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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:44

Allo, j’écoute ?


Voici l’essentiel de mon intervention au Conseil municipal du 2 septembre…

D’abord je tenais à vous remercier de m’avoir transmis le 20 juin dernier un document sur les résultats des mesures des émissions d’ondes concernant les antennes de téléphonie mobile sur les immeubles de la société Hamoval. A la lecture de ces résultats deux remarques.

La première, même si tout semble normal selon l’actuel protocole de l’Agence Nationale des Fréquences, on observe de fortes, voire de très fortes disparités d’une antenne à l’autre ; la seconde, les mesures transmises datent de 2003 (anciennes de 5 ans). Depuis, nul ne peut ignorer non seulement le développement de la téléphonie mobile mais aussi son évolution technologique. Ainsi les fréquences émises (UMTS) représentent en terme d’ondes le double par rapport à celles de 2003 (GSM). Il en va de même de la puissance des antennes relais et qui doivent passer de 35 000 stations de base GSM à 100 000 stations UMTS. Ainsi Montargis et plus largement l’Agglomération n’échappent pas à ces évolutions.

Comme pour le nucléaire, nous sommes confrontés à un silence assourdissant du monde scientifique sur les « faibles doses ». A long terme c’est un vrai problème de santé publique. Mais personne, ne doute que les enjeux industriels et financiers ne sont pas étrangers à ce silence. Il y a 15 ans, sur l’amiante, officiellement il n’y avait pas de soucis pour la santé, alors que scientifiquement l’on connaissait sa nocivité depuis le début du 20ème siècle.
Faire de la politique c’est anticiper. Nous élus(es), il nous faut gérer collectivement et dans la proximité l’incertitude scientifique. Il faut le faire dans la clarté, avec prudence, sans excès mais avec attention et précision, afin que nul ne puisse ignorer ce sujet et ses développements autour de chez lui.

Les questions posées le 11 avril ne se résumaient pas aux seules expertises du rayonnement électromagnétique. Elles restent très largement sans réponse de la part du maire.
Je propose de mettre en place (ce qui existe déjà dans de nombreuses collectivités de France) une Charte locale de téléphonie mobile, qui doit se négocier et se signer en toute transparence entre l’Agglomération, les opérateurs, les bailleurs et des représentants de la population (les parents d’élèves, les associations de consommateurs, etc…). Les Verts feront des propositions précises au Président et au Conseil de l’Agglomération.

Dans l’intérêt général de tous, j’espère être écouté et entendu positivement.
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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:38
 Enfin toi


Cette lettre à Ingrid, je l’ai écrite début août, c'est-à-dire une fois passés les jours d’euphorie qui ont suivi sa libération. Pour avoir suivi son internement dès le premier jour j’ai tenu à lui exprimer mon ressenti à sa libération. C’est important de se dire les choses pour le pire mais aussi pour le meilleur. Pour se parler, il n’y a pas que l’instant de l’événement. A ce jour je n’oublie pas toutes ces années.

 
Pour tous ceux qui pensaient à toi et espéraient ta libération, ce 2 juillet fut la divine surprise tant attendue depuis longtemps. Sans doute comme beaucoup d’autres, j’ai reçu la nouvelle avec la joie de te savoir libre, mais aussi avec un fond d’incrédulité. Trace probable d’espoir toujours déçu. Mais ce 2 juillet, ta libération était bien réelle. Tu étais enfin libre et à l’impossible, le possible s’était substitué et imposé après tant de fausses alertes suivies de cruelles déceptions, reportant toujours à plus tard l’espoir de ta liberté. Le bonheur ! Et comme l’a si bien formulé l’ex-otage d’Irak, Florence Aubenas : « Noël en juillet ».

Ta libération nous l’espérions tous, sans bien évidement en deviner les contours, quand ? où ? comment ? Les scénarios étaient multiples. De plus, avec les années s’imposait à nous cette lancinante question : dans quel état ? vivante, mourante, …morte ?

Sûr, ton internement n’avait rien de commun avec notre liberté de mouvement. Le décalage était flagrant. Chacun de nous évoluait dans des mondes tellement différents. Pourtant chacun à sa place pensait à l’autre. Ce lien invisible et pourtant bien réel échappait à tes geôliers. Ils pouvaient tout contre toi. Tout, sauf couper ou effacer cette complicité invisible entre toi et nous. Complicité qui chaque jour un peu plus gagnait en intensité chez ceux, qui en liberté, criaient ton nom afin que nul n’ignore ton sort et celui de tes compagnons d’infortune. Sans doute la solidarité ne peut pas tout pour les victimes. Il faudrait être naïf pour le croire. Mais du moins, elle leur témoigne publiquement, amour, amitié et soutien dans le cadre du possible de chacun.

Combien sont-elles ces personnes dans l’histoire humaine dont la vie a basculé d’un coup dans l’horreur sous le regard absent et transparent des autres ? Alors tout, sauf l’indifférence. Surtout ne pas se taire en laissant faire. Pour moi, c’est tellement évident que je ne disserterai pas sur le caractère inacceptable de la domination de certains sur leurs semblables au nom de je ne sais quelle cause, croyance, idéologie ou profit. Dans tous les cas de figure, que des individus disposent par la force de la liberté et de la vie des autres n’a aucune justification rationnelle pas plus que l’humiliation, la maltraitance ou l’exécution.

On n’a qu’une vie, précieuse, bien à nous, forte et si fragile à la fois… La prise d’otage est obscène. C’est pourquoi dès le premier jour de ton enlèvement, nous souhaitions ta libération. Ainsi après six ans, quatre mois et neuf jours, c'est-à-dire 2321 jours d’internement dans ta prison végétale, cette libération nous l’espérions toujours et la revendiquions avec toute la force qui nous était possible. Nous l’espérions, pas seulement pour la femme politique que nous connaissions, mais simplement pour l’être que tu es. Dans de telles circonstances, on peut imaginer qu’on ne triche pas avec soi-même. On ne joue pas un rôle. Confronté à soi-même on est soi-même ni plus ni moins, avec ses forces et ses faiblesses.

Ta libération nous l’espérions aussi pour tes proches les plus chers. Ta mère Yolanda Pulecio qui, de Bogota se mobilisa, organisa et mit en ondes la résistance en direction des otages. Ta sœur Astrid qui occupa toute sa place dans cette résistance et avec laquelle j’ai eu l’occasion d’échanger directement quelques mots par téléphone lors d’une manifestation de soutien au conseil Régional. Ton second mari, Juan Carlos Lecompte qui dès 2002 parcouru le monde dans tous les sens pour organiser des réseaux de soutien. Et bien évidement tes deux amours, je veux dire tes enfants, Mélanie et Lorenzo qui ici en France avec dignité et pudeur n’ont eu de cesse de crier à la fois leur désespoir et l’espoir du retour de celle qui leur manquait si fort et au destin si incertain. Bien involontairement tu les as quittés adolescents. Libre, tu les retrouves adultes. Durant ces six années ils ont grandi et se sont construits avec l’immense présence de ton absence de par la résistance qu’ils ont opposée à l’internement de leur mère. Ils n’ont jamais renoncé. Ce passage de leur vie est gravé à jamais dans ce qu’ils sont et seront plus tard. Leur adolescence n’aura été en aucun cas inconsciente et légère, alors qu’en même temps elle leur donnait tous les culots et qu’au final, ils t’ont retrouvée.

Durant tout ce temps, ils ont été soutenus par leur père Fabrice Delloye qui lui aussi de France n’a pas ménagé sa peine pour chercher une issue favorable. Je n’oublierai pas celui qui n’a pas pu de serrer dans ses bras le soir de ce 2 juillet, cet absent n’est autre que ton père Gabriel Betancourt qui est décédé le 24 mars 2002, soit pratiquement un mois après ton enlèvement. Mais nul doute que lui aussi tu l’as serré dans tes bras au plus profond de toi.

Je voulais te dire que durant tout ce temps, notre soutien ne t’a jamais séparé de Clara Rojas ni des autres otages qu’ils soient colombiens ou d’ailleurs. Sans doute, tous ne bénéficient pas de la même mobilisation donc du même soutien. Il en fut ainsi pour toi aussi. En France, la mobilisation pour ta libération ne fut pas égale de 2002 à 2008, loin s’en faut (voir sur ce Blog « De Florence à Ingrid »). Néanmoins chacun de nous fait de son mieux pour n’oublier personne. Ce n’est ni simple, ni facile dans un contexte mondial dominé par l’injustice et la violence. Comment être partout ?

Passés la surprise, l’émotion et le bonheur des premiers moments de liberté retrouvée, une nouvelle réalité va s’imposer à toi. Sans aucun doute la vie continue, mais très probablement ne sera-t-elle plus celle d’avant. Après tout ce temps comment pourrait-elle l’être alors que bien des choses se sont passées et ont été vécues différemment par les uns et les autres ?

En effet, la captivité est une tragédie à deux faces. L’une pour le détenu, l’autre pour son entourage si bien que d’un tel événement personne ne sort indemne. Il y a donc bien un « avant » et un « après ». Ainsi immanquablement vous allez vivre, les tiens et toi, une période non seulement de retrouvailles mais surtout de réadaptation, plus ou moins longue afin que chacun retrouve une place dans cet « après ». Alors ce temps, je te le souhaite, je vous le souhaite le moins difficile et douloureux possible.

Je connaissais ton engagement politique que j’appréciais avant que ne te soient imposées ces six années d’internement et de maltraitance. Mon soutien pour ta libération n’a pas d’exigence ni de contrepartie, pour aujourd’hui et pour demain. Pas plus que je n’attends de toi un comportement particulier. Tes choix t’appartiennent. Ils sont ceux d’une femme redevenue libre et quels qu’ils soient je les respecterai. Jamais je ne perdrai de vue que ces temps de captivité seront toujours là en embuscade quelque part en toi et avec lesquels de toi à toi tu composeras. N’est-ce pas cela aussi le « après » ?

Pour en terminer avec ton retour, je tiens à te remercier d’avoir vécu et survécu à cette épreuve et d’en sortir apparemment en bon état physique. Je te remercie d’avoir pu résister à la toute puissance armée de tes ravisseurs. Je te remercie d’avoir pu conserver en toi toute la force de ta liberté, celle-là même qui au plus profond de l’être est inaliénable quelques soient les circonstances y compris dans les pires instants. Merci d’avoir pu dominer ces 2321 jours. Pour tout cela je tiens à t’exprimer tout le respect que tu m’inspires. Je reste mobilisé pour que tout ceux, qui de par le monde sont « prisonniers otages », recouvrent la liberté.


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Publié par Burgunder - dans Coup de coeur
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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 17:55


On ne mange plus
On bouffe…


L’information sur les huiles frelatées m’est parvenue dans « contacts » par une lectrice de ce Blog. Dans le texte, était indiqué de faire suivre la nouvelle. Compte tenu des deux autres actualités autour du fromage italien, je les ai réunies pour vous les communiquer.

Il apparaît que ces multinationales de l’agroalimentaire importent au plus bas prix (ou gratuitement) des produits de mauvaise qualité ou carrément pourris alors que ce sont les mêmes qui vendent leurs produits au prix fort en geignant sur la hausse des matières premières. Ce sont les mêmes qui nous gavent de pub qui vantent la « qualité » de leurs saloperies à bouffer.

Saloperies sur-emballées de cartonnages et plastiques aguichants qui encombrent nos routes et nos déchetteries. Saloperies encore, puisque produites par des personnels surexploités et corvéables à merci (délocalisations), quand en France même ils ne subissent pas un chantage permanent à l’emploi.

Et bon appétit pour la grande bouffe…


Au départ, c’est le Canard enchaîné qui a révélé l’affaire dans son édition du 14 mai 2008. D’autres titres de la presse écrite nationale ont relayé l’information ainsi que France-Inter. Depuis…silence ! On ne parle pas en mangeant.

Dans son édition suivante, le Canard a publié une liste de marques et de produits concernés, et là, silence dans la presse nationale, publicité oblige, probablement.

De quoi s’agit-il ? Il y a quelques mois, un lot de 40 000 tonnes d’huile de tournesol a été acheté à petit prix en Ukraine par la société Saipol, propriétaire de la marque Lesieur. En société intermédiaire, l’acheteur revend son huile à d’autres multinationales de l’agroalimentaire.

L’affaire commence lorsqu’un contrôle a posteriori révèle que ce lot d’huile de tournesol n’est pas tout à fait pur ; il révèle la présence forcément frauduleuse d’huile minérale destinée à la lubrification…de moteurs !!!

Il aurait été responsable de recycler cette huile à d’autres utilisations ou à l’expédier à la poubelle, plutôt que de l’utiliser pour la nourriture. Que croyez-vous qu’il arriva ? Et bien le pire. Ce gentil mélange néanmoins bien douteux ne serait pas plus que cela toxique… Les autorités françaises et européennes n’ont-elles pas estimé et décrété que tant que les produits dérivés de ce joyeux mélange n’étaient pas infectés au-delà de 10%, personne n’était censé tomber malade… Décision qui a permis en toute connaissance et bonne conscience à bien des marques alimentaires de distiller avec de l’huile de tournesol frelatée toutes les sauces possibles. Ainsi, les produits les plus susceptibles de contenir cette huile empoisonnée sont : les mayonnaises, les taramas, les sauces béarnaises, les chips, les vinaigrettes allégées, les surimis, les céleris rémoulade, les soupes de poissons en conserve, les poissons panés, les paupiettes de veau, les thons et sardines à l’huile, les pâtes à tartiner chocolatées, les gaufrettes à la confiture, les barres céréalières et sucrées pour les enfants …(cookies), produits par les marques Lesieur et du groupe : Fruit d’Or, Epi d’Or, Frial, Isio 4, Oli, Carapelli, Saupiquet, ainsi que les marques du groupe Unilever comme : Amora, Planta Fin, Maille, Knorr, Magnum Miko…

Sur les 40 000 tonnes de cette huile polluée, la France doit s’en manger plus de 5000 tonnes, soit presque 100 grammes de cochonnerie par habitant, à s’ingurgiter. Si les Français se bouffent du merdique, les Grecs s’en sont épargnés puisque dès janvier 2008, la Grèce a retiré du marché tous les lots des produits concernés. Bon exemple alors qu’en France dans nos hypermarchés, il y a peut-être et toujours des produits contaminés à l’huile de moteur !

Qu’en pense la profession ? En réalité, l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) n’a qu’une obsession, c’est que l’huile frelatée ne fasse pas tâche, si bien qu’il est urgent de faire silence sur cet événement. Au plus fort de la crise l’ANIA dans ses notes internes révèle sa « riposte » et organise son silence tout en s’inquiétant de l’ampleur éventuelle des réactions médiatiques et par conséquent des consommateurs : « Il a été décidé hier en réunion de crise de ne pas répondre au Canard Enchaîné formellement. Un projet de communiqué de presse, préparé la semaine dernière, a été réactualisé ». Il est écrit que ce communiqué ne serait pas diffusé en proactif et ne le serait qu’en fonction de nouvelles réactions des médias. Cependant l’inquiétude règne chez les industriels et se manifeste dans la note : « Par rapport à l’article de mercredi dernier, cette nouvelle parution n’apporte pas d’éléments clefs supplémentaires et n’est pas à la Une du journal (Ouf…). En revanche, de nombreuses marques sont citées, ainsi qu’une liste à la Prévert de nombreux produits incorporant de l’huile de tournesol, ce qui n’était pas le cas la semaine dernière mais que l’on craignait… ». Pas rassurés, tout de même…et grosse inquiétude.

Seulement cette affaire n’est pas isolée. Le 28 mars dernier, le gouvernement italien annonce retirer du marché l’un de ses fromages (la mozzarella) qui serait susceptible de contenir de la dioxine. Ainsi, il s’agirait - tout en minimisant l’ampleur de la contamination - de « redonner des assurances aux consommateurs italiens et étrangers » tout en répondant aux mises en demeure de la Commission européenne qui la veille encore jugeait « insuffisantes » les mesures prises par l’Italie mais qui se déclare satisfaite des mesures annoncées le lendemain et « ne voit pas de raison de prendre d’autres mesures au niveau européen ».

Seule la mozzarella à base de lait de bufflonne dispose d’une appellation d’origine contrôlée et ce sont en Italie environ 1900 élevages de bufflonnes qui permettent de produire le précieux lait indispensable à la fabrication de ce fromage.

Début 2008, soixante-six de ces élevages sont placés sous séquestre provisoire, bientôt rejoints par quatre-vingt-trois autres placés sous surveillance. Prétexte, la teneur en dioxine du lait dépassait les normes admises. Ces dioxines seraient la directe conséquence de la crise provoquée par les ligues mafieuse autour des déchets de la région de Naples. Le sol étant gravement contaminé par les enfouissements illégaux et l’incinération sauvage. L’affaire n’est pas nouvelle puisqu’en 2003 toujours près de Naples, six mille vaches avaient été abattues. Leur lait destiné à la production de la mozzarella contenait un taux de dioxine dix fois supérieur aux normes européennes. Néanmoins selon l’Etat italien et les producteurs, la mozzarella labellisée en aucun cas (juré, craché) n’a jamais été contaminée malgré ces événements (c’est un peu comme le nuage de Tchernobyl à la frontière française)….

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule. En France, le ministre de l’agriculture fait remarquer que l’affaire est déjà ancienne même si elle éclate au grand jour aujourd’hui. « S’il y avait eu le moindre risque aujourd’hui pour le consommateur, la Commission européenne aurait émis une alerte aux vingt-sept Etats membres. Ce qu’elle n’a pas fait » dit le ministère. Pas rassurant du tout quand on sait que Bruxelles est sous l’influence et la pression de tous les lobbies.

En novembre 2006, les policiers de la Guardia di Finanza de Crémone alertés par une odeur nauséabonde arrêtent un poids lourd à Castelleone (Italie). Il contient du fromage semi-ouvré dans un état de putréfaction avancé. Ce chargement peu ragoûtant, transitait entre la société Tradel, à Casalbuttano, et la société Megal, près de Novare, toutes deux propriété d’un certain Domenico Russo à l’évidence un patron voyou. De suite, la justice transalpine ouvre une enquête qui se poursuit toujours. Elle pousse ses investigations hors d’Italie et découvre des agissements inquiétants de quelques entreprises fromagères dans plusieurs pays européens, à la hauteur de l’odeur de l’objet du trafic. C’est toute une filière de contrefaçon qui recyclait et retravaillait du fromage avarié et pourri pour lui redonner un aspect et une odeur de « qualité ».

Une quarantaine de multinationales italiennes (Galbani, Grana Rolo, Catermartori ou encore Berescialat) britanniques, allemandes et autrichiennes sont impliquées. Au lieu de détruire leur fromage avarié ou périmé elles ont réintroduit ces marchandises dans le circuit commercial et particulièrement dans les magasins et les supermarchés discount de toute l’Europe. En deux ans ce sont au moins 11 000 tonnes, plus les 3000 tonnes vendues au noir qui furent ainsi recyclées par quatre sociétés basées en Italie (3) et Allemagne (1) appartenant au même homme d’affaires Sicilien. Avec un chiffre d’affaire estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, ce commerce illicite particulièrement fructueux s’est organisé autour de la récupération de fromages avariés et pourris devenus immangeables pour en faire des produits de première qualité. Ainsi ces déchets, par la contrefaçon, re-devenaient du fromage en tranches, fondu ou râpé, de la mozzarella (décidément), du gorgonzola et autres spécialités fromagères italiennes. La société Tradel rassemblait, désemballait et entamait la première étape du retraitement. La société Mégal mélangeait et confectionnait les « nouveaux produits ».

L’enquête et la mise sur écoute des sociétés de contrefaçon ont révélé que ce trafic était « couvert » par le service de prévention vétérinaire des autorités sanitaires de Crémone en Lombardie, qui est un centre agrocommercial et industriel important d’Italie. Crémone fut jadis un haut lieu de luthiers célèbres comme Stradivarius, les temps ont changé…

Les écoutes ont également révélé le cynisme absolu des trafiquants. Non seulement le fromage retravaillé était qualifié de « merde » par les patrons mais ces individus se lâchaient en toute bonne conscience « la marchandise avec laquelle nous travaillons est, comme tu le sais, entièrement périmée » dit l’un, et l’autre de rétorquer « ça c’est leur problème » en désignant les fournisseurs. « Si la marchandise a des défauts, après moi, j’arrange tout, je nettoie, je rafistole… ça reste entre toi et moi » précisait le fameux Domenico Russo (déjà cité) à un chef d’entreprise de Campanie. Mais toute la chaîne humaine de production est « contaminée », je veux dire informée. Le procès verbal rapporte que les ouvriers et employés étaient au courant. « Vous n’avez jamais signalé à quelqu’un que les produits étaient périmés ? » demande-t-on à une employée administrative. Sa réponse est sans équivoque : « Non, tout le monde savait » !!!

Depuis deux ans, l’enquête se poursuit toujours, menée par la police financière de Crémone. Trois personnes ont été arrêtées et une dizaine d’autres pourrait être inquiétée. Une perquisition a été effectuée le 5 juillet dernier dans une fromagerie du sud de l’Allemagne. On attend les résultats…

En attendant, le procureur au parquet de Crémone Francesco Messina outre le scandale financier écrit dans son ordonnance que nous sommes face à une véritable bombe sanitaire pour les consommateurs. Rassurant, non ?

Ce qui ne l’est pas, rassurant, c’est que des chefs d’entreprises, dans le seul but de faire des profits faciles, fassent n’importe quoi en parfaite connaissance. Rien sur la « traçabilité » et qu’importe si les produits qu’ils achètent et revendent sont trafiqués ou de la « merde » comme ils le disent eux-mêmes.

Ce qui n’est pas rassurant non plus c’est que ces « affaires » aujourd’hui visibles en cachent probablement beaucoup d’autres. Quand on sait que sept jeunes sur dix d’Ile-de-France ont des traces de pesticides dans leurs urines, c’est révélateur d’un dysfonctionnement grave dans la chaîne alimentaire et sanitaire. Alors, n’hésitez pas à faire circuler ces informations et boycottons durablement ces marques qui trafiquent et nous sacrifient sur l’autel du profit.
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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 17:36
L’article des Verts
auquel vous avez échappé



Rater une opportunité sur une communication grand public par le groupe Vert du Conseil régional du Centre, aurait pu relever de l’anecdote, si ce loupé n’était pas révélateur de la difficulté de ce groupe d’exprimer les faits. Pour moi, c’est symptomatique et problématique…


Le Conseil Régional du Centre vient de publier le numéro un de son magazine. Seize pages format A4, quadri, papier recyclé, agréable au touché. Un rédactionnel et une mise en page facile à lire à tout public. Du bel ouvrage, bien réussi. Tirage de ce numéro: 403 000 exemplaires et diffusé gratuitement.

La page 15 est consacrée à la libre expression des groupes politiques. Le nombre de signes (intervalles compris) des articles est au prorata du nombre d’élus(es) des groupes. Avec 8 élus(es), les Verts ont donc droit à quelques lignes.

Mais n’est pas communiquant qui veut et chacun sait que les Verts ont un problème avec la communication. En attendant le Groupe Vert du Conseil Régional s’est exprimé sur sa volonté au sein de la Majorité d’introduire « une nourriture garantie sans OGM avec un recours croissant au bio, c’est possible… et de citer en exemple les 400 000 repas bio servis dans les lycées de Poitou-Charentes en 2006…

Pourquoi ne pas avoir pris comme exemple l’initiative Verte des 300 000 repas bio qui dans 6 CFA (Centre de Formation pour Apprentis) de la Région Centre sont servis comme en Poitou-Charentes à titre expérimental depuis 2006 ?

Dommage de ne pas l’avoir écrit à 403 000 exemplaires. Mais c’est vrai que la soupe est toujours meilleure chez les autres. C’était une belle opportunité de sortir de la clandestinité une action régionale initiée par les Verts.





Tout ce qui est écrit dans le journal n’est pas forcément vrai et surtout, tout n’est pas écrit, chacun sait cela. Ce qui est valable pour la presse écrite grand public l’est aussi pour la « Lettre des élus Verts au Conseil Régional du Centre » à propos de son numéro 14 (juillet 2008).

Tirée à 400 exemplaires pour les adhérents Verts de la région Centre (tirage confidentiel), le comité de rédaction à la majorité a décidé de ne pas publier le texte ci-dessus. Faut-il pleurer, faut-il en rire ? J’ai choisi d’en sourire mais de ne pas rester silencieux tant ce choix me parait significatif d’un langage convenu.

Ce texte censuré pointe une bavure manifeste de communication grand public du groupe Vert. Il ne désigne personne comme responsable. Il n’est pas insultant et considère que c’est une affaire collective du groupe. De plus, il donne une information d’importance (voir le texte) sur une initiative Verte dans la région Centre.

Dommage que ces quelques lignes soient vécues comme des gros mots et soient interdites de lecture aux adhérents verts. N’est ce pas sain de pouvoir se dire clairement et librement entre nous (400 exemplaires !) que sur ce coup « on n’a pas été bon » ? Ne pas le dire en s’autocensurant délibérément revient à démontrer que la politique institutionnelle rigidifie les hommes et les groupes. Ne peut-on pas faire de la politique simplement et sérieusement sans se prendre au sérieux ?

Que sont devenues l’impertinence, l’autocritique et l’autodérision qui furent longtemps le sel de la gouaille de l’expression verte ? Les Verts seraient-ils à leur tour les victimes inconscientes de l’autocensure rampante de l’air du temps ?

Alors que nous sommes face à des enjeux éco-sociétaux mondiaux et locaux de première importance, gardons-nous de ne pas confondre rigueur et rigidité et de ne pas pratiquer la langue de bois de la désinformation. Conservons notre capacité d’information factuelle, dans le respect des individus. Ce n’est pas un détail, car ce qui est écrit intervient dans l’appréciation du lecteur. Le moins que l’on puisse dire, c’est que dans ce domaine de l’information, rien n’est neutre. Ces dysfonctionnements rédactionnels doivent nous alerter pour l’avenir. Ne pas les entendre et en tenir compte serait à plus ou moins long terme la fin des haricots (verts bien évidemment).
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Publié par Burgunder - dans Politique
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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 11:10


Vers une révolution culturelle…


Le Jeudi 19 juin, lors de son Assemblée plénière, le Conseil Régional du Centre a voté à une très large majorité (sauf le FN) son Agenda 21. Lors de la session d’octobre 2007, j’étais intervenu au nom du groupe Vert (voir sur ce Blog : Charte Régionale du développement Durable - Autour de l’Agenda 21 du Conseil Régional). Durant cette session, je suis à nouveau intervenu. Intervention qui précise le contexte et les modalités de l’élaboration puis de la mise en action de cet Agenda. Ces deux interventions sont complémentaires. Lors des accords électoraux avec nos partenaires PS, PC et PRG pour l’élection de 2004, les Verts avait fait de l’Agenda 21 une condition d’accord incontournable. C’est Agnès THIBAL, Vice-Présidente chargée de l'Environnement, du Développement Durable et de la Loire (Verte), qui depuis 2004 porte ce dossier.


Issu directement de la Charte Régionale du Développement Durable votée dans cette Assemblée en décembre 2003, aujourd’hui ce vote de l’Agenda 21 de la Région Centre est une étape importante pour notre collectivité, son territoire et ses habitants.

Sans doute à nous seuls, n’allons nous pas sauver la planète. Néanmoins c’est la juste et solidaire contribution de notre collectivité régionale à la communauté humaine pour tenter de sauver le caractère vivable de la planète. Pour rappel, lorsqu’en mars 2006 nous avons ici même décidé d’élaborer un Agenda 21, nous mettions notre collectivité en conformité avec la loi constitutionnelle relative à la Charte de l’Environnement adoptée par la France le 28 février 2005 qui stipule que : « les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social ». Une revendication déjà ancienne des Verts.

A propos, si beaucoup ne retiennent des écologistes que le caractère environnemental de leur action, c’est tout simplement que les décideurs de toute nature et de tous bords ne considéraient l’environnement, et le considèrent parfois encore, au-delà de l’effet de mode, que comme une problématique secondaire, voire annexe. Une histoire de parcs et jardins en quelque sorte. Sauf que, pas de progrès social et une économie totalement dérégulée puisqu’on en arrive aujourd’hui à privilégier les réservoirs de nos voitures à l’alimentation des populations. Gare que, dans un avenir plus ou moins proche par une fiscalité environnementale au nom de l’adoption de comportements vertueux du consommateur, on voit surgir par des générations nouvelles de bonus-malus, des dispositifs très discriminatoires vis-à-vis des catégories les moins favorisées de notre société. Prenons garde à ce que les plus pauvres qui faute de moyens pour leur habitat ou véhicules (pensons aux ruraux) ne pourraient devenir vertueux et ne subissent pas des malus punitifs qui permettraient aux plus aisés de s’acheter une vertu. Ce serait une écologie de classe, ce que nous n’acceptons absolument pas. Dis-moi quelle économie tu développes je te dirais quelle écologie tu imagines et quel social tu pratiques. Pourtant ce sont bien là de vrais enjeux de société.

En octobre dernier j’étais intervenu dans cet hémicycle pour le Groupe Vert à propos de la communication sur l’Agenda 21, la Terre était alors déjà un village mais depuis ne trouvez-vous pas que ce village se rétrécie chaque jour un peu plus ? Prix de l’énergie, crise alimentaire, migrations de populations de continents à continents toujours plus importantes, climat dérégulé, etc…

D’octobre à aujourd’hui, que d’événements et que de bouleversements en accéléré et dont nous ne mesurons pas encore les bouleversements à venir, pour vous, pour elle, pour lui, pour nous, pour eux, pour moi. La vraie question qui se pose aux humains et donc aux politiques, c’est de savoir si nous allons infléchir notre type de développement dominant et particulièrement nos mentalités, suffisamment rapidement avant d’être rattrapé par une réalité immaîtrisable qui s’imposera à nous de façon brutale. Nous sommes dans une course de vitesse. Si nous ne dominons pas ces crises et que nous les subissons, les conditions de pouvoirs autoritaires sont réunies. Qu’en sera-t-il demain de la bousculade autour du dernier verre d’eau ?

En élaborant cet Agenda 21, la Région Centre a pris ses responsabilités et s’est emparée avec volonté des problématiques qui se posent à notre société, à notre civilisation. De plus, nous nous félicitons que ce plan d’actions s’adosse sur les trois piliers du développement durable à savoir : l’économie, le social et l’environnement. Le tout dans une démarche de concertation et de participation la plus ouverte qui soit, et ce durant des mois. Ainsi tous les élus, le CESR, les partenaires toutes catégories confondues et jusqu’à la population régionale. Les Verts se félicitent de cette large participation, sans cesse appelée de leurs vœux. Participation déjà en œuvre sur des dispositifs régionaux comme le PRDF, le SRDES et d’autres encore.

Ce cadre stratégique s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue de l’action de notre collectivité sur l’ensemble de ses interventions dans tous les domaines. Ainsi, il permet de situer ces actions dans un référentiel global qui s’appuie sur des éléments de méthode structurant qui introduisent non seulement la participation des acteurs mais avec une organisation du pilotage, mais encore la transversalité de la démarche, l’évaluation et une stratégie d’amélioration continue. Dans votre rapport présentant l’Agenda 21 vous écrivez Monsieur le Président que c’est autour de cette notion d’amélioration continue que cet Agenda nous sera le plus utile. A propos des éléments de méthode vous écrivez encore qu’ils n’auraient rien de « révolutionnaires ». Sans doute nous ne sommes pas sur le Potemkine et pourtant… En octobre dernier, j’exprimais ici même « qu’en renforçant la participation des acteurs du territoire, la transversalité, l’organisation du pilotage, l’évaluation et une stratégie d’amélioration continue en croisant en permanence l’économie, le social et l’environnement, nous entrons dans une révolution culturelle de la construction des politiques publiques jusque là verticales et tellement cloisonnées ». J’ajoute aujourd’hui qu’à terme c’est d’une révolution des mentalités dont il s’agit, et j’en veux pour preuve les résistances qui existent encore nombreuses, autour de ces pratiques émergentes d’animer la vie publique. Résistances faites de scientisme sectaire pour les uns, de rigidité institutionnelle pour les autres ou l’affairisme débridé pour d’autres encore. Ils sont encore nombreux, ceux qui ont de bonnes raisons de ne pas bouger ou de bouger dans des logiques de continuité en s’aménageant de ci de là des espaces de bonne conscience. Mais l’utopie d’aujourd’hui ne serait-elle pas d’imaginer poursuivre pour demain les développements d’hier repeint en vert ? Quelques principes durs de réalité risquent un jour de les prendre de cours. Ils seraient alors responsables et coupables.

Voilà en quoi le long travail d’élaboration de l’Agenda 21 proposé aujourd’hui est une révolution silencieuse et un apport de progrès considérable à notre collectivité.

Ce document est riche, sans aucun doute imparfait mais n’oublions pas et prenons en compte que les références sont rarissimes sur ce sujet et que nous sommes au début de cette démarche innovante. Il ne s’agit pas de construire un monument qui serait la référence de tout et sur tout. Si tel était le cas nous aurions échoué. Ce n’est pas un monument que nous construisons mais le mouvement et le mouvement ne s’arrête jamais. Une fois passée l’étape du vote de ce document, restera toujours à l’ajuster, à le faire vivre, à l’enrichir, à l’évaluer à l’aide d’indicateurs de réalisation et de résultats qui nous permettront d’en connaître plus sur la pertinence des politiques régionales à la fois sur la quantité et sur la qualité, afin de mieux suivre l’évolution de notre territoire régional.

Un mot sur les propositions pour impliquer les habitants de notre région et en particulier la proposition 4 « connaître et préserver la nature ». En octobre 2002 la région Centre a été la première à voter un vœu contre la culture des OGM en plein champ. En décembre 2004 c’est un rapport sur le même sujet qui fut adopté en séance plénière.

Il se trouve que le 22 mai dernier seuls les parlementaires UMP (et pas tous) ont adopté une loi qui autorise le principe de la liberté de produire et de consommer « avec ou sans OGM ». Bonjour le Grenelle de l’Environnement !!! Sans doute un jour auront-ils des comptes à rendre à la justice nationale voire internationale.

Donc, il est désormais clair (je ne refais pas ici le débat) qu’une proportion d’OGM, par dissémination, se retrouvera non seulement sur l’ensemble des cultures non OGM mais touchera obligatoirement la biodiversité qui est un enjeu majeur du devenir de la planète. De plus, on n’en mesure pas les conséquences réelles et ce d’autant plus qu’on ne connaît pas la surface des cultures OGM à venir. Il eut été important que les votes de cette Assemblée soient confirmés en direction des citoyens. Rien non plus sur les pesticides. De ces absences, doit-on y voir ici en Région Centre le poids incontestable et bien présent du lobbie pro-OGM ?

De toute façon un travail considérable a été collectivement produit pour atteindre l’étape d’aujourd’hui qui je le rappelle n’est pas une fin en soi, mais le début d’un processus évolutif et que nous allons devoir faire vivre. Cette construction collective nouvelle est le fruit certes imparfait de compromis, du fait même de la participation de nombreux acteurs de l’économie, du social et de l’environnement.

Les Verts se félicitent du travail effectué et de sa qualité. Bien évidemment ils soutiennent et voteront ce rapport. Merci à toi Agnès de porter ce travail, merci au Président et aux élus qui t’ont soutenu et qui soutiennent cet Agenda, merci aux agents des services qui s’impliquent dans ce travail, merci de la participation du Conseil Economique et Social Régional (CESR), merci à toux ceux qui d’une manière ou d’une autre participent à cet Agenda 21.

Je vous remercie.


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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 17:41

Les contradictions
du discours d’Orléans

Les « réformes n’attendent pas ». L’homme est pressé (à quel moment réfléchit-il ?). Le 20 mai dernier il fait une apparition éclair à Orléans où devant un parterre de chefs d’entreprises, de personnalités et d’élus, il s’est exprimé sur l’environnement : « un enjeu majeur » a-t-il dit. Sa venue à Orléans « n’a rien d’anodin » poursuit-il, qui d’après lui en terme de développement durable veut « donner à notre pays quelques décennies d’avance ». Moi, qui revient juste d’Autriche, Orléans ou pas, je peux vous dire que les décennies ne sont pas d’avance mais bel et bien de retard.

Et d’en appeler au Grenelle de l’Environnement et au mythe de faire avec des mots. Grenelle (référence à 68) c’est le sésame à tous les possibles et nous voilà de plain pied dans l’incantation présidentielle. Il y a « urgence écologique » d’où la nécessité de combattre le changement climatique, la réduction de notre biodiversité et toutes les formes de pollutions, et que l’Etat est aux avant-postes « avec une impérieuse obligation de résultats ». Ainsi les grands projets seront validés en fonction de « leur coût en carbone et de leur impact sur la biodiversité ». Justement parlons-en de la biodiversité. N’est-elle pas en cause dans la loi sur les OGM qui vient d’être votée par les parlementaires le 22 mai ?

Pour Sarkozy, les OGM ont pris « un tour tout à fait irrationnel ». En bon juriste qu’il est, le Président de justifier cette loi par le droit. Ne fallait-il pas transposer en droit français une directive européenne de 2001 (sous Jospin) qui pose le principe de la liberté de produire et de consommer « avec ou sans OGM » ? Mais la directive laisse aux Etats le soin d’organiser la coexistence sur le terrain, sachant que la dissémination est totalement occultée puisque le « sans OGM » n’est défini ni au niveau européen, ni par la loi française. A ce propos Sarkozy en appelle au futur Haut Conseil des Biotechnologies qui devra fixer le seuil du « sans OGM » à savoir que désormais quelque soit l’origine des produits cultivés, il y aura une proportion d’OGM non seulement dans la biodiversité mais dans les productions agricoles donc dans la nourriture. De plus, on n’évalue pas à ce jour, la surface d’OGM qui sera cultivée, et en conséquence absolument pas l’ampleur de la dissémination que cela va entraîner. Parions qu’on ne cessera pas de relever à la hausse le seuil maxima du sans OGM.

A propos des OGM, à Orléans, Sarkozy a estimé que cette question avait pris un « tour tout à fait irrationnel ». Pas irrationnel pour tout le monde. Les grands gagnants sont incontestablement les semenciers et les distributeurs puisque enfin à terme le marché s’ouvre légalement à eux et sans contraintes. L’indemnisation des agriculteurs « contaminés » ne sera-t-elle pas désormais à la charge des agriculteurs OGM ? Il est clair que les grands perdants de cette loi sont : la biodiversité qu’elle attaque ; le monde agricole, qu’elle divise et les citoyens de toutes catégories confondues à qui on impose de par la loi ce qu’ils refusent majoritairement. A propos, cette loi n’introduit-elle pas une discrimination dans le droit en créant un délit spécifique de fauchage d’OGM ?

Un mot sur la transparence, pour ceux qui la considèrent comme une avancée importante de cette loi de par la publication publique des parcelles cultivées en OGM, je réponds que l’ouverture du marché décomplexe totalement les pro-OGM dont l’objectif non-avoué est de banaliser ce type de culture, d’où la banalisation de la transparence tant réclamée, mais qui devient une auxiliaire incontournable. Pervers, non ?

Et Sarkozy d’en appeler une fois encore au Grenelle de l’Environnement : « le symbole réussi de régénération des choix publics, de rupture dans les méthodes de concertation, d’anticipation par rapport aux enjeux majeurs de la société ». Justement, Nicolas, dis-nous quel est ton projet de société et le type d’économie que tu soutiens et on te dira quelle écologie tu proposes. Et là encore avec les OGM on relève la contradiction entre le Grenelle (l’autre perdant) et la loi OGM. Le Grenelle ne proposait-il pas que les produits issus de l’agriculture biologique et à « haute valeur environnementale » entrent dans la restauration collective scolaire (20% d’ici 2012) ? Oui, mais du bio qui aura sa dose d’OGM puisque désormais le « sans OGM » en sera. Il y aurait bien là une contradiction dans « les choix publics » issus du Grenelle. Malin, non ?

Et si c’était la seule contradiction ? Quand Sarkozy ironise sur la vitesse du fret qui avoisine les 13 Km/h et qu’il amuse la salle au dépend du rail, pourquoi ne dit-il rien sur la grande misère des infrastructures de l’ensemble du Réseau Ferré de France (RFF) ? Ainsi, dans les cas les plus graves, ce sont plus de 1500 kilomètres de lignes qui sont sous haute surveillance avec la mise en place de ralentissement de vitesse pour éviter les déraillements. Au gouvernement depuis 2002, quelle fut l’action et les financements de la majorité UMP en direction de RFF ? Et Sarkozy, à Orléans de poursuivre son discours : « de nombreux emplois peuvent être créés dans les transports grâce au report modal vers le ferroviaire (…) ». Dans le même temps, le président Pepy de la SNCF, fort de son milliard d’euros de bénéfices en 2007, annonce que la SNCF s’apprête à réduire les effectifs de son activité fret (1500 suppressions de postes en 2008). Du rêve à la réalité en quelque sorte…

Sur la fiscalité environnementale que dit Sarkozy sinon que les consommateurs vont avoir la « possibilité d’adopter des comportements vertueux » ? Il dit, que d’ici la fin de cette année 2008 il y aura l’introduction dans cette fiscalité d’une contribution climat énergie sur les énergies fossiles… Attention, derrière la première génération de bonus-malus pourraient apparaître des dispositifs très discriminatoires vis-à-vis des catégories les moins favorisées de notre société, à la fois sur l’automobile mais également sur l’habitat (ancien en particulier). Gare, à ce que les plus pauvres qui à l’avenir ne pourraient devenir vertueux faute de moyens, ne subissent pas sous des formes diverses et variées des malus discriminants, permettant aux plus aisés de s’acheter une vertu. Ainsi, une écologie bien instrumentalisée fiscalement pourrait devenir une écologie de classe, ce qui est tout à fait socialement inacceptable. Les écolos ont toujours dit, que les désordres environnementaux de toutes natures touchent en priorité les plus défavorisés, fiscalité comprise, la preuve…

Et Nicolas de poursuivre : « C’est l’occasion pour nous de prendre de l’avance, de tourner notre pays vers l’innovation et de devenir les acteurs de la prochaine révolution technologique que connaîtra le monde ». Et de fonder une politique industrielle adaptée sur le Grenelle de l’Environnement avec 500 000 emplois à la clef. Et dans l’élan, de pointer le bâtiment qui offrirait nombre de possibilités pour réduire la dépense énergétique et promettrait l’émergence de métiers nouveaux. Si, il est sûr que le bâtiment va évoluer plus rapidement que les transports (le fret en particulier), pour ses « nouveaux » métiers, ne nous leurrons pas, ce ne sont guère que des évolutions de métiers déjà existants. Tant qu’à l’avance, il faudrait déjà rattraper le retard considérable que connaît la France dans ces domaines, alors que tout avait été pensé, écrit et dit dès les années 70. C’est la politique nucléaire de la France qui a tué dans l’œuf la recherche, l’industrialisation et la commercialisation courante des énergies renouvelables. Bien des pays européens ne nous ont pas attendus et ont bien des longueurs d’avance sur nous, de la recherche à la pratique quotidienne.


Nucléaire, nucléaire ai-je dit ? Quand Nicolas Transgénique 1er sème son nucléaire à tout vent : Libye, Algérie, Arabie Saoudite et autres pays, il concède à tous ce qu’il refuse à l’Iran au prétexte que le nucléaire civil permet l’accès au nucléaire militaire. Pourquoi l’Iran et pas les autres ? Là encore, nous sommes en pleine contradiction. Toujours est-il que face à cette dissémination de neutrons et de déchets à venir, auxquels s’additionne celle déjà admise des OGM, son Grenelle de l’Environnement parait pour ce qu’il est : un leurre, un mirage, un faux semblant d’avenir et qu’il entretient avec des mots, mais comme il le dit bien : « Six mois après le Grenelle, tout reste à faire », et tout le monde d’applaudir.

En attendant, grâce à Sarko, à Orléans, l’assistance de décideurs est sortie du Zénith ravie, bonne aise et satisfaite. C’est fou ce qu’avec des mots on pense être écolo !

Je pense donc ça se fait…
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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 21:49
OGM
aujourd’hui la résistance !


Il ne faudrait pas qu’une loi occulte la vraie question des OGM. Les OGM révolutionnent la conception du vivant. Pour la première fois, l’humanité exploite industriellement des formes de vie nouvelles à partir de gènes artificiels, au seul but de modifier les patrimoines héréditaires. Nous ne sommes plus dans les manipulations génétiques du type hybridations ou les sélections d’espèces qui avaient jusque-là façonné l’évolution de l’agriculture. Jamais possibilité n’a été bouleversante à ce point, ni susceptible de toucher toutes les espèces. En cela, les parlementaires par leurs votes jouent contre la biodiversité, la santé et l’environnement avec une légèreté coupable et condamnable.

Ne confondons pas les OGM entre eux. Personne ne s’oppose aux recherches et à l’expérimentation industrielle d’OGM confinés et à la traçabilité réelle à des fins thérapeutiques. Les OGM qui font débat sont ceux qui sont cultivés en plein champ et qui se trouvent disséminés volontairement dans l’environnement, alors qu’ils possèdent des transgènes qui dérivent de combinaisons artificielles d’ADN de plusieurs organismes. Mais que sait-on de cette dissémination ?

Outre ce vaste problème de la dissémination, est celui de la marchandisation du vivant. Ce sont 150 brevets types « Terminator light » qui aujourd’hui assurent aux multinationales non seulement l’exclusivité du marché mais aussi l’exclusivité de la brevetabilité du vivant. Cette stérilisation juridique pose cette question : une entreprise peut-elle s’arroger - et en tirer profit - dans l’impunité juridique  la propriété du patrimoine génétique de l’humanité, c'est-à-dire du vivant ?

Ce hold-up sur le vivant n’a pas d’autre objectif que le profit, et si par hasard le marché revenait en arrière parce que non rentable, le mal serait définitivement fait.

Les conséquences de la dissémination des OGM sont moins brutales et spectaculaires que celles d’une irradiation massive, mais tout aussi tragiques dans le temps si elles modifient des pans entiers d’écosystèmes, elles peuvent provoquer la disparition des espèces dépendantes de ces écosystèmes, tout en fragilisant à l’extrême l’espèce humaine elle-même.

Sans être visibles, les OGM posent un problème politique majeur dans la mesure où ils impliquent une logique totalitaire. Par la dissémination ils s’imposent au reste : ainsi celui qui cultive des OGM l’impose aux agriculteurs qui ont fait le choix du conventionnel, des labels et du biologique qui seront d’année en année de plus en plus contaminés. Ainsi les OGM n’arrêteront leur développement qu’une fois « seuls » c'est-à-dire lorsqu’il n’y aura plus que de l’OGM dans la « nature ».

« Ni pro ni anti OGM » déclare sans rire le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo. Selon lui, cette loi vise à organiser la coexistence entre les filières. Coupable déclaration, qui un jour exigera justice, puisque la dissémination interdit cette coexistence. Ce qui est totalitaire doit être combattu par les citoyens. Quand la loi s’attaque à ce point au vivant, les citoyens sont libres d’entrer en résistance.
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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 10:21

 


Un, deux, trois...

Voici les trois interventions que j'ai faites au nom des Verts lors du dernier Conseil municipal. Concernant la téléphonie mobile l'intégralité de mon intervention est publiée ci-dessous. Concernant Alexandre DZIDZIKASVILI, habitant de Montargis et frappé d'une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) toute l'histoire est au-dessous de cette rubrique.

La première, sur la garantie d'emprunt accordée à l'OPAC du Loiret pour la réhabilitation de 12 logements. Nous souhaiterions que ces garanties d'emprunts ne soient pas automatiques mais s'effectuent sur un accord qui permettrait à la Ville d'obtenir des bailleurs sociaux des contreparties sur des éco-conditionnalités concernant les travaux réalisés (le maire a semblé intéressé).

La seconde a concerné l'exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les antennes relais de radiotéléphonie mobile utilisées dans les réseaux de télécommunication à Montargis et dans l'Agglomération. Il ne s'agit pas de renoncer à la téléphonie mobile et aux antennes relais mais d'en encadrer leur développement et d'être réactif si besoin est.

Si au début du développement de ces technologies, nous n'avions pas ou peu d'information sur ce sujet, aujourd'hui d'études en études, des faisceaux de suspicion se multiplient. Ainsi le programme de recherche européen REFLEX montre le risque d'incidence des ondes sur l'ADN. De la même façon d'autres études relèvent que sur des zones de 1200 mètres apparaissent : migraines, troubles du sommeil, pathologie du cerveau et même cancers. Les risques augmentent plus on est proche des antennes et plus particulièrement à partir de 200 mètres. Au regard des antennes installées sur les immeubles des Closiers, il y a urgence à se préoccuper des habitants qui se trouvent en dessous. Les Verts posent les questions suivantes :

Combien avons-nous d'antennes relais à Montargis et dans l'Agglomération ? Disposons-nous d'un plan de situation ? Disposons-nous d'un tableau de synthèse de champs électrique ? Quels opérateurs sont concernés ? Qui a donné l'autorisation de leur mise en place ? La ville ou le bailleur lorsqu'il s'agit d'immeubles publics ou privés ? Nous pensons aux Closiers. Quelle information a été donnée aux habitants et plus particulièrement aux populations sensibles puisque c'est obligatoire ? Par les opérateurs ? Par la Ville ? Quand et comment ? Quelle expertise ? Celle proposée par les opérateurs ou celle indépendante proposés par la Ville ? Mais, et surtout, quel est le taux d'exposition maximum actuel des antennes, sachant que celui-ci doit être de 0,6 volt/m ? etc...

Les Verts proposent que la commune mette en place, ce qui existe dans une cinquantaine de villes en France, une Charte locale de téléphonie mobile, qui se négocie en toute transparence entre la municipalité, les opérateurs, les bailleurs. Dans la région lyonnaise l'OPAC a demandé à Bouygues de démonter ses antennes.

Dernier point : il a été rappelé la situation d'un habitant de Montargis, actuellement en centre de rétention et menacé d'expulsion en Géorgie alors que sa femme a un statut de réfugiée politique pour 10 ans et que leur fils reste avec elle... Question restée sans réponse.

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Publié par Burgunder - dans Politique
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 12:22
Vos (sans) papiers svp !

L'alerte et le soutien d'un sans-papiers en particulier nous permet de mesurer concrètement de très près la politique d'immigration menée par Nicolas Sarkozy, sur la forme et le fond. Ce parcours du combattant mené par les sans-papiers nous permet également d'en vérifier l'incohérence et nous amène à réfléchir sur une foultitude de questions que j'aborderai sur ce Blog dans un prochain article. Aujourd'hui, je limite mon intervention au suivi quotidien d'Alexandre, géorgien sans-papiers, habitant Montargis...

Mercredi 9 avril 2008, 13h57: un message du Collectif unitaire antilibéral de Tremblay et Villepinte circule sur la liste des Verts Centre. Elle informe qu'à Montargis un sans-papiers d'origine de Géorgie, convoqué, a été arrêté le matin du mardi 8 - la veille - au commissariat de police. De suite, il a été transféré au centre de rétention de Cercottes (près d'Orléans) et convoqué l'après-midi du lendemain à 15h au Tribunal Administratif d'Orléans.

Montargis 14h : en tant qu'élu municipal je suis informé de la nouvelle par Béatrice Castell-Llevot l'une des assistantes du groupe Vert du Conseil régional, et par ailleurs adjointe à la municipalité de Onzain (41). Dans l'impossibilité de quitter Montargis je lui demande de se rendre au tribunal pour prendre contact et me représenter. Elle y rencontre et échange avec une conseillère municipale d'Orléans, Marie-Denise Nganga (PC) qui se tient aux côtés d'Alexandre Dzidzikashvili.

De mon côté, j'appelle le chef du bureau des nationalités à la Préfecture. Il me tient des propos généraux et me promet de m'informer sur l'évolution de la situation. Chose qu'il fait. Le lendemain, il m'informe que le juge des libertés a libéré Alexandre. En fait ce qu'il ne me dit pas, et que je savais déjà, c'est que ce jugement en liberté a été rendu après quatre heures de délibération, mais et surtout, que la procureur a quatre heures pour faire appel, ce qu'elle fit, si bien qu'Alexandre n'est toujours pas libre et a rejoint pour la nuit le centre de rétention de Cercottes.

Le Jeudi 10 avril, le Tribunal de Grande Instance d'Orléans statue en faveur d'une Obligation de Quitter le Territoire français (OQTF) si bien qu'Alexandre est dirigé au centre de rétention de Vincennes, dernière étape avant l'expulsion par avion. Il se trouve que le jour de son arrestation une lettre recommandée avec AR lui était adressée par la commission des recours des réfugiés. Mais pas de chance, le facteur est passé après l'arrestation, si bien que l'on ignore la réponse de la commission à la demande d'Alexandre. Il y a urgence, puisqu'il peut d'un jour à l'autre être embarqué pour la Géorgie. J'appelle Vincennes qui me dit ne pas accepter de courrier. Sa compagne ne peut l'obtenir de la Poste. J'appelle la Poste non pas pour récupérer personnellement le courrier mais pour voir avec le service concerné quelles sont les solutions possibles dans ce cas tout particulier. Comme j'argumentais sur la nécessité et l'urgence qu'Alexandre dispose de cette lettre et du risque qu'il courrait d'être expulsé par avion avant d'en avoir lu le contenu, il m'a été répondu que : « c'est mon opinion » ( !!!) et que cela ne dérangeait pas mon interlocutrice « que ces gens là soient dans des avions », bien au contraire ( !!!). J'ai donc tenté durant deux bonnes heures de joindre à Paris le responsable des ordonnances de recours des réfugiés auteur de la lettre mais : « aucune standardiste n'est disponible en ce moment » fut la seule voix que j'obtins. Sans réponse, et limité dans le temps, j'alerte ma collègue élue d'Orléans qui finit par trouver un interlocuteur qui finit par lui lire le contenu du courrier qui est négatif. Alexandre est désormais menacé d'un retour en Géorgie d'un jour à l'autre.

Mais qui est Alexandre Dzidzikashvili ?
Né le 13 juin 1976 en Géorgie, il est arrivé en France irrégulièrement en 2006. En 2003, il débute sa vie professionnelle à Tbilissi comme inspecteur dans une société chargée d'assurer la sécurité d'une entreprise assurant le traitement de métaux précieux (or, argent...). Un nouveau gouvernement s'installe, licencie le personnel de la société qui emploie Alexandre, et place ses sympathisants. Face à cette situation il rejoint en Octobre 2004 le parti d'opposition le « Labour party » et milite activement. Il est plusieurs fois arrêté, battu, blessé, menacé de mort et de représailles familiales.

Après avoir détruit le siège du « Labour party » le 11 Mai 2005, la police fait irruption chez lui, malmène et menace de mort la famille si bien que le lendemain le grand-père maternel d'Alexandre fait une crise cardiaque. La famille décide d'aller vivre chez un oncle. La police retrouve leur trace et le 25 Mai 2005, elle bat violemment le père d'Alexandre qui décèdera des suites de ses blessures une semaine plus tard. Inquiet pour sa vie, il fuit la Géorgie et passe clandestinement en Russie le 3 juin 2005. C'est à Rostov qu'il rencontre Inga Agrba, géorgienne comme lui, et tous deux nouent une relation amoureuse.

En 2004, les sœurs et la mère d'Inga parviennent à gagner la France et obtiennent pour dix ans le statut de réfugié. A son tour en octobre 2005, bien qu'enceinte d'Alexandre, elle rejoint la famille en France, où elle obtient son statut de réfugié en février 2006. Elle accouche en mars suivant d'un enfant mort-né. Ne pouvant vivre loin de sa compagne, Alexandre décide de la rejoindre ici clandestinement. C'est ainsi qu'un petit Lukas voit le jour, en France à Amilly (Loiret), le 15 juillet 2007.

En attendant, le 10 août 2006 il sollicite la délivrance d'un titre de séjour « vie privée et familiale », auquel la Préfecture ne donnera pas de suite, estimant sans le justifier ne pas disposer des pièces justificatives. Le 28 octobre 2006, Alexandre sollicite auprès de l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) une reconnaissance du statut de réfugié politique, qui rejette sa demande à la mi-décembre suivante. Alexandre saisit la Commission des Recours des Réfugiés en fin décembre 2006, qui confirmera le rejet de sa demande le 23 octobre 2007. Nouvelle démarche de réexamen de sa situation auprès de l'OFPRA qui une nouvelle fois rejette son dossier. Il faut savoir qu'Alexandre fait toutes ces démarches sans être aidé sur le plan juridique.

En conséquence, le Préfet du Loiret (et de Région) au regard « d'un examen approfondi » de la situation d'Alexandre estime que sa reconduite dans son pays d'origine ne l'expose à aucun risque et considère donc, que celui-ci ne peut être admis au séjour en France. Le 11 janvier dernier, le Préfet publie un arrêté portant Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Sans conseil juridique, Alexandre Dzidzikashvili ne conteste pas l'OQTF dans les délais prévus, ce qui nous amène à son interpellation du 9 avril dernier.

Le 16 avril Maître Karine Bostyn, l'avocate qui désormais suit l'affaire, pose un référé liberté auprès du Tribunal Administratif d'Orléans, référé immédiatement rejeté. Le 18 avril, la CGT du Loiret interpelle la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui répond de suite : « ne pas indiquer au gouvernement français, la mesure provisoire sollicitée » (...), néanmoins le greffier adjoint de section poursuit : « Je vous serais reconnaissant de me signaler dans les meilleurs délais, et en tout état de cause avant le 2 mai 2008, si votre client souhaite maintenir sa requête ». Sans doute, mais encore faudrait-il être en capacité de pouvoir le faire, et ne pas se retrouver en Géorgie.

Le 21 avril dernier, j'écris directement au Préfet (voir sur le Blog) en argumentant principalement sur la non-séparation des personnes et des enfants vivants ensemble. Sans réponse du Préfet, le jeudi 24 devant l'imminence de l'expulsion (quelques heures) j'interviens une seconde fois auprès du Préfet. Parallèlement, une délégation conduite par des élus du PC est reçue à la préfecture par le Préfet qui jeudi soir me répond par fax de façon purement formelle qu'il « n'envisage pas, en l'absence d'éléments nouveaux », de reconsidérer sa décision. Il vient d'ailleurs de m'être précisé que l'intéressé s'était opposé ce jour à son embarquement aérien et qu'il allait de ce fait, « faire l'objet de poursuites pénales conformément à la législation en vigueur » (...).

En effet, à Roissy Charles de Gaulle, dans la journée du 24 avril, une fois dans l'avion, Alexandre s'est mis à hurler et s'est débattu. Une fois débarqué, comme étranger, la justice considère qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une mesure de reconduite à la frontière. En conséquence il doit être présenté au Tribunal de Grand Instance de Bobigny. Peine encourue : fréquemment de la prison avec sursis ce qui n'évite nullement l'expulsion du territoire français.

Surprise, le 26 avril, le Tribunal de Grande Instance de Bobigny statut en Chambre du Conseil, une ordonnance disant « n'y avoir lieu à détention » attendu que « l'intéressé vit à Montargis avec sa concubine titulaire d'une carte de résident et présentant des garanties de représentation suffisantes ». Provisoirement, Alexandre est libre, néanmoins Carine Gillet, juge des libertés et de la détention, assisté du greffier Alika Benamor, parallèlement, prend une ordonnance de placement sous contrôle judiciaire qui oblige Alexandre à se présenter au commissariat de police tous les mardi et si besoin est de justifier des démarches en vue de régularisation de sa situation. Mais...bis repetita, ce qui est arrivé à Orléans le 8 avril se reproduit à Bobigny. Le Procureur de la République fait appel du jugement et avise Alexandre pour comparution au Tribunal de Grande Instance de Bobigny le 6 juin prochain devant la 16ème Chambre à 13h.

De retour à Montargis, le « parcours du combattant » se poursuit. De suite, le 29 avril, son avocate Maître Karine Bostyn, d'Orléans, saisit à nouveau la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui cette fois accepte cette saisie.

Le 6 mai, conformément à la demande du Tribunal de Grande Instance de Bobigny, de justifier les démarches d'Alexandre en vue de régularisation de sa situation, son avocate engage des démarches auprès du Préfet du Loiret, pour sa régularisation et une demande de titre de séjour.

De plus, Inga et Alexandre souhaitent se marier. Rendez-vous est pris le 9 mai avec Jean-Pierre Door député-maire (UMP) de Montargis. Je les accompagne ainsi qu'Irma, la sœur d'Inga, qui sert d'interprète. Le maire nous explique que le mariage n'est pas possible en terme de validité. Il peut les marier pour la forme, mais l'absence de papiers pour Alexandre fera que le procureur cassera le mariage. Il suggère qu'Alexandre obtienne de la part de la préfecture un titre de séjour, même provisoire, titre qui permettra alors un mariage en bonne et due forme. Il s'engage à intervenir de suite auprès du Préfet dans ce sens et copie du courrier me sera faite... A la sortie de cet entretien, alors qu'avec Irma j'échangeais sur divers sujets, à ma grande surprise, Inga, est intervenue en français dans la conversation...et en très bon français (j'aimerais parler le géorgien comme elle parle notre langue). A ma question sur le pourquoi de son silence habituel, elle me répondit qu'elle n'osait pas mais qu'elle comprenait ce qui se disait autour d'elle.

Chose promise, chose due, le 9 mai Jean-Pierre Door écrit au Préfet de la Région et du Loiret :

« Monsieur le Préfet,

Je me permets de vous alerter sur un dossier soutenu avec force par M.Burgunder, Vice-président de la Région Centre et Conseiller Municipal à Montargis.

Il s'agit de M. Alexandre Dzidzikashvili, d'origine Géorgienne, dont la demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et qui a reçu l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français.

M. Dzidzikashvili vit en concubinage avec Mme Inga Agrba, d'origine géorgienne qui a un titre de séjour de longue durée valable jusqu'en 2016. Ils sont l'un et l'autre parents d'un petit garçon, Lukas, né le 15 juillet 2007 à la maternité d'Amilly. Ils vivent actuellement à Montargis au 90 boulevard Kennedy.

Ils m'ont demandé de les marier, ce que je m'autoriserai à faire si monsieur pouvait obtenir un titre de séjour, même de courte durée.

Je vous serais reconnaissant d'étudier avec bienveillance ce cas tout à fait particulier d'un couple avec enfant, d'origine géorgienne, dont l'un des parents est en situation régulière et qui souhaite fonder légalement un ménage.

Dans l'attente,

Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, en l'expression de ma haute considération. »

Maintenant nous attendons la réponse du Préfet, que je ne manquerais pas de vous communiquer (à suivre).

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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 12:17
Arrestation douce et discrète


Sous la pression du ministère de l’immigration, la chasse et l’expulsion des étrangers mettent sous tension administration, policiers et juges, avec obligation de résultats à qui l’on demander de « zéler ». L’administration n’a pas d’état d’âme, elle applique à la lettre la décision des politiques. C’était la défense de Maurice Papon, secrétaire général à la Préfecture de Bordeaux sous Vichy, et de bien des fonctionnaires en place à la même époque…


A méditer cette note de la Direction de la Population et de la citoyenneté et de son chef de bureau : Philippe Martin, de la Préfecture des Hauts-de-Seine. Elle s’adresse aux agents des sections d’Accueil (guichets pré-accueil) et Contrôle (cellule « régulation »).

Objet: Interpellation au guichet des étrangers faisant l'objet d'une OQTF notifiée ou d'un APRF.

Afin d'assurer la reconduite effective des étrangers faisant l'objet d'une OQTF notifiée depuis au moins un mois ou d'un APRF daté de moins d' 1 an, il a été décidé de procéder à l'interpellation systématique de ces catégories d'individus lorsqu'ils se présentent spontanément au guichet du bureau des étrangers.

Vous trouverez ci-après la procédure à appliquer pour mener à bien ces interpellations.

1- Les étrangers susceptibles d'être interpellés au guichet.

La procédure d'interpellation vise 2 catégories d'étrangers en situation irrégulière, définies ci-après.

- L'étranger faisant l'objet d'une OQTF notifiée depuis plus d'un mois
- L'étranger à l'encontre de qui a été pris un APRF daté de moins d' 1 an

Dans les 2 cas, l'étranger se présente spontanément en préfecture, ce qui exclut l'hypothèse du déplacement sur convocation et dispose de son passeport en cours de validité

2- L'interpellation consécutive à la présentation de l'étranger au guichet pré-accueil.

Lorsqu'un étranger se présente de sa propre initiative pour demander la régularisation de sa situation ou le réexamen de celle-ci, l'agent chargé du pré-accueil consulte AGEDREF.

Dans le cas où l'étranger en question appartient à l'une des 2 catégories définies au  paragraphe 1, le schéma chronologique suivant est appliqué :

- L'étranger remet son passeport à l'agent
- L'étranger est invité à prendre place dans la salle d'attente
- L'agent saisit le chef de la section Eloignement (en son absence : le chef de bureau ou son adjoint)
- Le chef de la section Eloignement saisit la DDSP et informe le chef de la section Accueil
- L'interpellation sera réalisée en cabine fermée

3- L'interpellation consécutive à la présentation de l'étranger au guichet " régularisation ".

Pour rappel, à compter du 11 mars, les étrangers sollicitant une régularisation ne doivent plus adresser leur dossier par voie postale mais se présenter physiquement le mardi ou le jeudi matin pour un entretien de préexamen qui conduira le cas échéant à un RDV pour ESA approfondi.

Il s'agit de l'hypothèse où l'étranger se présenterait à cet entretien sans être préalablement passé par le guichet du pré-accueil.

L'agent chargé de recevoir les demandeurs de régularisation suivra la procédure décrite ci-après :

- Rappel : l'agent chargé de l'accueil-salle se fait remettre les passeports des 8 premiers candidats à l'entretien et les transmet à l'agent chargé de les recevoir.
- Afin d'identifier parmi les étrangers ceux qui sont interpellables, l'agent de la cellule " régularisation " consulte AGEDREF avant de commencer les examens de situation.
- Si la constitution est positive, cet agent informe le chef de la section Eloignement (ou chef de bureau/adjoint) qui organise l'arrestation en liaison avec la DDSP et le chef de la section Accueil.

Je vous rappelle que l'éloignement des étrangers en situation irrégulière est une mission prioritaire de notre service ; nous avons en ce domaine une obligation de résultat. Je vous demande donc d'appliquer avec un zèle particulier les instructions contenues dans la présente note, tout spécialement la consultation systématique et attentive d'AGEDREF.
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Présentation

  • : le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  •   le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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