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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 10:53

ET SI LA TRANSITION ECOLOGIQUE DEBUTAIT

A NOTRE-DAME-DES-LANDES ?

311333_4920373214969_643672079_n.jpg Alors que le gouvernement prévoit l'abandon de « certains projets d'infrastructures », quinze élus et responsables d'Europe Ecologie Les Verts demandent « que cessent les opérations policières et les expulsions et que les travaux ne démarrent pas [à Notre-Dame-des-Landes], ce qui rendrait possible l’intervention d’une mission de médiation, confiée à une personnalité indépendante ». (13 novembre 2012 par Les invités de Mediapart). 

 

« Comment admettre la dégradation continue des ressources et du patrimoine naturel du monde, comment ne pas voir les effets du réchauffement climatique qui n'est pas une opinion ou une hypothèse, mais un fait scientifique ? (...) Comment rester impassible face aux atteintes irréversibles à la biodiversité ? Comment laisser croître notre dette écologique envers les autres ? La question se résume finalement ainsi : serons-nous solidaires des générations à venir ou trop cupides, trop avides pour laisser à nos enfants un fardeau encore alourdi du poids de nos égoïsmes ? » Ces questions fort justement posées par le président de la République, François Hollande, dans son discours d’ouverture de la première conférence environnementale, le 14 septembre dernier, attendent désormais des réponses concrètes. Elles traceront le chemin de la transition écologique et du renouveau français.

 

Un mois et demi après cette conférence, les événements sur le site du projet d’aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes, nous plongent au cœur de la tension entre le discours et le réel. Nous sommes à la croisée des chemins : poursuivrons-nous les voies tracées au siècle dernier pour satisfaire des objectifs de court terme, ou bien déciderons-nous de modifier la trajectoire et d’emprunter des voies plus innovantes et plus Acipa-aeroport-nonéconomes de nos ressources ? Longtemps différée (rappelons-nous, il y a dix ans, l’évocation au Sommet de Johannesburg, par un autre président de la République, de la « maison qui brûle », discours non suivi d’effet), la réponse à cette question est aujourd’hui d’une brûlante actualité.

C’est du cœur du bocage de Notre-Dame-des-Landes qu’elle s’invite sur l’agenda politique du gouvernement, à l’initiative des pouvoirs publics eux-mêmes. Le projet d’aéroport du Grand Ouest rejoint la cohorte des grands projets controversés en France comme en Europe. Ces grands projets coûteux apparaissent aux yeux des populations comme inutiles, parfois absurdes, et certainement incompatibles avec les impératifs de maitrise des dépenses publiques qui s’imposent plus que jamais aux pouvoirs nationaux comme aux pouvoirs locaux.

 

Le 11 juillet dernier, Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, annonçait, à la suite de la Cour des comptes : « Il ne sera pas possible de réaliser tous les projets d'infrastructures annoncés par le précédent gouvernement et il faudra en abandonner certains », mettant simplement en évidence que les multiples projets rassemblés par le Schéma national des infrastructures de transport (SNIT) n’étaient pas financés, et qu’il ne serait pas possible de les financer tous, donc que le temps des choix était venu. Et choisir ce n'est pas renoncer, mais sortir de la logique du toujours plus pour inventer une économie nouvelle centrée sur les circuits courts, la mutualisation de moyens, la dématérialisation… Plus que des infrastructures lourdes et centralisatrices, il s'agit de donner la priorité à l'équité des territoires par l'amélioration des moyens de communication et de transports de proximité et par le soutien et l'accompagnement du réseau associatif et de l'activité économique.

 

Le 16 octobre, Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, a présenté la commission chargée de mettre à plat le Snit, qui devra « trier, hiérarchiser, et mettre en perspective les grandes infrastructures. Elle devra réfléchir aux évolutions des services, en donnant la priorité aux transports du quotidien, à la rénovation des réseaux existants et l’amélioration à court terme du service rendu aux usagers ». Elle rendra ses conclusions d’ici fin avril 2013.

 

Le projet d’aéroport du Grand Ouest, de même que plus d’une dizaine de lignes ferroviaires à grande vitesse, ou encore près de vingt projets autoroutiers, figurent dans ce Snit que le gouvernement a décidé de remettre à plat. Notre-Dame-des-Landes, c’est non seulement un aéroport, mais aussi une liaison 2 fois 2 voies, et une ligne ferroviaire à grande vitesse. Le projet concentre donc plusieurs des types d’infrastructures aujourd’hui à revisiter,553682_4914922998717_2085969209_n.jpg avec pour souci prioritaire la rénovation des réseaux existants.

 

Comment interpréter alors les opérations policières et les expulsions en cours si ce n'est comme une tentative de créer l’irréversible afin de sortir Notre-Dame-des-Landes du périmètre de cette commission ?

En juillet dernier, les responsables socialistes de « la gauche durable » expliquaient qu'il fallait répondre à trois défis : la mutation de notre modèle de croissance, l’égalité des territoires aujourd’hui fracturés, et la nécessité d’associer à ces transformations des formes nouvelles de participation démocratique. Nous avions salué cet engagement qui implique de chercher à mieux utiliser les équipements existants et à développer les coopérations entre les acteurs sur les territoires.

 

Il y a quelques jours, Jean-Paul Chanteguet, député PS de l’Indre et président de la Commission développement durable et de l'aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, tirait la sonnette d’alarme : « J'ai le sentiment que l'ambition du président de la République de faire de la France le pays de l'excellence environnementale est un discours pour rien. Il n'est pas porté par les responsables politiques. Aujourd'hui, personne au gouvernement, à part Delphine Batho, ne parle de transition écologique, d'excellence environnementale, de nouveau modèle de développement. (…) On oppose la compétitivité à l'environnement. On est dans la plus grande frilosité. »

 

Aujourd’hui, nous sommes tous au pied du mur. Ensemble, nous voulons que la gauche réussisse et dure. Cette réussite passe par la transition écologique, et donc par le symbole que Notre-Dame-des-Landes est en train de devenir.

 

Ensemble nous devons nous mobiliser pour obtenir que cessent les opérations policières et les expulsions et que les travaux ne démarrent pas, ce qui rendrait possible l’intervention d’une mission de médiation, confiée à une personnalité indépendante.

 

Acipa-aeroport-nonEnsemble, faisons en sorte que Notre-Dame-des-Landes soit intégré dans la méthode du gouvernement, que nous approuvons, rappelée par le Président de la République le 14 septembre : « Dialoguer pour décider, prendre les sujets les plus difficiles pour chercher des solutions pertinentes, faire participer tous les acteurs. Ils sont là pour porter ensemble un changement durable. Car les défis ne se divisent pas ; ils ne se hiérarchisent pas ; ils doivent être affrontés et surmontés ensemble. »

 

Elus et responsables EELV signataires:

Patricia Andriot, vice-présidente de la région Champagne-Ardenne; Aline Archimbaud, sénatrice; Danielle Auroi, députée; Marie-Pierre Bresson, maire-adjointe de Lille; Patrick Franjou, conseil fédéral EELV; Serge Guérin, conseiller régional d'Ile-de-France; Saadika Harchi, Conseil d’orientation politique EELV; Agnès Langevine, Secrétaire Régionale Languedoc Roussillon; Eric Loiselet, conseiller régional de Champagne-Ardenne; Julie Nouvion, conseillère régionale d'Ile-de-France; Sandra Renda, conseillère régionale du Centre; Christophe Rossignol, conseiller régional du Centre; Mounir Satouri, président du groupe EELV région Ile-de-France; Marine Tondelier, conseil fédéral EELV; Dominique Voynet, maire de Montreuil, ancienne ministre.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 10:15

DU LOCAL AU NATIONAL...

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 22:24

A QUOI SERT LE PRIX NOBEL DE LA PAIX ?

ACCORD D’ASSOCIATION

ENTRE L’UNION EUROPEENNE ET ISRAEL

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Entre le 23 octobre et le 6 novembre 2012, trois évènements touchant à l’actualité israélienne se sont déroulés. Mais qui dit Israël dit par ricochet Palestine. Regardons de plus près.

 

L’Union Européenne a reçu le Prix Nobel de la Paix. N’est-ce pas une raison de plus d’être très attentifs à nos relations internationales ? Il se trouve que le 23 octobre dernier, a été soumis et voté au Parlement Européen un protocole additionnel à l’accord d’association entre l’Union Européenne et Israël.

 

Ce protocole relatif à l’évaluation de la conformité et l’acceptation des produits industriels est mieux connu sous l’acronyme « ACAA ». Concrètement celui-ci permet le libre accès de produits industriels sur les marchés respectifs des parties signataires, sans qu’il soit nécessaire de procéder à des essais ou des évaluations de conformité supplémentaires. Présentement, l’ACAA porte uniquement sur les produits pharmaceutiques, d’autres annexes sont prévues concernant notamment les produits cosmétiques et les jouets.

 

Le Parlement Européen est la seule instance européenne dont la légitimité repose sur l’élection au suffrage universel direct. Des pouvoirs lui ont été conférés en matière de politique étrangère par le traité de Lisbonne. Cet accord voté semble en contradiction avec la décision de l’Union Européenne de 2009 de suspendre le 1eab1e23.jpgrehaussement de l’accord d’association et le vote du Parlement de juin 2010 suspendant ce protocole ACAA. De fait, ce protocole constitue une forme d’intégration d’Israël au sein du marché unique européen sans exigence du respect des droits de l’homme et sans tenir compte de la politique illégale de cet Etat concernant l’extension des colonies dans le territoire palestinien occupé. L’Union Européenne semble plus exigeante avec la Turquie sur les droits de l’homme qu’avec l’Etat d’Israël. Voilà en quoi ce vote est inapproprié avec le Prix Nobel de la Paix que vient de recevoir l’Union Européenne. Le groupe Europe Ecologie-Les Verts du Parlement Européen a voté contre le protocole ACAA (voir article suivant).

 

La réalité au quotidien sur le terrain c’est que le gouvernement de monsieur Benjamin Netanyahou mène vis-à-vis des Palestiniens une politique parfaitement inhumaine. Rien n’y fait, ce gouvernement continue de nier les droits des Palestiniens en toute impunité des lois internationales, des accords d’Oslo dont il est signataire et des résolutions de l’ONU. Le résultat pour la population palestinienne (enfants compris) ce sont des entraves à la vie familiale, au travail, à l’accès à l’eau, aux soins, des spoliations et des brimades continuelles subies depuis des décennies. La politique de colonisation du territoire palestinien dans laquelle l’industrie pharmaceutique israélienne est particulièrement impliquée, s’intensifie chaque jour un peu plus à l’exemple de l’appel d’offres israélien pour plus de 1213 logements à Jérusalem Est, ainsi que 72 habitations de plus dans l’implantation d’Ariel, dans le nord de la Cisjordanie, lancé le 6 novembre 2012, jour de l’élection d’Obama aux Etats-Unis qui, alliés d’Israël, condamnent régulièrement et sans succès la poursuite de cette colonisation dans les Territoires palestiniens occupés. Concernant le secteur Est de Jérusalem, dont l’annexion n’est pas reconnue par la communauté internationale, Israël a construit une douzaine de quartiers de colonisation dans le secteur oriental. (Sources un communiqué du mouvement israélien anti-colonisation « la Paix Maintenant »).

 

Surtout sans vouloir tout mélanger, Il se trouve que le 1er novembre le président François Hollande et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou  se sont retrouvés à Toulouse au collège Ozar Hatorah. Il s’agissait pour eux de rendre hommage aux trois enfants et à l’enseignant qui ont péri, victimes des balles du tueur Mohamed Merah.

 

A cette occasion le président Hollande a déclaré que la sécurité des juifs est « une cause nationale » et a rappelé « la détermination de la République française à combattre sans relâche l’antisémitisme ». Oui, l’antisémitisme doit-être combattu comme tout racisme avec une grande rigueur et chaque citoyen français, dans toutes ses différences, doit pouvoir vivre dans son pays en toute sécurité.

 

Pour sa part le premier ministre israélien a déclaré « Le meurtrier de Toulouse n’a pas seulement tué des juifs mais aussi des soldats français, musulmans et chrétiens, sans aucune distinction. La haine barbare de ces dsc_9107.jpgassassins ne menace pas seulement des juifs mais la civilisation toute entière » et plus loin « Le peuple juif a aujourd’hui « les moyens de se défendre contre ceux qui veulent nous rayer de la carte ». Il a appelé la communauté israélite française à s’installer en Israël, sans doute dans de nouvelles colonisations ?

 

Ce qui pour le premier ministre israélien est juste en France pour les juifs et l’ensemble des citoyens, ne l’’est malheureusement pas en Palestine. Actuellement le gouvernement de monsieur Netanyahou ne fait pas que de défendre le peuple juif, il agresse tous les jours les Palestiniens sur leurs territoires. Sur place tout visiteur européen observe la violence que pratique l’Etat d’Israël en s’appuyant sur son armée d’occupation contre des habitants palestiniens qui aspirent à vivre et travailler librement. Il peut également constater la puissance de la désinformation qui tend à assimiler toute une population à un groupe de « terroristes ». Cette amalgame outrancier entre religion, politique et droits de l’homme justifie des atteintes permanentes aux droits des habitants palestiniens (arabes, chrétiens, musulmans et laïques) à la vue de tous sans réaction efficace de l’opinion internationale, ONU et UE comprises. Sur place, chacun peut rencontrer des familles qui comme tant d’autres peuples ont pour principaux soucis : travailler, se nourrir, habiller et éduquer les enfants, se déplacepalestinelespoirsurmurluj7r librement, jouir de leurs terres et finalement être reconnus comme des hommes, des humains à part entière.

 

Pour atteindre cet objectif, de nombreux bénévoles européens dont certains de confession juive sont présents sur place en Palestine. En Israël, des associations citoyennes soutiennent la cause des Palestiniens et certaines s’opposent à la destruction des maisons palestiniennes. Des milliers l’ont été depuis 1948 ordonnée par les gouvernements Israéliens successifs. Ici en France de nombreuses associations agissent pour aider la population palestinienne dans des domaines aussi variés que l’éducation, la culture, la santé, les produits locaux, les témoignages ou encore la défense des Droits de l’Homme. L’objectif est qu’Israël reconnaisse les Palestiniens dans leurs droits. En 2000, la Région Centre a été coproductrice de la mise en place de « deux jardins de la paix » l’un à Nazareth en Israël et l’autre à Bethléem en territoire Palestinien. Ce dernier a été détruit plus tard par les chars israéliens

 

Dans le Montargois, l’Association « Agir pour la Palestine » s’inscrit dans cette démarche, courriel : agirpourlapalestine@gmail.com

 

A l’instant où j’écris ce message des affrontements violents ont à nouveau lieu entre Israël et les Palestiniens de Gaza.

 

poi

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 16:27

REQUIEM POUR DES JEUNES SACRIFIES: 

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Dans deux ans la Grande Guerre aura cent ans. Vieille histoire, pas si sûr tant elle fut fondatrice des évènements du siècle. Les discours officiels parlent de nos aïeux, des anciens, enfin des vieux. Je crains qu'il y ait confusion entre unités de temps et de générations.

 

Pour les moins jeunes on a tous en mémoire ces derniers poilus de 14-18 centenaires, dont le dernier est décédé en 2008. L'image qu'ils donnaient d'eux était bien celle de personnes très âgées. Il en est de même maintenant pour les combattants de 39-45, qui parfois furent les mêmes que la Grande Guerre, mais aussi ceux d’Indochine, d’Algérie et d’autres terrains d'opérations . Mais de quoi et de qui parle-t-on?

 

De la guerre, on parle de la guerre, et de ceux qui l'ont faite, ou la font encore. Aujourd'hui les jeunes n'arrivent pas à s'insérer dans l'emploi, c'est-à-dire à pouvoir assumer une vie professionnelle et par là même une vie personnelle harmonieuse et épanouie, se projeter et s'inscrire dans un projet de vie. Ici en France, en Europe ou encore sur d'autres continents, la jeunesse a le sentiment d'un manque de reconnaissance et globalement d'un "no futur". Ils galèrent au quotidien mais heureusement sont peu nombreux à faire la guerre du moins en Europe (attention, l'éclatement de la Yougoslavie au début des années 90 n'est pas si lointaine). Aujourd'hui, la guerre mondiale est économique, les victimes et les dégâts aussi, ce qui n’empêche pas sur 800px-British recruits August 1914 Q53234différents continents nombre de conflits armés de grande intensité.

 

Bien présents dans la vie quotidienne 

 

Lorsque j'étais gamin dans les années cinquante, un ancien combattant pour moi c'était un vieux, pourquoi ? Malgré la proximité de la seconde guerre mondiale de 1939-1945, la première était encore très présente dans la société française d’alors. Présente parce très visible. Huit millions de Français ont été mobilisés, trois millions furent blessés et six cent mille invalides. Sans doute les 1450 000 morts n'encombraient pas les rues, mais à l’époque, il n'y avait pas d’instants publics ou privés sans que ce séisme sociologique et culturel ne s’invite pas. Il n’était pas de repas de famille sans que cette période ne soit évoquée et que la mémoire de l'un ou de plusieurs d'entre eux ne s’invite. Quelque fois s’imposait de suite au regard la présence d’un invalide. Les souvenirs étaient bien présents et d’une grande intensité (un père, un frère, un mari, un proche…). Dans presque chaque maison ou logement, une ou plusieurs photos rappelaient celui ou ceux qui n'étaient pas revenus de la boucherie. Dans les années vingt chaque ville et village avait édifié son monument aux morts sur lequel était inscrite la liste de tous ceux qui jamais ne reviendraient au pays. Ecoliers, on nous emmenait nous recueillir et nous souvenir de ces hommes « couverts de gloire ». On nous les présentait (comme aujourd’hui encore) comme des héros. Nous sommes là dans le mythe du sacrifice héroïque. Personnellement, je crois qu'à choisir, ils se seraient bien dispensés de cet honneur posthume. Ils chiaient dans leur froc, se demandant ce qu'ils faisaient là au mauvais endroit et au mauvais moment. Transformés en combattants de l’extrême, ils vivaient dans des conditions inimaginables et des années durant, ne sachant pas si en une fraction de seconde ils n’allaient pas pour les moins chanceux se retrouver, incrédules, le ventre ouvert, les boyaux à l’air à appeler leur mère durant le temps de leur agonie. Non, ces hommes n’ont pas choisi d’être des héros. On les y a obligés. C’était marche ou crève, et ce qui est valable pour les Français fut tout pareil pour les autres peuples, pour tous les autres.

 

Une rupture sans précédent

 

Le traumatisme de ces massives disparitions sévissait toujours, et ce d'autant plus que les combattants survivants étaient encore là en très grand nombre. Si certains s'étaient murés dans le silence, d'autres répétaient toujours les mêmes histoires, si bien que pour moi, gosse, un ancien combattant étaient synonyme de radoteur. Mais ce rabâchage permanent, qui tel un bruit de fond continu, n'était-il pas un impératif  besoin 800px-British 39th Siege Battery RGA Somme 1916d'exprimer et d'extérioriser une souffrance, un mal-être d'évènements épouvantables vécus et que l'on ne peut transmettre aux autres ? Comment exprimer cette intimité faite de visions, d’odeurs, de fracas, de ruptures affectives et l’épouvante d’un carnage qui jour après jour ne semblait pas se terminer avec en prime l’omniprésence de la mort qui peut surgir à chaque instant. Ce rabâchage n'était-il rien d’autre que l'expression d'un traumatisme individuel et collectif que seuls les anciens poilus pouvaient partager. Aujourd'hui n'y-a-t-il pas l'intervention de cellules psychologiques dès qu'un évènement plus grave que d'autres fait irruption dans notre vie quotidienne? Combien en aurait-il fallu de ces cellules à cette époque où des millions d'hommes en vrac ont été jetés en sacrifice dans cet incroyable enfer que fut la première guerre industrielle de l'histoire. Guerre qui inventa toutes les évolutions technologiques militaires et qui furent expérimentées en grandeur nature au nom de l'orgueil des 793px-Bundesarchiv Bild 183-R05148, Westfront, deutscher Sopatries et du nationalisme sur les hommes de 35 pays.  qui firent les beaux jours des guerres du vingtième siècle.

 

Les jeunes en première ligne

 

Mais ces hommes qui étaient-ils? Des anciens, des vieux? Non, pour l'essentiel des jeunes, voire des très jeunes. Ce sont des jeunes qui ont été tués. Pour eux le temps s'est arrêté autour de leurs vingt ans. Pour les survivants, le temps à fait son œuvre. Il les a patinés, les transformant au regard des autres et des générations suivantes en "vieux" combattants. Pourtant ils étaient tout aussi jeunes que ceux qui sont morts lorsqu’ensemble ils évoluaient en enfer. Sans doute sont-ils revenus vivants, mais en conservant cet enfer en eux dans leur jeunesse en lambeaux, pauvres jeunes, pauvres vieux !

 

Les morts vivants

 

Je me souviens aussi du nombre incroyable de ces hommes invalides qui m'impressionnaient tant et qui sans le vouloir témoignaient dans la vie quotidienne et dans les lieux publics ou la sphère privée de cette terrible période dont ils n'étaient pas sortis indemnes ni dans leurs corps, ni dans leurs têtes. Mutilations qui chaque jour les poursuivront leur vie durant. C'est autour de leurs vingt ans qu'ils sont devenus aveugles, qu'ils ont été amputés d'un ou plusieurs membres, que leurs visages ont été emportés, que leurs poumons gazés ne fonctionnaient plus, ou encore qu'ils semblaient un peu "dérangés" dans leur comportement sans parler des sexes et testicules disparus (sujet tabou) et bien d’autres encore... C'est autour de leurs vingt ans qu'ils se sont retrouvés brutalement, avec une jambe de bois, un crochet ou une pince métallique en guise de main, dans une chaise roulante, avec un masque de cuir, une béquille ou encore une canne blanche. D'autres ont perdu la raison. Mais lorsque ces combattants se sont retrouvés invalides, ils étaient jeunes et six millions. La guerre a fait d'eux de jeunes invalides. Le temps passant comme pour tout le monde, ils sont devenus des anciens combattants invalides, donc souvent visibles. Gamin, je me rappelle de ces billets de la Loterie Nationale aux tirages dédiés aux "Gueules cassées" comme quoi la Grande Guerre était toujours bien présente dans la société. Ne perdons800px-British 55th Division gas casualties 10 April 1918 pas de vue qu'en 1958, la France était en guerre depuis quatre ans en Algérie où elle envoyait… ses jeunes, il ne s'était déroulé seulement quarante ans depuis l'armistice de 1918... et qu'entre temps, la seconde guerre mondiale et la guerre d'Indochine avaient eu lieu. 

 

Si les hommes étaient exposés physiquement, c'est toute la société qui retenait son souffle. Tous ces hommes avaient des mères, des sœurs, des cousines, des amours, des femmes et pour certains aussi des enfants. Que d'inquiétude dans des attentes interminables. Recevoir un courrier n'était en rien la certitude que cet homme, l'expéditeur bien aimé, fusse toujours en bon état, et vivant à l'instant de la lecture. Que de silence, que de larmes, que de deuils ces femmes ont vécus durement. Que de courage dans ce quotidien qu'il fallut assumer dans l'incertitude affective et matérielle en remplaçant les hommes à tous les étages de la vie économique et sociale. Ce qu'ont vécu ces Français et ces Françaises, fut partagé par tous les hommes et toutes les femmes des trente cinq pays engagés dans cet ouragan. La guerre ne fait pas de cadeaux et la violence des souffrances n'a pas de nationalité. Elle prélève son butin de victimes militaires et civiles et selon les zones géographiques de combat ou d'occupation, par le viol les femmes faisait partie du rituel de la guerre (c'est toujours d'actualité). Pour les bavards et il y en avait, parfois les flots de paroles cachaient l’essentiel. Que d’histoires personnelles et de ruptures intimes faites de non-dit, de douleurs, de larmes et de silence qui n’ont jamais été formulés par pudeur, mais aussi par un ressenti intuitif que ceux qui n’avaient pas vécu l’indicible ne pouvaient comprendre, trancheespartager, et réaliser ces histoires extraordinaires et tragiques. Pour mieux faire accepter et avaler l'insupportable aux populations, les autorités ont choisi de sublimer toutes ces souffrances autour d'un patriotisme exacerbé et élevé au rang de dévotion nationale. Pourtant, l'Europe venait de vivre le premier grand recul de civilisation. Profonde rupture dont, seules, mort, souffrances et larmes furent les vainqueurs de ce désastre sociologique, culturel, politique et économique qui fut le terreau du conflit suivant, vingt et un ans plus tard… 

 

Marcel et Maurice morts pour...

 

Le 2 août 1914, un gamin de vingt ans de Montargis, est  mobilisé. Ainsi, Marcel Burgunder, mon grand oncle, comme les autres, se trouve piégé dans un cercle vicieux de violence et de guerre venu des Balkans. "Allait-on se battre et mourir pour la Serbie?"s'inquiétaient les mobilisés, et bien oui.  C’est affublé d'un uniforme à peine modifié de celui de 1870 (dernière guerre entre la France et la Prusse), c'est-à-dire dans son pantalon rouge garance, et son képi rouge et bleu (depuis 1913) que le jeune Marcel est parti. Comme tant d'autres, ainsi vêtu il était une cible idéale ce qu'il fut cinq semaines plus tard lors de la bataille de la Marne. Mort en héros pour la France ou pour la Serbie? Lui a-t-on donné le choix ? Il est mort en esclave et bête de somme et n'avaitP1000571 aucune vocation à vingt ans de devenir un héros. Ce fut le grand chagrin et la grande colère de ma famille et particulièrement de son frère, mon grand-père. Marcel n'a pas eu le temps d'écrire, seul son nom s'est ajouté à la liste du monument aux morts de Montargis. 

  

la France, la Serbie… ou ? 

 

Originaire de Saint Firmin des Vignes (aujourd'hui Amilly), Maurice Petit avait 19 ans lorsqu'il fut incorporé en 1914. Il n'arrivera sur le front qu'en avril 1915 au lieu dit du Bois-le-Prêtre dans la Meurthe et Moselle. Le 1er juillet 1916 les forces britanniques et françaises lancent l’une des plus importantes confrontations de cette guerre : la bataille de la Somme. Celle-ci va durer jusqu’au 18 novembre 1916 et hors victimes civiles, elle est l’une des batailles les plus meurtrières de l’histoire humaine avec environ 1 060 000 victimes parmi les belligérants dont environ 442 000 morts ou disparus. Le régiment de Maurice Petit est engagé dans cette terrible bataille. A partir de 7h30 ce premier jour va être le plus meurtrier de la Grande Guerre. Des unités britanniques vont être éliminées jusqu’à 91%. 60 000 anglais sur les 100 000 engagés seront morts, disparus ou blessés au soir de cette journée dont 30 000 dans les six premières minutes de cette bataille qui va durer près de cinq mois. Le 2 juillet, Maurice écrit à ses parents. Ce sera la dernière lettre. Le 8 juillet il pleut fort, Maurice progresse sur le plateau face à Maurepas. Il est à trois cents mètres à l’est d’Hardecourt-aux-Bois, mes numérisations 001Il est 11 heures du matin, il tombe, une balle de mitrailleuse dans la tête vient d’avoir raison de sa vie. Il avait 21 ans. Jusqu’en 1974, ce fut l’âge de la majorité en France. C’est banal de dire que ce n’est pas un âge pour mourir. Il en avait peur et l’avait formulé dans son courrier. Il fait partie de ces 250 000 français dont on ne retrouvera pas le corps d’où un impossible deuil pour sa famille. Bien que maîtrisant mal l'écriture et l'orthographe, Maurice désireux de conserver un lien fort avec sa famille a écrit quelques 125 lettres, cartes postales et cartes "correspondance militaire" qui furent conservées avec soin par les siens. Beaucoup de sensibilité de délicatesse et de tendresse dans l'expression des  sentiments de ce jeune homme précipité dans l'horreur. Ces courriers ont été rassemblés et publiés en 2008 dans un ouvrage "Bientôt mes 20 ans" par Roland Mousset et Philippe Picoche aux éditions Cheminements, ZA du Bois d'Orties-49730 Turquant. www.cheminements.fr

 

Respect pour tous

 

Pour toutes ces raisons et beaucoup plus encore, j’ai gardé la mémoire et je m’incline avec beaucoup de respect devant tous les jeunes de ces trente cinq pays qui furent sacrifiés comme chair à canons sur l’autel des nationalismes et du profit. Mémoire n’est pas nostalgie, mais indispensable pour comprendre le présent et se projeter dans l’avenir.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 22:19

COMITE LAÏCITE REPUBLIQUE 

A propos du mariage pour tous, je vous propose à la lecture

l'édito (novembre 2012) de son Président Patrick Kessel.

 

L'Eglise chez elle, le Parlement chez lui. Paraphrasant Victor Hugo, nous voulons rappeler ce très saint principe républicain au moment où les autorités ecclésiastiques réinvestissent le champ politique en prétendant imposer au pays leur opposition au mariage pour tous. Après l'archevêque de Lyon établissant un étonnant lien entre mariage 1600 assemblee nationale francaise 9homosexuel, polygamie et inceste, le Président de la conférence des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois, vient de qualifier le projet de "supercherie". L'Eglise qui estime que "l'élection présidentielle et les élections législatives ne constituent pas un blanc-seing automatique" semble faire peu de cas du vote des élus de la Nation. Et soutenir en revanche les manifestations prévues par des organisations proches de l'Eglise et des intégristes contre le projet du gouvernement.

 

L'Eglise d'Espagne avait largement contribué aux manifestations contre le Premier Ministre socialiste. L'Eglise d'Italie avait soutenu Berlusconi afin qu'il bloque le droit à mourir dans la dignité. De tout son poids politique, elle a pesé en Irlande, à Malte, au Portugal, en Pologne.., dans les instances européennes, contre l'évolution des mœurs et la laïcité des institutions.

 

L'Eglise renouant avec un passé peu progressiste, et c'est un euphémisme, cédait à son penchant naturel, s'invitant dans le débat politique au nom d'une morale dont elle se pose en garante! Dont elle aurait le monopole! Les mêmes instances, plus déterminées à dire la morale aux autres qu'à se l'appliquer à elles-mêmes, avaient pourtant consacré leur énergie à étouffer les milliers de cas de pédophilie révélés en son sein plutôt qu'à les combattre.

 

Plus subtilement mais avec détermination, ces toutes dernières années l'Eglise de France a fait pression sur le gouvernement et les élus pour empêcher l'adoption de la révision des lois de bioéthique, contre le droit à mourir dans la dignité, comme elle l'avait fait dans le passé contre le divorce, la contraception, l'IVG, le contenu de l'enseignement. Même comportement à l'égard du nouveau Président de la République pour maintenir le statut dérogatoire du concordat en Alsace Moselle et essayer d'empêcher l'inscription dans la Constitution des grands principes de la loi dite de séparation des Eglises et de l'Etat.

 

L'Eglise a parfaitement le droit, comme toute religion, comme tout mouvement philosophique, de s'exprimer dans les débats éthiques au cœur des grandes mutations de la société moderne. Elle a la totale liberté de défendre son point de vue, fut-il un des plus conservateur en matière de mœurs. Cette liberté, c'est la laïcité qui la lui garantit. Mais il ne faut pas confondre le légitime débat avec la décision politique laquelle relève du Parlement et de lui seul. C'est à dire du peuple.

La hiérarchie catholique ne veut pas voir que 80% de nos concitoyens et une majorité de catholiques eux-mêmes ne souhaitent pas qu'elle s'immisce dans le débat politique. Rendre enfin et pour de bon à dieu ce qui lui revient et à César ce qui lui appartient !

 

Qu'elle cesse de jouer de la menace et de la peur comme elle l'avait fait en 1984, en s'associant aux partis de droite, pour empêcher la réalisation d'un grand service public unifié de l'Education Nationale.

 

Qu'elle s'adresse à ses fidèles en leur proposant une éthique de vie relève de sa mission pastorale au même titre queP1070654 tous les autres courants de la vie religieuse, spirituelle et philosophique. En revanche il est une ligne au-delà de laquelle s'ouvrirait l'inacceptable retour du religieux en politique, de la confusion des ordres, de la montée des dangers.

 

On ne peut dénoncer l'instrumentalisation des printemps arabes par les islamistes pour imposer notamment l'inégalité des droits entre hommes et femmes, et accepter ici l'interventionnisme politique des autorités catholiques contre la reconnaissance du mariage homosexuel!

 

Qu'il s'agisse du mariage pour tous, du droit à mourir dans la dignité, de la laïcité, sujets sur lesquels une très large de majorité de français est favorable à des évolutions positives, c'est au gouvernement à gouverner et aux élus du peuple à voter la loi.

 

Les églises chez elles, l'Etat chez lui.

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 15:42

Acte 2 (suite de "Retour sur un contexte particulier")

POURCENTAGES QUI NOIENT LE POISSON
ET ENFUMENT LE BON PEUPLE 

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Au soir du second tour, le 21 octobre, Jacques Reboul (PC) dit les choses : « Des électeurs de gauche insatisfaits nous ont dit pendant la campagne ne pas vouloir aller voter « parce que nous avons élu François Hollande mais dans notre vie quotidienne rien n’a changé ». Le mécontentement naissant à l’égard du gouvernement socialiste est d’ailleurs bien visible dans le score très faible du candidat PS-Verts-PRG le 14 octobre. Evidemment, ce mauvais résultat du PS a handicapé la dynamique du 2ème tour (…) ».

 

Ben voyons ! Sincèrement, de vous à moi, qui peut croire une seconde et de bonne foi que le changement annoncé puisse s’opérer sur un claquement de doigt, fut-il celui de Mr Reboul, au lendemain même d’une l’élection : personne. Par contre, pour avoir moi aussi beaucoup échangé avec les Montargois durant cette campagne, j’entends et je comprends, que les seuls qui ne peuvent pas entendre que le changement ne soit pas immédiat sont les personnes qui subissent de plein fouet au quotidien les conséquences des dix années de pouvoir UMP et particulièrement les cinq années de Sarkozy. J’ai parlé à beaucoup de gens en grande détresse, et ce qui m’interpelle le plus c’est qu’ils n’attendent de nous (les politiques) aucune promesse mais des actes immédiats qui répondent aux difficultés majeures qui les empêchent de vivre, et là j’avoue que je n’ai pas de « réponses minutes » et que vis-à-vis de cette attente dans l’urgence, je suis concrètement démuni. Plus que jamais le dicton « ventre affamé n’a pas d’oreilles » est d’actualité. Localement, notre bassin d’emplois est passé de 9000 chômeurs à la cantonale de 2011 à 9600 chômeurs inscrits en 2012 et donc a encore perdu 600 emplois. Voilà en quoi à lui seul, un changement de président ne peut en cinq mois réparer ce massacre numérisation0576économique et social. Le problème, c’est que ce « mécontentement » auquel fait référence le candidat PC, est son fond de commerce et qu’il l’entretient fort bien dans les quartiers populaires qu’il considère comme ses fiefs. Pour autant beaucoup de gens parlent et ne sont pas dupes de ce que leur dit ce candidat, par contre nombre d’entre eux m’ont clairement exprimé leur repli dans l’abstention, et souvent en sont fiers.   .

 

Alors, pensez bien qu’être candidat représentant la Majorité présidentielle dans un tel contexte économique et social à ce point dégradé localement, accompagné chaque jour d’annonces gouvernementales peu ou prou difficiles à entendre par telle ou telle catégorie sociale, ne fait pas recette. Plus facile pour ne pas dire trop simple, la posture du PC et du Front de gauche qui n’ont pas les mains dans le cambouis, et ne sont pas en responsabilité. Ainsi, dans la semaine qui a précédé le scrutin, plusieurs manifestations nationales ou locales se sont déroulées interpellant le gouvernement. Cerise sur le gâteau, à l’avant-veille du scrutin, l’annonce de la compromission d’une élue verte de Paris dans un trafic d’évasion fiscale (présomption d’innocence), ça fait désordre, et  rajouté au reste, cela fait beaucoup et crée un climat.. .

 

Pour ma part, j’avais parfaitement conscience des difficultés de la période, sans imaginer que le trou d’air serait électoralement aussi conséquent. D’un point de vue local, objectivement l’avantage du candidat PC a été d’avoir porté et gagné son recours, ce qui incontestablement lui a donné sur ce scrutin une légitimité vis-à-vis de son électorat et un argument fort de campagne débutée dès juillet. Je dis bien son électorat ! Car à bien observer les différents scrutins, il s’avère qu’il mobilise à Montargis toujours sensiblement un nombre d’électeurs constant, y compris dans les quartiers populaires.

 

Les pourcentages désinforment et manipulent l’opinion.

 

Evitons les pourcentages dans la mesure où pour ma part j’estime que cela ne donne aucune indication sur l’état réel des lieux. Les chiffres sont beaucoup plus explicites et parlants pour tout le monde que des pourcentages qui s’imposent à la mémoire sans pour autant illustrer clairement la réalité. Exemple, la République du Centre du lundi 22 octobre 2012 qui au lendemain du second tour sous son titre à la une « Viviane Jehannet élue conseillère générale » commente en six lignes « La représentante de l’UMP a remporté l’élection cantonale partielle, hier, avec 60,93% des voix » et plus loin « Malgré un taux d’abstention élevé, la candidate sortante a confirmé son statut de favorite ». En quelques mots tout est dit et avec ce pourcentage de 60,93%, pas de chiffres (ni pourcentage) concernant l’abstention ! Ce qui fait dire à la candidate UMP : « Je suis ravie et fière que les électeurs m’aient de nouveau fait confiance » (…) « Je suis réélue avec 61% des suffrages. C’est la reconnaissance de mon indéfectible engagement pour le département et pour tous les Montargois sans exception ». Bêtise ou inconscience ? Tu parles, la réalité est plus crue, voir cruelle. Le 21 octobre 2012, elle est élue avec 1569 voix sur les 2677 votants, et c’est bien là le malaise, 6233 électeurs sur les 8910 inscrits n’ont pas participé au scrutin. Voilà en quoi l’utilisation des pourcentages n’est qu’un enfumage qui planque tout ce qui dérange ou démontre ce qui arrange..

 

Pourcentages magiques… pour l'UMP...et le PC...

 

Ce qui est valable pour l’UMP l’est également pour le candidat du Parti Communiste quand au soir du second tour 2012, il déclare : « Après un 1er tour à 26% (en progrès de 4%), les électeurs de gauche se sont rassemblés sur mon nom au 2ème  (117 voix de plus que le total gauche du dimanche précédent (…). Pour le moins ces pourcentages ne parlent qu’à lui et embrouillent le bon peuple qui ne sait pas à quoi ces pourcentages font référence. Ce candidat oublie de dire qu’entre le premier tour de 2011 et celui de 2012, il a perdu 83 voix, que les inscrits ont baissé de 57, et que les votants sont passés de 3223 à 2365 soit 858 abstentionnistes de plus ce qui incontestablement a .pesé sur le scrutin. Reste que le premier tour du 14 octobre 2012 a été marqué d’une pluie de mousson toute la journée alors qu’il il a eu du soleil le 21 ce qui peut expliquer le retour aux urnes de ce second tour de 312 électeurs qui s’étaient abstenus au premier. Pas sûr que la météo explique tout. En tant que président d’un bureau de vote j’ai pu observer de nouveaux votants au second tour, alors que certains du premier ne se sont pas déplacés. Au second tour le candidat de gauche (PC) recueille 1006 sur les 8910 électeurs inscrits… ce qui pas plus que pour l’élection de Madame Jehannet, à ce niveau d’indifférence n’a de sens.

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Démocratie représentative: un cimetière d'abstentions

 

Ces pourcentages utilisés par les uns et les autres ne sont rien que les cache-sexe de la grande misère de la démocratie représentative. Ils permettent de maquiller et de manipuler afin de passer à la trappe ce malaise mortifère de la représentativité réelle des élus. Car au final à Montargis, c’est bien de cela dont il s’agit.

 

Bien-sûr Jehannet est élue et Reboul est battu, mais avec des strates qui profondément portent atteinte au fonctionnement démocratique de notre république. Avec de tels résultats que représente-t-on  quand on règne sur ce cimetière d’abstentions ? Même éliminé au premier tour je ne m’exclus pas de ce constat qui, au final, est un échec collectif de l’offre politique locale.       

 

Le grand gagnant de ce scrutin n’est pas Madame Jehannet, mais cette abstention record qui en dit long sur l’usure des Montargois vis-à-vis de la politique représentative dont ils n’attendent plus rien (Dixit nombre d’entre eux dans les cages d’escaliers). L’absence de débats publics contradictoires organisés selon des règles de bonne conduite n’invite pas nos concitoyens à s’intéresser à ce qui fait la différence entre la droite et la gauche, puis entre droite et extrême-droite et enfin entre gauche et gauche. Dans le cas présent de ce scrutin, il aurait été intéressant de débattre non seulement des projets du Conseil général mais du cadre de ses financements. Il n’y a rien eu sur ce point pourtant pertinent alors que cette collectivité est engagée par les Partenariats publics privés dans une spirale infernale de dettes différées sur des années et que le contribuable devra payer. Evidement ces questions ne répondent pas aux demandes immédiates de la population.

 

Ce type de confrontation et d’échanges publics répondraient au moins partiellement à l’interrogation de Madame Jehannet à propos de l’abstention qui d’après elle serait le fait que « ce sont des élections partielles » sans doute, mais pour mémoire le 27 mars 2011, au second tour d’un scrutin, qui lui n’était pas partiel, cette même candidate avait été élue avec 1799 voix sur les 3176 votants des 8967 inscrits soit avec la non participation de 5791 abstentionnistes…ce qui n’était déjà pas brillantissime. Débat qui pourrait répondre à son autre interrogation : « il y a peut-être un certain flou autour des missions du conseiller général »  Mais qu’a-t-elle localement pris comme initiatives pour informer les montargois sur ses missions ? Aucune que je sache. De plus elle a le grand avantage de la caractéristique exceptionnelle de notre canton dont le périmètre est uniquement celui de la ville, alors qu’elle dispose sur place d’une toute nouvelle Maison du département. Alors qu’attend-elle ?

 

Je t'aime, moi non plus !

 

De son coté, fort de ses 610 voix du 14 octobre sur 8910 inscrits, Monsieur Reboul et le PC dans la presse locale sont plus que jamais à la manœuvre. « Cette élection confirme aussi que pour que la gauche l’emporte à Montargis, il faut qu’elle soit unie, comme nous l’avions proposé pour cette élection partielle, alors que le PS local choisissait une fois de plus la division. Une telle attitude finit par décourager des électeurs de gauche et permet à la droite de gagner alors qu’elle est en perte de vitesse. On peut compter sur nous pour ne pas baisser les bras et dans les prochaines semaines nous prendrons une initiative en ce sens, dans le respect du choix des électeurs ! », de la même façon qu’il voit « un signe » dans les résultats obtenus par la gauche avec François Hollande à la présidentielle et Jalila Gaboret aux législatives.

 

Du grand art, toute une culture de la manipulation et de la propagande  avec comme ingrédients slogans et petites phrases  que l’on fait gober à des gens de bonne foi: « C’est moi le rassembleur », « les autres (le PS) comme d’habitude, n’accepte pas » « les électeurs de gauche sont découragés de cette situation », « Comptez sur nous », « nous ne baisserons pas les bras » et le fin du fin « nous prendrons des initiatives dans le respect des électeurs », je suppose qu’il parle des futures municipales ?

 

Ainsi donc, c’est sans rire qu’il avance « le respect des électeurs » alors qu’au second tour il totalise pour l’ensemble de la gauche 1006 voix sur 8910 inscrits ! Pas gêné non plus quand il amalgame aujourd’hui pour la gauche montargoise, ses résultats à ceux de François Hollande et ceux de Jalila Gaboret. C’est entretenir une ambigüité « unitaire » qui irait de soi alors qu’en réalité il n’en n’est rien. N’était-il pas en mai dernier l’auteur et le signataire d’un appel à un débat ouvert à tous pour aboutir à une candidature unique à gauche pour la législative numérisation0575dans la 4ème circonscription, alors que le candidat PC-Front de Gauche avait déjà déposé la sienne en préfecture… La difficulté avec le PC c’est qu’à l’écouter le rassemblement vient toujours de lui et qu’il doit se faire derrière lui puisqu’il s’autoproclame « la vraie gauche ». Si tel n’est pas le cas, les « autres » sont jetés en pâture à la vindicte de l’électorat de gauche tout en les culpabilisant. En d’autres termes, c’est le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière qui est son credo…La totale quoi ! 

 

Tant que la droite était au pouvoir, l’unité de la gauche avait un caractère automatique. Avec son arrivée à la présidence de la République, au gouvernement et majoritaire dans les deux assemblées, la donne n’est plus la même. Contrairement à 1981-84 avec le Gouvernement Mauroy, puis 1997-2002 au sein de la Gauche Plurielle de Lionel Jospin, en 2012 le PC et le Front de Gauche, après avoir contribué à la chute de Sarkozy, ont fait le choix délibéré de ne pas participer au Gouvernement tout en affichant un soutien supposé, ce qui n’est pas le cas. Alors pour être « unis » comme le propose Monsieur Reboul, il faudrait savoir sur quoi et comment ? A mes yeux l’opposition locale ne crée pas nécessairement et loin s’en faut une communauté d’idées, de projets et de résultat. Dans le cas présent, ce n'est pas de "division" dont il s'agit mais de postures et de rôles différents à gauche. C'est la différence entre une majorité et une opposition fussent-elles toutes deux de gauche.  

 

Même s’il y a des désaccords, dans tous les cas, les unions durables  passent par la confiance, Aussi il faut être clair vis-à-vis de soi-même, des partenaires et des électeurs, et ne pas jouer la confusion. On ne peut à la fois détester la politique gouvernementale, s’opposer sans cesse à elle et revendiquer derrière soi une «unité» locale, avec ceux-là-mêmes qui la soutiennent et prennent le risque de l’impopularité au quotidien par l’incontournable gestion du Pays. Il faut-être honnête, cohérent et savoir assumer ses choix. Dans le cas présent, ce n'est pas de "division" dont il s'agit mais de postures et de rôles différents.  

 

Dernier point, en tant qu’EELV j’ai voté pour un changement qui devrait s’opérer sur cinq ans. C’est du temps, voilà pourquoi, je ne peux réagir au quotidien sur toutes les décisions avant même qu’elles soient opérationnelles. Je revendique le droit d’inventaire au vue des résultats, c’est pourquoi je me dois de hiérarchiser mes critiques en fonction des situations sans pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain. En clair je ne souhaite pas revoir le Sarkozisme revenir aux affaires.    

 

Résultats des différents scrutins en nombre de voix

à Montargis lors des premiers tours depuis 2011.

 

Cantonale 2011 : 693 voix PC-Front de gauche ; 689 voix Gauche rassemblée.

1059 voix UMP ; 694 voix FN.

8967 inscrits, 3223 votants, 3135 exprimés.

 

Présidentielle 2012 : 687 voix pour Mélanchon ; 1 706 voix pour Hollande et Joly.

1830 voix UMP ; 1217 voix FN.

8876 inscrits, 6262 votants, 6145 exprimés.

 

Législatives 2012 : 597 voix pour PC-Front de gauche ; 1188 voix pour la Gauche rassemblée.

1997 voix UMP ; 631 voix FN

8887 inscrits, 4644 votants, 4603 exprimés

 

Cantonale 2012 : 610 voix pour PC-Front de gauche ; 279 voix pour la Gauche rassemblée.

1110 voix UMP ; 328 voix FN

8910 inscrits, 2365 votants, 2327 exprimés.

 

A cette partielle en comparaison avec 2011, on constate une baisse de 57 inscrits, que les votants sont passés de 3223 à 2365 soit 858 abstentionnistes de plus ce qui incontestablement a .pesé sur le scrutin. 

A remarquer une érosion de l’électorat du FN (sans doute en faveur de l’UMP), ce qui l’a éliminé du second tour.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 17:30

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PLOGOFF, LARZAC, MALVILLE

NOTRE DAME DES LANDES

MÊME HISTOIRE,

MÊME RESISTANCE... 

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Décidément, les dirigeants de notre Pays ont parfois des entêtements envers et contre tout et qui les emmènent droit dans le mur. Sans mémoire, ces politiques reproduisent assez régulièrement les impasses démocratiques autour des « grands projets ». Ce n’est même pas une affaire de couleur politique, la vraie question est de savoir si l’on peut les imposer par la force aux populations d’un territoire qui les rejettent en bloc ? Dans le cas présent, Acipa-aeroport-nonc'est d’autant plus étonnant, voire choquant lorsque cet entêtement vient d’un exécutif qui place la concertation comme l’un des piliers de sa gouvernance. J’entends bien la situation toute particulière de Jean-Marc Ayrault avec ce projet d’aéroport international du Grand Ouest de Notre Dame des Landes, mais un homme d’Etat ne peut-il dépasser celui (supposé) d’un intérêt régional ?

 

Dans le passé, à partir de 1970, il y a eu le projet de la centrale nucléaire de Plogoff avec un combat de l’ensemble de la population durant 11 ans. François Mitterrand a abandonné le projet à son élection en 1981. Il y a eu le combat national et populaire pour défendre le Larzac, de 1971 à 1981. François Mitterrand a abandonné le projet à son élection en 1981. Il y a eu le canal Rhin-Rhône à grand gabarit depuis les années 70. Projet abandonné par Lionel numérisation0560Jospin devenu premier ministre en 1997. Il y a eu Superphénix (Malville), projet datant de 1974, très contesté avec mort d'homme, néanmoins construit et couplé au réseau électrique en 1986. Victime d'incidents à répétition, finalement Superphénix n'aura fonctionné qu'un peu plus de dix mois en neuf ans d'activité… En janvier 1997 un rapport de la Cour des Comptes évalue son coût à 60 milliards de francs. Ce réacteur prototype est abandonné par Lionel Jospin en 1997. Sa déconstruction est prévue jusqu'en 2027... et son coût ne cesse de s'alourdir...

 

Ce projet d’aéroport international à Notre Dame des Landes est vieux de trente ans. Question : ne se serait-il rien passé durant ces années pour être entêté à ce point sur ce projet ?  Côté répression, c’est à peu près les mêmes scénarios que les luttes précédentes et finalement peu dignes des régimes démocratiques que seule une « mégalomanie ridicule » semble justifier. Attention, « Ceux de Notre Dame des Landes et ceux du Larzac sont de la même trempe de Français.

 

Je soumets à votre lecture une lettre ouverte de Patrick Warin, ancien élève de l’ENA, promotion Voltaire (la même que François Hollande, Ségolène Royal et Michel Sapin), ancien Directeur à la Caisse des Dépôts et Consignations, Professeur associé aux Universités, membre de Démocratie 2012.

 

Larzac août 1973 

Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, Président de la République,

 

Monsieur le Président, mon cher camarade, cher François,

 

J’ai décidé de vous adresser cette lettre, écrite ce matin du 30 octobre, alors qu’une nouvelle opération de police de grande envergure se déroule à quelques dizaines de kilomètres d’Angers, mon lieu de résidence, ville et région qui vous sont également familières.

 

Sur le territoire prévu pour accueillir le futur aéroport de Nantes/Grand Ouest des hommes et des femmes qui, pour l’écrasante majorité d’entre eux ont voté pour vous, doivent se confronter une nouvelle fois à un déploiement de forces de police dépêchées par un gouvernement de gauche, dirigé par l’ancien maire de Nantes. Alors que depuis des années ces femmes et ces hommes, tous non violents, tous soutenus par une solidarité locale, régionale et nationale387752 4870419203355 1570638182 n demandent simplement à être entendus au-delà des procédures légales et formelles dont ils estiment à juste titre qu’elles ont été menées de manière tronquées, et trompeuses, la seule réponse que votre gouvernement leur apporte est celle de l’emploi de la force. Cette attitude, Monsieur le Président, cher camarade est inacceptable.

 

Le PS est en train de s’isoler

 

Parmi bien d’autres, je me suis engagé pour assurer votre élection, puis vous garantir une majorité solide. Dans notre circonscription du Maine et Loire tenue par la droite depuis plusieurs dizaines d’années nous avons failli à 86 voix près envoyer l’ancien ministre Marc Laffineur à une retraite bienvenue. Nous sommes fiers d’avoir mené ce combat et de nous retrouver dans cet Ouest déjà largement conquis par la gauche en terre de futures conquêtes en compagnie de nos alliés écologistes.

Cher François, la manière dont le pouvoir que vous incarnez gère le projet Notre Dame des Landes va totalement bouleverser ces positions politiques chèrement acquises car vous n’imaginez pas l’immense potentiel de sympathie, de soutien militant, de soutiens politiques à la base dont bénéficient ces personnes en lutte, alors que la technostructure du Parti socialiste et des grands élus régionaux est en train de s’isoler.

 

Vous êtes face à un nouveau Larzac !

 

Monsieur le Président je vous l’affirme avec la conviction d’un sympathisant socialiste de longue date, de tradition enracinée auprès de mes proches, mon père Jacques Warin, qui collabora avec Pierre Mauroy au moment de l’alternance en 1981, vous êtes face à un nouveau Larzac !

 

Déjà au moment de votre élection je vous avais alerté discrètement, par l’intermédiaire de nos amis communs de Démocratie 2012, dont Pierre René Lemas, pour éviter qu’en pleine campagne la situation ne provoque des numérisation0605conséquences électorales néfastes. Il me semblait avoir, avec bien d’autres qui avaient intercédé, été entendu.

 

Aujourd’hui il est temps que vous ne vous contentiez plus de répondre aux lettres qui vous sont adressées à ce sujet par des formules standards qui renvoient à votre ministre Monsieur Cuvillier le soin de traiter le dossier. Outre que cette attitude peu respectueuse de l’écoute citoyenne ne vous ressemble pas, vous êtes face à une situation qui exige une attitude d’homme d’État.

 

Plogoff 1980 -Ecologie n°326

 

Provocations dont vous porterez seul la responsabilité

 

La révision du Schéma national des infrastructures de transport, l’emploi parcimonieux de la dépense publique, le souci de la transition écologique, l’application loyale de la Loi sur l’Eau, dans sa dimension universelle et a fortiori européenne, sont autant de motifs pour rouvrir le dialogue et éviter que votre quinquennat ne soit entaché par un abcès de fixation politiquement désastreux. Cela vous fait courir, compte tenu de la manière utilisée aujourd’hui, des risques sérieux de dérapages, de provocations dont vous porterez seul la responsabilité face à des personnes dont laAcipa-aeroport-non conviction s’exprime de manière pacifique, non violente, respectueuse de la loi républicaine dès lors que celle-ci s’exerce elle aussi dans le respect du dialogue citoyen.

 

Monsieur le Président, cher camarade, j’ai eu le privilège de vivre un parcours professionnel dont tous ceux qui furent mes supérieurs, collaborateurs, collègues, partenaires s’accordent à dire qu’il fut toujours ouvert à l’innovation, à l’adaptation au monde changeant, à la recherche de nouveaux paradigmes et à la réalité de la concurrence globalisée. Je continue en tant qu’enseignant universitaire à stimuler la créativité de mes étudiants, dans le monde entier, tout en leur transmettant mon expérience de dirigeant du service public puis d’homme d’entreprise. Je ne suis pas un 66541 510529018958982 1281000800 nnostalgique, ni un tenant de la décroissance, ni un « illuminé anti progrès ». Ces traits de caractère sont partagés par les personnes que je côtoie lors des réunions d’information sur le projet Notre Dame des Landes. En vérité, c’est nous qui incarnons la modernité et l’ouverture au 21éme siècle.

 

Mégalomanie ridicule

 

En effet, qui peut croire que les opérateurs aériens vont implanter dans le Grand Ouest des infrastructures aéroportuaires renforcées et surdimensionnées, au moment où nous atteignons le pic de l’énergie fossile, et alors que leur modèle économique est de ramener les passagers vers quelques hubs majeurs soit par des avions qui rallient Nantes à Orly, ou Charles De Gaulle, ou Francfort ou Londres, ou Amsterdam ou Madrid ? A partir de ces plateformes le modèle est alors de procéder au remplissage maximum de très gros porteurs économes en carburant. Sauf à souffrir d’une mégalomanie ridicule, qui peut croire qu’un Grand Ouest aujourd’hui déjà bien relié par TGV aux plates formes parisiennes en cours de modernisation a besoin d’un équipement nouveau, coûteux, détruisant plusieurs milliers d’hectares de terres agricoles, déracinant au propre et au figuré paysages et hommes attachés à leur territoire ?

 

Nantes a déjà 2 aéroports qui figurent dans les codes internationaux de l’IATA, Nantes Atlantique qui croît sans que cela permette de justifier le transfert coûteux et… la gare SNCF de Nantes qui est utilisée dans la tarification aérienne pour acheminer les passagers vers les plateformes parisiennes et retour. Nantes Atlantique va devoir de toute façon Acipa-aeroport-nonêtre conservé pour les besoins logistiques de la fabrication d’Airbus sur l’usine nantaise, et la gare de Nantes me parait être une bonne solution pour les voyageurs de notre région pour leur transfert vers les hubs parisiens. Posons donc la question à Air France sur sa vision du transport aérien au 21ème siècle et remettons-nous autour d’une table pour réexaminer les prévisions de trafic utilisées pour justifier le transfert !

 

Je vous conjure d’écouter ce qui se vit

 

Monsieur le Président, cher camarade, vous qui êtes aujourd’hui soucieux que vos hautes fonctions et votre agenda ne vous coupent pas de la réalité que vivent nos concitoyens, vous qui vous entourez des avis et opinions issus de la société civile, comme en témoigne la mission confiée à votre proche Bernard Poignant (qu’en dit-on à Quimper ?), je vous conjure d’écouter ce qui se vit dans notre région auprès de personnes qui vous soutiennent, qui partagent vos valeurs, qui se mobiliseront autant qu’il le faudra et aussi longtemps qu’il le faudra pour que leurs argument soient 522179 362896797136865 794719943 nécoutés une fois que les gaz lacrymogènes de ce matin se seront dissipés.

 

Cher François, le Larzac a rencontré son homme d’État, le magnifique film qui a retracé cette lutte rend hommage à des Français ordinaires, femmes et hommes de conviction mais aussi à l’homme d’État qui les a entendus. Ceux de Notre Dame des Landes et ceux du Larzac sont de la même trempe de Français, nous serons des millions à les soutenir pour qu’on les écoute.

 

Monsieur le Président, cher François Hollande, nous attendons de vous que vous soyez à notre rendez-vous citoyen comme l’a été François Mitterrand.

 

Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments respectueux et de mon cordial souvenir,

 

Patrick Warin,

ENA Promotion Voltaire

 

Copie : Monsieur Jean Marc Ayrault, Monsieur Pierre René Lemas, Monsieur Michel Sapin, Monsieur Jean Pierre Jouyet, Monsieur Bernard Poignant, Monsieur le Préfet de la Région Pays de la Loire.

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 10:41

numerisation0575.jpgRETOUR SUR UN CONTEXTE PARTICULIER…

La musique s’est arrêtée, les lampions sont éteints, les urnes sont rangées, la fête est finie. Chacun des deux protagonistes du second tour du 21 octobre s’en sont allés contents et l’expriment. Madame Jehannet UMP parce qu’elle est élue : « Je suis ravie et fière que les électeurs m’aient de nouveau fait confiance ». Monsieur Reboul : « content, même si je suis battu, que ce soit les électeurs qui aient tranché, plutôt que la tricherie ». Au-delà de ces congratulations  et bien que la page soit tournée, essayons de regarder plus loin que le bout de nôtre nez et de comprendre la face cachée de cette élection partielle et les enseignements que l’on peut en tirer pour l’avenir. Je vous propose une autopsie de ce scrutin en deux actes : « retour sur un contexte particulier » et le second « pourcentages qui noient le poisson et enfument le bon peuple ».Pour moi, la seule vraie bonne nouvelle a été l’élimination du FN du second tour…encore faudra-t-il voir ce qu’il va en être pour les élections futures du rapprochement UMP-FN ?

 

Montargis: RPR-UMP et PC, 40 ans d'une complicité objective...

Depuis 1970, le canton de Montargis est une exception puisque en France rares sont les « villes-cantons » où les mêmes électeurs sont appelés à trois ans d’intervalle, tous les six ans à élire un maire et un conseiller général. Résultat à Montargis depuis 40 ans nous observons des alternances quelquefois contradictoires, mais toujours entre les mêmes, à savoir le RPR (aujourd’hui UMP) et le PC qui, par des politiques clientélistes, plombent les gens et ne libèrent pas les énergies. Finalement si l’on en juge par la situation sociale et économique de la ville, force est de constater que cet huis-clos politique consanguin n’est pas favorable ànumerisation0574.jpg l’intérêt général individuel et collectif des habitants.de notre commune. (Revenus fiscaux les plus bas du département et chômage record).

 

Pour rappel, en 2011, sur les quatre candidats présents, pour atteindre le second tour, trois d’entre eux, dont moi, ont été départagés sur cinq voix avec une abstention record de 5832 sur 8967 inscrits (64,06%) soit 10 points de plus que la moyenne départementale. A l’époque, toute la gauche était dans l’opposition au pouvoir UMP en place (présidence, gouvernement, parlement, sénat) et contre la majorité départementale.UMP du Loiret. Cependant c’est l’abstention qui a fait réélire Mme Jehannet conseillère générale UMP sortante face au candidat FN.

 

Le candidat du Parti communiste à qui il avait manqué une voix pour être qualifié au second tour, a porté un recours, en raison de la diffusion par la majorité UMP de la ville d’un bulletin municipal inhabituel de nature à altérer les résultats du vote. Le Conseil d’Etat lui donne raison et invalide en juillet 2012 les élections cantonales de Montargis.

 

A Gauche: gestion pour les uns, opposition pour les autres...

Entre temps, des changements politiques majeurs sont intervenus dans le Pays : majorité à gauche au Sénat en septembre 2011, élection du Président de la République François Hollande en mai 2012, majorité à gauche à l’Assemblée nationale en juin 2012 (PS majoritaire à lui seul). La mise en place du nouveau Gouvernement s’est faite principalement autour de trois partis : le PS, EELV et le PRG. Ces partis de gauche ont pris le risque et la responsabilité « d’hériter » de la situation sociale et économique catastrophique pour la France et sa population. Le Parti communiste et le Front de gauche ont délibérément décidé de ne pas participer à ce gouvernement pour des raisons qui sont les leurs. De fait ils ne prennent pas le risque de l’impopularité. Ainsi ils conservent leur « virginité » tout en instrumentalisant l’impatience des plus fragiles au prétexte que le changement de l’après Sarkozy n’est pas assez rapide ou encore jouent de démagogie par des surenchères qu’ils savent n’avoir jamais à assumer. Concrètement ils sont plus opposants que partenaires mais entretiennent dans l’électorat de gauche l’illusion d’un rassemblement alors que finalement ils se considèrent dans l’opposition de l’actuel président, de son gouvernement et de sa majorité.

 

Suite à cette invalidation du scrutin de mars 2011, celui du 14 octobre 2012 s’est présenté malgré les apparences, par la présence des quatre mêmes candidats et les mêmes étiquettes politiques, dans un contexte rigoureusement différent, et ce à plus d’un titre.

 

En un an et demi le contexte politique national a changé et si jusqu’à la chute de Sarkozy la Gauche était unie pour le battre, aujourd’hui, il existe bien deux postures différentes à gauche. L’une est passée de l’opposition au pouvoir, l’autre est passée de l’opposition à l’opposition. L’une s’inscrit clairement dans la majorité de gouvernement et l’autre, à l’exemple du PC, se tient à coté en embuscade dans une opposition à la première tout en s’affichant comme l’axe du « rassemblement à gauche » en jouant de « l’ambigüité  unitaire auprès desnumérisation0586électeurs.  C’est subtil, mais source de confusion pour bien des gens. La réalité c’est que le pouvoir UMP a laissé un pays à ce point ravagé qu’il n’y a pas eu d’état de grâce pour le nouveau pouvoir. Depuis cet été, celui-ci est l’objet de tirs croisés entre l’arrogance des sortants, qui en grande partie après dix ans de pouvoir sont responsables de la casse économique et sociale que l’on sait, et ceux autoproclamés en « vraie Gauche » qui dégoulinants de démagogie font de la surenchère tout azimut afin de se refaire « la cerise » sans prendre aucun risque, ni responsabilité.

 

Hollande bashing

Fin août début septembre à son tour, la presse magazine hebdomadaire s’engage dans un « Hollande bashing » dont aucun des titres ne veut être en reste pour des raisons commerciales. Qu’affichent ces unes ? : « Les cocus de Hollande » suivies de « Et si Sarkozy avait eu raison ? » pour l’Express ; « On se réveille ? » du Point ; au "Hollande, secoues-toi, il y a le feu !"de Marianne en passant par le « Sont-ils si nuls ? » du Nouvel Observateur classé à gauche. Autant de messages dévastateurs envoyés à l’opinion par ceux là mêmes qui avaient soutenu Hollande lors de la présidentielle. Le résultat est immédiat dans les sempiternels sondages de 1183666920.jpgpopularité qui indiquent tous un « dévissage » du tandem Hollande/Ayrault qui en quatre mois à peine bat un record d’impopularité. Et que dire des réseaux sociaux  qui relaient à l’envie des messages délétères ? A cela dans la vraie vie il n’est pas de jours sans que des plus riches parlent de changer de nationalité, que nombre d’entreprises ferment leurs portes en jetant sur le pavé leurs cohortes de chômeurs laissant à penser que le nouveau pouvoir en serait responsable ! Voilà en quoi pour la Gauche présidentielle, octobre n’est pas juin 2012, qui de loin aurait été électoralement plus favorable.

 

En toute franchise, l’invalidation du scrutin de la cantonale de Montargis 2011 n’a pas été vécue par nous (EELV) comme une bonne nouvelle. Sans aucun doute toute manipulation pré-électorale de la majorité UMP de la ville méritait d’être sanctionnée et ce d’autant plus que « l’altération » retenue par la justice a nui à tous les candidats sauf à l’UMP. Reste que de ce nouveau scrutin, politiquement pour plein de raisons, nous n’en attendions rien de bon. Alors pourquoi être reparti ? Tout simplement parce que ce jugement nous renvoyait au premier tour de 2011, et que ce dernier avait fait à l’époque, l’objet d’un accord départemental (je n’ai pas participé à son élaboration) entre le PS, EELV et le PRG. Un accord se respecte même si le climat n’est plus le même dix huit mois plus tard à commencer déjà par le fait qu’une élection partielle est très souvent favorable au sortant. Si bien que du coté d’EELV nous estimions, sans le dire, que tactiquement dans ce territoire très ancré à droite que la Gauche locale n’avait aucun intérêt à se prendre une « tôle » si près d’autres échéances électorales qui, de plus, très fréquemment ne sont pas favorables aux candidats des majorités nationales en place. D’autres ont fait un choix différent et on ne maitrise pas le calendrier.

 

Candidat, j’avais tout cela en tête. Alors pourquoi porter cette candidature, et comment peut-on être offensif sur une campagne courte dans un tel climat ? En politique où rien n’est linéaire, il y a des passages obligés qu’il faut assumer quelles que soient les circonstances. Par ailleurs, la lucidité sur un contexte ou une situation n’empêche ni la combattivité, ni l’offensive. Elle permet d’être au plus prêt de la réalité et évite la désillusion. Au nom du rassemblement de la Gauche présidentielle, je m’étais fixé comme objectif d’être présent au second tour. Pour ce faire avec l’équipe de campagne nous nous sommes dotés des outils et supports que nous avons-nous-mêmes créés afin d’informer les électeurs.

 

Premier tour 2012: 858 abstentionistes de plus qu'en 2011 et 57 inscrits de moins... 

419450 374268245983121 1126103280 nNon seulement l’objectif n’a pas été atteint, mais pour un trou d’air, c’est un vrai trou d’air. Si comme en 2011 je suis toujours en quatrième position, cette fois-ci ce n’est plus dans un mouchoir de poche mais avec une perte sèche de 410 voix, dont acte ! La pluie de mousson qui s’est abattue avec violence toute la journée du premier tour n’explique pas tout, même si elle a permis d’atteindre une abstention absolue avec seulement 2365 votants sur 8910 inscrits (73,5%). A remarquer qu'entre 2011et 2012, les inscrits ont baissé de 57 unités, et que les votants sont passés de 3223 à 2365 soit 858 abstentionnistes de plus ce qui incontestablement a impacté l'électorat du Rassemblement que je représentais.  C’est un échec en tant que candidat représentant la Majorité  présidentielle que j’assume localement. Cependant  cela ne

 

m’interdit pas de m’interroger plus largement sur le  pourquoi, comment et ce que cela signifie en termes de conséquences sur la vie publique ? Autant de questions qui ont des réponses à la fois locales et nationales. Mais au-delà, ce n’est pas être mauvais joueur que d’élargir une observation plus pointue de ce scrutin local et sur notre territoire particulier et d’en tirer quelques enseignements. Un échec, çà sert aussi

à  cela.

Fin du Ier acte

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 09:48

AVERTISSEMENT

Il ne faut jamais perdre de vue que la Gauche est composée de plusieurs sensibilités dont les projets de société sont parfois forts différents et particulièrement dans cette période de grandes mutations de nos sociétés à tous niveaux. Si à Gauche nous avions tous les mêmes projets, nous serions tous dans le même parti, mais il se trouve que pour les partis uniques, on a déjà donné. Depuis la présidentielle de mai dernier, la Gauche institutionnelle est traversée par deux comportements : ceux qui s’engagent clairement dans la gestion de crises et les autres qui s’en tiennent à distance afin de conserver une totale « liberté » de parole et de nuisance vis-à-vis des 302964 106875032757654 739972596 npremiers. Se trouver à plusieurs dans la première catégorie n’empêche nullement des désaccords, ce que nous devons gérer politiquement à l’exemple d’EELV et du PS autour de Notre Dame des Landes, du traitement particulier réservé aux Roms et l'affaire toute récente de l'arrestation puis de l'extradition en Espagne, d'Aurore Martin la militante basque de Batasuna (parti légal en France) pour ne prendre que les trois cas aigus du moment.

 

Dans l’espoir d’avancer positivement sur ces sujets importants de discorde, il est temps de revenir sur ce que fut à Montargis la campagne de la cantonale partielle et les résultats que l’on connaît. Il ne s’agit pas de la refaire, mais de bien la comprendre pour mieux projeter dans l’avenir la construction et le partage d’un projet porteur pour les habitants de Montargis et plus largement ceux du Gâtinais. Dans un premier temps je vous livre une « autopsie » en deux actes, bonne lecture… 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 15:26

SORTIR DE LA TORPEUR DE L'ABSTENTION

P1340989.JPGNous avions prévu une conférence de presse dans le courant de la semaine pour présenter le fac-similé de l’Eclaireur du Gâtinais appelé « l’Eclairage du Gâtinais ». L’Eclaireur  annonçe un procès contre nous et donc ne sera pas présent à ce point presse. La République du Centre (quotidien du même groupe de presse) se refuse d’en parler, le point presse est annulé. En conséquence, il m’a été proposé de  faire un communiqué de presse qui paraîtra le vendredi 12 octobre. Ci-dessous le communiqué produit, et ce qui en est sorti dans le journal. Ne pouvant citer l’Eclairage du Gâtinais, dans le premier paragraphe, lorsque j’écris « jusqu’où va-t-il falloir aller dans la provocation », bien évidemment je fais référence à notre fac-similé "l'Eclairage du Gâtinais".

 

Mes nombreuses rencontres avec les Montargois (es) m'ont donné suffisamment d’indications sur la baisse de popularité de la majorité présidentielle et sur l’abstention qui allait s’en suivre. Abstention qui pour moi, c’était certain, serait fatale au candidat qui la représenterait…

 

Communiqué

Que faut-il faire pour sortir du huis-clos dans lequel la vie publique est enfermée à Montargis depuis 40 ans, laissant toujours les mêmes en responsabilité ? Jusqu’où va t-il falloir aller dans la provocation pour briser le cercle infernal et sortir de cette « consanguinité » ?

 

Le résultat de cet enfermement est une abstention gagnante, toujours supérieure à la moyenne départementale à l’exemple des cantonales de 2011 avec 64,06%. Ainsi Mme Jehannet Conseillère générale sortante avait obtenu au premier tour 1059 des 3135 suffrages exprimés sur les 8967 inscrits. On n’est ni plébiscitée, ni les rois du monde quand on « règne » sur un tel cimetière d’abstentions.

 

Comment parler des vrais sujets qui concernent tous les habitants quand, dans une période électorale, il n’y a même pas moyen d’obtenir un débat public afin que les électeurs puissent s’informer ? C’est qu’au-delà des étiquettes politiques,  sur le fond et l’esprit de l’intérêt général financé par les contribuables, des équipements et des services sont en jeu et doivent leur être utiles sans les ruiner. Après le bide qu’est l’A19 piloté par le Conseil Général, n’aurait-il pas été intéressant que la population prenne connaissance de l’engagement majeur du département dans 22 projets de Partenariat Public Privé qui livrent l’action publique à de grands groupes privés, en prenant le risque de s’interdire toute capacité d’intervention directe, et de ne pas donner le travail aux entreprises locales.

 

Madame Jehannet a refusé un débat public à un des candidats, et n’a jamais répondu à l’autre. Entre la surenchère démagogique des uns et la désinformation pratiquée par l’élue sortante, allant jusqu’à gommer son étiquette UMP, la campagne électorale reste au ras du gazon ce qui désintéresse les électeurs. Nôtre colère est grande.

 

On pourrait faire autrement : Montargois allez voter et bousculez cet « ordre établi »  pour qu’un changement intervienne enfin.

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                                       République du Centre le vendredi 12 octobre 2012

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Edward Hopper

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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