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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 10:47

Reprenons en main notre avenir énergétique, formons une grande chaîne humaine pour encercler les lieux de pouvoir !

 

Aurions-nous déjà oublié Fukushima ?

Démesurément dangereux et coûteux, le nucléaire soumet les humains et tous les êtres vivants à des pollutions et à une menace inacceptables. Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : aucune autre technologie n’a créé en si peu de temps des catastrophes si « durables ». Avec 58 réacteurs, le parc nucléaire français représente un risque majeur, pour nous et nos voisins européens. Attendrons-nous que la centrale de Nogent-sur-Seine, à 95 km de Paris, devienne le Fukushima français ?

Cette industrie met ses propres salariés en danger, des régions entières à travers le monde sont polluées par l’extraction de l’uranium, de surcroît la fameuse « indépendance énergétique » qu’elle promet est un mythe. Non seulement le nucléaire ne peut pas freiner le réchauffement climatique, mais il produit des milliers de tonnes de déchets toxiques ingérables et entretient des habitudes de consommation qui ne sont pas soutenables.

Déjà, de nombreux pays ont fait le choix de sortir du nucléaire, créant ainsi des centaines de milliers d’emplois. Nous n’avons pas besoin de prolonger la vie de nos centrales vieillissantes, ni d’en construire de nouvelles !

Une révolution énergétique, nécessaire et urgente, offre une formidable opportunité pour l’emploi, la santé et la démocratie. Le nucléaire a été imposé sans aucun débat ; mais imaginer de nouvelles manières de produire et consommer l’énergie, c’est l’affaire de tous !

Le 11 mars 2012, un an après la catastrophe de Fukushima, 60 000 personnes ont formé une immense chaîne humaine de Lyon à Avignon pour réclamer la sortie du nucléaire. Pour toute réponse, le nouveau président n’a promis que la fermeture hypothétique d’ici 2017 d’une seule centrale, Fessenheim. Continuons sur notre lancée pour obtenir une décision de sortie du nucléaire !

Le 9 mars 2013, rejoignez-nous à Paris lors de cet événement national pour mettre la pression sur les décideurs politiques et économiques. Alors que se prépare, avec un débat tronqué, une loi qui engagera notre pays dans des choix énergétiques fondamentaux, l’heure est à la mobilisation ! Face au pouvoir de l’argent,  aux mensonges de l’Etat et de l’industrie nucléaire, nous pouvons l’emporter par la force du nombre et de la détermination. Pour cela nous avons absolument besoin de vous !

Pour que cette chaîne soit la preuve vivante de notre volonté commune, pour rassembler de façon non-violente et conviviale toutes les personnes qui veulent une société sans nucléaire,

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En quoi consiste cette chaine ?

L’objectif est d’encercler symboliquement les différents lieux de pouvoir où se prennent les décisions concernant le nucléaire : Areva, EDF, les ministères, l’Autorité de Sûreté du Nucléaire, etc.

Pour encercler l’ensemble de ces lieux, les participant-e-s sont invité-e-s à rejoindre l’un des 18 points de rassemblement, à partir desquels la chaîne se déploiera en plusieurs boucles.

Lors d’une chaîne humaine, les participants font la jonction d’un point géographique à un autre en se donnant la main. Il s’agit d’un événement non violent, auquel vous pouvez tout-te-s participer, quels que soient votre âge et vos capacités physiques ainsi que la raison pour laquelle vous voulez la sortie du nucléaire.

Le rendez-vous à chaque point de rassemblement a lieu à 13h30. Des animations et prises de paroles seront prévues avant le déploiement de la chaîne à 14h30. Pour connaître l’ensemble des lieux de pouvoir à encercler, des points de rassemblement, et savoir ce qui y est prévu, consultez le trajet de la chaine.

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Les distances entre chaque point de rassemblement ne dépasseront pas 5 km, donc les plus courageux pourront marcher 2 km pour rejoindre l’autre bout de la chaîne. Les moins mobiles ne pourront  marcher que quelques mètres et participer en restant sur place.

En choisissant votre point de rassemblement au préalable et en vous incrivant, vous facilitez la répartition des participant-e-s tout au long du trajet. Vous pourrez aussi recevoir les informations de dernière minute.

Après la chaîne, de 17h30 à 20h, nous vous donnons rendez-vous Place de la Bastille pour un concert de clôture. Ce moment convivial et collectif permettra de se rassembler et de marquer à la fois la commémoration de la catastrophe de Fukushima et notre désir joyeux d’une société sans nucléaire !

Coordination de la chaine humaine: Pour E.mail, voir à droite du blog dans la rubrique Liens.  

Tel: 06 61 19 27 50 

Les personnes du Gâtinais désireuses de participer à un voyage collectif peuvent nous contacter

au 02 38 93 45 03 ou 02 38 93 54 79 

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Ecologie
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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 09:28

40 ANS APRES SA DISPARITION

 numérisation0789C'est le 15 février 1973 que Pierre Fournier, dessinateur et chroniqueur à Hara-Kiri et Charlie-Hebdo depuis 1969, fondateur en fin 1972 de la Gueule Ouverte "le journal qui annonce la fin du monde" , disparait à l'âge de 35 ans. Pour moi qui lui doit beaucoup, il était  impossible qu'en ce 40ème anniversaire je ne marque pas la date de sa disparition. L'annonce de sa mort brutale a couru le long des lignes téléphoniques (face book et email n'existaient pas) dès le vendredi 16. C'est Jean Pignero, fondateur de l'APRI (Association de protection contre les rayonnements ionisants), l'un des grands précurseurs de l'Ecologie en France, qui m'a confirmé la nouvelle. Il se trouve que nous étions lui et moi et d'autres, réunis chez Pierre à Annecy le 11 février pour faire le point sur la poursuite de la Gueule Ouverte qui en était à son 4ème numéro, soit quatre jours avant sa disparition. Le choc de son décès a été rudement ressenti.. De part son investissement à Charlie-Hebdo  tiré à 150000 exemplaires,  tribune importante, ce creuset fut le lieu de convergence de tous les écologistes français. Ce type inclassable et déjà partisan de la décroissance avait tout compris, rêvé du meilleur, pressenti le pire avec une sincérité, une éloquence et un courage qui laissent aujourd'hui songeur. Je crois important que tous les écologistes prennent connaissance de son travail et du rôle qui fut le sien durant 4 ans.

Aujourd'hui, je n'ai pas l'intention de revenir sur son histoire. Je me propose de le faire par épisodes dans le temps. Par contre, chacun peut se procurer un ouvrage que tous devraient avoir dans leur bibliothèque : FOURNIER, PRECURSEUR DE L'ECOLOGIE, par Patrick Gominet et Danielle Fournier (son épouse), livre paru fin 2011 Aux Editions Buchet Chastel , collection Les Cahiers dessinés dirigée par Frédérick Pajak. Je vousnumérisation0788 soumets des extraits de l'avant-propos écrit par le directeur de la collection.

"D'abord, Pierre Fournier est un dessinateur, viscéralement. Depuis l'enfance jusqu'à ses derniers jours. Il est aussi écrivain - ni romancier ni poète- , mais chroniqueur, "journaliste", polémiste, théoricien";(...) "Devenu dessinateur professionnel dans Hara-Kiri et Charlie-Hebdo, Fournier surgit là où on ne l'attend pas. Il surprend, choque, déconcerte. De quoi s'agit-il ? Faut-il rire ou s'attrister ? Faut-il regarder ou lire ses dessins ? Certaines pages sont remplies, voire saturées d'écriture : dialogues de comptoir, ruminations, réflexions."(...) "Très vite, le dessin ne lui suffit plus pour se faire entendre, il se met à écrire, écrire toujours plus" (...) "Ecrivain, il use d'un langage parlé qu'il ne parle pas lui-même, s'il parle doucement, il écrit toujours plus fort. Il hurle." (...) "En fait, il polémique, insulte, raisonne, argumente et théorise tout à la fois. Il n'écrit pas pour écrire : il a un "message" à délivrer, un "message écologiste et révolutionnaire". C'est une idée neuve, à l'époque irréaliste." (...) "Fournier est-il réactionnaire ? Révolutionnaire ?" (...) "Ce qu'il exprime, dans l'urgence hebdomaire, c'est son angoisse face à la démesure du progrès industriel dont il évalue les dangers, l'arrogance, l'irresponsabilité suicidaire. Il voit, il prévoit des désastres "écologiques" (...) "Son parti à lui : une écologie qui n'existe pas ou presque. Elle est à créer, selon lui elle nécessite une révolution mais une révolution profonde : une réinvention de la civilisation".

Son inffluence est considérable de par le tirage de Charlie-Hebdo. "Il a tout pour devenir le numérisation0787gourou de l'écologie, sauf qu'il n'a pas l'ambition de l'homme public et n'a aucune envie de jouer les tribuns. Profondemment honnête envers lui-même et envers les autres, il est réfractaire à toute gloire personnelle, à toute posture." (...) "Il s'est éloigné de Paris par "choix politique" : retourner à la campagne pour accorder sa vie avec ses idées". (...) "S'il avait pressenti des désastres, il avait aussi pressenti que le mouvement écologiste risquerait de se perdre dans la politique politicienne, dans des rivalités intestines, qui pourrait devenir un parti ordinaire, démagogique, versatile. Découvrir ou redécouvrir Fournier n'a donc rien d'inutile".

Personnellement je pense que sans l'existence et l'engagement journalistique de Pierre Fournier et de la mobilisation qu'il a provoquée, en 1974 René Dumont n'aurait jamais été sollicité par les écologistes pour les représenter lors de l'élection présidentielle. René qui ne s'est jamais revendiqué comme fondateur de l'écologie politique est un maillon entre Pierre Fournier et la suite.

(à suivre) 

Autoportrait de Pierre Fournier non daté

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 09:01

CLIN D'OEIL

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En plein travail de recherche sur le peuple Burgonde, j'y retrouve nombre de Burgunder, c'est ainsi que je viens de croiser cette information que je vous transmets sous forme d'un clin d'oeil.

 

Le quartier Burgunder à Blûmpliz (Berne)

vient de fêter ses trois ans d'existence sans voitures

 

Des logements sans parking? Impossible il y a encore quelques années. Mais en 2011, Burgunder, le premier lotissement sans voitures de Suisse a vu le jour à Berne-Bümpliz, grâce à un accord avec la ville. Les 80 appartements répartis dans trois immeubles respectent la norme Minergie-P-Eco (1). Leurs locataires doivent s’engager à ne pas posséder de voiture, toute infraction entraînant la résiliation du bail. Mais le lotissement est bien desservi : la gare de Bümpliz Sud est tout près et le centre du quartier à cinq minutes à pieds.  

 

La région Bernoise est très engagée pour limiter le trafic automobile à commencer par les restrictions en centre ville et son projet de péage. Sur la base des études menées, le canton, la région et la ville de Berne concluent que l’introduction d’un péage routier constituerait aussi dans la région de Berne un bon moyen pour produire le désengorgement souhaitable et générer des ressources financières absolument nécessaires. Or, les conditions ne sont pas réunies à l’heure actuelle dans le droit fédéral. Le canton, la région et la ville demandent donc à la Confédération de créer les bases légales nécessaires à la réalisation d’expériences pilotes. Un large débat politique pourrait alors s’engager. Ces recettes supplémentaires pourraient être affectées au développement nécessaire des transports publics et à l’allègement de la fiscalité pour l’ensemble des contribuables.
 
En attendant il faut faire preuve d'imagination, et si la solution dans la durée passait d'abord par l'urbanisme ?  D'où le concept des immeubles Burgunder. Leur implantation s'opère dans la proximité  (quelques minutes à pieds) d'un réseau urbain de transport public très développé. Aucune place de stationnement n'est prévue et pour ce faire, il a fallu une dérogation à la loi qui impose des parkings souterrains pour toutes constructions nouvelles. A la place des garages, ce sont des pièces semi-enclavées qui ont été aménagées. Elles sont louées, ce qui a généré une économie sur le coût de construction et celui des loyers. Certains ont pu installer leurs bureaux dans ces pièces évitant ainsi les déplacements. Les habitants des immeubles Burgunder sont de grands adeptes du vélo. Il y en a de toutes numerisation0757.jpgles tailles pour les 82 familles qui vivent ici depuis un à trois ans.  Ils sont organisés en deux associations pour gérer les affaires communes. "La liberté n'est pas liée à la voiture" témoignent les habitants, "en partant de chez moi, en deux heures je suis à Genève et en une à Zurich, en voiture ce n'est pas possible". La clef du succès du concept est la présence d'un réseau de transports publics efficace. Il faut savoir que 45% des ménages de Berne ne possèdent pas de véhicules, 44% à Zurich et 52% à Bâle
 
(1) MINERGIE-P est un label Suisse pour les bâtiments nouveaux et rénovés à basse-consommation d'énergie qui vise une consommation d'énergie encore plus basse que le standard MINERGIE.
Les conditions suivantes doivent-être remplies:
  • La demande de chaleur 60% ou moins de la limite de la norme SIA 380/1,
  • Demande de capacité de chaleur spécifique,
  • Renouvellement de l'air grâce à un système de ventilation avec récupération de chaleur,
  • Indice énergétique pondéré <30kWh/m2,
  • Preuve du confort thermique en été,
  • Dépenses supplémentaires (éclairage, réfrigérateurs et générateurs de chaleur commerciaux) selon la catégorie de bâtiment,
  • Étanchéité à l'air de l'enveloppe du bâtiment,
  • L'efficacité énergétique des appareils électroménagers,
  • Limitation des coûts supplémentaires par rapport à une construction traditionnelle à un maximum de 10%,
Le MINERGIE ECO Standard considère les exigences écologiques et sociales et peut être combiné avec le MINERVIE-P conduisant à la norme MINERVIE-P-ECO.
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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 13:46

JUSTICE AU POIL...

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Aujourd'hui (mardi 11 décembre 2012), le juge des référés du Tribunal de grande instance de Saint-Nazaire a autorisé le préfet de Loire-Atlantique à "solliciter les forces de l'ordre pour démolir les constructions qu'il juge illicites" à Notre-Dame-des-Landes. C'est Me Erwan Lemoigne, avocat de l'association des opposants au projet d'aéroport qui en a fait l'annonce.

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Les opposants, dont certains sont installés sur les lieux depuis plusieurs années, ont construit ces habitations sommaires lors de la manifestation le 17 novembre en remplacement d'autres lieux déjà détruits à l'image de cette bâtisse qui aurait eu un siècle à deux ans près. Présentées comme des symbôles, ces constructions, certes destructibles, peuvent à l'image des kystes resurgir et proliférer à tout moment y compris dans les lieux les plus inattendus. Plus qu'un symbôle, l'abandon de ce projet d'aéroport serait au regard des enjeux énergétiques et climatiques le marqueur d'une volonté politique de s'investir dans la transition écologique et énergétique en tournant définitivement la page du modèle des "Trente Glorieuses".

20192 390939907647233 859256455 nEtonnant d'observer que la justice, à l'image des politiques, n'aie rien retenu des leçons passées à l'exemple du Larzac, de Plogoff et du Superphénix de Malville (certe construit mais qui est un échec retentissant et coûteux pour le Pays). Est-ce si dur de tourner une page et de penser autrement.

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 12:03
Un nouveau regard sur le jardinage
(animé par Guylaine Goulfier)

Et si...
Et si les choses fonctionnaient différemment de ce que l'on nous a toujours appris ? Et si les plantes n'épuisaient pas le sol mais au contraire l'enrichissaient ? Et si ce n'était pas nécessaire d'ameublir le sol pour que les racines se développent parce que ce sont elles qui en se développant ameublissent le sol ?
Et si le compost n'était pas un engrais mais un levain ?

Attention : les réponses à ces questions peuvent bouleverser la vision que l'on a du jardin ! Et du jardinage.

 

Photo : dans le cadre des Rendez-vous de l'environnement, Arboretum des Barres Le jeudi 21 septembre, 20h Révolution au potager : Un nouveau regard sur le jardinage (animé par Guylaine Goulfier) Et si... Et si les choses fonctionnaient différemment de ce que l'on nous a toujours appris ? Et si les plantes n'épuisaient pas le sol mais au contraire l'enrichissaient ? Et si ce n'était pas nécessaire d'ameublir le sol pour que les racines se développent parce que ce sont elles qui en se développant ameublissent le sol ? Et si le compost n'était pas un engrais mais un levain ? Attention : les réponses à ces questions peuvent bouleverser la vision que l'on a du jardin ! Et du jardinage.
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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 08:04

CARAVANE DES INDIGNES DU NUCLEAIRE...

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Organisée par des Indignés du nucléaire de plus en plus inquiets du silence médiatique et politique de ce qui se passe réellement à Fukushima et au Japon, cette caravane à vélo a pour objectifs : 

  • ·     De réveiller le souvenir des résistances à la déraison nucléaire (Plogoff, Erdeven, Le Pellerin-Le Carnet, Wyhl (Allemagne). En ce qui concerne le trajet de la Caravane (il me semble que le projet de centrale à Champtocé-Ingrandes (Pays de la Loire) a été oublié comme résistance victorieuse… c’est ce projet avorté qui quelques années plus tard se pose au Pellerin-Le Carnet).
  •       Exiger une date très prochaine pour le débat sur l’énergie promis par le Candidat Hollande et qu’il soit d’une durée suffisante pour tirer les enseignements des catastrophes nucléaires, et en particulier celles de Mayak, Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima,
  • ·     Réclamer un dorlotement exceptionnel de tous les salariés des centrales nucléaires, y compris bien évidemment les intérimaires à tous les niveaux de la hiérarchie afin de maintenir à leur niveau le plus bas les risques d’accident,
  • ·     Et fixer la date de fermeture de la centrale de Fessenheim.

Partie le 5 Août de Plogoff dans le Finistère la caravane s’est présentée le 25 Août vers 17h à Dampierre-en-Burly (Loiret). Je l’ai rejoint en tant qu’élu Vert et antinucléaire convaincu à son arrivée à Belleville (Cher) le 26 à 17h. C’est environ une quinzaine de cyclistes qui sont arrivés au pied de la centrale, accueillis par une vingtaine de personnes qui n’avaient pas pu suivre à vélo : musique, quelques pas de danse, un coup à boire et des P1340854.JPGgalettes produites à Fukushima (une spécialité locale) apportées du Japon par la sœur japonaise d’une potière du Pays du Soleil Levant installée à Sancerre dans le Cher.

 

C’est sous les jumelles et les appareils photos des gardes de la centrale et de la proximité de gendarmes débonnaires que des discussions se sont engagées entre les participants. La Caravane se veut festive avec des chanteurs, compteurs et artistes de rue. Ecriture d’un feuilleton quotidien et peut-être d’une vidéo, l’idée étant de susciter l’intérêt du plus grand nombre de sites et blogs spécialisés tout en, si possible, mobilisant les médias traditionnels régionaux et qui sait nationaux. Le slogan du jour était «Vélos inactifs ce matin, radioactifs ce soir». Dans les discussions entre les présents, références nombreuses à la révolution des hortensias qui se déroule actuellement au Japon (voir les manifestations successives à Tokyo, mobilisant de 170 000 à 200 000 manifestants)…Ils arriveront à Fessenheim (Haut-Rhin) le 8 septembre.

 

 

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ANTI NUCLEAIRE OUI, MAIS PROPOS ET RUMEURS POPULISTES 

Une action pleine de bonne volonté et de courage, je n'en doute pas, mais dont le discours et surtout les écrits ne sont pas à la hauteur des enjeux. Ainsi dans le texte introductif -le manifeste de la Caravane ?- que je ne publierai pas pour les multiples jugements sommaires, le caractère sentencieux, les approximations de toutes natures, les amalgames de toutes sortes auxquels s'ajoute un manque de rigeur et finalement l'incroyable immodestie qui ressort de sa lecture. Un texte populiste que je n'accepte pas. J'espère que le "feuilleton quotidien" sera d'un autre niveau.

 

D’abord je ne trouve pas judicieux de faire des comparaisons entre des régions aussi différentes que la Bretagne et celle du Centre. La Bretagne a des marqueurs identitaires et culturelles forts qui expliquent cette résistance (à l’exception de Brennilis). Ensuite, sincèrement je ne crois pas de bon aloi de prendre les gens de haut avec beaucoup de suffisance, par exemple, en traitant les ligériens (habitants du Val de Loire) d’inféodés à la fée électricité en des termes méprisants comme si les autres Français n'étaient pas dans la même situation. On ne P1340468.JPGconvainc pas les gens et surtout on s’interdit toute discussion avec eux en commençant par les mépriser ou encore en les culpabilisant. Par ailleurs ont été oubliees les luttes menées le long de la Loire contre le nucléaire dès 1972, en particulier l’opération « Loire échaudée » menée par le Mouvement Pollution-Non et différents groupes antinucléaires, plus tard et jusqu'à ce jour des Verts, de la création en 1990 de l'Association pour le Contrôle et l'Information sur la Radioactivité (ACIRAD-Centre) basée à Orléans, de même que plus tard autour du Comité Stop Belleville Stop Dampierre et bien d’autres comités locaux citoyens. Sans doute le succès n’a pas été au rendez-vous à l'exemple de l'ensemble des sites implantés dans d’autres régions ce qui n’empêche qu’un certain nombre d’entre nous sommes toujours de tous les rendez-vous pour manifester notre opposition à ce type d’énergie et d’installations. Pourquoi vouloir « dorloter » les travailleurs du nucléaire? ne s'agit-il pas plutôt que leurs conditions de travail soient conformes à leurs missions et que leurs droits soient respectés à la lettre et particulièrement autour de la prévention de leur santé avec une reconnaissance officielle de maladies professionnelles.

 

Pourquoi comparer la France au Japon ? Si aujourd’hui celui-ci mobilise autant, c’est qu’il est touché de plein fouet par un accident majeur. Qu’en était-il de la mobilisation antinucléaire au Japon avant cet accident ?  A peu près la même qu'ici aujourd'hui. On ne peut pas comparer la France qui jusqu’alors a échappé à une telle catastrophe (qui n’arrive qu’aux autres...) au Japon. Pour autant, je ne souhaite pas un accident sur notre territoire rien que pour obtenir cette mobilisation générale tant espérée depuis quatre décennies. De la même façon, je ne trouve pas juste ni conforme à la réalité de désigner Europe-Ecologie les Verts de traîtres, comme j’ai eu le désagrément de l’entendre de la part de quelques participants (heureusement pas tous). C’est quoi çà. Je m’indigne devant de tels propos et rumeurs. Sous des formes différentes, y compris autour des alternatives énergétiques, le problème du nucléaire ne cesse d’être posé par les membres de ce Parti mais aussi par bien d’autres citoyens non encartés. Pour ma part je n’oublie pas l’arrêt du surgénérateur Superphénix qui était unnumerisation0504.jpg "gros morceau" et qui fut obtenu en 1997 grâce à un accord politique entre les Verts et le Gouvernement Jospin. Certes, ce n’est pas suffisant peut-on toujours dire, mais quand on prétend que la Caravane à vélo "tape dans le dur", il faut être juste et avoir la modestie des résultats obtenus.

 

Je ne trouve pas très intéressant cette surenchère qui consiste à désigner les bons antinucléaires des autres. Pour ma part je considère que chacun agit là où il se trouve à pieds, à cheval, en vélo ou autrement en fonction de ses responsabilités, de sa citoyenneté et en choisissant sa méthode d’engagement. Pas plus que la révolte, l’indignation n’est la propriété de personne, et ce ne sont pas des marques déposées. Dernier point pour aujourd’hui, l’indignation n’exclue nullement la responsabilité et la rigueur dans les arguments. Attention, je ne considère pas que tous les participants sont concernés par ce que j'écris. Seuls sont concernés ceux qui ont écrit le "manifeste" ou qui ont tenu des propos hors sujet.

 

Sur ce sujet, et ces manières de faire et de dire, j’aurais beaucoup de choses à exprimer… peut-être un jour. En attendant, bonne route à la Caravane et sans rancune... 

 

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LEGENDES DES PHOTOS DE HAUT EN BAS

La centrale nucléaire de Belleville,

La soeur japonnaise habitant au Japon de Machiko potière-

céramiste à Sancerre (Cher),

Sous les jumelles des gardes de la centrale,

Arrivée des cyclistes de la Caravanne,

"Loire échaudée 1" document de 1973 du Mouvement

Pollution Non-Loiret (Dampierre en Burly),

Trois des participants à la journée,

Un journal japonnais relatant les impressionantes manifestations anti-nucléaires au Japon,

Papier d'emballage des galettes de Fukushima,

Lucien Petit, animateur du Collectif Stop Belleville-Stop Dampierre,

Trois participantes de la Caravane,

Machiko, japonnaise potière-céramiste à Sancerre dans le Cher,

 

Ci-dessous,

Arrivée du peloton,

Extrait d'un article de Nouvelle République Maine et Loire du 30/04/1973 concernant le Mouvement Pollution Non Angevin à propos du nucléaire.

 

Photos JLB 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 12:21

SE LIBERER DES PESTICIDES

La prochaine rencontre du Repaire berrichon, aura lieu le jeudi 31 mai à 19h au Bistrot le Guet-apens à Pigny (10 km au Nord de Bourges direction Henrichemont). Nous traiterons d'un sujet d'actualité à une époque ou des dérogations risquent d'être octroyées à des agriculteurs berrichons pour que des hélicoptères déversent industriellement dans la nature, chimie et autres produits phytosanitaires... "Roundup, pesticides & co" . Nous recevrons le lanceur d'alerte, Daniel Déprez qui nous dressera l'histoire de l'herbicide le plus connu au monde, ses succès, ses déboires, ses procès, sa nocivité...

bda09045a70a2eda2d0007a866feebe3La grande famille des pesticides et leur dangerosité pour la biodiversité, la micro-faune, la faune, la nature humaine. L'effet cocktail multiplicateur. Les luttes contre les pesticides, les efforts des communes pour s'en libérer animeront le débat.
Cycle-des-pesticides

Fr quence pesticides Ifen 2002 01

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 12:35

SORTIE DU NUCLEAIRE:

UNE CHAINE SILENCIEUSE A BELLEVILLE

Chernobyl Day 2012.

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Samedi 28 avril à 15h, nous étions une petite centaine "accompagnés" par une quarantaine de gendarmes au pied de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire. Pour ma part, l'après-midi commença par un contrôle en bonne et due forme de mon identité et tout le reste... un petit coup d'ordinateur histoire de voir qui je suis vraiment et si toutefois je n'étais pas recherché pour je ne sais quel délit. Il a du en cracher de l'info, tellement, je suis comme vous tous fiché et refiché. Finalement, depuis les années 70, être antinucléaire relève du délit d'opinion. Aujourd'hui, il en est de même pour les anti-OGM.

 

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Alors que nous sommes situés dans la deuxième région nucléaire de France, j'avoue être toujours aussi surpris du peu de mobilisation militante autour des actions antinucléaires. Sans doute est-ce bien -ne boudons pas notre plaisir- d'aller faire la chaîne le long du Rhône (on en reparlera), mais que ce type de mobilisation loin de chez nous  ne cache pas la paresse régionale y compris celle des élus régionaux ! C'était les vacances, il ne faisait pas beau, c'était loin, (moins qu'au bord du Rhône), c'était, je ne sais quoi, bref, il y a toujours une bonne excuse pour ne pas être présents, même si deux ou trois personnes se sont bien excusées, retenues dans leur mairie un samedi. La réalité, c'est que la P1230750sortie du nucléaire mériterait une mobilisation de tous les instants et cette sortie ne s'obtiendra pas uniquement dans les discussions de salons, de couloirs, ou encore de sièger dans des instances intitutionnelles (la belle affaire), mais également par une présence et une mobilisation fortes et constantes sur le terrain. Pour des raisons de moyens financiers, la conversion écologique de l'économie n'aura de sens et ne sera concrête et bien réelle que par une sortie effective du nucléaire. C'est la priorité.

 

J'ai surpris quelques moqueries de certains gendarmes à propos du caractère folklorique des antinucléaires. Je serais eux, je m'informerais plutôt de ce qu'il leur arriverait en cas de problème grave, ce que personne ne souhaite évidemment. Que sont devenus leurs collègues soviétiques de la ville de Pripyat située à trois km de la centrale nucléaire de Tchernobyl peuplée de près de 50 000 habitants à la veille du 26 avril 1986 ? Ils étaient première ligne et ont payé humainement un lourd tribu au mensonge des nucléocrates. Quand est-il de leurs collègues nippons depuis l'an passé autour de Fukushima? Revenons à nos gendarmes locaux, possèdent-ils dans leur caserne un équipement adéquat  puisqu'ils seront en première ligne en cas d'accident nucléaire ? Pour rappel,  un des responsables des sapeurs pompiers de Dampierre-en-Burly (Loiret) interrogé par la télévision suite à Tchernobyl, déclarait ne pas disposer d'équipements spéciaux anticontamination pour faire face à une situation semblable. Qu'en est-il aujourd'hui ? et ce sur un rayon de trente km alentours (à accident égal). Personnellement, je ne trouve pas ça drôle du tout, et pour personne.

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Ville de Pripyat  abandonnée et vide d'habitants, (près de 50000 avant la catastrophe de Tchernobyl de 1986). Qu'en sera-t-il de Gien, Briare et des autres en cas de...? Photo: Gerd Luwing/Institut. 

Nos ex-renseignements généraux qui donnent  dans "l'intérêt général" aujourd'hui, sont toujours parmi nous et ne cessent de prendre des photos, toujours des mêmes personnes. Je demande à voir les archives !  J'en ai profité pour photographier le photographe.

P1240197   P1240145                                                                                                                                        

Ce qui est réconfortant, à défaut du nombre, c'est d'avoir constaté la présence de familles enfants compris et de personnes de tous âges. Au pied de Notre-Dame de la Délivrance à Léré, c'est Machako, japonaise, qui a déposé une gerbe de fleurs.

 

Un texte produit par une personne qui souhaite rester anonyme et signe SOL a été distribué et lu pendant la cérémonie:

 

Tchernobyl.... Fukushima....

 

Je pense très fort à vous

J'ai peur pour vous

Et je suis très en colère

J'ai vu la terreur sur vos visages... j'ai vu votre incrédulité devant l'inimaginable... et le pire, l'invisible restait à venir.

J'ai vu votre regard au-dessus de vos masques quand vous fouilliez dans les décombres et j'ai vu votre regard derrière la visière de vos combinaisons de liquidateurs. Vous aviez peur mais vous alliez essayer de réparer ce qui pouvait l'être.

Vous avez toujours peur. Et vous essayez toujours de réparer ce qui peut l'être...

et le

pire, l'invisible ...reste à venir.

Et nous qui sommes là avec nos enfants et nos petits enfants, est-ce qu'on crie assez fort notre refus ? Notre dégoût ? Notre colère ?

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Quant à vous, les décideurs, les actionnaires,  les financiers et puissants de toutes couleurs et de tous grades... vous n'avez pas vu ces regards fous ?

ces regards ont si peu d'importance.

Vous ne voyez pas notre colère ?

notre colère a si peu d'importance

Vous ne voyez pas nos enfants ? Ni vos enfants ?

La vie, l'amour, la mort, la beauté, le bonheur,

Aucune importance

La seule chose qui vaille pour vous : votre argent

pour votre argent vous voulez dompter la terre et nous imposer vos dictatures.

P1240239.JPG  P1230765.JPG

Mais la Terre en a assez d'être ignorée, méprisée, dévastée, déforestée, éventrée, pillée, explosée.

La Terre tremble de colère.

La Mer en a assez d'être la poubelle du monde.

La Mer bout de colère,

et nous aussi les filles et les fils de la Terre nous tremblons de colère.

Vous croyez que nous ne sommes pas une partie de l'univers

Vous voulez faire oublier que nous sommes faits de terre

Mais vous nous bouffez l'âme

Que la Terre vous enfouisse

Que ses volcans vous crachent

Que la Mer vous vomisse

Que le ciel vous foudroie

Et comme le dit si bien l'ami Prévert : "Nous pourrons jouir de la Terre qui peut être

si jolie"

Notre Terre est si belle... encore si belle... malgré tout si belle.

Ce serait vraiment trop dommage de l'exploser et nous tous avec !P1230786

Nous marchons

Et je marche

Contre le vent

En pensant très fort à vous

Vous êtes là

à chaque lever du soleil.

Vous êtes derrière chaque oiseau,

moineau,

rouge gorge,                                                                          

mésange,

buse,

ou héron,

qui s'élancent dans le ciel*                                                                          

Vous êtes dans le solitude de ma forêt et dans le chemin creux qui s'en va vers les hommes

vous êtes dans chaque brin d'herbe qui verdit au printemps, dans les fleurs de cerisiers et celles des pommiers.

Je pense très fort à vous

J'ai peur pour vous

Je suis très en colère.

Signé : SOL

 

Photos: JLB 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 08:41
CHAîNE HUMAINE SILENCIEUSE
Belleville sur Loire (Cher) – FR Chernobyl Day 2012.

P1230659.JPG
 
Samedi 28 avril 2012
Action silencieuse, de 15h à 17h : Chaîne humaine pour la commémoration de la catastrophe de Tchernobyl devant le grillage de la centrale, suivie d'une marche vers le rond point de l'Europe D 907 à Neuvy-sur-Loire (58) pour y déposer une gerbe au monument de "NOTRE DAME DE LA DÉLIVRANCE" puis retour au point de départ.

Point de rassemblement : Sur le bord de la route D87 devant le grillage de la centrale de Belleville-sur-Cher (18), dans le grand parking en face de la Maison de Loire près de la centrale au niveau des réacteurs.

 

 Venez constituer la chaîne avec nous , Chaque mètre compte !

Contact : Lucien Petit
Comité Stop Belleville Stop Dampierre
petit.lucien@wanadoo.fr
06 83 67 17 69 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 00:03

L'AVENIR RADIEUX DE L'ELECTRONUCLEAIRE...

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"La mort des passagers de Challenger et l'accident de Tchernobyl ont ravivé maintes angoisses, rappelant cruellement à l'humanité qu'elle ne maîtrise pas encore les forces fantastiques auxquelles elle a donné vie, qu'elle n'a pas encore réussi à les mettre au service du progrès", déclarait Mikhaïl Gorbatchev dans son discours télévisé du 18 août 1986. En trente cinq ans de développement de l'électronucléaire en Union Soviétique, c'était la première fois que l'on entendait publiquement un commentaire d'une telle lucidité au sujet des applications civiles du nucléaire.

 

bp4vNéanmoins, pour tirer les leçons du passé, il faut se souvenir que, durant plus de trois longues décennies, les scientifiques soviétiques ont à maintes reprises, dans la presse, à la radio, à la télévision, délivré un message tout différent. L'atome civil a été présenté au grand public comme la panacée, absolument sûr, fiable et propre du point de vue écologique, et les discours sur la sûreté nucléaire étaient de véritables panégyriques.

 

Ainsi, l'académicien Styrikovitch proclama en 1980, dans la revue Ogoniokque les centrales nucléaires étaient des astres au firmament du progrès et que le gouvernement en parsèmerait toute l'Union Soviétique. En toute sûreté. C'est ce qui s'est passé.

 

"Les réacteurs nucléaires sont de simples chaudières et leur personnel d'exploitation, des chauffeurs", expliquait en simplifiant N. M. Siniev, Vice-Président du Comité d'Etat à l'utilisation de l'énergie atomique dans un ouvrage destiné au grand public.

 

Il s'agissait là d'une position confortable à tous points de vue. Tout d'abord, elle rassurait l'opinion publique. Ensuite,numérisation0434 elle permettait d'aligner les salaires versés au personnel des centrales nucléaires sur ceux du personnel des centrales thermiques ou, dans certains cas, de lui verser des salaires inférieurs. Puisque c'était si sûr et si simple, on pouvait économiser sur les rémunérations.  Ainsi, au début des années 80, les salaires versés dans les centrales thermiques ont-ils commencé à dépasser ceux des centrales nucléaires.

 

Mais revenons aux déclarations résolument optimistes sur la sûreté absolue des centrales nucléaires : "Très dangereux potentiellement, les déchets nucléaires sont en réalité si compacts qu'ils peuvent être stockés dans des endroits isolés du milieu ambiant", écrivait O. D. Kazatchkosky, directeur de l'Institut de physique de l'énergie dans la Pravda du 25 juin 1984. Notons que lorsque l'explosion de Tchernobyl a retenti, ces endroits n'existaient pas. Durant la décennie précédente, aucune installation du stockage du combustible irradié n'avait été mise en place, et, après l'accident, il a fallu en construire une près de la tranche endommagée, dans des conditions de rayonnement terribles, non sans entraîner une forte irradiation de l'équipe du chantier.

 

Un mois plus tard, l'académicien A. Cheidline affirmait dans le Litteratournaia Gazeta : "C'est avec un grand plaisir que nous apprenons une réussite remarquable : la mise en service d'une quatrième tranche d'une capacité d'un million de KW à la centrale électronucléaire Lénine, à Tchernobyl". En réponse à un journaliste qui craignait que l'agrandissement de cette centrale n'inquiétât la population, Cheidline écrivit : " Ces réactions sont très émotionnelles. Les centrales nucléaires de notre pays sont sans aucun danger pour la population de leurs environs. In'y a absolument aucune raison de s'inquiéter".

bpx.jpgSalle de contrôle du réacteur n°4 où fut commise une série d'erreurs fatales  qui ont déclenché la fusion du réacteur

Photo: Gerd Ludwig/Institut.. 

La propagande en faveur de la sûreté des centrales avait un chantre particulièrement actif en la personne de A. Pétrossiants, président du Comité d'Etat pour l'utilisation de l'énergie nucléaire. Ainsi, 14 ans avant l'accident de Tchernobyl il écrit : "Il est impossible de ne pas admettre qu'un avenir radieux s'ouvre à l'électronucléaire..." Il met en avant l'indépendance de la source de matière première (l'uranium) tout en s'inquiétant pour l'avenir (au-delà de l'an 2000) de savoir si les réserves en uranium seraient suffisantes. Il dit encore, dans une conclusion rassurante : "les centrales sont des sources d'énergie propre et n'augmentent pas la pollution de l'environnement", tout en passant sous silence ce qu'il savait de la pollution engendrée par les déchets radioactifs des centrales nucléaires.

 

bp30vCe n'était pas la sûreté des centrales nucléaires, mais la rationalisation de l'utilisation du combustible qui le préoccupait. Plus loin, il poursuit : "Le scepticisme et l'incrédulité qui persistent au sujet des centrales nucléaires sont dus à une peur exagérée du danger d'irradiation pour le personnel d'exploitation et, surtout, pour les populations environnantes... L'exploitation des centrales nucléaires, tant en URSS qu'à l'étranger, aux Etats-Unis, en Angleterre, en France, au Canada, en Italie, au Japon, en RDA et en RFA témoigne d'une sûreté absolue, lorsque les modes d'exploitation prescrits et les règles impératives sont respectés. En outre, on peut se demander, des centrales atomiques et des centrales au charbon, lesquelles sont les plus nocives pour l'organisme humain et pour l'environnement". Pourtant, Pétrossiants ne pouvait ignorer que depuis sa mise en service en 1964 la première tranche de la centrale de Bieloïarsk n'a cessé de connaître des incidents dont les réparations s'accompagnaient d'une forte irradiation du personnel d'exploitation. Cet épisode radioactif a duré de façon pratiquement ininterrompue pendant quinze ans. En 1977, la seconde tranche de cette centrale a connu de graves problèmes suivis d'une réparation de près d'une année. Le personnel de la centrale rapidement irradié a du être remplacé par des employés venant d'autres centrales pour poursuivre des travaux de réparation en dépit de la radioactivité. Pétrossiants ne pouvait non plus ignorer que dans la ville de Melekess, des déchets de haute intensité radioactive sont évacués dans des puits creusés dans des couches géologiques profondes ; que par ailleurs, les centrales atomiques anglaises de Windscale (qui fut également accidentée), Winfrith et Dounreay rejettent leurs déchets radioactifs dans la mer d'Irlande depuis quinze ans. Et Medvedev de poursuivre : "on pourrait allonger la liste".

 

Concernant le niveau de rayonnement aux alentours des centrales de Bieloïarsk et de Novo-Voronej, Pétrossiantsbp22v déclare : "Un niveau satisfaisant et valable pour toutes les centrales soviétiques. On peut en dire autant pour les centrales des autres pays" faisant preuve d'une solidarité corporatiste avec les compagnies électronucléaires étrangères. Le même Pétrossiants, lors d'une conférence de presse tenue à Moscou le 6 mai 86 au sujet de Tchernobyl, étonna les journalistes en déclarant : "Que la science exigeait des victimes".                                                       

 

Il est temps de signaler que l'optimisme et la foi de ces "nucléocrates" n'ont jamais été partagés par les agents des centrales nucléaires, c'est-à-dire par ceux qui avaient directement affaire à l'atome civil, jour après jour, sur leur lieu de travail et non dans le calme confortable d'un bureau ou d'un laboratoire. Pour cause !  Moi-même ayant travaillé de nombreuses années à la construction, à l'installation et à l'exploitation de centrales nucléaires, nous connaissions parfaitement leur degré de fiabilité. Pour nous, la situation se résumait ainsi : nous marchions sur un fil et n'étions qu'à un cheveu de l'accident ou de la catastrophe. A la nouvelle de l'accident de Three Mile Island en Pennsylvanie, notre réaction a été simple : cela devait arriver tôt ou tard et cela pouvait arriver chez nous. Le secret absolu était de rigueur. On ne transmet les mauvaises nouvelles qu'aux échelons supérieurs de la hiérarchie et on les tronque pour les échelons inférieurs. 

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Cancers de la thyroïde, Oleg Shapiro, 54 ans liquidateur et Dima Bogdanovich 13 ans victime des retombées.

Photo; Gerd Ludwig/Institut

 

Pas plus que mes collègues travaillant à l'exploitation des centrales je ne disposais d'information complète sur l'accident américain, néanmoins le peu que nous savions donna lieu à des commentaires sur la nocivité des rayonnements si, par malheur, ils échappent au contrôle de l'homme. Nous pensions qu'il était nécessaire d'informer le grand public de ces questions. Hélas, à cette époque, il était tout simplement inimaginable de mettre en oeuvre un programme d'information dans ce sens sans contredire la propagande officielle sur la sûreté absolue des centrales nucléaires. Je décidai alors d'agir seul (voir ...).

 

Ne précipitons pas les évènements, la sérennité régnait dans les milieux scientifiques, et dès que la voix du bon sens s'élevait pour dire que les centrales pouvaient présenter un danger pour l'environnement, on criait haro et on invoquait l'autorité de la science... En 1974, à l'assemblée générale annuelle de l'Académie des Sciences, l'académicien A.P.Alexandrov fit cette déclaration : "On nous reproche les dangers de l'électronucléaire, les risques de pollution radioactive de l'environnement... mais, camarades, en cas de guerre nucléaire, quel genre de pollution aurions-nous?". Imparable !

bp27v.jpgPhoto; Gerd Ludwig/Institut

 

Dix ans plus tard, c'est-à-dire un an avant Tchernobyl, lors d'une réunion du Parti au Ministère de l'énergie, le même A.P. Alexandrov remarquait d'un ton grave : "qu'il fallait prier le ciel de préserver l'Union Soviétique d'un accident semblable à celui de Three Mile Island".  Durant ces dix ans, il s'était passé beaucoup de choses dans le domaine de l'électronucléaire : des incidents graves, des accidents, la puissance des centrales avait atteint des chiffres inégalés auparavant. La notion de prestige revenait constamment, et le sens des responsabilités des spécialistes de l'atome s'était amoindri si l'on peut dire. Mais d'où auraient-ils tiré ce sens des responsabilités alors que les centrales étaient si sûres et si simples ?

 

Durant ces années, le personnel des centrales nucléaires avait changé en raison d'une brusque pénurie d'opérateurs. Au début, seuls des enthousiastes passionnés par l'électronucléaire travaillaient dans ce domaine. Par la suite, un monde mêlé a commencé à affluer. Évidemment, ce qui les attirait avant tout ce n'était pas les hauts salaires, mais le prestige. Ils avaient envie de faire partie du petit club nucléaire. Combien de fois n'avait-on pas répété que c'était sans danger ?

 

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Le 26 avril, veillée de minuit au Monument des victimes à Kiev (Ukraine) Photo; Gerd Ludwig/Institut

 

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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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2012-08-06 Bretagne 5 022