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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 21:18

CARTES DES PERMIS

ET DE LEURS BENEFICIAIRES

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 18:31

COLLECTIF GÂTINAIS STOP PETROLE DE SCHISTE

L’extraction du kérosène (appelé par commodité huile ou pétrole de schiste) intimement lié à la roche-mère à deux ou1-112-2b003 trois mille mètres de profondeur n’a rien à voir avec l’extraction traditionnelle telle que nous la connaissons dans le bassin parisien et dans le Loiret en particulier. L’extraction de la catégorie d’hydrocarbures que convoitent désormais ces sociétés exige le recours à la fracturation hydraulique mise en œuvre depuis quelques années notamment en Amérique du Nord où elle a rapidement fait preuve de sa haute dangerosité pour les populations  pour leur environnement et destructeur des ressources en eau.

 

L’octroi par le ministre chargé de l’énergie de nombreux permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux sur tout le territoire français et notamment dans la partie nord et est du Loiret sur le territoire du Gâtinais. Ces permis ont été délivrés dans la plus grande opacité, c’est-à-dire sans transparence ni concertation avec les collectivités locales.

 

Considérant que leur extraction comporte des risques environnementaux et sanitaires très élevés et qu’il n’existe actuellement aucune autre forme d’exploitation, nous exigeons  le gel et la suppression de l’ensemble de ces permis

 

Habitants du Gâtinais, nous demandons au Préfet du Loiret qu’il procède immédiatement à l’arrêt des travaux engagés et bloque tous les dossiers en cours d’instruction ;

 

Habitants du Gâtinais, nous demandons au Conseil régional du Centre et au Conseil Général du Loiret, dans le cadre de la nouvelle procédure d’interpellation d’initiative citoyenne de délibérer rapidement comme l’a fait à l’unanimité le Conseil régional de Picardie pour exiger de l’Etat un moratoire tant sur l’instruction des demandes que sur les permis attribués ;

                                                                                                                                                                                                     

Français et Françaises, nous demandons :

 

A l’Etat : l’application d’un moratoire sincère sur l’ensemble du territoire français et pour l’ensemble des demandes, permis et travaux relatifs aux hydrocarbures dits de schiste ;

A l’Etat et aux parlementaires : la réforme du code minier afin d’en finir avec la libre disposition du sous-sol sans information ni participation préalable de la population et sans affichage sur site des permis.

Citoyens, citoyennes, membres d’organisations associatives ou politiques, élu(e)s locaux, régionaux ou nationaux, soyons de plus en plus nombreux pour que ces projets indécents et fous soient abandonnés. Rejoignez-nous.

 

Collectif Gâtinais Stop Pétrole de Schiste.

7 rue Chatouillat,

45200 MONTARGIS

Tel 02 38 93 54 79

gatinais.stoppetroledeschiste@gmail.com

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L'Eclaireur du Gâtinais du 26 mai 2011 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 17:16

APPEL AUX CITOYENS DU MONDE :

REJOIGNEZ-NOUS POUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE D'ACTION

LE 11 JUIN 2011 POUR SORTIR DU NUCLÉAIRE !

 

Le samedi 11 juin 2011 à 18 h,

Rassemblement devant la centrale de Belleville (Cher) 

Depuis le 11 mars, les conséquences de l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima ne sont toujours pas maîtrisées et les réacteurs endommagés continuent à rejeter dans l'environnement une quantité massive de produits radioactifs. Le cœur du combustible dans trois des réacteurs a entièrement fondu. Une zone d'exclusion de plusieurs dizaines de kilomètres autour de la centrale sera durablement créée.

Il existe actuellement au Japon 54 réacteurs pour lesquels on redoute les risques d’un séisme de grande ampleur dans les années à venir. Et si le Japon devait subir un nouvel accident nucléaire majeur, le risque se trouverait accru numérisation0202de voir la contamination radioactive s’étendre non seulement à tout le pays mais encore à la planète entière.

Il y a maintenant 25 ans que la catastrophe de Tchernobyl a produit dans le monde une contamination radioactive d’une extrême gravité. Pourtant, nous n'avons pas su tirer les leçons de cette expérience. L'utilisation de l’énergie atomique engendre massivement des produits radioactifs que l'homme ne maîtrise pas, et dont les méfaits se mesurent en siècles pour notre planète.

Voulons-nous continuer à courir le risque d’un tel danger après cette nouvelle catastrophe à Fukushima?

C‘est le 11 juin prochain au Japon, trois mois après le début de l’accident, que sera organisée une action commune de grande ampleur pour exprimer partout dans le pays la volonté de sortir du nucléaire. Nous lançons cet appel pour nous associer à cette journée de protestation internationale.

Chacun le constate, l'industrie nucléaire n'a de cesse, en dépit de nombreux incidents ou accidents, de proclamer ses certitudes d’un "nucléaire sûr" : largement globalisée, elle dispose de nombreux relais à travers les organismes internationaux, entretenant des relations de connivence avec les gouvernements des pays les plus puissants ainsi qu'avec leur intérêt militaire.

Nous ne voulons plus de ce monde nucléarisé. C’est la raison pour laquelle, solidaires avec tout courant, tout mouvement, toute organisation qui aspire à sortir du nucléaire, et afin de réfléchir ensemble à la construction d’une autre société fondée sur une nouvelle politique énergétique et une vision solidaire, nous appelons chaque citoyen dans le monde à participer à la journée internationale du 11 juin 2011.

Le 17 mai 2011

Echo-Echanges ONG France-Japon, Montreuil

 

Le 12 mai 2011 à Tokyo                                                                                                                                                                           numérisation0200

Aux ami(e)s de France

« Au Japon, il y a deux mois, nous avons eu des accidents nucléaires très graves à Fukshima. Au 11 juin 2011 (trois mois après ces accidents), nous appelons les associations et les mouvements sociaux divers dans le monde entier à organiser une journée d'action internationale contre le nucléaire. Afin de réaliser ce projet, nous souhaitons que les associations et les groupes en France adhèrent à cette initiative. Si vous voulez à ce projet, nous souhaiterions recevoir votre réponse, et nous joindrons le nom de votre asssociation ou groupe à notre communication. Dans la mesure du possible, nous souhaiterions que vous organisiez une manifestation ou réunion le 11 juin pour réfléchir ou discuter sur les accidents nucléaires de Fukushima. Maintenant, avec citoyens du monde entier, nous devons mettre fin à l’ère nucléaire. Et nous espérons ouvrir le futur post-nucléaire avec vous ».

 

L’Association pour mettre un terme au nucléaire et réaliser le passage aux énergies alternatives (http://e-shift.org/)

Le Congrès d’urgence pour faire face aux accidents nucléaires de Fukushima (http: //2011shinsai.info/node/125 )

« *Nous avons déjà organisé plusieurs manifestations au Japon. Et cette fois nous avons créé un réseau pour appeler à des actions simultanées dans le monde entier. Vous pouvez nous donnez votre réponse sur notre site ( http://nonukes.jp/wordpress/?page_id=137) ».

 

En haut à gauche la couverture d'un dossier spécial "Accidents nucléaires" paru en 1975, en bas à droite la couverture de sa réédidtion en 1978.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 21:16

VENDREDI  20 mai A 20h30
Le Vox de Château-Renard situé dans l'est du Loiret ayant programmé le film "GASLAND", nous a demandé si nous avions un intervenant pour animer le débat et la discussion après le film. Les Ecolos du Sud Seine et Marne nous ont proposé Marie-Paule Duflot, ex présidente de Nature Environnement 77 qui a accepté de venir dans le Gâtinais non Francilien lui aussi très concerné par les gaz de schistes, d'où la mise en place du "Collectif Gâtinais Stop Gaz de Shiste". 

Gasland (V.O. ST)
Documentaire états-unien

de Josh Fox (1h44) (2011) (vidéoprojection)

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Les plus importantes recherches de gisements de gaz naturel sont en ce moment entreprises à travers les Etats-Unis par une technologie de forage appelée "la fracturation hydraulique", qui va permettre aux Etats-Unis de devenir « l’Arabie Saoudite du gaz naturel ». Mais cette technique est-elle sans danger ? Lorsque le cinéaste Josh Fox reçoit une lettre l’invitant à louer ses terres pour y faire un forage, il va sillonner le pays et découvrir en chemin les répercussions écologiques, mais aussi des secrets bien gardés, des mensonges et des toxines…

A l’heure du débat en France sur les prospections gaz de schiste en France (le Loiret est concerné), il est urgent de découvrir ce film et s’interroger sur la pertinence de ces recherches. La discussion de vendredi soir est ouverte à tous.

Nature Environnement 77, anciennement association seine et marnaise pour la sauvegarde de la nature, est une association de Loi 1901 créée en 1972 par des naturalistes, sans but lucratif, d'intérêt général. Elle fédère les associations de protections de l’environnement de la Seine et Marne mais aussi des adhérents individuels.

Pour ceux qui ne peuvent pas venir à la soirée-débat, il y a 2 autres projections de ce film :
- Jeudi 19 mai 18h30
- Lundi 23 mai 19h
Gasland (V.O. ST)

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 07:52

1er JANVIER 2011

Direction Générale de l'énergie et du climat

Direction de l'énergie-SD2

Bureau Exploitation Production des Hydrocarbures

PERIMETRES DES TITRES MINIERS

DES HYDROCARBURES

numerisation0205.jpgIncroyable mais vrai, le 9 mai dernier, à Abou  Dhabi, réuni par l'ONU, le Groupe intergouvernementalles des 120 scientifiques experts sur l'évolution du climat (GIEC), affirme "que le potentiel technique des énergies renouvelables dépasse la demande actuelle", ils estiment "que la part des énergies vertes pourrait approcher 80% de la consommation mondiale en 2050 à un coût abordable". En plein débat sur l'énergie voilà une expertise qui tombe à propos. Pourtant depuis quelques semaines les tenants des vieilles énergies et des profits sont à la manoeuvre pour imposer leurs vieilles recettes, un EPR par ci, un autre par là, en expliquant au bon peuple qu'on ne peut faire autrement au "prétexte" que les renouvelables ne seront jamais rien d'autre que quelques pourcentages d'énergie d'appoint. Même si les les titres miniers d'hydrocarbures ne datent pas de la semaine passée, ils s'inscrivent tout pareil dans les recettes d'hier qui dans le cas présent est en pleine contradiction avec la lutte pour freiner le changement climatique qui lui est bien réel.

 

Ci-dessus une carte des périmètres des titres miniers des hydrocarbures concernant le Grand Gâtinais et un peu plus large. Pour moi ce qui est clair, c'est qu'il est hors de question de laisser saccager les sols, l'eau, les paysages et la vie tout simplement sur notre territoire ni ailleurs non plus. Trop, c'est trop, plus que jamais, la société va devoir faire vraiment ses choix de vie. Plus on attend plus ils s'imposeront à nous violemment !  

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 14:33

numerisation0201.jpgSuite à Fukushima, nous n'échapperons pas localement et nationalement à un débat sur les choix énergétiques que notre société va devoir faire dans des délais contraints. Avec le profit immédiat, le conformisme ambiant, l'idéologie du "toujours plus" et d'un progrès supposé qui n'aurait obligatoirement qu'un modèle, je crains le pire. N'empêche qu'il faut se battre, même si nous ne sommes pas à armes égales avec les nucléocrates, n'oublions pas que leur modèle de société a des pieds d'argile si bien que tout peut basculer à chaque instant. Reste à savoir à quel moment et dans quel état nous serons alors à la fois d’un point de vue social et environnemental ? Devrons-nous gérer une survie pathétique ou une vie acceptable restera-t-elle encore possible pour la construction d’autre chose ?

 

Comme prévu j’inscris la période actuelle et celle à venir dans une histoire déjà vécue et écrite à savoir celle de l’Ecologie politique et de ses luttes emblématiques. Je le fais non pas par nostalgie, cela ne sert à rien, mais par la nécessité de nous saisir de notre patrimoine, de notre histoire et de nos acquis. La mémoire n'est pas un devoir mais une nécessité et non une nostalgie comme dit François Maspero. Si je le cite souvent c’est parce que je suis convaincu que tout comme les individus, les organisations et les courants de pensée, pour aller de l’avant, ont besoin de s’appuyer sur leur histoire et sans la réécrire, afin de ne pas sans arrêt à avoir à la reproduire ou pire à la singer. Si je le fais c’est que durant vingt ans avec l’Agence de Presse Réhabilitation Ecologique et Ecologie je fus avec tous mes collaborateurs à la fois un acteur et un témoin privilégié de la construction de cette histoire qui loin de nous gêner aujourd’hui nous rend plus forts et dans nos convictions et dans l’argumentaire à développer à la fois pour lutter et pour convaincre. L’intérêt de s’appuyer sur la presse écolo de l’époque c’est que nous sommes en direct au cœur de l’évènement et du ressenti d’alors.

 

Voici l’éditorial du numéro 371 d’Ecologie de mai 1986, le numéro du juste après Tchernobyl. En 1979, le journal avait déjà connu Three Mile Island, mais là avecnumérisation0193 Tchernobyl, c’était pire, même si au moment de la publication de ce numéro on ne mesurait pas encore l’étendu des dégâts. Dans un prochain article je présenterai le contenu du journal que dans l’urgence nous avions dû modifier. Avant l’accident notre grande information c’était l’ouverture d’Ecologie à la francophonie par des accords de rapprochement entre notre rédaction et l’Ecologie politique belge, ce que l’actualité a forcément passé au second plan.   

 

 

LA ROULETTE RUSSE                

numérisation0176"On bouclait le journal. On était tout à la joie de vous annoncer la dimension prise par ECOLOGIE : les premiers pas avec une équipe rédactionnelle belge pour faire de celui-ci un journal écologiste francophone. Et puis l’annonce de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a assombri notre plaisir, nous jetant sans préavis dans une actualité que nous redoutions d’avoir un jour à relater.

 

Pour nous, c’est l’horreur. Rien à voir avec la réjouissance dont Gérard Dupuy, éditorialiste de « Libération », gratifie les écologistes. Faut-il être tordu, alambiqué et handicapé moral pour le penser et l’écrire.

 

P1100300La colère, une violente colère, vous savez, de ces colères qui viennent de loin parce que refoulées inconsciemment depuis longtemps, éclate. L’insupportable a ses limites. La télé soviétique distille en trois mots la catastrophe. Comprenne qui pourra. Les télévisions occidentales remplissent leurs plateaux plus éminents les uns que les autres, redondants d’explications, justifiant leurs qualités d’experts. Experts en quoi au juste ? Techniciens aux ordres, ils ne sont que les faire-valoir des structures nucléaires, se permettent en l’absence de tout contradicteur ou contre-expert d’être juges et partis. La censure soviétique trouve dans ces usurpations et ces avalanches médiatiques de non-dits bavard son pendant occidental. Dans les deux cas, on prend la population pour du bétail. La censure et la désinformation sont les deux faces du même miroir et la duperie est de faire croire qu’elles n’existent que chez l’autre. Et cocorico la France, deuxième programme nucléaire mondial, y va de sa science. On est les meilleurs. Et lors de prestations radiotélévisées récentes, coup de chapeau des nucléocrates – ne disons plus experts – aux écologistes qui grâce « à leurs revendications, font que la France dispose d’un luxe de sécurité ». Et oui, vous avez bien lu. Parions alors que, lorsque l’accident si improbable se produira, ce sera de la responsabilité des écologistes qui n’auront pas été assez revendicatifs.

 

Sans attendre cette suprême condamnation, déjà on se plaît à marginaliser les écologistes. On cherche à les réduire politiquement, et un Serge July – « encore Libération » - y va de son analyse pour ne plus voir d’avenir aux écologistes. Trop politique le bonhomme, pour oublier des pans entiers d’éléments entraînant les conclusions faciles qu’il colporte. Donc, il désinforme. Normal d’ailleurs : homme de média branché, il se doit d’aller dans le sens de ceux qui font la mode, s’y soumet et fait le domestique. Il véhicule l’éphémère, séducteur des girouettes de toutes les modes et surtout de la dernière. Mais au regard de l’actualité – mais pas n’importe laquelle, celle qui fait l’histoire et la réalité de notre époque – son discours prend une résonnance particulière. L’écologie est passée de mode, dit-il, il l’écrit, l’imprime, le diffuse, alors que jamais celle-ci n’a été aussi présente et dans le quotidien et dans le devenir du monde. Parce que, ne lui en déplaise, les pluies acides, la nitrification de l’eau, la disparition des espèces, le nucléaire et ses poisons, la déforestation et la désertification, les numerisation0204.jpgdéséquilibres Nord-Sud ne sont malheureusement pas éphémères, et courent plus vite que les modes de July et de ses adeptes. Qu’il prenne garde, le July, qu’un jour la mode ne le crache pas comme un noyau.

 

Ah les écolos, comme on aimerait qu’ils soient ringards et au placard de l’histoire ! C’est assez de les entendre jouer les Cassandres, et qu’il est assommant d’être sans cesse et de manière accélérée confronté à toujours plus de catastrophes écologiques. La société n’aime pas être contredite, même si elle a tort ; dans ce cas elle réduit les Cassandres. Mais le paradoxe d’aujourd’hui, c’est que dans une société qui sacrifie ô combien à la communication, on n’entende des écologistes que la mauvaise conscience collective. On ne les entend pas quand ils imaginent, quand ils proposent, quand ils concrétisent d’autres fonctionnements, d’autres gestions de notre capital naturel, d’autres relations dans la société. Les catastrophes, ce n’est pas eux. Ils ne sont pour rien dans cette relation sado masochiste que les décideurs de tout poil entretiennent avec les valeurs qu’ils défendent jusqu’à la perversité d’imposer des technologies aux retombées non mesurables et toujours plus incontrôlables. Goût morbide du risque travesti en « aventure humaine », embarquant dans la galère l’humanité entière. Pseudonumerisation0191.jpg progrès qui, d’un jour à l’autre, peut nous expédier tous quelques milliers d’années en arrière, à la case départ !

 

Le beau voyage !

 

Merci Monsieur l’expert, Monsieur le technocrate’, Monsieur le politicien, Monsieur l’économiste, Monsieur le communicateur ! Merci pour tout.

 

Paradoxe aussi de ne réduire la sécurité qu’aux voyous de droit commun et extrémistes poseurs de bombes. Sécurité considérablement simplifiée et démagogique, même si les agresseurs ne doivent pas rester dans l’impunité. Sécurité au rabais, à la mesure de la médiocrité ambiante. Le droit commun, le terrorisme sont aussi politiques, économiques, technocratiques, industriels, sociaux et culturels. Insécurité qui débouche sur l’avenir incertain de l’eau, de l’air, de la terre, de la flore, de la faune et au bout de la chaîne, de l’homme. La roulette russe du nucléaire imposée aux populations ne fait-elle pas partie de l’insécurité ?

 

Si les écologistes ne font pas toujours recette, ils n’ont pas à s’effacer dans l’anonymat des rassemblements grégaires. Mieux, ils ont à cultiver leur identité et affirmer le positif de leur personnalité et de leur démarche."

 

numérisation0192  ECOLOGIE n° 371 mai 1986

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 14:42

Samedi ‎7 mai 2011

RDV à 14h (précise) sur le parking Ravelin (derrière le champ de foire)

coordination EELV 58 a qui s'associe

le Comité Stop Belleville Stop Dampierre !

contact:
Lucien PETIT /  06 83 67 17 69 / petit.lucien@wanadoo.fr

 

A VOTRE REFLEXION:

photo_1300535482554-1-0.jpgA Fukushima 1, que voit-on ? La matérialisation de toutes ces craintes, la preuve tangible qu'elles sont fondées : les événements échappent non seulement à la perception de tout un chacun, mais aussi au contrôle des élites technoscientifiques. Dans le nord du Japon se compose le sidérant tableau d'une technologie qui menace l'intégrité de vastes régions par le biais de particules infimes et incontrôlables, émettrices de rayonnements toxiques et invisibles, dispersées au gré des masses d'air et des courants marins. Une technologie qui supplante son créateur jusqu'à lui interdire de venir l'observer. C'est un constat inouï : les maîtres de l'atome ignorent ce qui se déroule précisément dans les lieux-clés de la centrale - les réacteurs - puisque nul ne peut s'en approcher sans périr aussitôt.

 

Les cœurs des réacteurs, partiellement fondus, semblent avoir acquis une sorte de vie autonome. Les réactions de désintégration des radioéléments qui les constituent donnent à ces fauves de magma assez d'énergie pour se maintenir pendant plusieurs mois à plus de 2 000 °C, sans la moindre intervention extérieure. Un chercheur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) parle de la nécessaire «reconquête" de ces réacteurs, qui se fera au terme d'une "guerre de tranchées". Les mots le disent : nous sommes entrés en conflit armé avec notrestalingrad6.jpg créature. Et la désespérante image des hélicoptères larguant de l'eau de mer sur les réacteurs bouillonnants résume à elle seule l'ampleur du désarroi des hommes dans cette bataille.

 

Dans la centrale japonaise, c'est la promesse de maîtrise du monde et de contrôle de la nature qui part en fumée. Un coup de grisou, un cyclone, un séisme, un accident industriel classique, font partie de l'aléa. Le désastre de Fukushima, lui, nous donne à voir, dans le pays le plus avancé en la matière, une technologie cessant d'être l'alliée inconditionnelle et servile de son créateur pour se rendre maître d'elle-même, lui devenir hostile et s'emparer d'un territoire d'où il sera durablement banni. C'est toute la notion occidentale du progrès humain comme fonction linéaire du progrès technique que cette catastrophe nous invite à repenser.

Service Planète / Stéphane Foucart

Article paru dans le monde, édition du 10.04.11 


 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 17:05

GAZ DE SCHISTE : NON MERCI,

NI DANS LE GÂTINAIS, NI AILLEURS...

C’est sans aucune information, et sans aucune consultation ni des populations, ni des élus, que le gouvernement français  a offert à des sociétés nationales et étrangères le droit d’explorer sur 65 000 km2, le sous-sol français à la recherche de gaz et de pétrole de schiste (l’Américain Schuepbach Energy, Total, la canadienne pétrolière Réalm, Toreador Resources Corporation, Vermilion, etc…). Sont concernés le Sud Est de la France, le Gard, l’Hérault, l’Aveyron, l’Aquitaine, le Bassin Parisien(dont le Loiret – Gâtinais autour de Montargis et Pithiviers), la Seine et Marne, P1100243l'Essone, le nord de l'Yonne), la Picardie et la Champagne Ardenne pour l’instant. 

 

Localement depuis 50 ans à Château-Renard et Saint Firmin des Bois sont exploités sans dégâts des hydrocarbures conventionnels. Mais là où il y a du pétrole, il y a aussi du gaz, d’où l’émergence des schistes bitumineux et des hydrocarbures non conventionnels.

 

La technique pour ramener le gaz à la surface est nouvelle, délicate et surtout, désastreuse sur le plan environnemental. La «fracturation hydraulique horizontale», consiste à provoquer des failles à l’aide d’un liquide envoyé à très forte pression, pour libérer le gaz et le pétrole pris dans la roche compacte, à environ 2000 mètres de profondeur. Trois «ingrédients» sont nécessaires pour créer ces mini séismes : des quantités phénoménales d’eau (entre 15 000 et 20 000 m3), des produits chimiques (plus de 500) pour attaquer la roche et des microbilles pour maintenir ouvertes les failles. Cela n’a pas de sens alors que sous une sécheresse récurrente le gouvernement va demander aux agriculteurs une utilisation  de plus en plus économe de l’eau (!)  

 

Aux Etats-Unis, après dix ans d’exploitation le bilan de l’extraction de ces énergies fossiles est catastrophique P1100245: destruction et ravage des terres agricoles et des sols, pollution massive des nappes phréatiques et de l’air, destruction des paysages et des milieux naturels, etc. Leur exploitation, en France, conduirait inéluctablement aux mêmes dégâts ainsi qu’à des émissions accrues de gaz à effet de serre, alors même que notre pays s’est engagé à les diviser par quatre.

 

Les autorisations de prospection sur plus de 10% du territoire ont été accordées sans débat sur les besoins énergétiques à moyen et long terme, sans discussion sur la nécessité de lutter contre le gaspillage, en recherchant une meilleure efficacité énergétique et les alternatives renouvelables.

 

Pour toutes ces raisons, nous exigeons un débat public avec la société civile, les élus locaux et nationaux, pour dresser un inventaire complet des conséquences environnementales, sanitaires, économiques et sociales de cette «nouvelle folie industrielle». Comme ailleurs en France, localement Europe Ecologie- Les Verts Gâtinais seront actifs pour animer le débat public En attendant, nous demandons un gel immédiat des prospections et la suspension des permis de recherche de gaz et pétrole de schiste dans le Gâtinais et sur l’ensemble du territoire français.

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                                                                     L'Eclaireur du Gâtinais du 28 avril 2011

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Photos JLB   Exploitation d'hydrocarbures conventionnels autour de Château-Renard (Gâtinais-Loiret) en avril 2011)

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 21:06

CES MINUTES ET SECONDES QUI COMPTENT...

Où étiez-vous les 25 et 26 avril 1986? Pouvez-vous reconstituer votre emploi du temps heure par heure, je n'ai pas dit minute par minute? Pour ma part j'étais au journal (ECOLOGIE), où avec Catherine et Sylvie, nous bouclions le numéro du mois de mai...Loin de nous se jouait une toute autre histoire. Histoire qui allait marquer notre humanité pour bien longtemps et nous n'en avions pas encore conscience. Je vous livre ici le compte à rebours de ce jour pas ordinaire extrait du livre passionnant "La vérité sur Tchernobyl" de Grigori Medvedev paru en 1989 chez Albin Michel. Grigori Medvedev a transmis les droits d'auteur de cette édition française aux enfants de Biélorussie, victimes de la catastrophe de Tchernobyl. .  

 

085_Chernobyl_blabla_03.jpgLe 25 avril 1986,à la centrale de Tchernobyl (URSS) on se prépare à arrêter la 4èmetranche pour des travaux d’entretien. Le programme approuvé par Fomine (ingénieur en chef de la centrale), prévoit, pendant l’arrêt de la tranche un essai « d’îlotage » durant lequel les sécurités du réacteur seront mises hors service. Il est prévu d’utiliser l’énergie potentielle du rotor du générateur pour produire de l’électricité. Nombreuses sont les centrales en URSS qui ont reçu des propositions pour ce genre d’essai, mais toutes ont reculé devant les risques. La direction de Tchernobyl les prend. Celles qui toutefois ont mené ce type d’essai ont toujours laissé le système de protection du réacteur enclenché.

 

Quel est le but de l’expérience ? En cas de perte complète d’alimentation électrique de la centrale, ce qui est possible en cours d’exploitation, les mécanismes de refroidissement du cœur et notamment les pompes s’arrêtent. Le cœur entre donc en fusion, ce qui équivaut à un accident grave. L’essai a pour objectif d’utiliser l’énergie mécanique du rotor afin de contourner ce danger en mobilisant d’autres sources d’énergie que l’alimentation par le réseau. En effet, tant qu’il tourne, le rotor du générateur produit de l’électricité. On peut, et on doit l’utiliser dans les cas critiques.

 

Le programme de ces travaux est établi très longtemps à l’avance et doit être approuvé par le constructeur du réacteur, le concepteur de la centrale, le service d’inspection et de surveillance des centrales nucléaires. Il prévoit obligatoirement une alimentation électrique de secours pendant l’expérience. Il prévoit de la même manière d’autres dispositions sur de multiples domaines.

 

Pour garantir la sûreté nucléaire pendant l’expérience, le système de protection d’urgence du cœur doit être absolument enclenché. Par ailleurs, le système de refroidissement du cœur, doit, être aussi en service. A condition que ces règles et d’autres consignes de sûreté soient respectées, les essais d’utilisation de l’énergie potentielle du089_Chernobyl_reactor4_03.jpg rotor sont autorisés dans des réacteurs en exploitation.

 

Il faut souligner que ces expériences ne doivent avoir lieu que si le système de protection du réacteur en cas d’accident ou système AU (arrêt d’urgence) est enclenché, c’est-à-dire à partir du moment où l’on a appuyé sur le bouton AU. Le réacteur doit être en régime stable, contrôlé, et sa réserve de réactivité doit correspondre aux normes règlementaires. Le programme approuvé par Fomine ne respectait aucune de ces prescriptions...

 

25 avril 1986, à 1h précise, le personnel d’exploitation commence à réduire la puissance du réacteur n°4 qui jusqu’alors fonctionnait en régime nominal à savoir 3000MWth.

 

13h 5mn,le turbo-alternateur n° 7 est découplé du réseau, alors que la puissance du réacteur est de 16MWth.

 

116_Pripyat_reactors.jpg14h,conformément au programme des essais, le système de refroidissement du réacteur est déconnecté du circuit de circulation forcée multiniveaux  qui refroidit le cœur. Cette opération est délibérément exécutée afin d’écarter le risque de choc thermique au cas où de l’eau froide des ballons du système d’injection de secours pénétrerait dans le réacteur à chaud. Manœuvre qui va se révéler fatale.

 

Quelles sont les pensées mystérieuses qui traversaient alors l’esprit de Fomine ? Il n’ignorait pas la physique des réacteurs mais semble avoir une confiance excessive en lui en prenant la décision d’isoler le système d’injection de secours qui aurait pu à l’instant critique, empêcher l’explosion en réduisant le titre de vapeur dans le cœur. Pourtant, il l’a fait, était-ce par un désir et l’ambition de se distinguer dans un travail prestigieux, et de démontrer qu’un réacteur nucléaire peut fonctionner sans être refroidi ! . Il est évident que le personnel d’exploitation n’avait pas envisagé l’éventualité d’un accident majeur. L’habitude et l’exploitation assez tranquille des dix dernières années à la centrale de Tchernobyl avaient contribué à banaliser pour les personnels la règle d’or des établissements dangereux : « attention ! une erreur et tout saute ». Pourtant, en septembre 1982, une fusion partielle du cœur de la première tranche aurait dû lui servir de leçon.A leur131 Pripyat building 26 décharge, il faut dire qu'on dissimulait les accidents, que les personnels ne mesuraient pas à leur juste niveau et n’y accordaient pas l’importance nécessaire. En outre, ils considéraient les accidents comme des avatars inévitables du développement du nucléaire d’où l’assurance des opérateurs qui s’est transformée avec le temps en suffisance ce qui les a conduits à bafouer les lois de la physique nucléaire et les dispositions des règles d’exploitation.

 

A 14h,les services extérieurs de la distribution de l’électricité à Kiev demandent à différer la mise à  l’arrêt de la tranche et de continuer à alimenter le réseau. C’est pourquoi, que contrairement aux règles d’exploitation, la tranche n°4 continue donc à fonctionner alors que le refroidissement de secours a été mis hors service.

 

23h 10mn le chef de quart de la tranche n°4 est à ce moment là Youri Tregoub, la réduction de puissance reprend.

A 24h,il va passer la main à A. Akimov. Néanmoins, compte tenu du caractère sensible de l’essai et dans un esprit de continuité, il restera avec la nouvelle équipe accompagné de son ingénieur principal chargé des turbines, Sergueï Gazin

 

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986,tous les futurs responsables de Tchernobyl dorment tranquilles sur leurs deux oreilles. Qu'ils soient ministres, président de l’Académie des sciences d’URSS, responsable du service d’inspection de l’industrie nucléaire, le directeur général de la centrale de Tchernobyl ou encore N.M. Fomine l’ingénieur en chef. Moscou dort, ainsi que la moitié de la terre plongée dans la nuit. Pourtant à cet instant, dans la salle de commande de la tranche n°04 de la centrale de Tchernobyl se produisent des évènements historiques.

 

136_Pripyat_theatre_cccp60.jpgLes essais devaient avoir lieu dans le quart précédent. Il est 0h lorsque l’équipe d’Alexandre Akimov (chef d’équipe de la tranche) prend la relève. Nous sommes à 1h25 mn avant l’explosion. De cette équipe, deux mourront sur le champ et plusieurs ne travailleront pas jusqu’au matin.

 

1h 00mn,la puissance du réacteur de la tranche est stabilisée à 200MWth. L’empoisonnement du réacteur aux produits de désintégration se poursuit. Il est impossible de relever davantage la puissance, la réserve de réactivité disponible est nettement inférieure au seuil réglementaire. C’est le décompte qu’a donné l’ordinateur Sakla, 7 mn avant que ne soit pressé le bouton AU « arrêt d’urgence ».

 

Le réacteur est devenu instable il menace d’exploser : à partir de ce moment jusqu’à l’instant historique X, appuyer sur le bouton AU ne pouvait que provoquer une excursion fatale et incontrôlable sachant qu’on ne pouvait plus agir sur la réactivité.

 

De 1h 3mn, à 1h 7mn, deux pompes de circulation principales supplémentaires sont rajoutées aux 6 pompes de circulation principales déjà en fonctionnement, de façon qu’à la fin des essais, 4 d’entre elles restent disponibles dans le système de circulation pour assurer sans danger le refroidissement du cœur.

 

138 Pripyat theatre paintingsIl faut savoir que la perte de charge du cœur et du circuit primaire principal dépend directement de la puissance du réacteur. Celle-ci étant faible (200MWth), la perte de charge hydraulique du cœur est diminuée d’autant. Le débit total du fluide caloporteur dans le réacteur s’élève alors à 60000m3 alors que la norme est de 45000m3/h. A ce régime, la tuyauterie se met à vibrer suite à la mise en ébullition de l’eau accompagnée de coups de bélier importants.

 

L’augmentation brusque du débit de l’eau dans le réacteur contribue à faire chuter la pression dans les séparateurs chauffeurs de vapeur ce qui aggrave les effets d’autres paramètres.

 

Léonid. Toptounov (responsable du pilotage du réacteur), A. Akimov  et B. Stoliartchouk, (ingénieur principal chargé du pilotage du réacteur) tentent de maintenir manuellement les principaux paramètres du réacteur, sans y parvenir complètement. Ils s’aperçoivent que la pression de 5-6 atmosphères et que le niveau d’eau chute au-dessous de la cote d’alerte. Akimov en accord avec Diatlov (adjoint à l'ingénieur en chef chargé de l'exploitation) ordonne de bloquer les signaux d’arrêt d’urgence sur ces paramètres.

 

Pouvait-on éviter encore la catastrophe ? Oui. Il fallait interrompre immédiatement les essais et mettre en route une152 Pripyat kindergarten 03 gasmask série de protocoles afin de commencer peu à peu à réduire manuellement la puissance du réacteur jusqu’à son arrêt complet. En aucun cas il ne fallait appuyer sur le bouton AU sachant que c’était l’explosion garantie.

 

1h 22mn 30s (90s avant l’explosion)L Toptounov constate sur une sortie d’imprimante  que l’arrêt immédiat du réacteur s’impose. L’ordinateur s’est déjà trompé, les opérateurs en discutent entre eux. Pendant que le cœur est entier il est encore temps d’arrêter les essais et de réduire la puissance du réacteur en commande manuelle. Tous les opérateurs sont calmes, persuadés de bien faire. On commence les essais. Diatlov harangue toute l’équipe : « encore deux, trois minutes, et c’est fini ! Hauts les cœurs les gars ».

 

1h 23mn 40son court-circuite la sécurité d’urgence sur l’arrêt des deux turbines, de façon que l’essai puisse être répété s’il n’est pas réussi du premier coup. On s’écarte de nouveau du programme des essais qui ne prévoyait pas cette dernière opération. A ce moment, L. Toptounov donne l’alerte : il faut déclencher l’arrêt d’urgence, et A. Fedorovitch prévient Akimov que le réacteur s’emballe. Celui-ci est en proie à des sentiments complexes. Il remonte la puissance du 155 Pripyat kindergarten 06 girlréacteur hors du seuil non règlementaire et attend qu’une nouvelle occasion se présente de pousser le système de pression du réacteur. Le moment lui semble venu. C’est peut-être ce qui a poussé Akimov à appuyer, à 1h23mn40s sur le bouton AU dans l’espoir d’activer de nouveau l’arrêt d’urgence, ce qui provoque une conjonction de trois facteurs défavorables pour le cœur.

 

1h 23mn 40s :Dès qu’il a appuyé sur le bouton AU-5, Akimov voit avec effroi une lumière vive clignoter sur le cadran des indicateurs Selsyn. Même les opérateurs les plus expérimentés et les plus calmes sentent alors leur cœur se serrer… dans les entrailles du réacteur la destruction du cœur est amorcée, mais ce n’est pas encore l’explosion. Il reste 20 secondes jusqu’à l’instant X.

 

Qu’ont ressenti Akimov et Toptoumov, responsables du processus technologique, quand les barres absorbantes se sont bloquées à mi-course et que les premières secousses menaçantes se sont fait sentir dans le hall central ? Difficile à dire, puisqu'ils ont tous deux péri des suites de l’irradiation sans pouvoir témoigner sur ce sujet.

 

On peut l’imaginer. Le premier instant, c’est la stupeur ; on se sent comme emporté par une avalanche, par une vague glacée de peur panique devant l’imprévisible. D’abord, on ne sait que faire devant les aiguilles d’appareils enregistreurs et des indicateurs qui s’affolent, et on ne sait plus où donner de la tête. On ne connaît pas la raison et les lois de la séquence accidentelle que déjà, au fond de soi, on suppute les responsabilités en jeu et l’on envisage les conséquences de l’accident. L’instant d’après, on retrouve une clarté d’esprit et un sang froid inhabituel, et on se hâte de localiser précisément l’accident. Sur les 14 présents dans la salle de contrôle plusieurs ne connaissent pas la physique nucléaire, mais sont gagnés par la panique des opérateurs compétents dans le nucléaire. Dans le hall central raisonnent des coups secs… le sol tremble. Ce n'est toutefois pas encore l’explosion…

 

Akimov, au lieu d’appuyer sur le bouton, aurait dû attendre un peu. Le système de refroidissement du réacteur qui était débranché, verrouillé et scellé, aurait été bien utile. Là encore, toute une série de protocoles n’ont pas été ordonnancés. On appuie sur le bouton et une excursion brutale de criticité commence. Des secousses se font sentir142 Pripyat amusement park ferris wheel 01 du côté du hall central, tous les paramètres indiquent que de toute évidence, les canaux du réacteur sont déformés et que les barres descendues sont coincées. Dans les 20s qui précèdent l’explosion une multitude de phénomènes devenus incontrôlables se multiplient et s’accélèrent dans l’ensemble du réacteur, dans les circuits d’alimentation et dans le hall, allant jusqu’à la destruction totale des canaux de combustible.

 

1h 23mn 58s,la concentration d’hydrogène dans le mélange détonnant atteint le seuil critique d’explosion. Selon certains témoins, il y aurait eu deux explosions successives, selon d’autres trois et plus, en fait le réacteur et le bâtiment de la 4‘ème tranche sont détruits par une série d’explosions dues au mélange détonnant. Au dessus de la tranche 4 fusent des débris incandescents, des étincelles et jaillissent des flammes. Ainsi près de 50 tonnes de combustible nucléaire se sont évaporées, pour être propulsées dans l’atmosphère par l’explosion sous forme de particules finement dispersées :bioxyde d’uranium, radionucléides de haute activité (iode 131), plutonium 239, neptunium139, césium 137, strontium 90) et autres isotopes radioactifs ayant une durée de vie plus ou moins longue. L’explosion latérale a également touché 70 autres tonnes de combustible situées dans la périphérie du cœur, projetant les matériaux de construction. L’activité du combustible rejeté a atteint 15 à 20000 roentgens/h. 800 tonnes de graphite sur 1700 sont restées dans le cœur du réacteur formant un entonnoir semblable à un volcan. Pour mémoire, 50 tonnes de combustible évaporées, c’est-à-dire l’équivalent de 10 bombes d’Hiroshima sans les effets immédiats. A suivre…

154 Pripyat kindergarten 05 beds Photos: centrale et réacteur n°4 de Tchernobyl et la ville de Pripyat à 3km du site nucléaire mais se trouve dans la zône d'exclusion des trente km en juin 2005

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Ecologie
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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 08:35

MEMOIRE OBLIGATOIRE ET INCONTOURNABLE

L'homme a la mémoire courte mais l’atome a la vie longue. Avec Tchernobyl plus que jamais ce constat à tout son sens. L’Ukraine va devoir vivre avec cet atome là durant des siècles, voire des millénaires. Cela dépasse notre échelle de vie, comme si avec cet accident nous défions la notion même de temps. Pensez donc, plusieurs milliers d’années à surveiller ce cancer nucléaire, alors que l’on ne voit ni ne sent rien ? Est-ce possible ? Pour tenter de mesurer ce futur, faisons un bon en arrière dans le temps, à l’époque de Jésus-Christ ou encore au-delà, à l’Ancien Empire Egyptien, quelques 2700 ou 2300 ans avant JC. Vous voyez vous ? Moi j’ai du mal .

 

numérisation0189Dans le déroulement de cet avenir radieux, cette année n’est que la 25ème  Nous sommes les contemporains de cet incroyable évènement. Tellement incroyable que la majorité des gens n’en mesure pas les conséquences et le bel héritage que nous transmettons aux générations futures. Leur incompréhension est telle qu’ils en redemandent. C’est lumineux.

 

En attendant des siècles que nous ne connaîtrons pas, aujourd’hui pour les plus conscients, nous avons obligation de commémorer ce drame planétaire. Nous devons faire en sorte de ne pas en rajouter des louches et tout faire pour arrêter l’expansion de ce nucléaire qui chaque jour un peu plus laisse des tonnes de traces, appelées « déchets » ou encore « accidents » et que l’homme ne sait toujours pas gérer.

 

Tous ces jours bien des lieux ont été le théâtre de rencontres et de rassemblements pour commémorer ce triste évènement. Sur mon blog, compte tenu de l’actualité je vous propose plusieurs articles. Le premier sont des extraits du livre de Grigori Medvedev préfacé par Andreî Sakharov paru chez Albin Michel en 1990. Grigori Medvedev a été ingénieur en chef du service exploitation à la centrale de Tchernobyl lors de sa création. Longtemps censuré, son livre est finalement paru dans la revue Novy Mir au cours de l’été 1989. Les autres articles et illustrations sont tirés du journal ECOLOGIE denumérisation0176 mai 1989 que je publiais alors, bonne lecture.       

 

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  • : le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  •   le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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