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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 19:02
Convention Municipales
Réinventons la politique locale


Alors que chacun se positionne pour les élections municipales, les Verts et leurs sympathisants seront au rendez-vous. Pour mémoire, en 2001, nous avions conduit à Montargis la liste : « rêver une autre ville, agir ensemble ». Avec près de 11% au premier tour, nous avions créé la surprise. Pour ceux qui auraient conservé notre programme, sa relecture en surprendrait plus d’un, par l’esprit, les orientations et les actions proposées dans une démarche de développement durable (déjà !). Le tout était non seulement visionnaire mais d’un réalisme absolu. Nous étions les seuls à Montargis à proposer un programme, qui aujourd’hui est d’une actualité brûlante. Mais la réalité, c’est qu’au-delà des affichages et des discours des élus en place, sur l’essentiel peu de choses se traduisent par des actes réellement opérationnels. Nous avions vu juste. Nous sommes dignes de confiance.

Depuis 2001, le contexte politique national et local s’est profondément modifié. La crise de la société française est profonde et ne cesse de grandir depuis 2002. Le sarkozisme triomphant n’est que mirage et illusion, qui non seulement ne répond pas à l’inquiétude profonde des Français sur leur avenir, mais va aggraver, pour bon nombre d’entre eux, leur situation personnelle voire professionnelle. Une fois passées les échéances municipales et cantonales, les députés UMP voteront en toute tranquillité toutes les ruptures annoncées. Les plus riches seront encore plus riches et les plus modestes (classe moyenne comprise) seront encore plus modestes. Les députés, dont le maire de Montargis ont déjà voté les 15 milliards d’€ de cadeaux fiscaux aux très riches (très très peu à Montargis), mais aussi les franchises médicales dont certaines seront effectives dès janvier 2008, les redevances télé au plus de 65 ans, etc… autant de mesures qui réduisent le pouvoir d’achat et de vivre d’une majorité de la population. A Paris, les votes du député Door ont des retombées bien réelles sur les administrés de la commune dont il est maire. Les habitants doivent prendre conscience de cette réalité et mettre un terme à ce double jeu.

Un projet municipal à Montargis doit s’inscrire dans les projet de l’Agglomération (l’AME) dont les objectifs et les réalisations sont décidés sans la population, c'est-à-dire nous tous. De plus, alors que tous les députés sont surchargés de travail (ce sont eux qui le disent), n’est-ce pas le maire de Montargis qui est le président de l’Agglomération ? Ce cumul des mandats à ces niveaux de responsabilité, au-delà des photos dans la presse, ne permet pas d’être pertinent sur l’ensemble de fonctions aussi lourdes. Il faut faire des choix et les électeurs par leurs votes peuvent les arbitrer.

Voilà pourquoi en Mars prochain tout est possible à Montargis. Encore faut-il être inventif, novateur et déterminé dans l’esprit, les projets et l’expression. Si au plan national l’opposition à gauche est en panne, de façon pragmatique, les écologistes sont convaincus q’une nouvelle page doit s’écrire localement à partir de la vie quotidienne, de la proximité et des bassins de vie. Les municipales doivent être la première étape. C’est pourquoi, il nous parait important qu’au-delà des appareils et personnalités locales, toutes et tous respectables, les personnes dans leur grande diversité de sexe, d’âge, d’origine et de handicap, s’expriment sur le bilan des sortants, sur l’élaboration de stratégies unitaires, sur la construction de programmes innovants, sur une expression politique renouvelée, sur une vision de l’animation des politiques publiques sur le Montargois et sur des objectifs à moyen et long terme sur l’Agglomération (AME). Pour nous il s’agit de rompre et renouveler des postures politiques figées et d’initier localement les conditions de créer à court et long terme les bases d’un contrat politique concret de gauche en lien avec tous les habitants qui le souhaitent et sans exclusive. L’utopie n’exclue pas l’action.

Ce ne sont pas les Verts en tant que parti, mais les éco-citoyens qu’ils sont, qui invitent en Janvier, tous ceux qui le désirent à participer à une Convention locale studieuse et festive pour échanger et construire collectivement les conditions de gagner les municipales à Montargis et de fonder dans la durée un renouvellement des pratiques politiques sur le Montargois. C’est possible. Vous pouvez nous joindre par mail : convention.municipales.montargois2008@hotmail.fr


Jean-Luc BURGUNDER
Conseiller municipal de Montargis
Vice-Président Délégué au Conseil régional du Centre

Philippe VERMEE
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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 20:12
Ce texte a été envoyé à l’Eclaireur du Gâtinais et aux autres titres locaux le 5 novembre.
En date du 21 novembre, rien n’est paru…malgré trois envois !!!


Qui vivra verra !

D’abord deux remarques. La première, pour quelqu’un qui veut liquider l’héritage de Mai 68, quand Monsieur Sarkosy en appelle à « une révolution dans nos façons de penser, dans nos politiques, dans nos objectifs » à quoi fait-il référence sinon à un moment fort de 68 : « Je veux que le Grenelle (le nom est lâché) soit l’acte fondateur d’un  new deal écologique en France, en Europe et dans le monde » (comme si certains pays nous avaient attendus !). La seconde, c’est que ce « Grenelle » mené par l’actuel gouvernement se serait tenu de toute façon, si Mesdames Royal, Voynet ou Monsieur Bayrou avaient été élus, compte tenu de leurs signatures du pacte de Nicolas Hulot.
Ces trois mois d’échanges entre les acteurs politiques de la Majorité (on peut regretter cependant que l’ensemble  des sensibilités politiques n’y aient pas été associées en tant que telles au plus haut niveau), les acteurs sociaux (patronat, salariés, catégoriels) et les ONG environnementales ont été dans tous les cas une bonne chose. Compte tenu des enjeux contradictoires sur lesquels porte ce type de négociation, il faut savoir que la concertation et la participation de l’ensemble des acteurs sont le quatrième pilier (et la gouvernance) du Développement Durable tel que défini à Rio en 1992 et ratifié alors par la France. Donc, aujourd’hui avec ce Grenelle, nous ne sommes pas en avance, mais dans un exercice obligé de rattrapage, même si le temps perdu ne se rattrape jamais.
Au-delà du constat, semble-t-il partagé par tous, de la dégradation du climat et des ressources naturelles de la planète, une liste ambitieuse de propositions a été mise en avant. Entre autre, sur les normes énergétiques dans les bâtiments (sans doute la plus réaliste), sur le triplement des surfaces de l’agriculture biologique (décision très liée à la dissémination des OGM), sur l’arrêt de la capacité routière (localement l’A19 prend un sacré coup de vieux), sur la biodiversité (trouée verte), etc… Cependant restent en suspend les OGM (décision au printemps juste avant la mise en culture ?), les pesticides, les agro carburants (dont l’impact sur l’eau et sur la biodiversité dépasse leur apport dans la lutte contre le changement climatique), le nucléaire (dont on a toujours pas résolu la gestion des déchets qui ne cessent de s’accumuler) qui finalement ne produit que de l’électricité et ne se substitue pas au pétrole dont le prix du baril explose et dont la moitié des réserves mondiales semblent épuisées), les déchets, etc…
Par ailleurs, beaucoup de décisions sont suspendues à des « si possible », à des « 10-20 ans », à « des commissions à venir » et à des décisions fiscales qui pour l’instant sont bottées en touche. A propos de fiscalité, il faut être extrêmement vigilant à ce que les plus précaires ne soient pas pénalisés (véhicules et habitat) au profit d’une aide à ceux qui ont les moyens d’investir écolo. Attention à ne pas élaborer une écologie de classe, forcément injuste.
Finalement, la bonne humeur des participants de ce Grenelle n’est-elle pas plutôt due à l’étonnement de s’être parlé, d’avoir échangé et dégagé des propositions possibles, ce qui est déjà bien. Pour le reste, au-delà des sourires et des annonces l’important sera la traduction concrète en actions et en moyens. Corinne Lepage s’est déclarée « globalement séduite, car c’est la première fois qu’on avait un discours novateur et cohérent à ce niveau de l’Etat ». C’était le 25 octobre dernier. Elle a du déchanter le mercredi 31 octobre, lorsqu’en Corse, Mr Sarkozy a souhaité voir s’implanter dans l’Ile des compagnies aériennes à bas coûts (low cost), lorsqu’on sait que le transport aérien grand producteur de CO2 - qui attaque le climat - échappe totalement à toute taxe sur le carburant, ce qui n’est le privilège de personne d’autre dans le transports. Déception encore, nous sommes au cœur  du discours contradictoire du chef de l’état lorsque la « France pionnière de l’écologie » de Mr Sarkozy déplace son gouvernement à Ajaccio, ce qui correspond à un coût environnemental pour une seule journée à la consommation annuelle de 200 personnes.
Sur l’environnement  la France n’est pionnière de rien tellement elle vient de loin. De plus, en moins d’une semaine la preuve est faite que l’écologie n’est ni la priorité, ni entrée dans les mœurs politiques, au-delà des discours.
Plus que jamais la mobilisation, la vigilance et l’action des écologistes et des Verts est nécessaire et ce d’autant plus que les grands lobbies ne se sont pas encore exprimés.


Couverture de ce qui fut en 1975 le premier document français généraliste sur l’énergie solaire que j’ai publié avec l’équipe d’Ecologie. il fut très largement diffusé en plein combat anti-nucléaire par l’ensemble des groupes écologistes du territoire.

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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 19:53
La faillite du politique


Comme promis dans l’introduction «Sarkosy n’est pas Hitler», voici le second épisode «d’un Président peut en cacher un autre». Avant d’aller plus avant sur Sarkosy lui-même, son fonctionnement, sa méthode, ses valeurs et sa politique, voici une mise en perspective de la décennie écoulée. Introspection incontournable pour mieux comprendre le présent avant de réfléchir à l’avenir.

Cette présidentielle de 2007 n’était pas un exercice habituel, tout simplement parce qu’elle s’est inscrite dans la continuité de celle de 2002 et dont les résultats étaient pourtant très clairs. Entre l’abstention et l’émergence affirmée de l’extrême droite, ils donnaient des indicateurs sur l’état de l’évolution de l’opinion des français. Le vote FN n’était déjà plus un vote de protestation mais bien l’affirmation d’une opinion affichée à l’extrême droite, d’où la réaction massive d’un électorat républicain autour de Jacques Chirac. Fort de ses 82% du second tour (19,88% au premier tour) Chirac avait alors une formidable opportunité historique de rénover en profondeur la vie publique. Par des réformes institutionnelles, pertinentes sur la représentativité électorale et territoriale permettant à la diversité d’opinion d’exister en toute identité et parfaite clarté, extrême droite comprise puisqu’elle représentait alors entre Le Pen et Mégret 19,20% soit autant que Chirac. Celui-ci avait l’opportunité de redonner vigueur à la politique française et réconcilier les citoyens avec le politique. Empêtré dans ses affaires, ou par manque de lucidité ou les deux, Chirac a joué petits bras, c'est-à-dire la politique du pire. En créant l’UMP, il blanchit le RPR discrédité et rongé par ses scandales financiers et décide de gouverner le pays replié sur sa famille politique en la créditant ainsi des 82% obtenus au second tour. En niant la réalité de la diversité du scrutin, ce président a de fait pris le risque d’une contagion idéologique par l’extrême droite de la pensée d’une majorité de français. Si bien que ce qui était encore possible d’éviter il y a 5 ans ne l’a plus été aujourd’hui. C’est donc bien sur l’abandon de cet enjeu de 2002 que s’est jouée l’élection de Nicolas Sarkozy le 6 mai dernier. Voilà pourquoi, je pense que la notion d’inventaire n’est pas l’apanage de la seule Gauche mais que tôt ou tard, elle concernera aussi la droite même si ses succès électoraux en reculent durablement l’exercice.

En 1997, la divine surprise de la dissolution de l’Assemblée Nationale et de sa propre majorité par Chirac lui-même (qui lui avait valu le prix de l’humour politique) a porté la Gauche plurielle au pouvoir. L’effet anti-Juppé et les grèves du mouvement social de 1995 ne sont certainement pas étrangers à ce succès, mais pour le moins, la Gauche n’a pas gagné seule. En réalité, c’est le FN, qui en maintenant ses candidats au second tour partout où cela lui était possible, qui a battu la Droite républicaine.

En 1998, lors des élections régionales dans six régions où la Gauche plurielle était arrivée en tête avec une majorité relative, la Droite républicaine n’a pas hésité à faire alliance avec le FN pour se maintenir à la tête de ces régions (la région Centre en faisait partie). Malgré l’appel solennel de Chirac, quatre régions resteront jusqu’en 2004 dans cette configuration d’une gouvernance entre le FN et la Droite républicaine.

En 2001, c’est une sérieuse alerte sur les municipales. Certes, Paris et Lyon basculent à Gauche mais en réalité, celle-ci perd une vingtaine de villes de plus de 30 000 habitants situées sur l’ensemble du territoire (en région Centre ce sont entre autres ; Chartres, Blois, Châteauroux, Orléans… qui sont perdues…). L’ampleur géographique du phénomène devrait poser question. Pourtant ce sévère avertissement ne semble pas entamer la certitude socialiste que Jospin battrait Chirac en 2002. La preuve en est, c’est que contre l’avis des Verts et des communistes, Jospin et le PS inversent le calendrier électoral, avec l’effet dévastateur que l’on observe depuis. De plus, les socialistes n’ont pas tenu leurs engagements de 1997 faits à leurs partenaires sur l’introduction d’une proportionnelle… Alors ?

Alors, cinq années de gestion des affaires du pays qui dans les sondages ne semblaient pas déplaire aux français ne suffisent pas à construire et à fidéliser un électorat autour d’idées fédératrices donnant de l’espoir et des perspectives d’avenir. La seule gestion fut-elle bonne ne mobilise pas sur la politique. Au-delà d’un programme et de son application, c’est le symbolique qui mobilise. Aussi, je suis persuadé que Jospin a symboliquement perdu sa crédibilité politique autour des licenciements de Renault Vilvoorde en Belgique et du « je n’y peux rien » à propos des licenciements de Michelin. Le pragmatisme pur et dur à lui seul ne suffit pas à créer un élan, du sens et des perspectives d’avenir à des citoyens en attente et inquiets de la globalisation de l’économie et de ses conséquences sur l’emploi et leur vie. La lucidité n’exclue pas l’utopie. Sans doute, le politique n’a pas spontanément la réponse à tout, mais c’est de sa responsabilité d’organiser les conditions de faire émerger les réponses les plus pertinentes. Subir les événements comme une fatalité revient à admettre publiquement qu’il ne sert à rien.


Il n’empêche que malgré ces alertes répétées, les yeux rivés sur le second tour des présidentielles, Jospin et le PS figés dans leurs certitudes d’une victoire au second tour, n’ont pas vu arriver leur élimination dès le premier tour de la présidentielle par le Front National. De plus, en abandonnant la politique dès le soir de la défaite, Jospin n’assure pas jusqu’au bout sa responsabilité. Il lâche le PS et la Gauche en plein désarroi à l’instant même d’assumer sa propre décision d’inverser le calendrier des législatives. Il aurait pu quitter la politique, si telle était sa décision, mais une fois passé le second tour des législatives.

Le 16 juin 2002, au soir du second tour, l’UMP (Union pour la Majorité Présidentielle) rafle la mise avec l’élection de 355 députés + 29 UDF et 14 divers droite, contre 140 au PS, 21 au PC, 7 PRG, 6 divers gauche et 3 aux Verts. Effacés les 19,28% du 1er tour de Chirac !

A remarquer qu’un certain Charles Millon qui aux régionales de 1998 en Rhône-Alpes avait fait alliance avec le FN pour rester président reçoit en 2002 l’investiture RPR à Lyon (il sera battu). Mais une fois de plus, on en revient à l’équation FN (voir sur ce blog l’article « Des mots révélateurs »). Alors que Le Pen arrive au second tour de la présidentielle en éliminant le candidat de gauche, que fait-on des 5 millions d’électeurs de l’extrême droite qui reste toujours sans représentation nationale ? De deux choses l’une : si réellement on considère le FN comme un danger réel pour la démocratie et la République, alors il faudrait interdire purement et simplement ce parti. Personne ne franchira ce pas, pas plus en 2002 qu’avant, tout simplement parce que l’électorat FN est instrumentalisé et utile aux uns et aux autres. Avec une majorité absolue, l’UMP se désintéresse du problème. Toujours est-il que c’est à l’évidence, la présence du FN qui jusqu’alors n’a pas permis la mise en œuvre d’une proportionnelle dans notre pays.

En novembre 2002, au congrès fondateur de l’UMP qui devient « l’Union pour un Mouvement Populaire », Jacques Chirac est au sommet de sa « gloire ». Qu’importent les 19% du premier tour et en plaçant « le meilleur d’entre nous », Alain Juppé, à la tête de l’Union des droites, il anticipe un avenir chiraquien. C’était sans compter avec celui qui par mimétisme l’avait bel et bien trahi avec Balladur en 1995 mais qui le soutiendra en 2002, et qui pense à la présidence de la République depuis « toujours ». Nommé Ministre de l’Intérieur dans le premier gouvernement Raffarin, Sarkosy va y imprimer de suite un style musclé. Tout en s’engageant vigoureusement dans la lutte contre l’anti-sémitisme, avec la loi sur la sécurité intérieure de mars 2003, complétée par la loi Perben, il étend le fichage ADN à toute personne soupçonnée d’un quelconque délit (excepté les délits d’initiés ou financiers). Libre choix aux policiers et gendarmes de l’utiliser, même si aucune preuve de culpabilité n’est établie. De plus, un refus de se laisser ainsi ficher peut aller jusqu’à 15 000 € d’amende et à 1 an de prison. Cette loi instaurée par le gouvernement Jospin était initialement limitée aux délinquants sexuels ; relookée à la façon Big Brother cette loi a permis le fichage génétique de faucheurs d’OGM et d’étudiants anti-CPE entre autres.

2004 sera l’année du début de la fin des espoirs de la Chiraquie pour 2007. En mars, malgré une abstention importante, la Gauche s’empare en métropole de 20 Régions sur 22 et progresse fortement aux élections cantonales. Vote d’adhésion ou vote de protestation ? Dans l’euphorie de ce raz-de-marée la question ne se pose même pas, l’important c’est d’avoir gagné ( !). Après cette défaite de la Droite, Sarkosy rentre au 3ème gouvernement Raffarin, comme Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Il n’y restera que 9 mois et pour cause… Rattrapé par les emplois fictifs du RPR, Alain Juppé, l’homme d’un Président intouchable et pourtant partisan de la tolérance zéro, écope en première instance de 18 mois de prison et 10 ans d’inéligibilité ramenés après appel à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité. Il démissionne de la présidence de l’UMP. En novembre 2004, après avoir déclaré son intention d’être candidat à la Présidentielle de 2007, Sarkosy est élu avec plus de 85% à la tête de l’UMP. La Chiraquie a perdu l’appareil, le Sarkozisme est né et désormais rien ne sera innocent dans la manière de dire et de faire de Sarkosy. Tout est pensé et pesé pour l’objectif 2007. Dès 2004 la machine à gagner est en marche, quoiqu’il en coûte en conflits avec Chirac et les siens. Il répond aux injonctions de Chirac de na pas cumuler un ministère et la présidence de l’UMP. Il choisit l’appareil et dès le lendemain de son élection à la tête de l’UMP, il quitte le gouvernement.

De leur côté les Socialistes tout à leur victoire régionale, rêvent de confirmer celle-ci à la présidentielle. Parallèlement les Verts se déchirent. Le référendum de mai 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen affaiblit le Président et perturbe l’ensemble des formations politiques du pays, divisées sur le sujet. Avec 54,86% « le non français » est largement majoritaire avec une abstention à presque 31%. Sans nul doute, les délocalisations industrielles, le trop grand libéralisme du texte proposé et la dégradation des conditions de vie sont à l’origine de ce non qui pour une grande majorité des votants n’est pas un refus de l’Europe. Chirac, dont la campagne a été médiocre pour le camp du oui, ressort affaibli de ce scrutin et de suite se sépare de Raffarin et nomme de Villepin premier ministre. Sarkosy fait son retour au gouvernement, mais à ses conditions, à savoir qu’il devient numéro deux de ce gouvernement, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire et que contrairement aux injonctions de 2004 de Chirac, il reste président de l’UMP et président du Conseil général des Hauts-de-Seine, c'est-à-dire du département le plus riche de France. De fait, la campagne électorale de Sarkosy débute « officieusement » et avec les moyens de l’état, dès juin 2005, même s’il n’est pas encore officiellement le candidat UMP désigné.

En face, le principal parti de Gauche, le PS, sort profondément divisé du référendum de mai 2005. La guerre des chefs et des courants est ouverte sans compter que pour rassembler au second tour une Gauche bien éclatée, il faudrait un projet alternatif digne de ce nom. Au final, le PS désigne son(sa) candidate en novembre 2006… soit, 6 mois seulement avant l’élection après un processus interne démocratique exemplaire, mais totalement autocentré sur lui-même. Pendant que le PS et ses militants débattent entre eux devant les français, ils n’interpellent pas la droite sortante sur son bilan, alors que parallèlement pour mieux en effacer la trace et la mémoire, dans le même temps, Sarkosy se façonne l’image du candidat de la rupture alors que durant cinq ans d’une manière ou d’une autre il fut totalement immergé et impliqué dans la gouvernance de la France. Parfois on avait ce sentiment étrange que les sortants étaient les socialistes.

Alors que la Gauche dans sa diversité n’a pas tiré les enseignements de 2002, Sarkosy est déjà en campagne. Contrairement à ce qu’il dit, cette élection ne sera pas une confrontation de projet à projet comme dans toute démocratie apaisée mais fera appel à toutes sortes de ressorts inconscients qu’il va utiliser avec un art consommé de la manipulation et de l’agitation. (A suivre…)
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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 19:45
Orientation Budgétaires et Développement Durable

Comme tous les ans, lors de la session plénière du conseil régional, les élus(es) ont débattu sur les orientations budgétaires en prévision du budget qui sera mis au vote au mois de décembre prochain. Voici mon intervention au nom du Groupe Vert.

Monsieur le Président,
Chers(es) collègues,

Mon intervention se limitera au point C du chapitre II c'est-à-dire sur les orientations retenues pour la construction du budget primitif 2008 pages 14 et 15 de la communication. Il s’agit des trois priorités régionales retenues dans le cadre de ces orientations budgétaires. Je ne vous cache pas que le groupe Vert est dubitatif sur l’esprit même de la hiérarchisation des trois priorités.

Alors que nous sommes dans l’élaboration de l’Agenda 21 du Conseil Régional qui n’amplifie pas seulement la charte régionale du Développement Durable votée en 2003 comme s’est écrit, mais qui à terme va être la déclinaison opérationnelle et concrète de celle-ci en s’imposant comme un cadre d’action stratégique, comment se fait-il que le Développement Durable soit le troisième point derrière l’innovation et la formation pour préparer les mutations économiques et sociales qui l’un comme l’autre s’inscrivent et s’inscriront nous le pensons dans notre démarche de Développement Durable ? Alors pour être tout à fait clairs et cohérents le Développement Durable doit être la première des 3 priorités.

Une remarque sur le contenu des paragraphes à la fois sur « l’innovation » et sur la « formation pour préparer les mutations économiques et sociales ». Alors que notre société est confrontée à deux révolutions culturelles d’ampleur majeure, la première, autour des problématiques du Développement Durable, nous en parlerons tout à l’heure à propos de la communication sur l’Agenda 21, la seconde, autour de la numérisation de la société qui toutes deux déjà modifient et vont encore plus profondément modifier nos modes de vie à la fois personnels et professionnels et collectifs et qui concerne l’ensemble de la population régionale.

Alors que notre région est fortement engagée sur différentes politiques dans le développement et l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), que c’est un enjeu sociétal majeur, nous trouvons que cela n’apparaît pas comme tel dans nos priorités alors qu’à l’évidence l’innovation, la formation et les mutations économiques et sociales passent inévitablement par ces technologies. Il serait temps de sortir ces actions de la clandestinité.

Voilà pourquoi Monsieur le Président nous souhaitons voir les TIC bien affichées en tant que telles dans nos priorités. La région et notre population le mérite.
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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 17:57



Autour de l’Agenda 21 
du Conseil régional



Ci-joint mon intervention au nom du Groupe Vert lors de la session du Jeudi 25 octobre 2007.

Monsieur le Président,
Chers(es) collègues,

Faire de la politique c’est prévoir.

Dans le document « Préparons ensemble un avenir durable », Monsieur le Président, au second paragraphe de votre introduction vous écrivez : « Face au changement climatique, à la fin des énergies fossiles et aux menaces sur la biodiversité, devant les défis de la mondialisation et la croissance démographique, nous devons réagir », et vous poursuivez : « Nous savons que notre société toute entière doit s’adapter et changer de mode de vie. Il est encore temps, et nous devons même trouver dans cette évolution indispensable, la source de nouvelles activités, de nouveaux emplois. »…

Vous ne serez pas surpris, Monsieur le Président, d’entendre que le groupe Vert de votre assemblée ne peut que souscrire à vos écrits. Nous le faisons avec d’autant plus d’aisance que la présence d’élus Verts dans cette assemblée ne vient pas de nulle part. d’abord le Club de Rome qui à partir d’avril 1968, autour d’universitaires, chercheurs, économistes et industriels de 53 pays ont réfléchi aux problèmes globaux afin de proposer des solutions aux dirigeants politiques nationaux. Leurs travaux initiaient déjà le concept de ce qui deviendra en 1988 et 1992 le Développement Durable. A suivi en 1971 le message de Menton lancé aux dirigeants et aux populations par 2200 scientifiques de 23 pays les mettant en garde sur les dangers sans précédent pour l’humanité, provoqués par un productivisme totalement irrespectueux des ressources vitales pourtant limitées de notre planète. Ensuite, c’est la conférence des Nations Unies sur l’environnement de Stockholm qui instaura la création des ministères de l’environnement qui depuis, cernés par les lobbys de l’économie et des profits à court terme, gèrent le curatif à défaut d’intervenir sur le préventif.

En l’absence de réponses des politiques, en 1974 des citoyens sensibilisés dont j’étais ont décidé de s’engager en politique autour de René Dumont lors des élections présidentielles. Et bien, votre introduction, Monsieur le Président, se trouve intégralement et plus encore (on parlait déjà de l’impasse et du réchauffement climatique) dans le document que j’ai le plaisir de vous montrer chers collègues et qui est le document de synthèse de la campagne de René Dumont, publié en 1974, auquel j’ai été bien inspiré de participer activement dans son élaboration. C’était sans compter sur l’inertie de la puissance publique, et du monde économique. Voilà comment après 33 ans de cette 1ère campagne et 15 ans après la conférence de Rio, c’est Agnès Thibal écologiste et Verte et soutenue par son Groupe qui se trouve en responsabilité de donner par la construction de l’agenda 21 régional, un cadre stratégique à l’action concrète du Conseil Régional en son sein et dans ses relations avec ses partenaires.

En 1998 et 1999, lors de la construction du Projet Régional 2000-2010, si le premier principe de ce projet est le Développement Durable, ce n’est pas un hasard. C’est à la demande pressante du Groupe Vert de l’époque. Depuis en nous appuyant sur ce principe inscrit et voté, nous n’avons eu de cesse de souhaiter voir notre assemblée s’engager dans un cercle écologiquement vertueux. Je l’ai déjà exprimé ici, lors de la même session, l’Assemblée a voté en décembre 2003 la Charte Régionale du Développement Durable et le Plan Régional de Développement des Formations (PRDF) qui pour ce dernier ; à la fois dans son esprit, sa méthode et son contenu, s’inscrit déjà dans des déclinaisons concrètes du DD. Est-ce un hasard ?

L’agenda 21 n’est ni une machine infernale, ni une couche technocratique de plus. C’est un engagement nécessaire et capital qui à partir de 4 objectifs de DD, des 10 thèmes d’actions prioritaires complétés par 2 principes d’action proposés, doit modifier en profondeur la méthodologie des interventions régionales de nos compétences et de nos initiatives volontaires.

En renforçant la participation des acteurs du territoire, la transversalité, l’organisation du pilotage, l’évaluation et une stratégie d’amélioration continue en croisant en permanence l’économie, le social et l’environnement, nous entrons dans une révolution culturelle de la construction des politiques publiques. Pourtant pour ceux qui doutent encore, et il y en a dans cet hémicycle, cet outil bâti collectivement va nous permettre de faire un bon qualitatif dans la pertinence, l’efficacité et la cohérence des interventions régionales. De plus, cela va permettre de sortir du caractère empirique et isolé d’actions s’inscrivant déjà, ici, nos politiques dans une démarche de Développement Durable. De surcroît, alors qu’à l’évidence nous avons le nez dans la falaise, avons-nous le choix ? Attendre encore serait à coup sûr être très vite rattrapé non pas par la fiction, mais par la réalité. La lucidité n’est pas catastrophiste si elle s’appuie sur la réalité. De même l’utopie du changement de mode de vie n’empêche nullement la lucidité par le caractère concret des propositions. Et avec un agenda 21 nous sommes bien dans les changements et dans le concret.

Deux mots encore. D’abord sur la concertation et la participation. Elles sont le quatrième pilier du DD tel que défini à Rio. Dans le cas présent tous les acteurs du conseil régional sont concernés qu’ils soient les personnels des services, qu’ils soient élus(es), qu’ils soient les groupes politiques ainsi que la société civile représentée par le CESR. De la même façon, la population de la région doit, elle aussi, être associée à travers les organisations régionales, et au-delà l’ensemble des habitants de notre territoire. Par des démarches adéquates encore à définir.

La participation et la concertation sont primordiales mais non pas comme des suppléments d’âme, de l’agitation médiatique ou autres effets d’annonce, la participation a un caractère pédagogique. Son enjeu véritable est que chaque acteur intègre le sujet, se l’approprie et puisse mesurer les vrais enjeux, au-delà des logiques ou intérêts contradictoires mais qu’il devient urgent de gérer et de réorienter dans un caractère qualitatif. Avec l’Agenda 21, il s’agit d’inscrire les politiques de notre collectivité et leurs résultats  dans une amélioration continue et constante. Il en va de l’avenir de notre territoire de ses habitants et plus largement celui de notre planète.

Sur l’évaluation. Cette thématique ne fait pas partie de la culture française plus proche du contrôle fiscal et du père fouettard que de la démarche qualité que devrait être l’évaluation. L’enjeu de l’évaluation c’est de mesurer non pas seulement l’efficience de nos politiques mais de se saisir en continu des marges de progression, ou de les réorienter selon les évolutions extérieures qu’elles soient institutionnelles, technologiques ou autres. Encore faut-il sur l’évaluation, qu’elle soit réalisée dans une cohérence tenant compte des spécificités des politiques que l’on évalue. Evalue-t-on de la même manière les investissements de structures d’équipement et les fonctionnement en direction des ressources humaines ?

Toujours est-il que pour qu’une évaluation soit pertinente, il lui faut une batterie d’indicateurs connus par tous. De plus, lorsque des politiques ont été élaborées collectivement avec une participation active des acteurs concernés, il va sans dire que toute évaluation interpelle collectivement l’ensemble des participants et ne peut en aucun cas être menée en catimini par un consultant extérieur totalement déconnecté de l’esprit même de l’élaboration des politiques concernées. Pour nous il est clair, que l’Agenda 21 qui justement prévoit l’évaluation, va nous permettre de rendre lisibles nos objectifs et les résultats de nos politiques.

A ne pas prendre de décision depuis plusieurs décennies, aujourd’hui nous sommes à un tournant historique de notre civilisation voire de l’espèce humaine et de bien d’autres espèces animales et végétales. On ne rattrape pas le temps perdu, néanmoins il est important de réagir le plus rapidement possible et d’apporter notre contribution à une amélioration de la situation régionale et planétaire. Il y a une solidarité entre les deux. L’élaboration de l’Agenda 21 ne peut qu’aller dans le bon sens et les Verts encouragent tous ceux qui le souhaitent et qui le peuvent de contribuer à construire et à faire vivre cet Agenda.

Merci à toi, Agnès, de porter ce chantier, merci au Président et aux élus(es) qui le soutiennent, merci aux élus(es) de l’opposition qui souhaitent participer, merci aux services qui s’impliquent dans ce travail, merci de la participation du CESR, merci à tous ceux qui participeront. Aujourd’hui il y a urgence, ne boudons pas notre plaisir. Agissons concrètement. Construisons ensemble.

Dans l’attente des concertations à venir et du vote par l’assemblée de l’Agenda 21 en mars ou avril 2008, d’ores et déjà le Groupe Vert valide les propositions de la présente communication.

Je vous remercie





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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 22:49
(introduction)

Sarkosy
n’est pas Hitler

Ainsi soit-il, le 6 mai dernier Sarkosy a été élu Président de la République avec 53% des suffrages. Il n’y a pas à contester, la démocratie s’est exprimée dans les urnes. A priori, tout est bien en République française. Son élection ne m’a pas surpris tant le match était truqué par le rapport des forces et des moyens engagés depuis longtemps. Cinq années en « vedette » au gouvernement ça aide énormément. Cependant en devenant une réalité, un cap était bel et bien franchi. Alors que défilaient à la télévision les images du Fouquet’s et de la Concorde, le soir du second tour le sentiment de malaise que Sarkosy provoque chez moi depuis 2002 s’est affirmé comme la rupture annoncée.

Depuis cinq ans que j’écoute et observe Sarkosy et tout particulièrement durant l’année écoulée, je suis convaincu et je l’ai déjà écrit sur ce blog, qu’en tant que chef de l’Etat cet homme est dangereux pour la France et les Français. Il est dangereux par les valeurs qu’il défend, par sa façon d’être, par sa parole bavarde, par cette manière de jouer en permanence sur le registre de l’émotion et de l’empathie et par sa gouvernance autocratique. Pourtant jusqu’à aujourd’hui, il semble correspondre à l’attente d’une majorité de Français. Pour certains qui se sont fait piéger de bonne foi, je les excuse dans leur grande majorité, tellement ils sont le jouet d’une propagande relayée par des médias qui très majoritairement appartiennent au réseau des amis proches de Sarkosy…et qui formatent et conditionnent la pensée collective depuis plusieurs années.

Depuis le 6 mai dernier qu’est-ce qui a changé pour moi ? Un sentiment que je n’avais jamais connu et que je n’imaginais même pas. Ce sentiment s’est imposé à moi à savoir qu’une part de moi-même et de ma conscience se sont mis instinctivement en exil. En exil intérieur bien sûr. Au début, j’ai pensé que cela passerait avec le temps. Mais pas du tout, bien au contraire. Alors j’ai essayé de comprendre. Je pense aujourd’hui que cette part de moi qui symboliquement s’est exilée est une manière de me placer dans une posture d’alerte permanente afin d’éviter chaque jour de tomber dans la banalisation favorisée par le quotidien. Il en va des limites intimes de ma liberté de penser. Il y a péril en la demeure, aussi cet exil me tient éveillé plus que jamais contre le Meilleur des Mondes qui loi après loi s’installe bel et bien.

Le 6 mai, s’est imposée à moi l’image du vilain tour qu’une élection peut faire à son pays et à son peuple. J’ai pensé à l’Allemagne qui dans les années 30 par les urnes l’a douloureusement appris à ses dépends, ainsi que d’autres pays d’Europe et du monde. Au-delà de cet événement avéré, la question est de savoir et de comprendre : comment une société évoluée et de grande culture (comme l’était l’Allemagne de l’époque) peut un jour sans qu’il n’y paraisse basculer dans un néant barbare ?

Burgunder, tu exagères, Sarkosy n’est pas Hitler. Sans doute, mais ce type de dérive n’est pas inné et réservé à l’Allemagne, si bien qu’aucun pays (en Europe ou ailleurs) n’est à l’abri de ce type « d’aventure ». Sans aucun doute selon les époques, les hommes et le contexte qui favorise l’émergence de l’autoritarisme font que celui-ci n’est jamais le même dans sa forme, sa doctrine, son image. Ses boucs émissaires « coupables » et victimes désignés ne sont pas nécessairement les mêmes, même si c’est toujours « l’étranger » qui est instrumentalisé, si bien, que seuls les ressorts qui fondent un autoritarisme issu des urnes sont identiques mais ne sautent pas aux yeux de tout un chacun au quotidien. Ce ressort, c’est la rencontre fusionnelle ou de circonstance entre un peuple en perte de repères, inquiet de son avenir et qui vit durement des écarts toujours grandissants de niveaux de vie et de reconnaissance entre catégories sociales, et un chef fort d’une idéologie autoritaire réduite à sa pure vérité.

Durant les 20 ans de la désindustrialisation massive touchant particulièrement le monde ouvrier, Le Pen a travaillé les esprits à la droitisation extrême de la société française. Aujourd’hui Sarkosy poursuit massivement l’ouvrage. Il s’acharne à déconstruire la pensée de référence qui jusqu’à son élection fondait la vie collective des Français, afin de mieux imposer sa doctrine du marché comme seule possible. Du passé faisons table rase. On connaît la suite. Sarkosy distille la banalisation de l’inacceptable au quotidien. Ainsi à propos du regroupement familial des immigrés, sans qu’il n’y paraisse, en introduisant par la loi des critères biologiques (ADN) pour des utilisations politiques, idéologiques et étatiques, il banalise un effondrement des valeurs morales, culturelles et intellectuelles de notre société qui contrairement à ce que dit le premier ministre Fillon est bien loin d’être un « détail ». Il provoque une régression de l’éthique d’une majorité de politiques et de citoyens, qui de fait même si la comparaison peut paraître choquante, renvoie à l’Etat français de Pétain des années 40. C’est ainsi, dans la banalisation d’un suffrage universel démocratique que Sarkosy installe un régime despotique (il ne fait confiance à personne pour régler les problèmes) et entraîne la Vème République dans une dégénérescence totalitaire qui n’affiche pas la couleur. Ainsi jour après jour, loi après loi sont évacués l’intérêt général et la solidarité sociale et collective autour desquels s’organisaient et s’articulaient la République et la démocratie de la société française, et qui faisaient repère à chaque citoyen.

Pour ce faire, à la manière des régimes autoritaires, Sarkosy isole les élites du corps social. Leur choix est le suivant : soit ils le rallient et ainsi rassurent des catégories de populations mais tout en cautionnant et confortant le système sans véritablement peser sur lui, soit ils conservent leur indépendance de pensée et le libre arbitre de leurs compétences et dans ce cas, pour avoir le dernier mot, Sarkosy leur oppose les résultats du suffrage universel. « Ils ont tous tort » dit-il et les innombrables courtisans d’approuver et d’applaudir, sans imaginer une seconde, qu’un jour, catégorie par catégorie, ils seront rattrapés par les dures retombées de son délire et de son système.

Ce qui a aussi changé pour moi, depuis le 6 mai dernier, c’est ma posture politique. Je dis bien posture et non positionnement. Si je reste fondamentalement écologiste (on ne se refait pas), l’enseignement que je tire des événements de l’heure, font que je suis persuadé que plus que jamais je dois hiérarchiser mes objectifs politiques et ce d’autant plus que l’écologie politique française dont je suis culturellement issu a toujours pris en compte que l’écofascisme n’était en aucun cas à exclure. Si la planète brûle, la démocratie française flambe, si bien que tout ce qui n’est pas sarkosyste se doit de faire l’inventaire, non pas seulement des idées, mais du comment les exprimer et les rendre concrètes auprès du plus grand nombre de citoyens. Compte tenu des temps qui courent, je dois là où je suis (chez les Verts) apporter ma modeste contribution à l’émergence d’une expression renouvelée de valeurs collectives qui intègreraient à la fois des valeurs universelles et d’autres qui répondraient aux problématiques d’aujourd’hui voir autant faire ce peu de demain. En cela, aucun parti de gauche ou d’extrême gauche n’est aujourd’hui en mesure d’effectuer seul ce chantier. Non pas celui de réaliser une unité souvent réductrice, mais d’organiser, sur le fond et le contenu, le rassemblement des diversités dans un respect des différences et dans un esprit de complémentarité. On a toujours à apprendre des autres. C’est le sens même de la vie. C’est tout le contraire d’un conservatisme figé dans ses certitudes. Voilà pourquoi, le Vert que je suis, privilégie en priorité toute stratégie qui peut s’opposer à Sarkozy et les siens, tout en exprimant les valeurs écologistes. Si chacun bouge un peu là où il est, je pense qu’une pensée construite peut émerger et créer les conditions d’un renouvellement des idées et de l’action à gauche. En attendant, nous n’échapperons pas à l’état des lieux. C’est pourquoi plus que jamais, il nous est nécessaire de prendre la mesure des événements du moment.

Durant ces mois, j’ai évité les grandes lectures consacrées à Sarkosy. Je me suis contenté de suivre l’actualité et les déclarations sur différents sujets des candidats et du Président. J’ai pris des tonnes de notes, je les ai mis en ordre et tenter de réfléchir pour mieux comprendre la droitisation et la dérive autoritaire de la société française.

Par une succession de textes, sous la rubrique « Un Président peut en cacher un autre », je vais sur ce Blog vous livrer mon travail d’observation que j’ai fait en terres sarkosystes. J’ai la faiblesse de penser qu’il est utile de savoir où l’on pose les pieds, avant d’aller plus loin. Bien connaître le terrain permet de mieux manœuvrer et d’atteindre ses objectifs avec efficacité.
Et si le pire n’est jamais sûr, il vaut mieux être en éveil et conserver une lucidité bien à soi, inch’Allah…

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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 17:48
Les médecins s’invitent au Grenelle

Le jeudi 27 septembre dernier, alors que j’intervenais aux entretiens de Millançay (Loir-et-Cher), de passage, le professeur Dominique Belpomme, cancérologue de renom, est intervenu quelques minutes pour présenter au public les 7 propositions du corps médical en matière environnementale. A remarquer que c’est la première fois dans l’histoire de la médecine française, que les diverses composantes du corps médical (voir les signataires) se rassemblent sur une plate forme commune en matière de santé environnementale. Cette plate forme s’inscrit dans le Grenelle de l’environnement, auquel tenez-vous bien le corps médical et la problématique santé n’étaient pas conviés ! Etonnant, non ?


Le professeur Belpomme a réaffirmé une fois de plus qu’en tant que cancérologue, il s’est aperçu que le cancer était une maladie que notre société fabriquait de toute pièce et qu’il était en grande partie induit par la pollution de notre environnement.
Plate-forme nationale du corps médical pour le Grenelle de l’environnement


Les sept propositions du corps médical
en matière de santé-environnementale

La bonne santé est une préoccupation prioritaire de nos concitoyens. L’ensemble des 7 propositions suivantes élaboré par le corps médical de notre pays s’intègre dans le Plan d’action européen 2004-2010 en faveur de l’environnement et de la santé, lancé par la Commission européenne en 2004 [COM(2004) 416 final], au décours de l’initiative SCALE [COM(2003) 338 final] et discuté en juin dernier à Vienne dans le cadre d’une réunion intergouvernementale. Plusieurs experts de l’Appel de Paris ont contribué à l’élaboration de cette initiative et ont participé à la quatrième conférence ministérielle sur l’environnement et la santé organisée par l’OMS à Budapest en juin 2004. L’impératif de respecter la stratégie fixée par l’Europe lors de la détermination des mesures françaises en matière de politique sanitaire et environnementale est d’autant plus essentielle à considérer que la France prendra la présidence de l’Union Européenne à partir de juin 2008, et qu’il serait bienvenue qu’elle puisse présenter une politique ambitieuse en matière de santé, d’environnement et de recherche, dans le cadre de la législation européenne déjà existante. Comme l’ont indiqué les experts de l’Appel de Paris et d’autres participants à la conférence
de Budapest, l’enfance est la priorité des priorités en matière de politique de santé environnementale, en raison de sa vulnérabilité. Quatre types de pathologies liées à l’environnement et concernant en particulier l’enfant, sont considérées être prioritaires par l’Union Européenne : l’asthme, les allergies, les endocrinopathies et les cancers. Le corps médical se doit donc d’être ici en première ligne, en particulier les médecins, puisque en vertu de leur mission de santé publique (code de santé publique), ils doivent concourir à la prévention, au dépistage, au diagnostic et au traitement de ces pathologies.


1ère proposition :
Actualiser, compléter et activer concrètement le Plan National Santé-Environnement (PNSE) qui, de
l’avis des experts ayant participé à son élaboration, n’a pas rempli son rôle dans un grand nombre de domaines, en particulier dans les suivants : réduction des émissions de particules diesel, réduction du nombre de logements insalubres, protection des zones de captage d’eau, lutte contre la pollution atmosphérique. Ce plan est en outre insuffisant en matière de lutte contre l’altération de la chaîne alimentaire. L’Etat a affirmé son bon vouloir sans réaliser ce qu’il s’était engagé à faire. De même, dans de nombreux cas, les collectivités territoriales semblent ne pas avoir rempli leur mission.


2ème proposition :
Instituer un moratoire concernant la construction de nouveaux incinérateurs d'ordures ménagères
(I.O.M.) et la délivrance des autorisations de coïncinération, en vertu du principe de précaution inscrit dans la Charte de l'Environnement (art. 1 et 5), incorporée depuis mars 2005 au préambule de notre Constitution.
Les expertises scientifiques actuelles révèlent que de très nombreuses substances toxiques de type CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques) s’échappent des I.O.M. et que l’incinération émet des gaz à effet de serre. Favoriser la prépondérance des solutions alternatives au traitement des déchets ménagers, ayant un impact minimum sur la santé publique, en réduisant les déchets à la source, en favorisant le tri sélectif et le recyclage, le compostage et la méthanisation des fermentescibles, et le stockage ultime sécurisé est donc essentiel. Le parc français d'I.O.M. est toujours le plus important d'Europe. Notre pays accuse un retard technologique considérable dans ce domaine. L’éventail des solutions alternatives, créatrices de nouveaux emplois, existe déjà sous la forme d’unités de gestion et de traitement des déchets en France (3 unités) et surtout dans d'autres Etats-membres de l’Union européenne, notamment l’Espagne, les Pays-Bas et l’Autriche. Il correspond à l’orientation des mesures actuellement proposées par la Commission
européenne, l’incinération ne devant rester qu’une solution de dernier recours.

3ème proposition :
Plusieurs produits phytosanitaires, biocides, additifs et substances contenues dans les cosmétiques se sont révélés être très toxiques après leur mise sur le marché. Certains de ces produits ayant des propriétés CMR sont à l’origine de cancers, de malformations congénitales et de stérilités. Certains sont en outre neurotoxiques et/ou allergisants. D’où la nécessité, dans l’esprit du Règlement européen REACH, de renforcer les procédures d’autorisation de mise sur le marché (AMM) des produits phytosanitaires (pesticides), biocides, additifs alimentaires et cosmétiques, afin de les rendre aussi strictes du point de vue toxicologique et sanitaire que l’AMM utilisée pour les médicaments. Soulignons qu’un tel renforcement des procédures de mise sur le marché des pesticides aurait certainement évité la survenue des désastres agricoles et sanitaires actuels aux Antilles liés à l’utilisation du chlordécone et du paraquat.

4ème proposition :
Aux propriétés CMR de nombreux produits phytosanitaires, s’ajoute le fait que plusieurs études
internationales ont montré que les nitrates en excès dans l’eau de boisson sont cancérigènes. D’où la nécessité de réduire significativement et de façon programmée l’utilisation quantitative et qualitative des nitrates et pesticides en interdisant toute pulvérisation par avion et en développant les alternatives agricoles mises en oeuvre dans plusieurs Etats de l’Union, pour se trouver rapidement en adéquation avec les objectifs promus par l’Union Européenne. Pour cela, il convient d’actualiser la législation française et en particulier de transposer et d’appliquer concrètement les Directives européennes concernant les facteurs environnementaux (eau, air, sols) ayant un impact sur la santé publique.

5ème proposition :
Certains phtalates, dont en particulier le Di-2-Ethylhexyl-Phtalate (DEHP) (le plus toxique) se sont révélés être des substances CMR. D’où la nécessité d’étendre l’interdiction d’utilisation des phtalates, aux dispositifs médicaux, comme c’est le cas aujourd’hui pour les jouets et articles d’enfants (décret du 16.01.2007). Eco-concevoir l’hôpital de demain en privilégiant une ergonomie du bâtiment respectueuse des malades et du bien être des personnes qui y travaillent, l’utilisation de matériaux moins toxiques, une gestion responsable des énergies et une capacité modulaire pour répondre à l’évolution des besoins.
Recenser et prioriser les actions de prévention mises en oeuvre par les établissements hospitaliers, les évaluer puis élargir le périmètre d’application des MIGAC pour les financer de façon équitable.

6ème proposition :
Redéployer le Plan cancer en l’articulant avec le PNSE, en réorientant les recherches dans le
domaine de la toxicogénomique (polymorphisme génétique) en relation avec l’environnement, et en
développant la toxicologie, l’épidémiologie et la prévention environnementale. Une telle réorientationdu Plan cancer avait été actée par le précédent Président de la République, Jacques Chirac, à la demande de nombreux médecins et chercheurs cancérologues.
A cet effet, il est demandé la généralisation des registres des cancers généraux (morbidité) dans tous les départements et territoires français, et l’actualisation de l’ensemble des registres existants. La création rapide de tels registres permettant de quantifier le nombre et le type de cancers des départements et territoires français est en effet indispensable pour effectuer une recherche épidémiologique de qualité.
Par ailleurs, selon l’enquête récente de l’Institut Necker (Paris V), notre pays se classe au 14ème rang mondial en matière de recherche biomédicale, en particulier cancérologique. Une réforme de l’actuel Plan cancer s’avère donc indispensable.

7ème proposition :
Les médecins et l’ensemble de la filière de soins sont en première ligne dans l’information, la prévention, le dépistage, le diagnostic précoce et le traitement des pathologies environnementales. D’où l’absolue nécessité de développer la médecine préventive, en particulier la prévention environnementale, et de renforcer la formation initiale de toutes les filières médicales et paramédicales et la formation continue dans ce domaine. Développer la médecine préventive consiste concrètement à inciter lesmédecins à consacrer une partie de leur temps à la prévention sous une forme dont les modalités devront être négociées dans le cadre du jeu conventionnel et éventuellement avec d’autres partenaires.
Renforcer la formation des étudiants nécessite d’étendre au niveau national l’expérience pilote de
l’Université de Strasbourg consistant à enseigner la médecine environnementale. Renforcer la formation continue des médecins dans le domaine de la médecine préventive est d’autant plus nécessaire qu’ils sont les intermédiaires indispensables à l’éducation du grand public. Ainsi convient-il de développer des campagnes de sensibilisation des médecins à la prévention environnementale et de promouvoir pour les médecins des outils d'aide à la prévention (grille synthétique de recueil des risques, guide à l'orientation...).
3 septembre 2007

Participants :
Comité de soutien de l’Appel de Paris, Comité Développement Durable en Santé (C2DS), Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF), Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), Coordination Nationale Médicale Santé Environnement (CNMSE), Enseignants des Universités de Strasbourg, Paris etMontpellier, Fédération des Médecins de France (FMF).

A propos de Dominique Belpomme : il est praticien hospitalier, professeur des universités spécialité d’oncologie médicale, cancérologue à l’hôpital européen Georges Pompidou, il est docteur en médecine, diplômé d’études approfondies en biologie cellulaire de la faculté des sciences de Paris, et détenteur des certificats d’études spéciales en cancérologie expérimentale et clinique de la faculté de médecine de Paris. Dominique Belpomme est président de l’association française pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (ARTAC), et directeur du centre d’évaluation de la recherche sur le cancer (CERC), et l’un des acteurs majeurs du « Plan Cancer » lancé par le précédent président da la République.
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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 23:09
Autopsie d’un postillon :
C’est qui la salope ?


Le 28 juin dernier, en visite à Lyon, Patrick Devedjian, co-secrétaire national de l’UMP, devant une caméra, postillonne sur Madame Anne-Marie Comparini, députée (Modem) sortante, battue aux dernières élections législatives par l’UMP, en la traitant de « salope ». Au-delà du mot, que nous révèle cette formule, d’où vient-elle ? Et à qui s’adresse-t-elle ?


Aux élections régionales de 1998, six régions ont été prises en otage par une alliance droite républicaine et Front national. En Rhône-Alpes, la droite et la gauche obtiennent le même nombre de sièges, 60 chacune, mais la Gauche plurielle devance de 13428 voix l’alliance RPR-UDF. Les élus FN disposent de 35 sièges.

L’élection du Président se fait sur 3 tours. Au 3ème tour, en cas d’égalité, la droite est certaine de conserver la présidence de la région puisque le doyen d’âge (UDF) est dans ses rangs. S’accrochant à son siège de président sortant, Charles Millon, ancien ministre de Balladur et de Juppé, UDF et catholique fervent, décide secrètement de s’allier au FN. Le 20 mars 1998, il est élu président au second tour grâce aux voix frontistes et au seul chasseur. Trois conseillers régionaux de droite refusent de voter Millon ; Thierry Cornillet et Fabienne Lévy (UDF) et Marie-Thérèse Geffroy (RPR). C’est un tollé général et des manifestations partout en Rhône-Alpes.

Ce second tour qui voit « magiquement » les 35 voix du FN de Bruno Gollnisch se reporter sur Charles Millon sonne le glas de l’unité à droite. De suite, Millon nie tout accord avec le FN. A l’inverse, Bruno Gollnisch s’empresse de dénoncer publiquement le mensonge de Millon et le met au défi d’un nouveau vote. Défi qu’il ne relève pas et place un extrême droite en charge des …affaires culturelles du Conseil régional.

Quelques conseillers régionaux (dont Anne-Marie Comparini), bien qu’ayant voté Charles Millon mais surpris par sa manœuvre avec le FN au second tour pour son élection à la présidence, se désolidarisent de lui et rejoignent les trois qui ne l’ont pas soutenu dès le premier tour. François Bayrou appelle Millon à démissionner, ce qu’il ne fera pas. Le 8 avril suivant il est exclu de l’UDF et le 17 avril Millon fonde un mouvement politique : la Droite. En novembre 1998 Charles Millon réuni son mouvement et déclare : que la droite, la vraie , n’était pas au pouvoir depuis…1945 ! (il aurait du dire 1944). Pour le moins Millon est décomplexé puisqu’il inscrit son mouvement dans la filiation de l’Etat et du gouvernement de Vichy du maréchal Pétain. C’est très clair.

Le 9 décembre 1998, le Conseil Constitutionnel donne raison au Conseiller régional Vert, Etienne Tête, qui avait déposé un recours en mars contre les conditions d’élection du Président de Région. L’élection de Charles Millon est invalidée. En janvier 1999 (les 7,8,9), de nouvelles élections pour la présidence de région sont organisées. Pour les anti-Milloniste il devient urgent de soutenir un nouvel exécutif républicain. Malgré le risque de perdre à nouveau la présidence de région au profit de l’alliance droite-extrême droite, les socialistes imaginent de maintenir leur candidat sur les trois tours alors que la Gauche plurielle ne dispose que de 60 sièges sur 157 ! En accord avec François Bayrou, Madame Anne-Marie Comparini (UDF) annonce qu’elle maintiendra sa candidature à la présidence aux trois tours. Elle dispose de 15 voix possibles. Le RPR parisien dirigé alors par Philippe Seguin, le 6 janvier, à la veille du 1er tour, appelle dans un communiqué les élus « gaullistes » à se « conformer aux orientations arrêtées par le chef de file UDF ». le 7 janvier au premier tour la Gauche plurielle obtient 60 voix, Millon 38, Mme Comparini (UDF) 19, l’extrême droite est divisée entre 22 pour le MNR et 13 pour le FN, à remarquer aussi 2 votes blancs. Mais, entre le premier tour et le second tour qui a lieu le Vendredi 8, le RPR parisien change d’avis sur une intervention… du numéro deux du RPR, un certain Nicolas Sarkosy. Un fax précise que le RPR lâche l’UDF et Anne-Marie Comparini au profit du candidat Milloniste qui désormais remplace Million lui-même désormais minoritaire. Marie-Thérèse Geffroy, seule élue RPR qui depuis 1998 refuse toujours de mêler sa voix à celles du FN et des Millonistes est menacée plusieurs fois en séance lors de son intervention, de recevoir des claques, par un certain Amaury Nardone. Le ton est donné.

Dans la nuit qui précède le troisième et dernier tour, Anne-Marie Comparini reçoit le soutien de la Gauche plurielle qui a décidé de faire bloc contre Millon et les lepénistes. Madame Anne-Marie Comparini est élue au troisième tour avec 75 voix contre 56 pour le candidat commun de Charles Million, de Philippe Séguin et Nicolas Sarkosy du RPR et de Bruno Gollnisch du FN.

Sitôt élue, Madame Comparini a été copieusement traitée de « salope » (déjà) par ceux qu’elle venait de battre. Décidemment pour certains, c’est une culture.

En juin 1999, un certain Jean-François Touzé, l’un des cadres de « la Droite », est exclu pour avoir appelé pour les élections européennes : « les électeurs nationaux et indépendants, ainsi que tous ceux qui ont suivi depuis un an Charles Million dans sa démarche de …rupture à voter massivement et sans état d’âme en faveur de la liste conduite par …Jean-Marie Le Pen ». (…) Intéressant.

En octobre 1999, la Droite se transforme en parti politique sous le nom de Droite Libérale Chrétienne (DLC). Aux élections municipales de Lyon en 2001, DLC remporte 21 sièges et passe devant les listes RPR-UDF (10 sièges) mais est battue par la liste de la Gauche plurielle de Gérard Colomb (42 élus).

Le 3 septembre 2003, Charles Millon est nommé ambassadeur auprès de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le 25 septembre suivant au Conseil régional de Rhône-Alpes, le groupe « Milloniste » fusionne avec le groupe UMP. Belle démonstration d’une évidente contamination par la lepénisation des esprits d’une partie importante de la Droite républicaine.

Il n’y a donc rien de surprenant à ce qu’entre responsables élus UMP à Lyon, M.Devedjian, reprenne grossièrement à son compte l’insulte des « Millonistes » (dont le RPR et le FN) vis-à-vis d’Anne-Marie Comparini en la traitant de « salope ». N’est-ce pas elle qui refusa l’alliance avec le FN et qui succéda, comme nous l’avons vu, à M.Millon ?
Le contentieux est lourd entre l’UMP et Mme Comparini, députée du Rhône, UDF sortante, en 2007, qui est restée fidèle à François Bayrou et qui a rejoint le Modem. Une fidélité assumée et conforme à son engagement depuis 1998 contre la droite lepénisée. Une fidélité qui lui coûta en juin dernier son siège de députée, au profit de l’UMP Michel Havard. Ce « salope » lâché par Patrick Devedjian le 28 juin dernier, est lourd de signification si on se réfère aux péripéties autour de cette élection régionale de 1998. Beaucoup penseront que c’est de l’histoire « ancienne » et anecdotique. Pas vraiment si l’on rapproche les propos de Charles Million lors de la création de la Droite et ceux tenus en 2007 (Le Monde 10/04/07) lors de la campagne présidentielle par le même Devedjian : « La droite est sortie honteuse de la guerre. Depuis la Libération, la gauche exerce un magistère moral sur l’histoire, distribuant les bons et les mauvais points : à gauche le parti des fusillés, à droite les collaborateurs. Même Chirac n’a jamais dit qu’il était de droite, et Jospin n’a pas hésité à dire de la droite qu’elle était héritière d’un courant anti-dreyfusard, antisémite et raciste… il (c’est de Sarkosy dont il parle) a sorti nos valeurs de la réclusion, il redonne sa dignité à la droite, le droitisation de la société permet aujourd’hui ce réajustement idéologique qui anticipe la victoire politique… ». Tout est dit par l’un des successeurs de Sarkosy à la tête de l’UMP. Il est clair que le ressort idéologique de l’action politique de l’actuel Président et de sa majorité est là. Tout le reste n’est que manipulation et faire semblant. De plus Devedjian et les siens d’une certaine façon réécrivent l’histoire. Que je sache le Général de Gaulle n’était pas à gauche, pourtant en partant à Londres il a, avec d’autres décidé de ne pas capituler et de poursuivre la lutte contre le nazisme envahisseur. C’est le cas du nationaliste conservateur Henri Frenay qui sur le terrain, en France, fonde les premiers réseaux de résistance active. Il sera le co-fondateur de réseau Combat. La guerre et le gouvernement de Vichy faisant, il se positionnera progressiste en 1945. C’est encore Pierre Henri Teitgen l’autre co-fondateur de Combat qui lui n’est pas à gauche et ainsi de suite. Avec ces hommes, cette droite n’a pas de quoi sortir honteuse de la guerre. Ainsi, ceux qui à droite ont besoin de se décomplexer de la collaboration et du régime de Vichy sont ceux qui justement s’inscrivent tout à fait historiquement et culturellement dans la filiation anti-dreyfusard, de Maurras, de Drumont et de Barrès, mais certainement pas gaulliste. Ils sont bien au-delà.

Ce « salope » de Patrick Devedjian est révélateur à plus d’un titre. D’abord parce qu’il renvoie à l’alliance de la « droite républicaine »  avec le FN de Bruno Gollnisch contre Madame Comparini. Bruno Gollnisch, professeur de l’Université Jean Moulin Lyon III qui en 2004 sera suspendu de ses cours pour avoir soutenu des thèses négationnistes. Ensuite, sur le complexe de la droite depuis la fin de la guerre (!) N’est-ce pas un pour ce dirigeant de l’UMP la trace bien vivace de ce qu’il a appelé « son erreur de jeunesse » à savoir son engagement en 1964 à « Occident » au côté de Pierre Sidos ?  Chacun a le droit d’évoluer mais dans le cas présent, par des déclarations ou des faits précis, j’ai l’intime perception que les convictions de Devedjian sont toujours sur les fondements d’une droite radicale et extrême. Pour en oublier De Gaulle il faut le faire. Ils sont réellement bien au-delà.

Pour mémoire, Pierre Sidos était le fils de François Sidos qui fut membre des Jeunesses Patriotes fondées par Pierre Taittinger, député bonapartiste, (les champagnes) et qui avant-guerre fut considéré comme une des composantes du fascisme français. Sous l’occupation, il devint un haut responsable de la Milice. Il sera fusillé en 1946. Pierre et ses frères fondent « Jeune Nation » qui sera interdit en 1958. En 1964, il fonde « Occident » puis en 1968 (tiens !) l’Œuvre Française à l’emblème de la croix celtique. Pierre Sidos a apporté son soutien au FN en 1996. Outre Patrick Devedjian, citons en autres parmi les personnalités issues d’ »Occident » : Hervé Novelli actuel secrétaire d’état chargé des entreprise et du commerce extérieur, Alain Madelin, Gérard Longuet, (anciens ministres), Jacques Bompard, Claude Goasguen, Pierre Philippe Pasqua et quelques autres. A remarquer que leur carrière politique pour beaucoup d’entre eux sont tout à fait mêlées.

« Salope » un mot choc, pas chic, mais de trop à qui regarde de plus près, à suivre sans aucun doute.


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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 18:10
Si la photo est bonne, voici un tableau des résultats Verts dans la Région Centre, où j’ai précisé avec leurs scores les circonscriptions où des « écolos » concurrents étaient présents.

Ensuite, quelque soient leurs résultats, merci et bravo à tous(tes) les candidats(tes) pour avoir affronté le suffrage universel dans un contexte ultra difficile. C’est courageux.

Enfin, gare aux commentaires et généralités à chaud. Dans notre Région il y a de fortes disparités d’un département à l’autre, et même parfois d’une circonscription à l’autre (politiques, historiques, sociologiques, nature des bassins d’emplois ou d’habitat : urbains, rural ou péri-urbain, etc…). De la même façon sur la région Centre des départements sont plus « centristes » ou « radicaux » que d’autres.
Par exemple, parlons de la 4ème circonscription du Loiret que je connais bien. C’est la seule qui ne soit pas rattachée à Orléans ou son agglomération. Le 10 juin, le candidat UMP sortant de la 4ème est passé au 1er tour en pleine vague bleue, mais en 1981, en pleine vague rose, le candidat RPR était passé au 1er tour. Bis repetita… Il y a ainsi des marqueurs locaux que l’on ne peut généraliser.

Une voix est une voix, et ceux qui ont participé déjà à des élections de proximités, telles des municipales, savent cela. Dans le cas présent, ce qui saute aux yeux, ce sont les 9391 voix (ce qui est déjà une belle petite manif) qui se sont portées sur d’autres candidats que les Verts. A méditer.

Je dispose bien sûr des chiffres des suffrages exprimés en faveur des Verts par département. Mais je crois plutôt sage de les conserver pour l’instant, dans la mesure où les configurations des circonscriptions en terme d’inscrits, peuvent être très très disparates d’une circonscription à l’autre, ou même entre départements. Je pense préférable d’éviter les comparaisons de chiffres qui ne recouvrent pas la même réalité.

Dernier point, je pense qu’il faut bien placer ces élections (présidentielles et législatives) dans une perspective électorale pas ordinaire du tout et qui mérite une introspection fine plutôt que des réactions rapides.

Région Centre.
Résultats des Verts et autres « écolos ».

23 circonscriptions
23 candidats(es) Verts(es)

Total des suffrages exprimés en faveur des verts : 31985

Moyenne régionale : 2,94%
Moyenne nationale : 2,75%

A remarquer qu’un seul département, l’Eure-et-Loire, n’a pas été confronté à des candidatures concurrentes « écolos ».

Ce qui donne sur les 23 circonscriptions :

- 4 circonscriptions sans concurrence
- 10 circonscriptions avec 1 concurrent
- 8 circonscriptions avec 2 concurrents
- 1 circonscription avec 3 concurrents

Résultats autres « écolos »

Le Trèfle, les nouveaux écologistes : 9 candidats(es)
4951 voix soit 1,11% sur les 9 circonscriptions.
La France en action : 16 candidats(es)
2879 voix soit 0,77% sur 16 circonscriptions.
MEI : 2 candidats(es)
580 voix soit 0,66% sur 2 circonscriptions.
SEGA : 1 candidat(e)
732 voix soit  1,40% sur 1 circonscription
Divers « écolos » : 1 candidat(e)
249 voix soit 0,47% sur 1 circonscription.

Total divers « écolos » : 9391 voix
Législatives 2007. Région Centre. Résultats des Verts et autres « écolos ».

Cher

1ère         Roger LEDOUX :            1411 voix        3,19%         0,64% La France en action
2ème         Bérangère ESNAULT   878 voix          2,17%         0,66% La France en action
3ème         Joël CROTTE                 1092 voix        2,08%         0,47% Divers « écolo »+ 1,40% SEGA

Eure-et-Loir

1ère         Claude ESPINEAU           1885 voix       3,73%         sans concurrence « éco »
2ème        Françoise DUTHU            1277 voix       3,24%        sans concurrence « éco »
3ème         Karim LAANAYA             1125 voix        2,70%        sans concurrence « éco »
4ème         Danièle AUROI                1298 voix       3,10%         ans concurrence « éco »

Indre

1ère    Patricia DANGUY  31 voix   2,20% 0,95% Le Trèfle + 0,48% MEI + 0,39% La France en action
2ème  Jocelyne GIRAUD   1109 voix 2,80%      0,19% Le Trèfle + 0,64% La France en action
3ème   Françoise GALAND  753 voix    2,09%    0,61% La France en action

Indre-et-Loire

1ère         Abderrahmane MARZOUKI      1150 voix   3,61%     1,14% La France en action
2ème         Jean-Claude BRAGOULET    2038 voix   3,58%    0,80% La France en action
3ème         Caroline DEFORGE            1590 voix        2,73%     0,96% La France en action
4ème         Marie-Claire ROBIN            1278 voix        2,40%     1,01% Le Trèfle + 1% La France en action
5ème         Roukya ATTEYE                1231 voix         2,53%       0,96% Le Trèfle + 0,83% La France en action

Loir-et-Cher

1ère    Catherine FOURMOND     2619 voix         4,84%        1,68% Le Trèfle
2ème  Philippe GAUTHIER           1084 voix         2,17%         0,84% MEI + 0,48% La France en action
3ème   Florent GROSPART           1746 voix        3,91%         1,20% La France en action

Loiret

1ère     Jean-Philippe GRAND      2117 voix    4,20%   0,93% La France en action
2ème    Moïsette CROSNIER        1210 voix    2,48%   0,95% Le Trèfle + 0,57% La France en action
3ème    Dominique RONCERAY 1853 voix    3,46%    0,99% Le Trèfle + 0,83% La France en action
4ème    Frank THIEBLEMONT     1294 voix    2,32%    1,11% Le Trèfle
5ème    Marie-Thérèse NOEL      1216 voix    2,24%    1,18% Le Trèfle + 0,68% La France en action
                                                                                        JLB

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 16:05
Quand tu es vraiment mal barré, ne dis rien ...
et essaye de donner l'impression que tu sais ce que tu fais !
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Présentation

  • : le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  •   le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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