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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 15:35
Gâtinais en Transition

ENSEMBLE, VIVRE ET TRAVAILLER AUTREMENT

Particuliers, créateurs, artisans, agriculteurs, entrepreneurs, commerçants, associatifs, institutionnels et élus, quel que soit votre âge, sexe, origine, handicap, avec ou sans emploi, vous êtes concernés.

La démarche « Gâtinais en transition : ensemble vivre et travailler autrement » s’est imposée sur un triple constat. Le premier : sommes-nous toujours condamnés à subir les crises économiques, sociales et écologiques en cours ? Le second : les grandes difficultés de toutes natures dans lesquelles se trouvent le bassin de vie et les habitants de Montargis et plus largement du Gâtinais. Le troisième : le constat d’un absentéisme électoral qui ne cesse de progresser et pose la question de la dégradation de la démocratie représentative et de sa légitimité dans l’inconscient du corps social. Il nous est apparu la nécessité d’une action publique locale autour de la Transition tournée en priorité concrètement vers le terrain et sur des enjeux utiles à tous, à court, moyen et long terme. Montargis et le Gâtinais, pour être innovants et retrouver de l’activité locale, ont besoin de tous les talents de leurs habitants. Évoluons ensemble car faute d’outils adaptés et développés sur ce territoire, trop de projets individuels et collectifs sont abandonnés alors que les besoins sont grands.

En Gâtinais, dans un contexte local et global dur tant sur l’économique, le social, l’environnemental et le politique, nous n’avons de cesse de défendre l’économie, l’emploi, la formation par l’innovation et la culture. Autant de thèmes que nous estimons nécessaires pour la renaissance, l’attractivité et la viabilité de notre territoire. C’est pourquoi nous nous engageons et enclenchons ce processus devant permettre concrètement la mise en place de propositions positives. Il n’existe pas de « solution unique » et on ne fait rien seul. On doit tout essayer pour valoriser au mieux les désirs, les atouts, les compétences, les talents, l’imagination et l’énergie des habitants dans un esprit de complémentarité.

La Transition est une démarche en soi que chaque territoire s’approprie et adapte en fonction de sa localisation. Différents mouvements de transition déjà existants à l’étranger et en France proposent de nombreux exemples concrets de réussites locales et des concepts pertinents pour envisager un avenir de proximité soutenable. Par exemple, une réelle relocalisation pluridisciplinaire de l’économie, donc de l’emploi, s’appuie sur les expertises et les potentiels locaux.

Cela oblige à favoriser, sans esprit partisan, l’accélération de la mise en réseau de tous les acteurs du territoire de divers horizons et activités, tout le monde est concerné : Les mouvements de transition existants offrent et témoignent de nombreux exemples de réussites et d’une forte créativité en matière d’émergence et de nouveaux concepts innovants. Par la mise en articulation d’acteurs variés, ils proposent aussi des modèles de développement conviviaux, positifs et rassembleurs, basés sur la prise d’initiatives et une large participation citoyenne. C’est donc un modèle qui s’appuie sur des stratégies multi-acteurs en co-construction très ouvertes.

Ce projet de Transition revendique l’ambition d’une nécessaire projection du territoire Gâtinais et de son bassin de vie vers un avenir résilient, tant du point de vue de l’économie que de celui de l’environnement et des ressources. Son ambition est bien celle de passer de la théorie et de la parole à celle du concret dans le pratico-pratique utile pour le plus grand nombre.

L’objectif est la mise en mouvement des acteurs du territoire sur une forme conviviale, participative et interactive, afin de faire émerger des thématiques, des idées, des pistes de projets. Il s’agit de créer une dynamique autour du « Gâtinais en transition ».

VOUS ÊTES LES BIENVENUS :

Gatinaisentransition@orange.fr ou Gâtinais en transition sur Facebook

A bientôt

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 15:22
ECOLOGIE janvier 1985
ECOLOGIE janvier 1985

N'IMPORTE QUOI, N'IMPORTE Où

Bhopal est une ville de l’Inde de près d’un million d’habitants (1984) près de laquelle la multinationale Union Carbide s’est installée en 1977 à moins de 10km du centre-ville et produit 2500 tonnes de pesticides par an. L’isocyanate de méthyle nécessaire à cette production est stocké à l’état liquide dans trois réservoirs souterrains de 45000 tonnes chacun. Ce produit est extrêmement volatile et inflammable, et au cours de sa manipulation, il dégage une quantité importante de gaz toxiques.

Il se trouve que l’usine est cernée par un bidonville où s’entassent quelques 4 000 personnes. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, il y a trente ans, une fuite se produit dégageant 40 tonnes d’isocyanate de méthyle sur la ville et sur 25 kilomètres carrés alentours. L’alerte est donnée trois quarts d’heure plus tard, le téléphone ne fonctionnant pas normalement. C’est la nuit, la population dort et ne réagit pas .C’est non seulement un accident, mais une tragédie, et qui se poursuit encore aujourd’hui. De jour en jour, le bilan s’alourdit. Si dès la première nuit il se montait à 3 500 personnes, aujourd’hui nous savons qu’il se situe autour de 20 à 25 000 décès. Il faut ajouter les 300 000 personnes malades et handicapées et les nombreuses naissances d’aujourd’hui victimes de graves malformations. Il est vrai que l’usine (qui est aujourd’hui abandonnée) a son sol toujours recouvert de mercure et qu’aucun traitement de dépollution n’est mené, ni par la multinationale, ni par le gouvernement indien alors que la nappe phréatique empoisonne toujours les populations avoisinantes A ce jour, après de multiples batailles juridiques, l’Union Carbide Warren n’est toujours pas condamnée, et en dehors des 50 000 personnes dédommagées, le reste de la population ne l’a pas été . Le PDG de l’usine de l’époque décéde le 29 septembre 2014 en Floride sans jamais avoir été inquiété.

ECOLOGIE, dans son numéro 361 de janvier 1985 a fait sa couverture intitulée « Bhopal sous pesticide » et tout un dossier produit par Olivier Canel, Valentin Douillère, Régis Pluchet, JL Prunier et les Amis de la Terre.

Reprenons le chapeau qui présentait ce dossier : « Toutes les mesures de sécurité avaient été prises ». Voilà ce qui revient après chaque catastrophe. Dans le cas de Bhopal, l’important est de savoir si la production de ce pesticide présentait toutes les justifications apportées jusqu’à ce jour et si la finalité de ce produit méritait les risques encourus. Pas sûr du tout, à une époque (nous sommes en 1985) où l’on s’interroge de plus en plus sur le bien-fondé d’une agriculture gérée à coup de produits toxiques et dont les retombées sont de plus en plus contestées, y compris au sein d’organismes officiels et internationaux ».

Le Nouvel Obs du 14 décembre 1984 titre: « Ne tirez pas sur le progrès ». Voilà pour Bhopal ! Et l’excellent Gérard Bonnot de poursuivre : « Le gaz qui a tué à Bhopal doit-il être interdit ? Non, car il sert à fabriquer des insecticides. Et sans insecticides, c’est toute la planète qui crèverait de faim. Mieux vaut développer la plus urgente et la plus neuve des industries de pointe : la sécurité ».

Bhopal sous pesticide, 30 ans.Bhopal sous pesticide, 30 ans.
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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 17:57
REMY MOURIR SANS CHOISIR…

GRENADES CONTRE PEAU NUE

Une fois de plus dans un combat écologique, un homme a perdu la vie pour ses idées. Les vivants ne diront jamais assez qu’à 21 ans, ce n’est ni juste, ni acceptable, ni supportable de disparaitre ainsi. Même sentiment pour tous les jeunes morts pour la France dans tous les conflits qu’elle a connus dans son histoire.

La compassion est nécessaire, mais seulement pour le réconfort des seuls vivants. Pour les victimes, c’est trop tard. Ils n’entendent et ne voient plus rien, pas plus qu’ils ne s’expriment. Alors, quoiqu’on puisse en dire aujourd’hui, pour toi Rémy il était trop tôt, c’est foutu. C’est désolant, affligeant et terrible d’en être arrivé à cet acte irrémédiable. La France n’est pourtant pas en guerre sur son propre sol, alors, les autorités et leur système une fois de plus « ont foiré ». A Sivens, ce n’est pas la concertation qui s’est exercée, mais quel qu’en soit le prix à payer, c’est un rapport de force qui s’est imposé. Pourtant, l’expérience humaine ne nous apprend-elle pas que la force et la violence n’ont jamais rien résolu.

C’est en tant que militant naturaliste engagé dans la protection de la nature que le dimanche 26 octobre, Rémy s’en est allé manifester sur le site de Sivens. Rémy n’était pas un « enragé », or, il a été tué comme tel par ceux qui justement sont censés protéger l’ordre et la vie (enragé ou non, personne ne méritait la mort). Joli travail que de t’avoir retiré la vie et tu le sais, on n’en a qu’une. Je suis sûr et certain que les enjeux autour de Sivens ne méritaient pas cette sanction sans appel. Mais se sentant « menacés » la raison d’Etat et ses représentants ont décidé une fois de plus et de trop, d’imposer la défense du projet à coups de grenades offensives si bien que dans ce rôle, « personne n’est coupable et encore moins responsable ». A la manière de « la patate chaude », ils se sont tous abrités derrière un incroyable évitement qui renvoie sur « d’autres » cet acte indélébile.

Tu as tout compris Rémy, en fait c’est de la faute à pas de chance : tu n’avais pas à être là, « au mauvais endroit », au mauvais moment, à la mauvaise heure. En attendant, les larmes des crocodiles n’effaceront jamais ton sang qui nous a tous éclaboussés.

Rémy on pensera toujours à toi, à ta famille, à tes copains, à tes amours si brutalement privés de toi. C’est trop injuste, trop…, on t’embrasse.

Respect.

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 14:03
EELV-Gâtinais contribution à la consultation publique sur les permis de recherche d'hydrocarbures dans l'Yonne et le Loiret

Non à l'exploitation de pétrole et gaz de schistes dans le Loiret et l’Yonne.

Contribution du Groupe EELV-Gâtinais à la consultation publique relative à l'attribution de permis de recherche d'hydrocarbures dans le Loiret et l'Yonne.

Nous considérons que le Ministère procède de façon beaucoup trop discrète pour étudier des demandes de permis miniers dont les conséquences sont non négligeables pour les populations et leur environnement.

En effet, contrairement à la légèreté avec laquelle cette question est abordée dans l'étude d'impact de la demande de permis dit de « Dicy », la seule exploration d'hydrocarbures dans le sous-sol du Gâtinais menace gravement la nappe phréatique et les équilibres naturels dans cette région déjà souvent frappée de restrictions d'usage de l'eau par arrêtés préfectoraux.

En outre, quelles que soient les assertions des sociétés qui sollicitent ces permis, il est manifeste qu'elles recherchent les hydrocarbures connus comme « gaz ou pétrole de schistes » et que dans l'éventualité où leur exploration aboutirait à découvrir un gisement exploitable, la seule méthode d'exploitation possible est la fracturation hydraulique formellement interdite par la législation française et dont ces sociétés prétendent qu'elles n'y y auront pas recours. Il est légitime que madame la Ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie doute de leur bonne foi sur ce point et refuse tout permis de ce genre dans l'état actuel de la loi. De plus, l’étude d’impact présentée par les sociétés concernées présente de grands manques sur tous les aspects à caractères environnementaux, à commencer par une bonne connaissance et une identification des zones sensibles présentées dans l’étude comme non identifiées. La consultation d'aujourd'hui nous permet de vous faire « entendre » à nouveau notre opposition :

CONSIDÉRANT la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 visant à interdire l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique,

CONSIDÉRANT que l'extraction de tels hydrocarbures non conventionnels comporte des risques environnementaux très élevés, qu’il pourrait en résulter une pollution durable du sous-sol, un risque élevé de contamination des nappes phréatiques par des composés cancérigènes ou toxiques comme les métaux lourds, et donc un danger non négligeable pour la santé des habitants,

CONSIDÉRANT que l'exploitation de ces hydrocarbures présente des impacts considérables en matière de gaz à effet de serre, ce qui alourdirait gravement le bilan carbone du Loiret et contribuerait à accentuer l'évolution du climat,

CONSIDÉRANT que l'emprise foncière nécessaire à l'exploitation de ces hydrocarbures priverait les agriculteurs du Loiret de larges surfaces arables,

CONSIDÉRANT l’annonce par le Président de la République, à l'occasion de la conférence environnementale, de nouvelles abrogations de permis de recherche,

Pour toutes ces considérations et rester en cohérence avec elles, nous nous opposons à toute recherche d'hydrocarbures non conventionnels employant la fracturation hydraulique sur le territoire du Loiret,

DEMANDE le rejet des permis dits de « Cézy », « Chaumont » « Chéroy », « Dicy », et « Pithiviers »,

DEMANDE, lors de l'instruction de permis de recherche d'hydrocarbures non conventionnels, une étroite concertation avec les populations et les collectivités territoriales impactées, afin que soient respectées les dispositions de l’article 1er de la loi « Grenelle II » qui instaure le principe de renversement de la charge de la preuve pour tout projet susceptible de porter atteinte à l’environnement,

SOUTIENT une réforme du Code Minier qui le mette en conformité avec l'ensemble des principes constitutionnels de la Charte de l'environnement, de sorte que les enjeux environnementaux soient anticipés et les responsabilités définies clairement de façon à sécuriser les activités minières,

DEMANDE la mise en œuvre dans le Loiret et dans l’Yonne d'une transition énergétique qui s'appuie sur la sobriété énergétique, l'efficacité et les sources d'énergie renouvelables plutôt que sur des ressources fossiles.

Voilà pourquoi nous souhaitons le rejet définitif des demandes de permis dits de Cézy et de Dicy » par le Ministère concerné.

Jean-Luc BURGUNDER

Vice-Président du Conseil régional de la région Centre (1998-2010)

Conseiller Municipal de Montargis (2001-2014)

Président d’un EPCI de 40 communes de l’Est du Loiret (Syndicat mixte - 2008 à 2014)

Porte-parole du groupe d’EELV-Gâtinais

AMINA CHBIHI

Porte-parole du groupe d’EELV-Gâtinais

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 15:32
Demandes de permis de recherche d'hydrocarbures liquides ou gazeux dans l'Yonne (Cezy) et le Loiret (Dicy).

STOP, MÊME PAS EN RÊVE...

Les multinationales Bluebach et Realm Energie Corporation ont la tête dure et sont persévérantes. Malgré la loi qui interdit l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique, pour elles çà ne coûte rien de faire de nouvelles demandes afin d'obtenir auprès de Ségolène Royale, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, le permis de grattouiller le sous-sol de l'Yonne et du Loiret. A remarquer que ces demandes, bien qu'officielles se font de part et d'autre discrètes, très discrètes. Le 9 octobre, la Ministre a refusé le même permis dans le Lubéron. Espérons qu'il n'y aura pas deux poids deux mesures et que nos départements de l'Yonne et du Loiret valent le Vaucluse et les Alpes de Haute Provence. A remarquer encore que Eau de Paris, la régie municipale de la capitale, au nom d'un principe de qualité, s'oppose à ces permis dont l'un en particulier est situé sur la zone de captage des sources dont Eau de Paris assure la gestion et l'exploitation.

La lecture des 45 pages de la notice d'impact environnemental réalisée par l'opérateur Bluebach me laisse sur le cul. A croire qu'il fait le pari du "plus c'est gros plus cela passe". Reste que les profits doivent-être juteux pour ces sociétés tant leur addiction à l'hydrocarbure est grande. On reviendra sur ces 45 pages tellement c'est étonnant.

Plus que jamais, il nous faut rester vigilants et soutenir une réforme du Code Minier afin de le mettre en conformité avec les évolutions réglementaires intervenues durant la dernière décennie. Il nous faut exiger une transition énergétique qui s'appuie sur la sobriété énergétique, l'efficacité et les sources d'énergies renouvelables plutôt que sur des ressources fossiles comme c'est le cas aujourd'hui avec ces demandes de permis.

(à suivre)

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 21:55
Construction paille à Montargis 6,7,8 juin 2014

1ères PORTES OUVERTES

DE LA MAISON FEUILLETTE

69bis, rue des Déportés Internés de la Résistance

Construction paille à Montargis 6,7,8 juin 2014
Construction paille à Montargis 6,7,8 juin 2014
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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 15:52
26 avril 1986, le sacrifice des pompiers de Tchernobyl...

ALERTE AU FEU !

A propos du sinistre anniversaire de Tchernobyl, je reprends des extraits des écrits, des témoignages de ceux qui ont vécu l’accident. Je l’ai déjà fait sur ce blog les années précédentes. Aujourd’hui je poursuis en faisant un arrêt sur image concernant les pompiers, premiers intervenants extérieurs et premières victimes.

1h23mn58s, la concentration d’hydrogène dans le mélange détonnant atteint le seuil critique d’explosion. Le réacteur et le bâtiment de la 4ème tranche sont détruits par une série d’explosions. Au-dessus de la tranche fusent des débris incandescents, des étincelles et jaillissent des flammes. Ce sont des morceaux de combustible et du graphite en fusion qui vont retomber en partie sur le toit de la salle des machines, recouvert de bitume, provoquant ainsi l’incendie.

Pour bien évaluer l’ampleur du rejet radioactif, rappelons que la bombe atomique d’Hiroshima a rejeté 4,5 tonnes de substance radioactive dans l’atmosphère. Le réacteur de la tranche n° 4 propulse dans l’atmosphère 50 tonnes de combustible évaporé créant ainsi une énorme poche de radionucléides de longue durée de vie. C’est-à-dire l’équivalent de 10 bombes d’Hiroshima sans les effets immédiats, plus 70 tonnes de combustible et environ 700 tonnes de graphite radioactif qui se sont déposées autour de la tranche accidentée.

A l’extérieur, les pompiers de la brigade du Lieutenant Pravik, responsable de la lutte incendie de la centrale, se rendent sur les lieux. Ils observent le « spectacle » du toit du dégazeur. L’un d’entre eux monte sur le toit du bâtiment du poste d’eau à environ 71 mètres afin d’avoir une vue d’ensemble. Durant son ascension, il retire son casque de protection à cause de la grande chaleur. Il redescend pour prévenir ses camarades et dépeint la situation au Commandant Teliatnikov. Celui-ci donne l’ordre de mettre en place une équipe de combat et de ne pas partir avant d’avoir emporté la victoire…

L’explosion du réacteur a projeté dans l’air la plaque de protection biologique supérieure (500 tonnes), elle est retombée sur l’appareil de tout son poids, légèrement inclinée et elle a entrouvert le cœur de chaque côté. Un pompier monte au niveau 36m du hall central et jette un coup d’œil dans le réacteur. Des rayonnements d’environ 30 000 roentgens/h, ainsi qu’une puissante irradiation neutronique s’échappent du ventre du « volcan ». Tout au long de la catastrophe, les jeunes pompiers soupçonnent vaguement qu’ils risquent une surexposition grave, mais à aucun moment ils n’en prennent vraiment conscience. Ainsi, ils marchent longtemps sur du combustible et du graphite retombés sur le toit de la salle des turbines et qui « chauffent » jusqu’à 20 000 roentgen/h. Ces pompiers ont réussi à maîtriser le feu visible, mais comme beaucoup d’autres, ils ont été brûlés par le feu invisible, le feu des rayons neutroniques et des rayons gamma, que l’eau ne peut éteindre…

Les hommes obéissent, certains restent sur le toit de la salle des machines jusqu’à 7h du matin. Ils se sentent mal tout de suite et surmontent leurs nausées les imputant à la fumée et à la chaleur. A 5h du matin, ils redescendent en proie à des douleurs intolérables.

Alors que leurs casques sont couverts de cendres noires radioactives de graphite et de kéramsite, les pompiers ne soupçonnent pas encore l’existence de rayonnements. L’un après l’autre, les hommes sont mis hors de combat : ils sont pris de nausées, de vomissements, leur conscience se trouble. A 3h30 du matin Teliatnikov descend à la salle de commande pour faire le point et demande s’il y a un risque de radioactivité et appelle un dosimétriste. Il fonce à l’extérieur et marche sur le graphite et le combustible, il se sent mal, son visage est marron foncé, il est pris de nausées, de vomissements mais il veut avoir le cœur net concernant la radioactivité ambiante.

Le dosimétriste a un radiamètre de mille microroentgens/s, qui bute partout au maximum, au sol comme sur le toit. Le dosimétriste ne peut donc pas déterminer la véritable situation radiologique : son radiamètre indique en tout et pour tout 3,6 roentgens/h, alors qu’en réalité l’activité sur le toit atteint en différents points de 2000 à 15000 roentgens/h. Sur le toit, le graphite et le combustible incandescent brûlent, se mélangent au bitume fondu et l’ensemble se transforme en une boue extrêmement radioactive dans laquelle pataugent les pompiers. Au sol, la situation n’est pas meilleure : graphite, éboulis de combustible mais aussi poussière nucléaire retombée du nuage de l’explosion, recouvrent tout d’un halo empoisonné.

Les différents responsables de la centrale continuent de nier l’évidence, leur réacteur est « intact », affirmaient les uns. D’autres refusaient de voir la réalité à travers les blocs de graphite qui jonchaient le sol, alors qu’ils auraient dû l’admettre et comprendre que des hommes étaient en train de mourir inutilement sous leurs yeux incrédules.

Les premiers à être hors de combat sont Kibenok et ses pompiers. Le lieutenant Pravik fait également partie du premier groupe de victimes…A 5h du matin, l’incendie est circonscrit mais le prix est lourd, 17 pompiers parmi lesquels le commandant Teliatnikov sont envoyés au centre médical puis dirigés le soir même à Moscou. Ils sont les premiers d’une liste bien plus longue dans laquelle on retrouvera les opérateurs de la centrale elle-même puis, plus tard, de nombreux liquidateurs.

Eteint le feu ? Pourtant le soir du 26 avril, l’incendie redouble. Le graphite brûlait. De loin, les gens apercevaient le feu sans y prêter une attention particulière.

« - Quelque chose brûle…

« - Les pompiers ont éteint l’incendie…

« - Mais ça brûle encore… »

Qu’en fut-il des pompiers de Fukushima ? Qu’en sera-t-il des secours de Dampierre-en-Burly, de Belleville, de Bugey, de Fessenheim… et de toutes les autres centrales dans le pire des cas ?

26 avril 1986, le sacrifice des pompiers de Tchernobyl...
26 avril 1986, le sacrifice des pompiers de Tchernobyl...
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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 11:34
Les contradictions d'Hervé Kempf

HISTOIRE DES REVUES ECOLOGISTES

Le 12 février, j’étais à Paris à l’Institut d’histoire du temps présent. Ce séminaire proposait deux thèmes au menu. Le premier sur l’histoire des revues écologistes : La Gueule Ouverte (1973), L’Agence de Presse Réhabilitation Ecologique puis Ecologie (1973), Le Sauvage (1973) ou encore Silence (1982). Ce jour, c’est au tour d’Hervé Kempf, journaliste, fondateur de la revue Reporterre dont 9 numéros paraîtront entre 1988 et 1989, de présenter son expérience.

Hervé nous a brossé son cursus personnel et comment, dès les années lycée, son intérêt pour l’écologie s’est manifesté. Et là, on apprend que Pierre Fournier, qui était chroniqueur et dessinateur à Hari-Kiri hebdo puis à Charlie-Hebdo et fondateur de la Gueule Ouverte, a encore frappé…Hervé Kempf a insisté sur son caractère non militant et sur son engagement journalistique qu’il a toujours exercé avec rigueur et professionnalisme. C’est ainsi qu’il crée Reporterre en 1988, puis aujourd’hui son quotidien en ligne.

Il est marrant Kempf. Non, non, il n’est pas militant sauf qu’en 1988, c’est le million de francs de l’héritage de son grand-père qu’il met sur la table pour lancer son journal. A l’époque, Jean Carlier et moi, tous deux d’Ecologie, et Jean allait bien au-delà, nous l’avions longuement rencontré avant son aventure. Nous n’étions pas très optimistes sur son projet sachant que nous étions dans la galère depuis pas mal d’années. Lui estimait que son caractère non militant et très professionnel, avec une quadrichromie sur toutes les pages affirmeraient le titre auprès d’un large public. Même si le journal était sympa, l’aventure s’arrête au neuvième numéro.

Non, non il n’est pas militant, simplement il démissionne du journal Le Monde estimant être censuré concernant la lutte autour du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Ce n’est pas militant çà ? Sans doute inscrit-il sous le nom de militants ceux qui sont encartés sous la bannière écologiste ?

Aujourd’hui, il nous explique qu’autour du quotidien de l’écologie (en ligne) qui marche bien, devoir toujours par professionnalisme rétribuer ses collaborateurs ou des pigistes occasionnels. C’est plutôt bien, reste que lui-même, c’est lui qui le dit, n’est pas rétribué parce que inscrit à Pôle emploi. Posture qui allège de façon temporaire la trésorerie de Reporterre. N’est-ce pas là une posture militante que nous avons connue dans presque tous les titres de la presse écolo ? A propos du quotidien ; il déclare à juste titre ce que nous avons toujours exprimé à savoir qu’un courant de pensée s’est toujours appuyé sur des médias. Qui sont-ils ces médias sinon militants ?

Par ailleurs, ne s'est-il pas défini en 2009 comme «objecteur de croissance », ce n’est pas militant çà.

Allez Kempf, lâches-toi un peu, que tu le veuilles ou non, tu es un militant écolo. Il faut-y faire même journaliste, c’est ta réalité, assumes.

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Ecologie
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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 11:35

UN JOUR PAS COMME LES AUTRES...

bp22 off

Deux ans, deux ans déjà que la triple catastrophe (séïsme, tsunami, catastrophe nucléaire) a frappé le Japon. Comment ne pas se souvenir et ne pas être solidaire de nos amis japonais, dont beaucoup aujourd'hui encore sont en grande souffrance. Trop d'incertitudes, trop de silences, trop de mensonges favorisent ce mal être d'une société culturellement stoïque, mais humaine. Ce lundi 11 mars à 14h46 à l'heure exacte du début de ce séïsme surpuissant, sirènes et cornes de brume ont retenti et tout le Japon s'est figé pour se souvenir et se concentrer sur l'immense chantier hérité de cette catastrophe.  

 

Mémoire solidaire avec les japonais 

Au nord-est du Japon ce matin-là du11 mars 2011 personne n'imaginait le soir. Une journée ordinaire que chacune et chacun s'applique à vivre au mieux, et dans son activité et dans sa vie personnelle. Ainsi au quotidien, il y a beaucoup d'automatismes dans le fonctionnement de chacun. La journée se déroulait normalement, lorsqu' à 14h 46 mn (6h 46mn en France) tout bascule. Un séisme surpuissant d'une magnitude de 9,0 se produit à 130 km au large de l'est de Sendaï, chef-lieu de la préfecture de Miyagi à environ 300 km au nord-est de Tokyo faisant violemment tanguer ses immeubles. Ce séïsme dévastateur a été ressenti jusqu'à Pékin. Il a duré entre deux et trois minutes. Moins d'une heure plus tard c'est un tsunami qui ravage le littoral nipon sur 600 km de côtes et parfois jusqu'à 10 km à l'intérieur des terres. Une vague gigantesque de 20 à 30 mètres de haut par endroit, emporte toute vie  en détruisant partiellement ou totalement  villes avec habitations, écoles, usines, installations portuaires, infrastructures routières ou ferroviaires.

524px-Shindomap 2011-03-11 Tohoku earthquake

"Etat d'urgence nucléaire"

Sous le choc du séisme, à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (220 km au nord-est de Tokyo), les systèmes de refroidissement tombent en panne semble-il avant le raz-de-marée.  A 15 h30 une vague de 15 m de haut submerge le mur de protection de 5,70 m que Tepco la société exploitante avait édifié comme protection. Sans refroidissement le réacteur n°1 chauffe et avant 20h les barres de combustible fondent, c'est l'escalade vers un accident majeur comme celui de Tchernobyl  25 ans plus tôt. Le 11 mars à 19h 03, le gouvernement japonais déclare "l'état d'urgence nucléaire" pour le pays.

4-jours-apres-l-accident.jpg

Le même jour, ce sont 56 répliques dont plusieurs de magnitudes 6, et dans les jours et les mois qui suivent, elles seront très nombreuses dont l'une supérieure à 7. Si les tremblements de terre à eux seuls ont provoqué peu de victimes par la qualité des constructions antisismiques japonaises,  le tsunami et ses conséquences sont à l'origine de plus de 90% des morts et disparus. Dans le désordre immédiat de l'après catastrophe le total des victimes est estimé à 25000 morts, on relève 6000 blessés.  Le 6 juin 2012, la police japonaise a ramené ces chiffres à la baisse.15.861 personnes décédées sont comptabilisées, 3.018 sont encore portées disparues sans que leur corps ait été retrouvé, soit un total de 18 879 victimes. Par ailleurs, plusieurs centaines de dépouilles, dont les états ne permettent que difficilement toute reconnaissance, restent anonymes dans des morgues.

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315 000 personnes toujours déplacées

Certaines zones restent inabitables et aujourd'hui, ce sont 341 500 personnes qui sont déplacées et réparties sur l'ensemble du territoire, et nombre de ces réfugiés ne reviendront jamais dans leur logement détruit par le tsunami. De plus, la plupart des dizaines de milliers de personnes évacuées après l'accident nucléaire n'ont pu regagner leur domicile. N'oublions pas qu'entre les 11 et 12 mars, le rayon de la zone à évacuer autour de la centrale a été porté successivement de 2 km à 3, puis 10 et enfin 20 km soit 140 000 personnes auxquelles il faut rajouter les animaux d'élevage abandonnés à eux-mêmes (10 000 bovins, 30 000 porcs et 600 000 poulets). En mai 2011 le gouvernement demande leur abattage contre indemnisation.  Ces 315.000 réfugiés demeurent en habitat provisoire, chez des proches ou coupés de leurs familles dans des logements temporaires bâtis à la hâte.  

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Même si des moyens importants (plus de 150 milliards d'euros) pour rebâtir les zones détruites ont été mobilisés, même  si les routes ont été goudronnées et les poteaux électriques replantés et que peu à peu la vie reprend autour de la reconstruction, nombre de secteurs restent à l'abandon et certains littoraux demeurent couverts par des montagnes de débris entassés suite à la vague. Moins de la moitié des 17 millions de tonnes de détritus ont été incinérés ou stockés en décharches ce qui laisse un sentiment d'abandon à ces populations de réfugiés vivant dans des conditions précaires et difficiles. Cette histoire est loin d'être terminée pour ces japonais, qui dans une grande dignité, restent profondemment traumatisés par l'ampleur de la catastrophe et dont les conséquences sont encore loin d'être totalement mesurées (suicides, maladies, hausse des troubles mentaux particulièrement dans le secteur de Fukushima, grossissement des enfants confinés, séparations, pollutions, retombées sur les productions agricoles locales... avec leurs retombées économiques...).   Si les radiations de Fukushima Daiichi n'ont tué personne à ce jour, le stress et les difficultés de tous ordres engendrés par la triple catastrophe (séïsme, tsunami, accident nucléaire) ont coûté depuis la vie à plus de 2.300 survivants, d'après des enquêtes officielles.

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Silence on irradie

Le 14 mars 2011 à 16 h 58, TEPCO confirme une fusion en cours dans les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi pour une situation placée au niveau 7, la plus élevée sur l'échelle internationale des évènements nucléaires (INES) des accidents nucléaires et radiologiques soit l'équivalent de Tchernobyl.  N'oublions pas que les réacteurs 4, 5 et 6 connaissent des dégâts importants. Depuis décembre 2011, TEPCO considère la phase critique de l'accident comme terminée, sauf qu'elle ne l'est pas et que sur la  question sanitaire bien des questions posées restent sans réponses de la part de l'exploitant qui pratique le non-dit et la désinformation. Par exemple, Tepco n'a toujours pas remis les données sur les doses de rayonnements auxquelles ont été exposés quelque 20 000 travailleurs du complexe nucléaire ravagé. Aujourd'hui, deux ans après, la thyroïde des enfants de Fukushima (40% sur les 100 000 qui ont subi une échographie) présente des anomalies.

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L'OMS absente du Japon

L'omerta est exercée au plus haut niveau. Pour en être persuadé, il suffit de lire le premier rapport d'estimations de l'OMS de 172 pages des risques de cancers attribuables aux radiations dans la préfecture de Fukushima, sur l'ensemble du pays et en dehors du Japon. Finalement, c'est comme pour Terchnobyl circulez il n'y a rien à voir, sauf peut-être  pour les personnes vivant dans les zones les plus exposées de la préfecture de Fukushima, les travailleurs de la centrale et les travailleurs d'urgence exposés pendant les opérations de sauvetage ont un risque de cancer plus élevé.  Mais quoi d'étonnant lorsque l'on sait que l'Organisation Mondiale de la Santé dont le but est la santé publique dans le monde est liée par l'accord WHA 12-40, signé en 1956 à l'Agence internationle de l'énergie atomique (AIEA) dont la mision est le développement du nucléaire civil.  Pour fournir des chiffres, il faut faire des travaux et l’OMS n’en a pas fait. L’OMS ne peut que répéter les chiffres que lui donne l’AIEA. Autant de sujets angoissants pour les populations concernées, mais aussi pour tous les peuples de la planète.

Cet accord entre OMS et AIEA d'une part et le nucléaire à Fukushima feront l'objet d'autres interventions sur ce blog.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 15:35

(1er épisode)

DE FESSENHEIM A BUGEY...

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Une chaîne est composée de maillons. Aussi, pour vous mettre en bouche juste avant de participer à celle du 9 mars prochain à Paris, je vous propose sur plusieurs articles l’histoire de tous les maillons anti-nucléaires qui la composent depuis 1971.

 

Pour moi cette chaîne du 9 mars est le maillon le plus récent de la déjà longue chaîne anti-nucléaire française qui débute dès les années 60, c'est-à-dire avant-même le programme de construction du parc des centrales actuelles. C'est autour de celui-ci que l'action anti-nucléaire se structure en France. Cette chaîne militante débute avec Jean Pignero et le docteur Pierre Pizon qui l'un et l'autre créent dans les années 60 l'Association pour la Protection contre les Rayonnements Ionisants (APRI). Qui est longtemps la principale source d'information pour le plus grand nombre de personnes autour d'un nucléaire aux effets multiples hautement improbables.  En 1970, les adhérents de l'APRI sortent de la seule information pour la protection desnumérisation0791 rayonnements ionisants et passent à l'action anti nucléaire.

 

En juillet de cette année, l'autorisation de construction du projet d'une centrale nucléaire à Fessenheim est décidée par un conseil interministériel sous De Gaulle le 7 novembre 1967.  Deux initiatives: l'une autour de Jean-Jacques Rettig, son épouse et un groupe d'amis, tous d'Alsace, interpellent le ministre de l'Industrie, l'autre autour d'Esther Peter-Davis (américaine, traductrice scientifique) épouse de Garry Davis (fondateur du mouvement des "Citoyens du Monde") et d'un groupe d'amis habitant également en Alsace publient une brochure: "Fessenheim, vie ou mort de l'Alsace".  Les deux initiatives  se rejoignent et créent le premier comité antinucléaire français: le Comité de sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin (CSFR).

 

Le CSFR affiche clairement une dimension régionale et transfrontalière. L'opposition à la construction de la centrale s'opère sans violence. Lanza del Vasto et plusieurs compagnons de l’Arche sont présents. L'idée est de s'engager auprès de l'opinion publique afin de la sensibiliser à une conception  "plus saine et plus humaine du progrès». Jean Pignero appelle de suite à soutenir le CSFR, Grothendieck  du Mouvement Survivre, prend contact avec Pignero. Beaucoup d'activités et de rencontres entre différents groupes et personnes s'opèrent autour du CSFR et de son opposition au projet de la centrale de Fessenheim. Jean Pignero précise" le danger de Fessenheim sera celui de Bugey 1 pour la région lyonnaise, de Saint-Laurent-des eaux 2 pour la Loire et de Golfech pour la Garonne".

 

A son tour entre en scène Pierre Fournier, celui qui depuis 1969 sévit dans les colonnes d' Hara-Kiri-hebdo et de Charlie-hebdo,  (tirage 150 000 exemplaires). Ses chroniques et dessins d'une lucidité redoutable posent les fondements numérisation0790de l'engagement écologiste et du mouvement qui l'accompagne. Il met en mots, en illustrations et diffuse largement les idées de l'écologie qui se construisent autour de lui et de ses lecteurs. Adhérent de l'APRI, il soutient naturellement et sans réserve le CSFR. Ses articles donnent un élan militant alors que lui-même se défend de l'être. Néanmoins, son action dépasse largement les frontières des différents groupes constitués et provoque une interactivité entre sa production dans "le journal bête et méchant" et ses lecteurs.

 

L'année 70 voit apparaître plusieurs mouvements antinucléaires ou écologiques.  Autour d' Alain Hervé, journaliste au Nouvel Observateur se crée la branche française des « Amis de la Terre » soutenue par un important comité de parrainage où l'on retrouve Jean Dorst, Claude Levi-Strauss, le navigateur Bernard Moitessier, Théodore Monod, Jean Rostand..., « Survivre », fondé à l'université de Montréal par des mathématiciens d'horizons divers dont Grothendieck, professeur associé au Collège de France, le « Mouvement Pollution Non », créé à Montargis avec Sylvie ma compagne et des copains correspondants dans  plusieurs départements.

 

numérisation0284« Gueulez non de dieu ! »

 

Dans Charlie hebdo des 5  et 12 avril 1971,  Pierre Fournier relaie l'appel du CSFR à la manifestation organisée à Fessenheim. Le 12 avril, lundi de Pâques, elle regroupe 1100 personnes dont une majorité de jeunes, et le slogan "Plutôt actif aujourd'hui que radioactif demain" est apparu ce jour-là. Fessenheim est donc le premier maillon en France de la longue chaîne antinucléaire des rassemblements. A la même époque, se termine la construction du réacteur nucléaire de Bugey1 (Ain). Sous l'impulsion d'Emile Prémilieu et de quelques amis dont Martine Joly, se crée le Comité Bugey qui prend pour nom définitif "Comité d'information et de défense des cobayes récalcitrants", ce qui donne en raccourci Bugey-Cobayes.

 

Pierre Fournier, Jean Pignero sont de la partie et appellent à un rassemblement contre le réacteur de Saint Vulbas (Bugey 01). Pierre Fournier ne cesse de relayer et de proclamer "que la lutte antinucléaire n'est pas une fin enNouvelle image soit, mais un point de départ, et le rassemblement de Bugey doit être le "coup d'envoi" de la révolution écologique". Le rassemblement est prévu le 10 juillet 1971. Les comités et groupes français relaient l'appel sur l'ensemble du territoire, ce qui donne de 12 à 15000 personnes réunies pour la première fois en France. Même si la manifestation prévue non-violente, des accrochages ont lieu avec les CRS. Plus tard, Fournier écrit qu'à Bugey quelque chose est né voulant y voir  « l'acte de baptême de l'écologie de ce côté-ci de l'Atlantique". Bugey marque la naissance d'un mouvement antinucléaire d'une ampleur nationale voire européenne.

 

A la fin de l'été 71, douze groupes antinucléaires constitués ou en voie de constitution sont recensés. Au mois d'août, le projet de la centrale de Dampierre-en- Burly dans le Loiret est rendu public. A la fin des vacances, le Comité Bugey-cobayes informe que 180 personnes appellent à participer à une action non-violente "dure". Le sit-in annoncé face à la centrale de Saint-Vulbas débute le 4 septembre et dure jusqu'au 17 octobre, par roulement de 5 à 6 personnes présentes 24h/24 devant la centrale. C’est le premier sit-in antinucléaire civil en France, autre nouveau maillon de la chaîne antinucléaire.

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En haut, la cigogne du CSFR, à droite son autocollant sur fond bleu,

12 avril 1971, Fessenheim, dessin de Charlie-Hebdo du 26 avril 1971,

Logo de Bugey-Cobayes, dessin P. Fournier,

Couverture de Charlie-Hebdo du 12 juillet 1971, dessin de Reiser, texte P.Fournier,

Photo: marche de Bugey du 10 juillet 1971 par Christian Weiss,

Photo en bas à droite: Charlie Hebdo du 19 juillet 1971.

 

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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

Catégories

Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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