseil d’Administration embauche un nouveau Directeur Général puis déplace son siège social, elle change de statut et se transforme en fusionnant avec une autre coopérative concurrente. Elle change également de nom et devient LIGEA.

Entre-temps le nouveau directeur de la coopérative, sous peine de bloquer le projet, exige du gérant de la Ferme de Sainte-Marthe la signature, le17 janvier 1994,  d’une convention d’exécution des travaux avec caution solidaire et indivisible au cas ou la coopérative serait contrainte de rembourser les fonds communautaires.

(C’est ce qui s’est passé. La demande de remboursement de Bruxelles est intervenue, du fait de sa gestion fautive du programme-pilote dont LIGEA était entièrement responsable.)

La série de transformations-fusions-mutations successives du Groupe Franciade, devenu en quelques années LIGEA, puis AGRALYS  (1ère coopérative de France) perturbe le bon déroulement du programme communautaire A.B. Le contrat prend du retard et Ligéa, qui vient aux droits du Groupe Franciade, demande une prorogation à la C.E.E..

La vigilance de la Commission de Bruxelles est alertée par plusieurs irrégularités qui déclenchent trois audits successifs aux termes desquels, ne trouvant pas les réponses satisfaisantes, Bruxelles demande le remboursement des avances financières.

La coopérative, dans cette phase cruciale, n’a plus personne de compétent pour répondre ou pour négocier ; le responsable du programme étant en retraite et non remplacé.

 

Elle demande à Philippe Desbrosses de suppléer à cette carence, et de répondre à toutes les injonctions de l’administration, alors que ce n’est ni son rôle, ni sa responsabilité, ce qu’il ne peut faire normalement, n’ayant pas tous les éléments du dossier, ni la compétence juridique et administrative.

 

Finalement la coopérative, dépassée par les évènements, décide de rembourser sans aucune négociation le contrat du projet de démonstration Agriculture Biologique et se retourne contre son prestataire de service, la Ferme de Sainte-Marthe, au titre de la caution solidaire signée en 1994 pour récupérer une partie des fonds.

 

Il faut savoir que dans cette période le Groupe Coopératif AGRALYS est l’objet d’une plainte des douanes, devant les cours de justice Française et Européenne pour une affaire beaucoup plus grave de déclarations frauduleuses au détriment de la CEE et du  FEOGA, portant sur un détournement d’environ 13 millions de francs.

Il semble que la coopérative ait préféré rembourser sans discuter le contrat A.B. pour ne pas alourdir son cas, sacrifiant du même coup les intérêts de la Ferme de Sainte-Marthe.


 

Dans les salles de formation

La Cour d’Appel d’Orléans, contre toute attente, a donné raison à la Coopérative sur ce simple article de caution sans vouloir juger sur le fond et retenir la responsabilité de la Coopérative dans la gestion fautive du dossier.


Ce en quoi, les avocats de la Cour de Cassation consultés nous ont déclaré que la Cour d’Appel avait dénaturé la clause litigieuse et violé l’article 1134 du code civil…

La Ferme de Sainte-Marthe s’est donc pourvue en Cassation et, possédant des éléments nouveaux, a engagé une nouvelle procédure contre la coopérative Ligéa-Agralys pour gestion fautive devant le Tribunal de Grande Instance de Blois. L’affaire est inscrite pour être jugée le 18 juin prochain.

 

Mais le jugement précédent est exécutoire et les huissiers réclament déjà avec les menaces de saisie-vente : 267.591,52 €.

Ce qui mettra en péril l’existence de la Ferme de Sainte-Marthe et les ressources d’une vingtaine de familles vivant de ses activités.



Durant la formation


 

La Ferme familiale de Sainte-Marthe est restée la seule en activité sur l’ensemble des 18 exploitations voisines qui ont toutes disparu ces trente dernières années dans ce périmètre.



Nous demandons à chacun d’entre-vous et votre entourage proche, ainsi qu’à chaque élu, à chaque association, et aux O.N.G. de se mobiliser pour soutenir  l’action de défense de la Ferme de Sainte-Marthe, pour qu’elle poursuive sa mission de productions maraîchères, de démonstration-formation  en Agriculture Biologique et de conservatoire des espèces potagères et fruitières anciennes.


La  photo de fin d'un stage

 

Précisions : dans quelques heures un site internet sera ouvert avec la pétition que vous pourrez signer en ligne et un forum de discussion.

 


Repost 0
Publié par Burgunder - dans Société
commenter cet article

Présentation

  • : le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  •   le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
  • Contact

Rechercher

Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

numerisation0782.jpg

PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

542375 4005555250810 157558470 n

Nadejda Tolokonnikova

Liste Des Pages

VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

numerisation0344.jpg

 

C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

Catégories

Prendre l'air...

2012-08-06--Bretagne-5-062.JPG

L'info d'hier et d'aujourd'hui

numérisation0756

 

En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

numérisation0176

Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

numérisation0175

Tourner manège...

2012-08-06 Bretagne 5 022