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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 10:30
Histoire de tous les jours


La passion c'est l'averse
             Qui traverse !
Mais la femme n'est qu'un grain:
Grain de beauté, de folie
             Ou de pluie....
Grain d'orage -ou de serein.-

Tristan Corbière: "après la pluie"
            

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 15:34

 

... DE LA LUTTE

POUR  LE POUVOIR...


 

Le samedi 31 janvier, à 20h30, j’ai eu le grand plaisir d’assister à Champignelles dans l’Yonne (à un jet de pierre du Loiret) à la présentation d’une super pièce de théâtre : Marat-Sade, jouée par la troupe « de Ferme à Rêve ».

 

Il se trouve que le personnage de Jean-Paul Marat est tenu par un certain Philippe Vermée des Verts Est-Loiret, dont il est membre actif. Actif, il l’est aussi sur scène, tant il la tient bien et ne la lâche pas. Il l’occupe de toute sa personne et de toute sa voix. Il parle de cette pièce formidablement bien, alors je lui laisse la parole… pour tout (ou presque) vous dire.

 

Si un jour, vous croisez la pièce au détour de Paris (où elle va être présentée) ou dans nos campagnes, n’hésitez pas, entrez dans l’asile et dans la comédie grinçante d’un réalisme foudroyant dont il est préférable de rire sinon gare… !!!

 

Bravo à toute la petite troupe et à toi Philippe, de cette belle soirée ainsi qu'à toi Ali.

 
MARAT-SADE  

(La persécution et l’assassinat de Jean-Paul Marat, représenté par le groupe théâtral de l’hospice de Charenton sous la direction de Monsieur Alphonse de Sade).

 

D’après Peter WEISS et mise en scène par Ali Amin

de Ferme à Rêve.

 

  Le sentiment de l’exil est tenace. Quand il prend un homme, il ne le lâche plus jamais. La migration est une expérience traumatique. Peter Weiss, le dramaturge, et Ali Amin, le metteur en scène, ont connu ce traumatisme. Ils ont connu ces moments où il vaut mieux s’en aller loin de chez soi.

Pour Peter Weiss l’auteur de cette pièce,  il  faut fuir l’Allemagne nazie. Il deviendra suédois en 1946.

Pour Ali Amin le metteur en scène, il faut fuir l’Irak de Sadam Hussein . Il deviendra français en 1983.

  Cet exil n’est pas leur seul point commun ;  ils partagent tous deux la passion de la  révolte, ils nous invitent dans leur travail à la vigilance contre tous les gouvernements, contre nos peurs, nos certitudes et nos ignorances. Dans cette pièce, ils soulèvent la question de la soumission à l’autorité, aux pouvoirs, aux idéologies…

 

Cette pièce, Marat-Sade, constituée d’une série de  tableaux  écrits par Peter Weiss,  est adaptée et mise en scène ici par Ali Amin ; elle est inspirée d’un séjour de Sade à l’hospice de Charenton où il fut interné pour des délits de mœurs durant la période de la Révolution française de 1789 et jusqu’au règne de Napoléon. Lors de ce séjour, Sade crée des pièces et les fait jouer par des malades ; le tout surveillé par le Directeur de l’établissement qui tente de limiter les débordements des comédiens.

Sade met ainsi en scène les derniers jours de Marat. L’action se déroule en 1808 dans la salle des bains de l’hospice. Des fous (ou des détenus politiques ?) mis en scène par le divin Marquis, racontent l’histoire de Jean Paul Marat. Si le comédien qui joue  Marat est un paranoïaque, celui qui joue Charlotte Corday est au cœur d’une dépression léthargique….

 

 Philippe Vermee assis dans sa baignoire dans le rôle de Marat


Ali Amin
ne se contente pas ici d’une critique sociale.  Il veut nous faire réfléchir sur notre propre place dans les processus de lutte pour le pouvoir.  Il a pris conscience que l’absurdité nous guette. L’absurde, la vanité, le « Moi » prennent ici le visage de Marat le Révolutionnaire, mais ils auraient pu aussi prendre le visage de Robespierre ou de Napoléon pour ne rester qu’à la période révolutionnaire et ne pas citer de personnage actuel… Toute ressemblance avec un personnage connu serait….


Même si l’on rit dans cette pièce, puisque qu’Ali Amin a décidé d’utiliser ce parti pris, le rire est un peu aigre. Ce spectacle n’est-il seulement que d’un profond pessimisme ? …

 

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 22:50

STOP A 60 ANS
DE GUERRE



LA PAIX MAINTENANT
ISRAEL-PALESTINE


pour deux  pays libres et indépendants
aux frontières garanties et reconnues
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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 13:12



Le pire est arrivé.




C'est le lundi 8 décembre 2008, lors de la signature de l'accord cadre sur la Formation professionnelle tout au long de la vie avec les partenaires sociaux, à l'hôtel de région, que j'ai vu Bernard pour la dernière fois. A son départ, je l'ai raccompagné dans le hall. L'oeil vif et malicieux, le sourire au coin des lèvres, il se réjouissait à l'avance de son départ en Allemagne le surlendemain...


Il s'agissait pour lui d'accompagner  deux de ses apprentis zingueurs qui avait été lauréats du prix national Artibat à Nantes, ainsi que deux formateurs pour visiter les mines d'ardoises de Coblence. C'était à la fois un acte de reconnaissance des compétences des personnes, mais aussi, comme savait le faire Bernard, une ouverture de l'horizon de chacun. Et puis, en grand amateur de la langue de Goethe, il allait être l'interprête du voyage. Et pour lui, il n'y avait pas de petit plaisir. C'est le jeudi en fin de matinée à 400m sous terre que le rendez-vous fatal l'a surpris. Bernard est décédé le mardi 16 décembre sans avoir repris connaissance.


Bernard aux épeuves internationales des Olypiades des Métiers au Japon en novembre 2007


Bernard Darada était directeur du CFA du bâtiment de Blois depuis 1997. En 1998, je l'ai découvert en prenant ma délégation à l'apprentissage. J'avais face à moi un acteur respectueux du partenariat. Un acteur, attentif, actif et réactif dans sa relation avec le Conseil. C'était un grand professionnel qui aimait son boulot à savoir transmettre aux jeunes non seulement le bon geste professionnel mais aussi de développer leurs dimensions personnelles et citoyennes. Il était exigeant, rigoureux mais pas rigide, attentif, curieux, disponible. Il était dans un engagement total et sans compter. Pour lui, l'apprentissage était une aventure humaine ce qui l'engagea fortement dans la mobilité européenne de ses jeunes.


A propos de mobilité, je peux témoigner de la qualité du réseau d'entreprises et d'organismes de formation qu'il a développé en Autriche autour de la plâtrerie et du bois. Une palette diversifiée qui permettait aux jeunes durant six mois et dans d'excellentes conditions de vie professionnelle et personnelle de découvrir des méthodes et pratiques de leur métier différentes des nôtres, tout en développant l'apprentissage et la connaissance d'une langue étrangère. Bien évidemment, Bernard avait développé avec les différents partenaires autrichiens des relations professionnelles certes, mais aussi chaleureuses et amicales. C'était lui.

 


Bernard avec deux de "ses" apprentis en stage dans l'entreprise Pagitsch en Autriche (Mai 2007)


C'est en travaillant que l'on découvre les individus, et je dois dire que durant ces 11 années, au delà de nos postures officielles différentes, notre relation personnelle n'a eu de cesse d'évoluer. Par délà nos différences individuelles, nous avons développé ce qui nous rapprochait.


Ce grand ch'ti, amoureux de la mer et de Saint-Malo était un pédagogue tout en finesse, alternant le sérieux-sérieux d'avec une espièglerie affûtée. Il était jovial, convivial, et aussi franchement drôle. Il était trop, lorsqu'il nous disait sur le ton de la confidence "attends, je vais t'en raconter une" et c'était multiplié par dix lorsque l'histoire se déclinait en ch'ti. Il nous faisait alors pleurer de rire avec sa mine qui épousait les mots, l'accent et le phrasé. Un vrai, je dis bien un véritable acteur qui aurait eu toute sa place auprès de Dany Boon, tant il était plus ch'ti que nature. Il était aussi sensible, lors de la visite du camp de Mauthausen, je me souviens de cette larme qui coulait sur sa joue et qu'avec beaucoup de pudeur il écrasa discrètement.


Mardi 23 décembre, il fait froid et gris avec un petit vent qui juste accentue la fraicheur. Petits individus de sombre vêtus nous piétinons devant la cathédrale de Blois. Dis Bernard, que fais tu là dans la boite vernie, dans le fourgon devant nous. Hébétés, les uns et les autres nous nous saluons. Il y a dans cet instant de l'incompréhension et un immense chagrin d'être là, silencieux à tes côtés. Il y a même tes amis autrichiens qui ont fait le voyage. Dans de tels moments, on mesure la pauvreté des mots et du vocabulaire.

Tu es encore là parmi nous. A ta manière tu nous signifies et nous rappelles notre fragilité. Aujourd'hui tu provoques une immense peine aux tiens et à tes amis. Mais un jour, chacun de nous est appelé à commettre ce qui tu nous fais aujourd'hui. Ainsi va cette vie si forte mais aussi si fragile.


Bernard, tel un acteur, tu es parti en situation et dans ton rôle. Finalement c'est bien toi. On te remercie pour tout et pour l'homme de bien que tu es et qui restera toujours très vivant dans nos coeurs et notre souvenir. Merci pour tout.


Bernard Darada


 

Au mois de septembre 2008 Bernard et Bernadette sa femme nous avaient envoyé cette petite vidéo avec ce

message:

Aux amoureux des phares,

Aux amoureux de la Bretagne,

A vous qui avez l'humilité de vous dire que nous sommes bien petits mais parfois malfaisants...

Les phares sont désormais automatiques. Pensez à ceux qui, de garde, il y a quelques années, étaient au travail un tel jour

 


Partageons ce spectacle en souvenir de Bernard.

 

 

 


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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 10:29


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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 17:44

Merci à toi Toutoune


C’était à la fin des années cinquante début soixante, que j’ai rencontré Georges Thouvenot. C’était au collège Gambetta (l’actuelle mairie). Pour les potaches que nous étions c’était Toutoune, le prof de dessin. A l’époque on ne parlait pas de professeur d’arts plastiques. Scolairement, au grand désespoir de mes parents, je ne brillais pas particulièrement dans des disciplines comme les maths ou encore les langues et ne parlons pas de l’orthographe... Mais, j’étais souvent le premier en dessin, et j’aimais ce prof qui me permettait d’être bon quelque part et qui me rassurait. Il savait libérer le meilleur de moi-même en me permettant d’exprimer graphiquement mes émotions. Sa classe n’était pas vraiment silencieuse, comme c’était la règle à l’époque, mais bruissait d’une activité fébrile autour de cet homme attentif et disponible à chacun.

Mais, Georges Thouvenot dit Toutoune était plus qu’un prof de dessin. C’était un artiste confirmé et reconnu qui aimait sa ville et son Gâtinais d’adoption. Durant des décennies, il sillonna l’une et l’autre pour en croquer les moindres détails, il a réussi cet exploit de se confondre avec le patrimoine lui-même. A 99 ans, il nous a physiquement quittés, mais son œuvre si riche et dense est désormais partie intégrante de notre patrimoine et par conséquent de nous-mêmes. Sa modestie en souffrirait et pourtant c’est dans la discrétion que son œuvre s’est élaborée et s’impose à tous comme une référence incontournable.

Lorsqu’après les élections de 2001, désigné par le Maire j’ai présidé le 13ème bureau de vote de Montargis (Mandela), j’avais le plaisir de le compter avec sa femme parmi les électeurs de ce bureau. Et à chaque scrutin, il me disait : « Alors « Burgonder », fidèle au poste. »… et en quelques mots de revenir en des temps anciens riches de transmission et de plaisirs partagés. Cette année, lors du dernier scrutin, il n’était pas venu voter. A mon interrogation, il m’avait été répondu qu’il était très fatigué.

Aujourd’hui, Georges Thouvenot a rejoint un autre Georges, qui lui chantait, et je ne doute pas que ces deux compères ne fassent bon ménage.

Toutoune, bravo et Merci pour tout, bon repos et amitiés à tous les tiens.

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:38
 Enfin toi


Cette lettre à Ingrid, je l’ai écrite début août, c'est-à-dire une fois passés les jours d’euphorie qui ont suivi sa libération. Pour avoir suivi son internement dès le premier jour j’ai tenu à lui exprimer mon ressenti à sa libération. C’est important de se dire les choses pour le pire mais aussi pour le meilleur. Pour se parler, il n’y a pas que l’instant de l’événement. A ce jour je n’oublie pas toutes ces années.

 
Pour tous ceux qui pensaient à toi et espéraient ta libération, ce 2 juillet fut la divine surprise tant attendue depuis longtemps. Sans doute comme beaucoup d’autres, j’ai reçu la nouvelle avec la joie de te savoir libre, mais aussi avec un fond d’incrédulité. Trace probable d’espoir toujours déçu. Mais ce 2 juillet, ta libération était bien réelle. Tu étais enfin libre et à l’impossible, le possible s’était substitué et imposé après tant de fausses alertes suivies de cruelles déceptions, reportant toujours à plus tard l’espoir de ta liberté. Le bonheur ! Et comme l’a si bien formulé l’ex-otage d’Irak, Florence Aubenas : « Noël en juillet ».

Ta libération nous l’espérions tous, sans bien évidement en deviner les contours, quand ? où ? comment ? Les scénarios étaient multiples. De plus, avec les années s’imposait à nous cette lancinante question : dans quel état ? vivante, mourante, …morte ?

Sûr, ton internement n’avait rien de commun avec notre liberté de mouvement. Le décalage était flagrant. Chacun de nous évoluait dans des mondes tellement différents. Pourtant chacun à sa place pensait à l’autre. Ce lien invisible et pourtant bien réel échappait à tes geôliers. Ils pouvaient tout contre toi. Tout, sauf couper ou effacer cette complicité invisible entre toi et nous. Complicité qui chaque jour un peu plus gagnait en intensité chez ceux, qui en liberté, criaient ton nom afin que nul n’ignore ton sort et celui de tes compagnons d’infortune. Sans doute la solidarité ne peut pas tout pour les victimes. Il faudrait être naïf pour le croire. Mais du moins, elle leur témoigne publiquement, amour, amitié et soutien dans le cadre du possible de chacun.

Combien sont-elles ces personnes dans l’histoire humaine dont la vie a basculé d’un coup dans l’horreur sous le regard absent et transparent des autres ? Alors tout, sauf l’indifférence. Surtout ne pas se taire en laissant faire. Pour moi, c’est tellement évident que je ne disserterai pas sur le caractère inacceptable de la domination de certains sur leurs semblables au nom de je ne sais quelle cause, croyance, idéologie ou profit. Dans tous les cas de figure, que des individus disposent par la force de la liberté et de la vie des autres n’a aucune justification rationnelle pas plus que l’humiliation, la maltraitance ou l’exécution.

On n’a qu’une vie, précieuse, bien à nous, forte et si fragile à la fois… La prise d’otage est obscène. C’est pourquoi dès le premier jour de ton enlèvement, nous souhaitions ta libération. Ainsi après six ans, quatre mois et neuf jours, c'est-à-dire 2321 jours d’internement dans ta prison végétale, cette libération nous l’espérions toujours et la revendiquions avec toute la force qui nous était possible. Nous l’espérions, pas seulement pour la femme politique que nous connaissions, mais simplement pour l’être que tu es. Dans de telles circonstances, on peut imaginer qu’on ne triche pas avec soi-même. On ne joue pas un rôle. Confronté à soi-même on est soi-même ni plus ni moins, avec ses forces et ses faiblesses.

Ta libération nous l’espérions aussi pour tes proches les plus chers. Ta mère Yolanda Pulecio qui, de Bogota se mobilisa, organisa et mit en ondes la résistance en direction des otages. Ta sœur Astrid qui occupa toute sa place dans cette résistance et avec laquelle j’ai eu l’occasion d’échanger directement quelques mots par téléphone lors d’une manifestation de soutien au conseil Régional. Ton second mari, Juan Carlos Lecompte qui dès 2002 parcouru le monde dans tous les sens pour organiser des réseaux de soutien. Et bien évidement tes deux amours, je veux dire tes enfants, Mélanie et Lorenzo qui ici en France avec dignité et pudeur n’ont eu de cesse de crier à la fois leur désespoir et l’espoir du retour de celle qui leur manquait si fort et au destin si incertain. Bien involontairement tu les as quittés adolescents. Libre, tu les retrouves adultes. Durant ces six années ils ont grandi et se sont construits avec l’immense présence de ton absence de par la résistance qu’ils ont opposée à l’internement de leur mère. Ils n’ont jamais renoncé. Ce passage de leur vie est gravé à jamais dans ce qu’ils sont et seront plus tard. Leur adolescence n’aura été en aucun cas inconsciente et légère, alors qu’en même temps elle leur donnait tous les culots et qu’au final, ils t’ont retrouvée.

Durant tout ce temps, ils ont été soutenus par leur père Fabrice Delloye qui lui aussi de France n’a pas ménagé sa peine pour chercher une issue favorable. Je n’oublierai pas celui qui n’a pas pu de serrer dans ses bras le soir de ce 2 juillet, cet absent n’est autre que ton père Gabriel Betancourt qui est décédé le 24 mars 2002, soit pratiquement un mois après ton enlèvement. Mais nul doute que lui aussi tu l’as serré dans tes bras au plus profond de toi.

Je voulais te dire que durant tout ce temps, notre soutien ne t’a jamais séparé de Clara Rojas ni des autres otages qu’ils soient colombiens ou d’ailleurs. Sans doute, tous ne bénéficient pas de la même mobilisation donc du même soutien. Il en fut ainsi pour toi aussi. En France, la mobilisation pour ta libération ne fut pas égale de 2002 à 2008, loin s’en faut (voir sur ce Blog « De Florence à Ingrid »). Néanmoins chacun de nous fait de son mieux pour n’oublier personne. Ce n’est ni simple, ni facile dans un contexte mondial dominé par l’injustice et la violence. Comment être partout ?

Passés la surprise, l’émotion et le bonheur des premiers moments de liberté retrouvée, une nouvelle réalité va s’imposer à toi. Sans aucun doute la vie continue, mais très probablement ne sera-t-elle plus celle d’avant. Après tout ce temps comment pourrait-elle l’être alors que bien des choses se sont passées et ont été vécues différemment par les uns et les autres ?

En effet, la captivité est une tragédie à deux faces. L’une pour le détenu, l’autre pour son entourage si bien que d’un tel événement personne ne sort indemne. Il y a donc bien un « avant » et un « après ». Ainsi immanquablement vous allez vivre, les tiens et toi, une période non seulement de retrouvailles mais surtout de réadaptation, plus ou moins longue afin que chacun retrouve une place dans cet « après ». Alors ce temps, je te le souhaite, je vous le souhaite le moins difficile et douloureux possible.

Je connaissais ton engagement politique que j’appréciais avant que ne te soient imposées ces six années d’internement et de maltraitance. Mon soutien pour ta libération n’a pas d’exigence ni de contrepartie, pour aujourd’hui et pour demain. Pas plus que je n’attends de toi un comportement particulier. Tes choix t’appartiennent. Ils sont ceux d’une femme redevenue libre et quels qu’ils soient je les respecterai. Jamais je ne perdrai de vue que ces temps de captivité seront toujours là en embuscade quelque part en toi et avec lesquels de toi à toi tu composeras. N’est-ce pas cela aussi le « après » ?

Pour en terminer avec ton retour, je tiens à te remercier d’avoir vécu et survécu à cette épreuve et d’en sortir apparemment en bon état physique. Je te remercie d’avoir pu résister à la toute puissance armée de tes ravisseurs. Je te remercie d’avoir pu conserver en toi toute la force de ta liberté, celle-là même qui au plus profond de l’être est inaliénable quelques soient les circonstances y compris dans les pires instants. Merci d’avoir pu dominer ces 2321 jours. Pour tout cela je tiens à t’exprimer tout le respect que tu m’inspires. Je reste mobilisé pour que tout ceux, qui de par le monde sont « prisonniers otages », recouvrent la liberté.


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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 23:05

Des mots pour le plaisir


Il était temps, mais le 22 mars nous n’étions plus depuis deux jours en hiver. En attendant dans notre petite ville de la campagne gâtinaise une petite vingtaine de personnes étaient invitées, ce samedi soir, chez des amis pour passer un bon moment autour de la lecture. Des invités de tous âges et qui ne se connaissaient pas tous.

En réalité les amis invitants se sont saisis d’un dispositif créé par la région Centre et l’Etat, et qui est assuré par « Livre au Centre » de l’Agence régionale du Centre pour le livre.

L’idée est simple. Elle se déroule en hiver (entre les 6 décembre 2007 et le 31 mars 2008, pour sa seconde édition). Vous, moi, que nous appellerons « accueillant » ont décidé d’inviter, des relations, des amis, la famille, des collègues (de 15 à 30 maximum). Le lieu est libre : chez soi (maison, appartement), lieu public (bibliothèque, hôpital, salle de classe ou communale, etc…), librairie bien sûr, ou encore un café sympa, ou… ? L’accueillant se doit aussi de prévoir l’après lecture, je veux dire une collation avec buffet ou un repas selon, histoire de pouvoir dans un moment de convivialité échanger sur la lecture et plus si affinité…

Dernier détail et pas des moindres, il doit prévoir le gîte et le couvert (petit déjeuner compris) au lecteur. Le lecteur ? En effet ce n’est ni l’accueillant, ni vous, ni moi qui faisons la lecture.

Ce sont un ou parfois deux comédiens professionnels qui donnent leurs voix, le ton et le souffle aux mots et aux textes qu’ils choisissent eux-mêmes. Ce sont toujours des textes d’auteurs vivants, français ou étrangers et bien évidemment édités. Le lecteur arrive entre une heure et une heure trente avant la lecture chez l’accueillant et la lecture elle-même dure entre 45 et 75 minutes. « Détails » importants, les salaires et frais de transport des lecteurs ainsi que les droits d’auteurs sont pris en charge par « Livre au Centre », sachant qu’ils sont désignés pour la lecture, par cette organisation.

Ce samedi soir 22 mars à Douchy, c’est Ghislaine Agnez du Théâtre de l’Antidote, d’Orléans qui nous proposa la lecture autour de la poésie. Celle-ci s’exerça en deux séquences très différentes mais du même auteur : Jean-Pierre Siméon. La première, un texte introductif sur la poésie elle-même dont l’objectif de l’auteur est de tordre le cou aux idées reçues et aux a priori de beaucoup d’entre nous sur la poésie et qui tend à mettre à l’aise et permettre une écoute libre et tranquille de ce style d’écriture. La seconde, la plus longue, fut « lettre à la femme aimée au sujet de la mort ».

Une fois terminée la lecture, il fallut quelques minutes à l’auditoire pour se réapproprier la parole. Ensuite, chacun y est allé de son commentaire. Comme dans le Gâtinais beaucoup en milieu rural font leur cidre, les langues se sont déliées autour des verres, aux cidres différents en couleur et en goût, le tout autour d’un buffet ou chacun avait apporté sa contribution. Bref, tout était bien, je vous souhaite pour l’hiver prochain de vous retrouver un soir autour de la 3ème édition des milles lectures d’hiver… Que du bonheur… simple et convivial, autour de l’écoute, de la rencontre et de l’échange…















"La lectrice Ghislaine Agnez du Théatre de l'Antidote"

Pour contact: Livre au Centre  +33 (0)2 54 72 27 49

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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 14:02
Poème à Lou
Sans-titre---4.jpgAu soleil
J’ai sommeil
Lou je t’aime
Mon poème
Te redit
Ce lundi
Que je t’aime
Lou Loulou
Me regarde
Ce ptit Loup
Se hasarde
A venir
Voir courir
Sur ma lettre
Le crayon
Voudrais être
Un rayon
Qui visite
Mon ptit Lou
Vite vite
Je te quitte
Et vais vite
Sur Loulou


Guillaume Apollinaire
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22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 19:08
Divine Comédie

En ces temps intenses d’activité de campagne d’élections municipales, je pense et crois absolument nécessaire de trouver quelques instants de respiration, histoire de s’aérer la tête.

Sur le thème de la Divine Comédie, je me suis trouvé invité Vendredi soir dernier au vernissage d’une exposition d’arts plastiques, proposée par le théâtre du Cormier, à Lorris dans le Loiret, à une vingtaine de kilomètres de Montargis, sur la route de Sully-sur-Loire (à vos cartes !).

Je ne suis pas critique d’art, ni même expert. Je suis seulement comme chacun d’entre nous, sensible à l’émotion que me procure (ou pas) une peinture, une sculpture, une photo ou une expression artistique quelle qu’elle soit. Sans doute suis-je sensible à l’équilibre des couleurs et de la matière, au support ou encore à la façon impulsée par l’artiste lui-me_MG_4939.jpg. Toujours est-il que je suis tombé sous le charme de la peinture d’Armelle et des sculptures de José Pinon, dont les œuvres ont été mises en scène et en lumière par le comédien Gilles Jouanneau, maître des lieux. Ambiance…


gourmandise.jpg_MG_4948.jpg
Au programme de l’expo, les sept pêchés capitaux en photos, projetés sur grand écran (2,5 mètres sur 2,5 mètres). Leur auteur, Jérôme Combe, a du être aussi frustré que moi, pour raisons techniques, l’installation de projection n’était pas opérationnelle lors de ma visite, donc pas de photo. Promis, depuis c’est en place et bien visible.

D’ici le Dimanche 27 janvier, pour celles et ceux qui ne sont pas trop éloignés de Lorris (encore que…), l’exposition est ouverte : Jeudi 24, Vendredi 25 janvier, de 17h à 19h, et Samedi 26 et Dimanche 27 janvier, de 10h à 12h et de 15h30 à 19h.Le théâtre du Cormier est au centre rural d’action culturelle et théâtrale (CRACT) sur le côté droit de la Mairie, au 29, Grande rue, Lorris. Prix d’entrée : 2,5€ avec boisson et gâteaux !

Armelle dispose d’un Blog : http://artmel-galery.over-blog.com
Jérôme Combe également : http://jeromecombe.eu
José Pinon 02 38 55 99 31
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Présentation

  • : le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  •   le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

Liste Des Pages

VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

Catégories

Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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2012-08-06 Bretagne 5 022