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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 11:31

QUE D'HYPOCRISIE RELIGIEUSE !

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Jamais mariés pour les catholiques en principe oui, mais combien d'hommes du clergé ont une compagne clandestine et planquée dans l'ombre. Jamais parents, bien-sûr que si... Ce n'est pas le royaume des cieux, la réalité est plus crue, c'est le royaume de l'hypocrisie... Tant qu'à la filiation, basta. Pourtant ils sont hétéros et il y a bien un papa et une maman, mais chut on n'en parle pas. Que de mensonges !

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POINT DE VUE DU PHILOSOPHE MICHEL SERRES SUR LE MARIAGE GAY  

 

Cette question du mariage gay m'intéresse en raison de la réponse qu'y apporte la hiérarchie ecclésiale. Depuis le 1er siècle après Jésus-Christ, le modèle familial c'est celui de l'église, c'est la Sainte Famille.

Mais examinons-la. Dans la Sainte Famille, le père n'est pas le père : Joseph n'est pas le père de Jésus... Le fis n'est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu. Joseph, lui, n'a jamais fait l'amour avec sa femme. Quant à la mère, elle bien la mère mais elle est vierge. La Sainte Famille, c'est ce que Levi-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté. Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque-là sur la filiation : on est juif par la mère. Il y a trois types de filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l'adoption. Dans la Sainte Famille, on fait l'impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance pour ne garder que l'adoption.

L'église donc, depuis l'Evangile selon Saint-Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l'adoption : il ne s'agit plus d'enfanter mais de se choisir, à tel point que nous ne sommes parents, vous ne serez parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant "je t'ai choisi", "je t'adopte car je t'aime", "c'est toi que j'ai voulu". Et réciproquement, l'enfant choisit aussi ses parents parce qu'il les aime.

De sorte que pour moi, la position de l'église sur ce sujet du mariage homosexuel est parfaitement mystérieuse : ce problème est réglé depuis près de 2 000 ans. Je conseille à toute la hiérarchie catholique de relire l'Evangile selon Saint-Luc. Ou de se convertir.

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 Entre religions, on serre les rangs

541694 594151370600849 883594155 nPourquoi une liberté de plus pour d'autres lui fait si peur alors que cette loi n'empute pas la sienne, ni celle des "croyants" toutes religions confondues ? C'est quoi cette hystérie que l'on croyait d'un autre âge ?  

 

En descendant du haut de la page, les photos 2,3,4 et 5 : Jacob Khrist

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Société
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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 15:18

MAIS CERTAINS PLUS QUE D'AUTRES

Quel acharnement à refuser des droits à d'autres, alors que les leurs ne sont nullement remis en cause, c'est de la discrimination...

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 14:41

ALLEZ COMPRENDRE !

L'homme foule la terre de ses pas depuis 1,52 Million d'années environ. Les dieux et croyances d'aujourd'hui sont apparus respectivement il y a 5773 ans pour le Judaîsme, 2500 ans pour le Bouddhisme, 2013 ans pour le Christianisme et 1434 ans pour l'Islam c'est-à-dire à l'échelle du temps il y a 5 minutes... Qu'ont-ils fait avant ? à méditer...  

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La petite famille idéale au retour de la manif de Paris d'aujourd'hui 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:02

UNE AFFAIRE DANS L'AIR DU TEMPS  

397028 3874001138553 1592533389 nQuelque chose ne tourne pas rond dans la Venise du Gâtinais. En mai dernier nous avons eu un reportage sur France 2 concernant les électeurs du Front National trop nombreux dans le Gâtinais. Ensuite nous avons fait la Une du Monde du 16 octobre qui mentionne Montargis comme l'une des 8 villes au bassin d'emploi cumulant une hausse record du chômage depuis 2007 (+35%) et un taux de chômage élevé (13,3%, au deuxième rang derrière celui de Tergnier Aisne). Puis dans le prolongement, courant novembre au 20h de France 2, un reportage dans Montargis. Une jeune fille nous explique (à juste titre) l’impossibilité de trouver un emploi dans ses compétences et qui décide de quitter non seulement notre ville, mais aussi la France en direction du Québec. Après échange sur les réseaux sociaux, colocation à son arrivée, à l’essai dans l’emploi, et embauchée huit jours après. En décembre,  c’est le Père Noël dans une maternelle de la ville qui fait la une des TV, des radios et de la presse écrite et tourne en boucle sur le web de France et de Navarre avec la production d’un fort mauvais conte. Décidément question image, on n’en loupe pas une côté promo !

 

C’est le bouche à oreille qui m’a appris cette rumeur. Ma première réaction fut de prendre cette histoire de Père Noël sur le ton de la galéjade. Mais la lecture des deux pages consacrées à ce sujet, je dis bien deux pages dans l’hebdomadaire local « L’Eclaireur du Gâtinais » du 13 décembre m’a fait changer de ton. Je suis passé d’un étonnement quelque peu amusé à une consternation absolue. A l’évidence c’est le triomphe d’une inculture généralisée et collective, y compris chez ceux qui, sautant sur l’évènement, l’instrumentalisent par une récupération politicienne nauséabonde et totalement déplacée ce qui pour le moins ne relève pas le niveau du débat afin de sortir de cette histoire par le haut. .

Retour sur les faits de la bêtise ordinaire

L’histoire débute le 26 octobre dernier lors du conseil d’école de la maternelle du Grand-Clos. Jean-Paul Fonteneau, l’adjoint au maire en charge des affaires scolaires, passe à cette réunion mais n’assiste pas à la totalité de l’ordre du jour. Après son départ, sous la houlette de la directrice ; il est décidé de modifier la fête de Noël qui cette année se ferait sans Père Noël. Contrairement à ce que certains avancent, ce choix n’est pas lié à l’état des caisses de la coopérative scolaire qui est l’alibi mis en avant. Ce choix est de caractère pédagogique. Ce qui aurait pu être un non-évènement, malheureusement va faire un buz national.

 

En effet, c’était sans compter sur la malveillance anonyme bête et méchante via les réseaux sociaux. Bien évidement l’inélégance et la lâcheté sont au rendez-vous. La pièce jointe « anonyme » d’un mail d’une « montargoise consternée » met le feu aux poudres et se répand partout sur le web. Elle dénonce les pressions dont aurait fait l’objet la directrice de la part « d’une poignée de mères de familles de confession musulmane ». En résumé, ces parents d’élèves auraient décidé que le Père Noël n’est pas à sa place à l’école. Or ces parents n’ont rien dit de tel, mais bravo la rumeur qui tente de faire croire à une « islamisation » de cette école maternelle. C’est du grand n’importe quoi ! En attendant c’est une avalanche d’appels téléphoniques bien-sûr 65149 3857777332968 1170430738 ntous anonymes, de gens qui n’ont rien à voir avec l’école voire même avec Montargis qui s’abat sur la directrice, l’équipe enseignante et Monsieur Fred Jean-Charles l’inspecteur de l’Education nationale. Appels menaçants, pleins de haine et de racisme. Une plainte contre X a été déposée compte tenu de l’état et de la gravité de ces menaces. Reste que, comme le dit l’adjoint Jean-Paul Fonteneau, « depuis plusieurs années une poignée de familles de confession musulmane ce jour là ne participent pas et n’envoient pas leurs enfants à la fête ». Pourtant il semble que ces familles n’aient fait aucune pression auprès des personnels de l’établissement et n’ont eu aucune revendication anti-Père Noël !

Essence contre incendie

Afin d’enrayer cette rumeur, la directrice s’adresse aux parents via le bulletin de liaison. Le contenu du message et le choix des mots, ne peuvent hélas qu’amplifier le malaise. Vu le climat ambiant et loin de calmer le jeu, le choix des mots de ce message en rajoute : « Cette année, afin de respecter différentes croyances, ainsi que les valeurs de l’école laïque, le Père Noël ne viendra pas à l’école (…) »… Maladresse dit l’inspecteur de l’Education nationale tout en apportant son soutien à la directrice. « Certains enfants croient au Père Noël, d’autres non » déclare la directrice pour se défendre, « si j’avais voulu parler de religion, j’aurais écrit « religion »… ! Le problème c’est que ce choix des mots s’est fait après le début de la polémique, alors pourquoi ne pas avoir expliqué simplement la démarche avec des mots qui ne portent pas à équivoque ? Dans le cas présent nous sommes bien en présence d’une grande maladresse de vocabulaire. On n’éteint pas un incendie avec de l’essence…

 

DU COTE DES REACTIONS LOCALES 

 

556728 4593553889770 345421632 nJe reviens sur les réactions de la presse locale. Le quotidien la République du Centre tout en relatant les faits sans complaisance termine sa page positivement par « La fête sera belle, même sans le Père Noël… ». L’hebdomadaire « L’Eclaireur du Gâtinais » (même groupe de presse que le quotidien :) s’étale sur deux pages. C’est un patchwork d’édito, des faits relatés, de communiqués syndicaux, politiques, professionnels et de courriers. Hormis l’article « Le Père Noël au piquet » produit par la rédaction et qui présente de façon factuelle l’évènement et qui à lui seul aurait pu être une réponse appropriée à la rumeur, rien d’autre qui ne permette aux lecteurs de comprendre vraiment le pourquoi du comment de cette histoire. Bien au contraire c’est une surenchère de polémiques.

Un édito dans la tradition

Commençons par l’édito : les premiers deux tiers ne dérapent pas mais son auteur égal à lui-même termine sur des considérations autour de « revendications  minoritaires » « Pourquoi faudrait-il-il abolir nos traditions, et pire encore nos valeurs » question valeurs faudrait savoir de quoi il parle puisque plus haut dans son texte il écrit en parlant du Père Noël « qu’il est devenu un pur produit du consumérisme.. » ? En clair, notre éditorialiste n’a pas remarqué, enfermé qu’il est dans le bureau de son journal, comme d’autres dans leur tour d’ivoire, que ce qu’il nomme si bien « la tradition » à commencer par le Père Noël, est en mouvement constant. La « tradition » est tout sauf figée. Tant qu’aux valeurs, elles aussi sont en mouvement perpétuel. Il aurait été mieux inspiré, afin de bien nourrir ses lecteurs de mettre en perspective dans l’histoire y compris récente, ce que furent les évolutions des traditions et des valeurs qui sont ses références à moins que cela soit dans son imaginaire, plutôt des stéréotypes comme autant de vérités révélées.

Syndicats: laïcité contre laïcité

De leur coté, les syndicats s’ils sont dans leur rôle dans la défense des personnels enseignants, ils ne font pas mieux que l’éditorialiste local. Solidaire parle « des réactions de certains parents et celle du maire de Montargis remettent gravement en cause les valeurs fondamentales de laïcité et de liberté pédagogique des enseignants ». 547608 566673570015720 1891790237 nEtranges propos qui contredisent l’équipe enseignante de l’école qui a déclaré publiquement : « il n’y a eu de pression de quelconques parents d’élèves » ( ?). Tout n’aurait pas été dit implicitement ou explicitement autour de l’absentéisme de la fête d’enfants ? A propos du Père Noël, ce type de déclaration me semble être un contre sens puisque ce serait au nom de la laïcité que serait évacué le très laïque bonhomme accusé dans les années 50 de paganisme par les chrétiens. De son côté Sud Education reprend à son compte ceux de Solidaire, en déclarant que « le respect du principe de laïcité s’oppose à ce que des thèmes religieux, de croyance, ou d’ordre moral, soient imposés aux équipes enseignantes ». Sans doute il est peut-être fait référence à la croyance ou non des enfants au Père Noël ? Mais sincèrement, ce n’est pas cette croyance-là qui menacerait la laïcité. Quand la directrice avance cet argument, le ravage du mail anonyme est avéré et s’est  répandu partout sur le web. De plus, je n’ai jamais vu de Père Noël dans une crèche, si bien que plus laïque que moi tu meurs. Tout cela n’a pas de sens.

 

Les trophées de cynisme de ces deux pages sont les communiqués du FN et du PC, qui en tant que politiques sur un tel sujet, devraient conserver d’avec l’événement de la distance dans une posture d’apaisement afin de livrer à nos concitoyens des avis qui éclairent le sujet plutôt que de l’instrumentaliser et polémiquer à des fins partisanes. Rien qui n’élève le débat, c’est le ras des pâquerettes absolu.

FN une inculture primaire à l’état pur

Bernard Chauvet, le leader départemental du FN, met le Père Noël à toutes les sauces. Il délire autour «des valeurs, les mœurs, les habitudes, les coutumes, la culture, la cuisine, les institutions françaises, la Marseillaise… », avec en prime un rappel « à nos racines chrétiennes… », le tout assaisonné de menaces à peine voilées contre les personnes issues de l’immigration et particulièrement musulmane, une vraie et peu ragoutante bouillie. Bien sûr que la France existe, mais elle bouge tous les jours et n’est pas figée dans un « modèle » d’une époque fantasmée par ignorance de l’histoire. Ainsi aujourd’hui en France les églises sont vides, quand elles ne sont pas à vendre… Il est clair que pour ce conseiller régional cette histoire s’écrit et se 426020 280863251977503 384288466 nproclame sur ses opinions et non sur un savoir et une connaissance. Nous sommes dans une incantation idéologique et une propagande qui n’ont franchement rien à voir avec le Père Noël, sinon pourquoi parler de « charia » ? Concernant « nos racines chrétiennes », je tiens à rappeler au sieur FN que les trois religions abrahamiques ou monothéismes (Judaïsme, Christianisme et Islam) sont toutes trois nées au Moyen Orient et que l’Occident et la France ne sont pas les racines de la chrétienté. Ils s’y sont soumis pour des raisons politiques de l’époque. Voilà pourquoi il est toujours important de savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va !   . .

 

PC l’opposition n’autorise pas tout

Pour Jacques Reboul et ses compères cette histoire est une opportunité inespérée pour se faire valoir dans leur bonne gauche à la majorité UMP de la ville. « Personne n’est dupe, il s’agit bien là d’une campagne politique. Alimentée par un message anonyme qui plus est ! Il est absolument irresponsable de la part d’un député-maire d’attiser les tensions et de jouer avec le feu en inventant des soi-disant tensions religieuses et communautaires qui n’existent pas, ni dans ce quartier, ni dans cette école. On attendait davantage de recul et de hauteur de vue de sa part. Au contraire, il se comporte en politicien à la recherche de boucs émissaires ». Recul et hauteur de vue, Jacques Reboul en manque cruellement. C’est quoi cette thèse du complot ourdi par le député-maire ? Si ce n’est pas une plaisanterie, c’est bête. Si j’observe attentivement la chronologie des évènements depuis le conseil d’école, le maire n’intervient qu’une fois la rumeur répandue et que le carnet de liaison soit annoté par la directrice à propos « des croyances ». Alors sur quoi et sur quel fait avéré Jacques Reboul s’appuie pour écrire385089 480292588670723 1611018679 n « Il s’agit bien là d’une campagne politique » ou encore « après le coup du pain au chocolat », voici celui du « Père Noël ». C’est tout simplement consternant d’entretenir ce type de polémique à coup de rumeurs non fondées. Cela n’élève pas le niveau intellectuel et moral de notre ville alors que pour qu’elle sorte de ses difficultés, elle a besoin d’un solide socle de savoir et de connaissances. En cela les politiques ont un rôle déterminant pour créer les conditions ad doc, ce qui dans ce genre de réaction n’est pas le cas bien au contraire. A gauche et dans l’opposition, j’ai une autre idée de la pratique de celle-ci. L’opposition ne justifie pas tous les moyens, le respect cela existe pour soi et les autres. Alors que vient faire dans cette histoire de Père Noël les turpitudes de l’UMP : « L’UMP est en pleine déconfiture à cause de la guerre des chefs Copé-Fillion et JP Door essaie de faire diversion en courant derrière le FN ». Par de tels amalgames Reboul prend les gens pour des canards sauvages, mais ne relève pas la parole du politique.

Un Père Noël anti-rumeur

Face à ce déchaînement médiatique amplifié par le message de la directrice, le premier magistrat de la ville, Jean-Pierre Door, agacé par la soudaine « notoriété » de Montargis par cette histoire devenue nationale, décide que le Père Noël serait de la partie le 20 décembre. En cela de fait, il intervient dans le projet pédagogique de l’école. Quoique qu’on en pense, il est clair que du côté de l’Education nationale, plus personne ne maîtrise cette situation devenue irrationnelle sinon de soutenir une directrice menacée de mort. Dans ce contexte il est 8855 3900622884080 1974429665 nclair que tous les antagonistes se doivent de trouver une sortie par le haut qui calme le jeu et fasse plaisir aux enfants.

« Nous avons réfléchi en toute intelligence avec la municipalité. Ce lien entre l’école et les collectivités locales est nécessaire » a déclaré Mr Fred Jean-Charles inspecteur de l’Education national de Montargis Est. Ainsi le 20 décembre le goûter prévu a eu lieu et s’est déroulé en toute tranquillité. Juste après, mais dans le temps extra-scolaire, le Père Noël souhaité par le maire est arrivé même si sa présence dans les écoles publiques n’a pas de caractère d’obligation (Il est invité dans moins de 50% des écoles du Loiret). Tout s’est déroulé dans la bonne humeur des familles et la joie des enfants. Comme l’an passé, une dizaine de familles n’ont pas fait le déplacement. A remarquer que de tous les médias nationaux qui avaient relayé la rumeur avec insistance, seul RTL était présent.

Tempête dans les crânes

« Tempête dans un verre d’eau » disent certains. Personnellement je ne le pense pas. Si cette affaire a pris ce caractère irrationnel, c’est qu’un terreau favorable à ce type de rumeur existe bel et bien en France. Je pense que cet évènement aurait pu avoir lieu partout et pas seulement à Montargis. De plus il faut prendre en compte le 577766 396072620476466 458704423 ncaractère imprévisible et volatile de ce que sont aujourd’hui les réseaux sociaux et du poids qu’ils pèsent sur l’opinion, il suffit d’observer l’avalanche ravageuse de messages antisémites, islamophobes ou encore homophobes relayés en toute impunité. C’est le triomphe des technologies de la communication toujours plus performantes qui, mal utilisées, mettent à mal l’intelligence, le savoir et la connaissance. A véhiculer ce types de messages on ferait battre les montagnes ce qui nous éloigne de « la société de la connaissance » que les multimédias sont censés développer.  

Bon courage à la victime

La principale victime de cet imbroglio navrant et détestable est la directrice qui sort rincée de cette histoire. Sans aucun doute elle fut maladroite dans le choix des mots de sa communication, mais reste que l’Education nationale a des responsabilités dans cette situation. Pourquoi nommer des directeurs trop jeunes dans le métier, peu et mal formés et mal payés. Surtout quand on leur force quelque peu voir beaucoup leur acceptation à ces nominations à postes de responsabilité ? C’est que, être directeur vous transforme en acteur multitâches à la façon des hommes ou femmes orchestres : relations délicates avec de multiples partenaires, comme les municipalités, les parents, les employés municipaux, une équipe pédagogique sans oublier les enfants et la481856_3857179238016_1776036811_n-copie-1.jpg classe dont vous avez la charge. A tout cela s’ajoutent l’animation de la coopérative scolaire, un travail administratif prenant sans oublier la hiérarchie. C’est un travail de tous les instants allant de la location de cars à la fuite d’eau et une anticipation permanente de ce qui peut être un risque d’accident. On comprend que personne ne se bouscule pour devenir directeur de ce type d’établissement, et pour cause, alors on nomme des « bleus », ce qui n’est pas sans risques comme l’illustre fort bien la mésaventure de la directrice de la maternelle du Grand-Clos. Lynchée médiatiquement et en résonnance assaillie par le téléphone, menacée de mort sur plusieurs semaines, protection rapprochée de la police, il y a de quoi y perdre la santé. Toujours est-il que cet épisode ne sera pas sans laisser des traces pour cette jeune directrice. Je lui souhaite du courage pour la suite.

L’enquête de police se poursuit pour découvrir l’anonyme auteur de ce vilain conte, et je trouverais bien que le masque tombe. Des plumes et du goudron.

L'enfant que j'étais

Au fait, je ne vous ai pas dit, quand j’étais petit, j'ai cru au Père Noël, puis un jour j’ai compris. Je n’en ai pas voulu à mes parents et j’attendais toujours le Père Noël, enfin les étrennes avec la même impatience. D’avoir trouvé que le Père Noël n’existait pas m’a donné le sentiment d’avoir grandi un peu à la manière d’un passage initiatique. Plus tard mes enfants ont cru au même bonhomme et ainsi de suite… Si j’ai eu un jour comme tout le monde des problèmes existentiels, promis ils ne sont pas arrivés dans la hotte… C’est toujours bien de rêver…

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 10:11

NOTRE-DAME-DES-LANDES

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CONTRE CA : Orléans mobilisation générale devant la Préfecture, 181 rue de Bourgogne ce samedi 24 novembre à 14h en réaction aux expulsions qui ont eu lieu hier et toujours en cours ce matin sur la ZAD de Notre-Damedes-Landes et à la consommation effrénée de terres agricoles ! Bien évidement cette mobilisation ne fait que de débuter dans le Loiret, à suivre:

Comité du Loiret contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes:

courriel, comité45NDDL@orange.fr  et dans le Gâtinais, eelvgroupegatinais@gmail.com

Destructeur car il occuperait 2000 hectares de terres agricoles bocagères d’une biodiversité exceptionnelle, alors que notre pays subit un recul accéléré des terres arables disponibles. Il met en péril une des dernières zones humides de la région et va à l’encontre de la Loi sur l’Eau. Ce projet d'un autre siècle va à l'encontre des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui, seules, peuvent limiter les conséquences désastreuses du réchauffement climatique.

Imposé car ce projet d’un autre temps (il a été initié en 1963 !) est, à en croire les sondages successifs, rejeté à chaque fois par une majorité d’habitants de la région (60% contre selon Presse Océan). L’inexcusable brutalité, 72125_4907044841768_1337482505_n.jpgreflet du mépris dans lequel est tenue la population, révèle l’autisme de barons locaux désireux, en dépit du bon sens, de laisser impérativement leur empreinte sur le terrain, fût-elle nuisible, destructrice et dépassée avant même d’être réalisée.

Inutile car l’aéroport de Nantes Atlantique n'est pas saturé et ne connaît pas de problème de sécurité. L'alternative d'une réorientation de la piste de l’aéroport actuel supprimerait le survol de Nantes et les nuisances sonores qu’il engendre. Une étude réalisée par un cabinet indépendant pour le compte du CEDPA (Collectifs d’Elus qui Doutent de la Pertinence de l’Aéroport de Notre Dame des Landes) remet en cause l’utilité publique du projet et son intérêt économique. Les exemples de Mirabel au Canada ou de Ciudad Real en Espagne attestent qu'un nouvel aéroport n'apporte pas le développement économique annoncé.

Coûteux car, à un moment où le gouvernement n'a que la réduction des déficits à la bouche et alors que l'urgence sociale gagne du terrain, rien ne peut justifier de détourner des centaines de millions d'euros vers une infrastructure dont l'utilité sociale n’est pas démontrée. Le recours à un partenariat public privé laisse tous les bénéfices de cette opération à une seule entreprise, Vinci, en lui garantissant un retour sur investissement exorbitant. On peut légitimement s'étonner que cette même entreprise emploie aujourd'hui l’ancien préfet de Loire Atlantique, après que celui-ci a joué un rôle dans l'attribution du contrat.

Et chez nous ? Le Loiret connaît aussi de nombreux projets d'infrastructures inutiles et coûteuses faisant suite à la catastrophique autoroute A19, également concédée au groupe Vinci. Les terres agricoles et les finances des collectivités locales du Loiret sont aujourd'hui menacées par un projet de deuxième ligne grande vitesse Paris-Lyon, par de multiples projets routiers, notamment de nouveaux franchissements de la Loire ou encore par le projet d'Arena à Orléans.

Voilà pourquoi les membres de ce comité et les organisations qui les soutiennent sont solidaires de la lutte contre l'aéroport de Notre-Dame des Landes. Ce projet, exclusivement en faveur d’une multinationale et au détriment des populations, est le symbole de l'absurdité d'un développement productiviste aveugle qu'il faut abandonner. Il doit être définitivement enterré. C'est un enjeu national.

553682 4914922998717 2085969209 nLes paysans de Notre-Dame-des-Landes et leurs nombreux soutiens montrent au contraire l'exemple d'une vie riche en échanges et solidarité en développant de « petits projets utiles » : agro écologie, AMAP, circuits courts, monnaies locales, habitats groupés et écologiques, préservation des semences paysannes… Nous soutenons leur résistance et nous sommes révoltés par la répression, la violence et les expulsions que le gouvernement a choisi d'employer depuis quelques semaines ainsi que l'acharnement du premier ministre,  Jean-Marc Ayrault, à poursuivre ce projet.

Contre tous les grands projets inutiles, multiplions les petits projets utiles !

 

Collectif citoyen soutenu par les organisations suivantes (première liste) : ATTAC 45, Terre de liens Centre, Europe Écologie Les Verts Gâtinais, Europe Écologie Les Verts Orléanais, Groupe Gaston Couté (Fédération anarchiste), Nouveau parti anticapitaliste, Parti de Gauche.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 10:53

ET SI LA TRANSITION ECOLOGIQUE DEBUTAIT

A NOTRE-DAME-DES-LANDES ?

311333_4920373214969_643672079_n.jpg Alors que le gouvernement prévoit l'abandon de « certains projets d'infrastructures », quinze élus et responsables d'Europe Ecologie Les Verts demandent « que cessent les opérations policières et les expulsions et que les travaux ne démarrent pas [à Notre-Dame-des-Landes], ce qui rendrait possible l’intervention d’une mission de médiation, confiée à une personnalité indépendante ». (13 novembre 2012 par Les invités de Mediapart). 

 

« Comment admettre la dégradation continue des ressources et du patrimoine naturel du monde, comment ne pas voir les effets du réchauffement climatique qui n'est pas une opinion ou une hypothèse, mais un fait scientifique ? (...) Comment rester impassible face aux atteintes irréversibles à la biodiversité ? Comment laisser croître notre dette écologique envers les autres ? La question se résume finalement ainsi : serons-nous solidaires des générations à venir ou trop cupides, trop avides pour laisser à nos enfants un fardeau encore alourdi du poids de nos égoïsmes ? » Ces questions fort justement posées par le président de la République, François Hollande, dans son discours d’ouverture de la première conférence environnementale, le 14 septembre dernier, attendent désormais des réponses concrètes. Elles traceront le chemin de la transition écologique et du renouveau français.

 

Un mois et demi après cette conférence, les événements sur le site du projet d’aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes, nous plongent au cœur de la tension entre le discours et le réel. Nous sommes à la croisée des chemins : poursuivrons-nous les voies tracées au siècle dernier pour satisfaire des objectifs de court terme, ou bien déciderons-nous de modifier la trajectoire et d’emprunter des voies plus innovantes et plus Acipa-aeroport-nonéconomes de nos ressources ? Longtemps différée (rappelons-nous, il y a dix ans, l’évocation au Sommet de Johannesburg, par un autre président de la République, de la « maison qui brûle », discours non suivi d’effet), la réponse à cette question est aujourd’hui d’une brûlante actualité.

C’est du cœur du bocage de Notre-Dame-des-Landes qu’elle s’invite sur l’agenda politique du gouvernement, à l’initiative des pouvoirs publics eux-mêmes. Le projet d’aéroport du Grand Ouest rejoint la cohorte des grands projets controversés en France comme en Europe. Ces grands projets coûteux apparaissent aux yeux des populations comme inutiles, parfois absurdes, et certainement incompatibles avec les impératifs de maitrise des dépenses publiques qui s’imposent plus que jamais aux pouvoirs nationaux comme aux pouvoirs locaux.

 

Le 11 juillet dernier, Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, annonçait, à la suite de la Cour des comptes : « Il ne sera pas possible de réaliser tous les projets d'infrastructures annoncés par le précédent gouvernement et il faudra en abandonner certains », mettant simplement en évidence que les multiples projets rassemblés par le Schéma national des infrastructures de transport (SNIT) n’étaient pas financés, et qu’il ne serait pas possible de les financer tous, donc que le temps des choix était venu. Et choisir ce n'est pas renoncer, mais sortir de la logique du toujours plus pour inventer une économie nouvelle centrée sur les circuits courts, la mutualisation de moyens, la dématérialisation… Plus que des infrastructures lourdes et centralisatrices, il s'agit de donner la priorité à l'équité des territoires par l'amélioration des moyens de communication et de transports de proximité et par le soutien et l'accompagnement du réseau associatif et de l'activité économique.

 

Le 16 octobre, Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, a présenté la commission chargée de mettre à plat le Snit, qui devra « trier, hiérarchiser, et mettre en perspective les grandes infrastructures. Elle devra réfléchir aux évolutions des services, en donnant la priorité aux transports du quotidien, à la rénovation des réseaux existants et l’amélioration à court terme du service rendu aux usagers ». Elle rendra ses conclusions d’ici fin avril 2013.

 

Le projet d’aéroport du Grand Ouest, de même que plus d’une dizaine de lignes ferroviaires à grande vitesse, ou encore près de vingt projets autoroutiers, figurent dans ce Snit que le gouvernement a décidé de remettre à plat. Notre-Dame-des-Landes, c’est non seulement un aéroport, mais aussi une liaison 2 fois 2 voies, et une ligne ferroviaire à grande vitesse. Le projet concentre donc plusieurs des types d’infrastructures aujourd’hui à revisiter,553682_4914922998717_2085969209_n.jpg avec pour souci prioritaire la rénovation des réseaux existants.

 

Comment interpréter alors les opérations policières et les expulsions en cours si ce n'est comme une tentative de créer l’irréversible afin de sortir Notre-Dame-des-Landes du périmètre de cette commission ?

En juillet dernier, les responsables socialistes de « la gauche durable » expliquaient qu'il fallait répondre à trois défis : la mutation de notre modèle de croissance, l’égalité des territoires aujourd’hui fracturés, et la nécessité d’associer à ces transformations des formes nouvelles de participation démocratique. Nous avions salué cet engagement qui implique de chercher à mieux utiliser les équipements existants et à développer les coopérations entre les acteurs sur les territoires.

 

Il y a quelques jours, Jean-Paul Chanteguet, député PS de l’Indre et président de la Commission développement durable et de l'aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, tirait la sonnette d’alarme : « J'ai le sentiment que l'ambition du président de la République de faire de la France le pays de l'excellence environnementale est un discours pour rien. Il n'est pas porté par les responsables politiques. Aujourd'hui, personne au gouvernement, à part Delphine Batho, ne parle de transition écologique, d'excellence environnementale, de nouveau modèle de développement. (…) On oppose la compétitivité à l'environnement. On est dans la plus grande frilosité. »

 

Aujourd’hui, nous sommes tous au pied du mur. Ensemble, nous voulons que la gauche réussisse et dure. Cette réussite passe par la transition écologique, et donc par le symbole que Notre-Dame-des-Landes est en train de devenir.

 

Ensemble nous devons nous mobiliser pour obtenir que cessent les opérations policières et les expulsions et que les travaux ne démarrent pas, ce qui rendrait possible l’intervention d’une mission de médiation, confiée à une personnalité indépendante.

 

Acipa-aeroport-nonEnsemble, faisons en sorte que Notre-Dame-des-Landes soit intégré dans la méthode du gouvernement, que nous approuvons, rappelée par le Président de la République le 14 septembre : « Dialoguer pour décider, prendre les sujets les plus difficiles pour chercher des solutions pertinentes, faire participer tous les acteurs. Ils sont là pour porter ensemble un changement durable. Car les défis ne se divisent pas ; ils ne se hiérarchisent pas ; ils doivent être affrontés et surmontés ensemble. »

 

Elus et responsables EELV signataires:

Patricia Andriot, vice-présidente de la région Champagne-Ardenne; Aline Archimbaud, sénatrice; Danielle Auroi, députée; Marie-Pierre Bresson, maire-adjointe de Lille; Patrick Franjou, conseil fédéral EELV; Serge Guérin, conseiller régional d'Ile-de-France; Saadika Harchi, Conseil d’orientation politique EELV; Agnès Langevine, Secrétaire Régionale Languedoc Roussillon; Eric Loiselet, conseiller régional de Champagne-Ardenne; Julie Nouvion, conseillère régionale d'Ile-de-France; Sandra Renda, conseillère régionale du Centre; Christophe Rossignol, conseiller régional du Centre; Mounir Satouri, président du groupe EELV région Ile-de-France; Marine Tondelier, conseil fédéral EELV; Dominique Voynet, maire de Montreuil, ancienne ministre.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 10:15

DU LOCAL AU NATIONAL...

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 16:27

REQUIEM POUR DES JEUNES SACRIFIES: 

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Dans deux ans la Grande Guerre aura cent ans. Vieille histoire, pas si sûr tant elle fut fondatrice des évènements du siècle. Les discours officiels parlent de nos aïeux, des anciens, enfin des vieux. Je crains qu'il y ait confusion entre unités de temps et de générations.

 

Pour les moins jeunes on a tous en mémoire ces derniers poilus de 14-18 centenaires, dont le dernier est décédé en 2008. L'image qu'ils donnaient d'eux était bien celle de personnes très âgées. Il en est de même maintenant pour les combattants de 39-45, qui parfois furent les mêmes que la Grande Guerre, mais aussi ceux d’Indochine, d’Algérie et d’autres terrains d'opérations . Mais de quoi et de qui parle-t-on?

 

De la guerre, on parle de la guerre, et de ceux qui l'ont faite, ou la font encore. Aujourd'hui les jeunes n'arrivent pas à s'insérer dans l'emploi, c'est-à-dire à pouvoir assumer une vie professionnelle et par là même une vie personnelle harmonieuse et épanouie, se projeter et s'inscrire dans un projet de vie. Ici en France, en Europe ou encore sur d'autres continents, la jeunesse a le sentiment d'un manque de reconnaissance et globalement d'un "no futur". Ils galèrent au quotidien mais heureusement sont peu nombreux à faire la guerre du moins en Europe (attention, l'éclatement de la Yougoslavie au début des années 90 n'est pas si lointaine). Aujourd'hui, la guerre mondiale est économique, les victimes et les dégâts aussi, ce qui n’empêche pas sur 800px-British recruits August 1914 Q53234différents continents nombre de conflits armés de grande intensité.

 

Bien présents dans la vie quotidienne 

 

Lorsque j'étais gamin dans les années cinquante, un ancien combattant pour moi c'était un vieux, pourquoi ? Malgré la proximité de la seconde guerre mondiale de 1939-1945, la première était encore très présente dans la société française d’alors. Présente parce très visible. Huit millions de Français ont été mobilisés, trois millions furent blessés et six cent mille invalides. Sans doute les 1450 000 morts n'encombraient pas les rues, mais à l’époque, il n'y avait pas d’instants publics ou privés sans que ce séisme sociologique et culturel ne s’invite pas. Il n’était pas de repas de famille sans que cette période ne soit évoquée et que la mémoire de l'un ou de plusieurs d'entre eux ne s’invite. Quelque fois s’imposait de suite au regard la présence d’un invalide. Les souvenirs étaient bien présents et d’une grande intensité (un père, un frère, un mari, un proche…). Dans presque chaque maison ou logement, une ou plusieurs photos rappelaient celui ou ceux qui n'étaient pas revenus de la boucherie. Dans les années vingt chaque ville et village avait édifié son monument aux morts sur lequel était inscrite la liste de tous ceux qui jamais ne reviendraient au pays. Ecoliers, on nous emmenait nous recueillir et nous souvenir de ces hommes « couverts de gloire ». On nous les présentait (comme aujourd’hui encore) comme des héros. Nous sommes là dans le mythe du sacrifice héroïque. Personnellement, je crois qu'à choisir, ils se seraient bien dispensés de cet honneur posthume. Ils chiaient dans leur froc, se demandant ce qu'ils faisaient là au mauvais endroit et au mauvais moment. Transformés en combattants de l’extrême, ils vivaient dans des conditions inimaginables et des années durant, ne sachant pas si en une fraction de seconde ils n’allaient pas pour les moins chanceux se retrouver, incrédules, le ventre ouvert, les boyaux à l’air à appeler leur mère durant le temps de leur agonie. Non, ces hommes n’ont pas choisi d’être des héros. On les y a obligés. C’était marche ou crève, et ce qui est valable pour les Français fut tout pareil pour les autres peuples, pour tous les autres.

 

Une rupture sans précédent

 

Le traumatisme de ces massives disparitions sévissait toujours, et ce d'autant plus que les combattants survivants étaient encore là en très grand nombre. Si certains s'étaient murés dans le silence, d'autres répétaient toujours les mêmes histoires, si bien que pour moi, gosse, un ancien combattant étaient synonyme de radoteur. Mais ce rabâchage permanent, qui tel un bruit de fond continu, n'était-il pas un impératif  besoin 800px-British 39th Siege Battery RGA Somme 1916d'exprimer et d'extérioriser une souffrance, un mal-être d'évènements épouvantables vécus et que l'on ne peut transmettre aux autres ? Comment exprimer cette intimité faite de visions, d’odeurs, de fracas, de ruptures affectives et l’épouvante d’un carnage qui jour après jour ne semblait pas se terminer avec en prime l’omniprésence de la mort qui peut surgir à chaque instant. Ce rabâchage n'était-il rien d’autre que l'expression d'un traumatisme individuel et collectif que seuls les anciens poilus pouvaient partager. Aujourd'hui n'y-a-t-il pas l'intervention de cellules psychologiques dès qu'un évènement plus grave que d'autres fait irruption dans notre vie quotidienne? Combien en aurait-il fallu de ces cellules à cette époque où des millions d'hommes en vrac ont été jetés en sacrifice dans cet incroyable enfer que fut la première guerre industrielle de l'histoire. Guerre qui inventa toutes les évolutions technologiques militaires et qui furent expérimentées en grandeur nature au nom de l'orgueil des 793px-Bundesarchiv Bild 183-R05148, Westfront, deutscher Sopatries et du nationalisme sur les hommes de 35 pays.  qui firent les beaux jours des guerres du vingtième siècle.

 

Les jeunes en première ligne

 

Mais ces hommes qui étaient-ils? Des anciens, des vieux? Non, pour l'essentiel des jeunes, voire des très jeunes. Ce sont des jeunes qui ont été tués. Pour eux le temps s'est arrêté autour de leurs vingt ans. Pour les survivants, le temps à fait son œuvre. Il les a patinés, les transformant au regard des autres et des générations suivantes en "vieux" combattants. Pourtant ils étaient tout aussi jeunes que ceux qui sont morts lorsqu’ensemble ils évoluaient en enfer. Sans doute sont-ils revenus vivants, mais en conservant cet enfer en eux dans leur jeunesse en lambeaux, pauvres jeunes, pauvres vieux !

 

Les morts vivants

 

Je me souviens aussi du nombre incroyable de ces hommes invalides qui m'impressionnaient tant et qui sans le vouloir témoignaient dans la vie quotidienne et dans les lieux publics ou la sphère privée de cette terrible période dont ils n'étaient pas sortis indemnes ni dans leurs corps, ni dans leurs têtes. Mutilations qui chaque jour les poursuivront leur vie durant. C'est autour de leurs vingt ans qu'ils sont devenus aveugles, qu'ils ont été amputés d'un ou plusieurs membres, que leurs visages ont été emportés, que leurs poumons gazés ne fonctionnaient plus, ou encore qu'ils semblaient un peu "dérangés" dans leur comportement sans parler des sexes et testicules disparus (sujet tabou) et bien d’autres encore... C'est autour de leurs vingt ans qu'ils se sont retrouvés brutalement, avec une jambe de bois, un crochet ou une pince métallique en guise de main, dans une chaise roulante, avec un masque de cuir, une béquille ou encore une canne blanche. D'autres ont perdu la raison. Mais lorsque ces combattants se sont retrouvés invalides, ils étaient jeunes et six millions. La guerre a fait d'eux de jeunes invalides. Le temps passant comme pour tout le monde, ils sont devenus des anciens combattants invalides, donc souvent visibles. Gamin, je me rappelle de ces billets de la Loterie Nationale aux tirages dédiés aux "Gueules cassées" comme quoi la Grande Guerre était toujours bien présente dans la société. Ne perdons800px-British 55th Division gas casualties 10 April 1918 pas de vue qu'en 1958, la France était en guerre depuis quatre ans en Algérie où elle envoyait… ses jeunes, il ne s'était déroulé seulement quarante ans depuis l'armistice de 1918... et qu'entre temps, la seconde guerre mondiale et la guerre d'Indochine avaient eu lieu. 

 

Si les hommes étaient exposés physiquement, c'est toute la société qui retenait son souffle. Tous ces hommes avaient des mères, des sœurs, des cousines, des amours, des femmes et pour certains aussi des enfants. Que d'inquiétude dans des attentes interminables. Recevoir un courrier n'était en rien la certitude que cet homme, l'expéditeur bien aimé, fusse toujours en bon état, et vivant à l'instant de la lecture. Que de silence, que de larmes, que de deuils ces femmes ont vécus durement. Que de courage dans ce quotidien qu'il fallut assumer dans l'incertitude affective et matérielle en remplaçant les hommes à tous les étages de la vie économique et sociale. Ce qu'ont vécu ces Français et ces Françaises, fut partagé par tous les hommes et toutes les femmes des trente cinq pays engagés dans cet ouragan. La guerre ne fait pas de cadeaux et la violence des souffrances n'a pas de nationalité. Elle prélève son butin de victimes militaires et civiles et selon les zones géographiques de combat ou d'occupation, par le viol les femmes faisait partie du rituel de la guerre (c'est toujours d'actualité). Pour les bavards et il y en avait, parfois les flots de paroles cachaient l’essentiel. Que d’histoires personnelles et de ruptures intimes faites de non-dit, de douleurs, de larmes et de silence qui n’ont jamais été formulés par pudeur, mais aussi par un ressenti intuitif que ceux qui n’avaient pas vécu l’indicible ne pouvaient comprendre, trancheespartager, et réaliser ces histoires extraordinaires et tragiques. Pour mieux faire accepter et avaler l'insupportable aux populations, les autorités ont choisi de sublimer toutes ces souffrances autour d'un patriotisme exacerbé et élevé au rang de dévotion nationale. Pourtant, l'Europe venait de vivre le premier grand recul de civilisation. Profonde rupture dont, seules, mort, souffrances et larmes furent les vainqueurs de ce désastre sociologique, culturel, politique et économique qui fut le terreau du conflit suivant, vingt et un ans plus tard… 

 

Marcel et Maurice morts pour...

 

Le 2 août 1914, un gamin de vingt ans de Montargis, est  mobilisé. Ainsi, Marcel Burgunder, mon grand oncle, comme les autres, se trouve piégé dans un cercle vicieux de violence et de guerre venu des Balkans. "Allait-on se battre et mourir pour la Serbie?"s'inquiétaient les mobilisés, et bien oui.  C’est affublé d'un uniforme à peine modifié de celui de 1870 (dernière guerre entre la France et la Prusse), c'est-à-dire dans son pantalon rouge garance, et son képi rouge et bleu (depuis 1913) que le jeune Marcel est parti. Comme tant d'autres, ainsi vêtu il était une cible idéale ce qu'il fut cinq semaines plus tard lors de la bataille de la Marne. Mort en héros pour la France ou pour la Serbie? Lui a-t-on donné le choix ? Il est mort en esclave et bête de somme et n'avaitP1000571 aucune vocation à vingt ans de devenir un héros. Ce fut le grand chagrin et la grande colère de ma famille et particulièrement de son frère, mon grand-père. Marcel n'a pas eu le temps d'écrire, seul son nom s'est ajouté à la liste du monument aux morts de Montargis. 

  

la France, la Serbie… ou ? 

 

Originaire de Saint Firmin des Vignes (aujourd'hui Amilly), Maurice Petit avait 19 ans lorsqu'il fut incorporé en 1914. Il n'arrivera sur le front qu'en avril 1915 au lieu dit du Bois-le-Prêtre dans la Meurthe et Moselle. Le 1er juillet 1916 les forces britanniques et françaises lancent l’une des plus importantes confrontations de cette guerre : la bataille de la Somme. Celle-ci va durer jusqu’au 18 novembre 1916 et hors victimes civiles, elle est l’une des batailles les plus meurtrières de l’histoire humaine avec environ 1 060 000 victimes parmi les belligérants dont environ 442 000 morts ou disparus. Le régiment de Maurice Petit est engagé dans cette terrible bataille. A partir de 7h30 ce premier jour va être le plus meurtrier de la Grande Guerre. Des unités britanniques vont être éliminées jusqu’à 91%. 60 000 anglais sur les 100 000 engagés seront morts, disparus ou blessés au soir de cette journée dont 30 000 dans les six premières minutes de cette bataille qui va durer près de cinq mois. Le 2 juillet, Maurice écrit à ses parents. Ce sera la dernière lettre. Le 8 juillet il pleut fort, Maurice progresse sur le plateau face à Maurepas. Il est à trois cents mètres à l’est d’Hardecourt-aux-Bois, mes numérisations 001Il est 11 heures du matin, il tombe, une balle de mitrailleuse dans la tête vient d’avoir raison de sa vie. Il avait 21 ans. Jusqu’en 1974, ce fut l’âge de la majorité en France. C’est banal de dire que ce n’est pas un âge pour mourir. Il en avait peur et l’avait formulé dans son courrier. Il fait partie de ces 250 000 français dont on ne retrouvera pas le corps d’où un impossible deuil pour sa famille. Bien que maîtrisant mal l'écriture et l'orthographe, Maurice désireux de conserver un lien fort avec sa famille a écrit quelques 125 lettres, cartes postales et cartes "correspondance militaire" qui furent conservées avec soin par les siens. Beaucoup de sensibilité de délicatesse et de tendresse dans l'expression des  sentiments de ce jeune homme précipité dans l'horreur. Ces courriers ont été rassemblés et publiés en 2008 dans un ouvrage "Bientôt mes 20 ans" par Roland Mousset et Philippe Picoche aux éditions Cheminements, ZA du Bois d'Orties-49730 Turquant. www.cheminements.fr

 

Respect pour tous

 

Pour toutes ces raisons et beaucoup plus encore, j’ai gardé la mémoire et je m’incline avec beaucoup de respect devant tous les jeunes de ces trente cinq pays qui furent sacrifiés comme chair à canons sur l’autel des nationalismes et du profit. Mémoire n’est pas nostalgie, mais indispensable pour comprendre le présent et se projeter dans l’avenir.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 22:19

COMITE LAÏCITE REPUBLIQUE 

A propos du mariage pour tous, je vous propose à la lecture

l'édito (novembre 2012) de son Président Patrick Kessel.

 

L'Eglise chez elle, le Parlement chez lui. Paraphrasant Victor Hugo, nous voulons rappeler ce très saint principe républicain au moment où les autorités ecclésiastiques réinvestissent le champ politique en prétendant imposer au pays leur opposition au mariage pour tous. Après l'archevêque de Lyon établissant un étonnant lien entre mariage 1600 assemblee nationale francaise 9homosexuel, polygamie et inceste, le Président de la conférence des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois, vient de qualifier le projet de "supercherie". L'Eglise qui estime que "l'élection présidentielle et les élections législatives ne constituent pas un blanc-seing automatique" semble faire peu de cas du vote des élus de la Nation. Et soutenir en revanche les manifestations prévues par des organisations proches de l'Eglise et des intégristes contre le projet du gouvernement.

 

L'Eglise d'Espagne avait largement contribué aux manifestations contre le Premier Ministre socialiste. L'Eglise d'Italie avait soutenu Berlusconi afin qu'il bloque le droit à mourir dans la dignité. De tout son poids politique, elle a pesé en Irlande, à Malte, au Portugal, en Pologne.., dans les instances européennes, contre l'évolution des mœurs et la laïcité des institutions.

 

L'Eglise renouant avec un passé peu progressiste, et c'est un euphémisme, cédait à son penchant naturel, s'invitant dans le débat politique au nom d'une morale dont elle se pose en garante! Dont elle aurait le monopole! Les mêmes instances, plus déterminées à dire la morale aux autres qu'à se l'appliquer à elles-mêmes, avaient pourtant consacré leur énergie à étouffer les milliers de cas de pédophilie révélés en son sein plutôt qu'à les combattre.

 

Plus subtilement mais avec détermination, ces toutes dernières années l'Eglise de France a fait pression sur le gouvernement et les élus pour empêcher l'adoption de la révision des lois de bioéthique, contre le droit à mourir dans la dignité, comme elle l'avait fait dans le passé contre le divorce, la contraception, l'IVG, le contenu de l'enseignement. Même comportement à l'égard du nouveau Président de la République pour maintenir le statut dérogatoire du concordat en Alsace Moselle et essayer d'empêcher l'inscription dans la Constitution des grands principes de la loi dite de séparation des Eglises et de l'Etat.

 

L'Eglise a parfaitement le droit, comme toute religion, comme tout mouvement philosophique, de s'exprimer dans les débats éthiques au cœur des grandes mutations de la société moderne. Elle a la totale liberté de défendre son point de vue, fut-il un des plus conservateur en matière de mœurs. Cette liberté, c'est la laïcité qui la lui garantit. Mais il ne faut pas confondre le légitime débat avec la décision politique laquelle relève du Parlement et de lui seul. C'est à dire du peuple.

La hiérarchie catholique ne veut pas voir que 80% de nos concitoyens et une majorité de catholiques eux-mêmes ne souhaitent pas qu'elle s'immisce dans le débat politique. Rendre enfin et pour de bon à dieu ce qui lui revient et à César ce qui lui appartient !

 

Qu'elle cesse de jouer de la menace et de la peur comme elle l'avait fait en 1984, en s'associant aux partis de droite, pour empêcher la réalisation d'un grand service public unifié de l'Education Nationale.

 

Qu'elle s'adresse à ses fidèles en leur proposant une éthique de vie relève de sa mission pastorale au même titre queP1070654 tous les autres courants de la vie religieuse, spirituelle et philosophique. En revanche il est une ligne au-delà de laquelle s'ouvrirait l'inacceptable retour du religieux en politique, de la confusion des ordres, de la montée des dangers.

 

On ne peut dénoncer l'instrumentalisation des printemps arabes par les islamistes pour imposer notamment l'inégalité des droits entre hommes et femmes, et accepter ici l'interventionnisme politique des autorités catholiques contre la reconnaissance du mariage homosexuel!

 

Qu'il s'agisse du mariage pour tous, du droit à mourir dans la dignité, de la laïcité, sujets sur lesquels une très large de majorité de français est favorable à des évolutions positives, c'est au gouvernement à gouverner et aux élus du peuple à voter la loi.

 

Les églises chez elles, l'Etat chez lui.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 17:30

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PLOGOFF, LARZAC, MALVILLE

NOTRE DAME DES LANDES

MÊME HISTOIRE,

MÊME RESISTANCE... 

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Décidément, les dirigeants de notre Pays ont parfois des entêtements envers et contre tout et qui les emmènent droit dans le mur. Sans mémoire, ces politiques reproduisent assez régulièrement les impasses démocratiques autour des « grands projets ». Ce n’est même pas une affaire de couleur politique, la vraie question est de savoir si l’on peut les imposer par la force aux populations d’un territoire qui les rejettent en bloc ? Dans le cas présent, Acipa-aeroport-nonc'est d’autant plus étonnant, voire choquant lorsque cet entêtement vient d’un exécutif qui place la concertation comme l’un des piliers de sa gouvernance. J’entends bien la situation toute particulière de Jean-Marc Ayrault avec ce projet d’aéroport international du Grand Ouest de Notre Dame des Landes, mais un homme d’Etat ne peut-il dépasser celui (supposé) d’un intérêt régional ?

 

Dans le passé, à partir de 1970, il y a eu le projet de la centrale nucléaire de Plogoff avec un combat de l’ensemble de la population durant 11 ans. François Mitterrand a abandonné le projet à son élection en 1981. Il y a eu le combat national et populaire pour défendre le Larzac, de 1971 à 1981. François Mitterrand a abandonné le projet à son élection en 1981. Il y a eu le canal Rhin-Rhône à grand gabarit depuis les années 70. Projet abandonné par Lionel numérisation0560Jospin devenu premier ministre en 1997. Il y a eu Superphénix (Malville), projet datant de 1974, très contesté avec mort d'homme, néanmoins construit et couplé au réseau électrique en 1986. Victime d'incidents à répétition, finalement Superphénix n'aura fonctionné qu'un peu plus de dix mois en neuf ans d'activité… En janvier 1997 un rapport de la Cour des Comptes évalue son coût à 60 milliards de francs. Ce réacteur prototype est abandonné par Lionel Jospin en 1997. Sa déconstruction est prévue jusqu'en 2027... et son coût ne cesse de s'alourdir...

 

Ce projet d’aéroport international à Notre Dame des Landes est vieux de trente ans. Question : ne se serait-il rien passé durant ces années pour être entêté à ce point sur ce projet ?  Côté répression, c’est à peu près les mêmes scénarios que les luttes précédentes et finalement peu dignes des régimes démocratiques que seule une « mégalomanie ridicule » semble justifier. Attention, « Ceux de Notre Dame des Landes et ceux du Larzac sont de la même trempe de Français.

 

Je soumets à votre lecture une lettre ouverte de Patrick Warin, ancien élève de l’ENA, promotion Voltaire (la même que François Hollande, Ségolène Royal et Michel Sapin), ancien Directeur à la Caisse des Dépôts et Consignations, Professeur associé aux Universités, membre de Démocratie 2012.

 

Larzac août 1973 

Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, Président de la République,

 

Monsieur le Président, mon cher camarade, cher François,

 

J’ai décidé de vous adresser cette lettre, écrite ce matin du 30 octobre, alors qu’une nouvelle opération de police de grande envergure se déroule à quelques dizaines de kilomètres d’Angers, mon lieu de résidence, ville et région qui vous sont également familières.

 

Sur le territoire prévu pour accueillir le futur aéroport de Nantes/Grand Ouest des hommes et des femmes qui, pour l’écrasante majorité d’entre eux ont voté pour vous, doivent se confronter une nouvelle fois à un déploiement de forces de police dépêchées par un gouvernement de gauche, dirigé par l’ancien maire de Nantes. Alors que depuis des années ces femmes et ces hommes, tous non violents, tous soutenus par une solidarité locale, régionale et nationale387752 4870419203355 1570638182 n demandent simplement à être entendus au-delà des procédures légales et formelles dont ils estiment à juste titre qu’elles ont été menées de manière tronquées, et trompeuses, la seule réponse que votre gouvernement leur apporte est celle de l’emploi de la force. Cette attitude, Monsieur le Président, cher camarade est inacceptable.

 

Le PS est en train de s’isoler

 

Parmi bien d’autres, je me suis engagé pour assurer votre élection, puis vous garantir une majorité solide. Dans notre circonscription du Maine et Loire tenue par la droite depuis plusieurs dizaines d’années nous avons failli à 86 voix près envoyer l’ancien ministre Marc Laffineur à une retraite bienvenue. Nous sommes fiers d’avoir mené ce combat et de nous retrouver dans cet Ouest déjà largement conquis par la gauche en terre de futures conquêtes en compagnie de nos alliés écologistes.

Cher François, la manière dont le pouvoir que vous incarnez gère le projet Notre Dame des Landes va totalement bouleverser ces positions politiques chèrement acquises car vous n’imaginez pas l’immense potentiel de sympathie, de soutien militant, de soutiens politiques à la base dont bénéficient ces personnes en lutte, alors que la technostructure du Parti socialiste et des grands élus régionaux est en train de s’isoler.

 

Vous êtes face à un nouveau Larzac !

 

Monsieur le Président je vous l’affirme avec la conviction d’un sympathisant socialiste de longue date, de tradition enracinée auprès de mes proches, mon père Jacques Warin, qui collabora avec Pierre Mauroy au moment de l’alternance en 1981, vous êtes face à un nouveau Larzac !

 

Déjà au moment de votre élection je vous avais alerté discrètement, par l’intermédiaire de nos amis communs de Démocratie 2012, dont Pierre René Lemas, pour éviter qu’en pleine campagne la situation ne provoque des numérisation0605conséquences électorales néfastes. Il me semblait avoir, avec bien d’autres qui avaient intercédé, été entendu.

 

Aujourd’hui il est temps que vous ne vous contentiez plus de répondre aux lettres qui vous sont adressées à ce sujet par des formules standards qui renvoient à votre ministre Monsieur Cuvillier le soin de traiter le dossier. Outre que cette attitude peu respectueuse de l’écoute citoyenne ne vous ressemble pas, vous êtes face à une situation qui exige une attitude d’homme d’État.

 

Plogoff 1980 -Ecologie n°326

 

Provocations dont vous porterez seul la responsabilité

 

La révision du Schéma national des infrastructures de transport, l’emploi parcimonieux de la dépense publique, le souci de la transition écologique, l’application loyale de la Loi sur l’Eau, dans sa dimension universelle et a fortiori européenne, sont autant de motifs pour rouvrir le dialogue et éviter que votre quinquennat ne soit entaché par un abcès de fixation politiquement désastreux. Cela vous fait courir, compte tenu de la manière utilisée aujourd’hui, des risques sérieux de dérapages, de provocations dont vous porterez seul la responsabilité face à des personnes dont laAcipa-aeroport-non conviction s’exprime de manière pacifique, non violente, respectueuse de la loi républicaine dès lors que celle-ci s’exerce elle aussi dans le respect du dialogue citoyen.

 

Monsieur le Président, cher camarade, j’ai eu le privilège de vivre un parcours professionnel dont tous ceux qui furent mes supérieurs, collaborateurs, collègues, partenaires s’accordent à dire qu’il fut toujours ouvert à l’innovation, à l’adaptation au monde changeant, à la recherche de nouveaux paradigmes et à la réalité de la concurrence globalisée. Je continue en tant qu’enseignant universitaire à stimuler la créativité de mes étudiants, dans le monde entier, tout en leur transmettant mon expérience de dirigeant du service public puis d’homme d’entreprise. Je ne suis pas un 66541 510529018958982 1281000800 nnostalgique, ni un tenant de la décroissance, ni un « illuminé anti progrès ». Ces traits de caractère sont partagés par les personnes que je côtoie lors des réunions d’information sur le projet Notre Dame des Landes. En vérité, c’est nous qui incarnons la modernité et l’ouverture au 21éme siècle.

 

Mégalomanie ridicule

 

En effet, qui peut croire que les opérateurs aériens vont implanter dans le Grand Ouest des infrastructures aéroportuaires renforcées et surdimensionnées, au moment où nous atteignons le pic de l’énergie fossile, et alors que leur modèle économique est de ramener les passagers vers quelques hubs majeurs soit par des avions qui rallient Nantes à Orly, ou Charles De Gaulle, ou Francfort ou Londres, ou Amsterdam ou Madrid ? A partir de ces plateformes le modèle est alors de procéder au remplissage maximum de très gros porteurs économes en carburant. Sauf à souffrir d’une mégalomanie ridicule, qui peut croire qu’un Grand Ouest aujourd’hui déjà bien relié par TGV aux plates formes parisiennes en cours de modernisation a besoin d’un équipement nouveau, coûteux, détruisant plusieurs milliers d’hectares de terres agricoles, déracinant au propre et au figuré paysages et hommes attachés à leur territoire ?

 

Nantes a déjà 2 aéroports qui figurent dans les codes internationaux de l’IATA, Nantes Atlantique qui croît sans que cela permette de justifier le transfert coûteux et… la gare SNCF de Nantes qui est utilisée dans la tarification aérienne pour acheminer les passagers vers les plateformes parisiennes et retour. Nantes Atlantique va devoir de toute façon Acipa-aeroport-nonêtre conservé pour les besoins logistiques de la fabrication d’Airbus sur l’usine nantaise, et la gare de Nantes me parait être une bonne solution pour les voyageurs de notre région pour leur transfert vers les hubs parisiens. Posons donc la question à Air France sur sa vision du transport aérien au 21ème siècle et remettons-nous autour d’une table pour réexaminer les prévisions de trafic utilisées pour justifier le transfert !

 

Je vous conjure d’écouter ce qui se vit

 

Monsieur le Président, cher camarade, vous qui êtes aujourd’hui soucieux que vos hautes fonctions et votre agenda ne vous coupent pas de la réalité que vivent nos concitoyens, vous qui vous entourez des avis et opinions issus de la société civile, comme en témoigne la mission confiée à votre proche Bernard Poignant (qu’en dit-on à Quimper ?), je vous conjure d’écouter ce qui se vit dans notre région auprès de personnes qui vous soutiennent, qui partagent vos valeurs, qui se mobiliseront autant qu’il le faudra et aussi longtemps qu’il le faudra pour que leurs argument soient 522179 362896797136865 794719943 nécoutés une fois que les gaz lacrymogènes de ce matin se seront dissipés.

 

Cher François, le Larzac a rencontré son homme d’État, le magnifique film qui a retracé cette lutte rend hommage à des Français ordinaires, femmes et hommes de conviction mais aussi à l’homme d’État qui les a entendus. Ceux de Notre Dame des Landes et ceux du Larzac sont de la même trempe de Français, nous serons des millions à les soutenir pour qu’on les écoute.

 

Monsieur le Président, cher François Hollande, nous attendons de vous que vous soyez à notre rendez-vous citoyen comme l’a été François Mitterrand.

 

Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments respectueux et de mon cordial souvenir,

 

Patrick Warin,

ENA Promotion Voltaire

 

Copie : Monsieur Jean Marc Ayrault, Monsieur Pierre René Lemas, Monsieur Michel Sapin, Monsieur Jean Pierre Jouyet, Monsieur Bernard Poignant, Monsieur le Préfet de la Région Pays de la Loire.

 

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Société
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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