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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 21:06

CES MINUTES ET SECONDES QUI COMPTENT...

Où étiez-vous les 25 et 26 avril 1986? Pouvez-vous reconstituer votre emploi du temps heure par heure, je n'ai pas dit minute par minute? Pour ma part j'étais au journal (ECOLOGIE), où avec Catherine et Sylvie, nous bouclions le numéro du mois de mai...Loin de nous se jouait une toute autre histoire. Histoire qui allait marquer notre humanité pour bien longtemps et nous n'en avions pas encore conscience. Je vous livre ici le compte à rebours de ce jour pas ordinaire extrait du livre passionnant "La vérité sur Tchernobyl" de Grigori Medvedev paru en 1989 chez Albin Michel. Grigori Medvedev a transmis les droits d'auteur de cette édition française aux enfants de Biélorussie, victimes de la catastrophe de Tchernobyl. .  

 

085_Chernobyl_blabla_03.jpgLe 25 avril 1986,à la centrale de Tchernobyl (URSS) on se prépare à arrêter la 4èmetranche pour des travaux d’entretien. Le programme approuvé par Fomine (ingénieur en chef de la centrale), prévoit, pendant l’arrêt de la tranche un essai « d’îlotage » durant lequel les sécurités du réacteur seront mises hors service. Il est prévu d’utiliser l’énergie potentielle du rotor du générateur pour produire de l’électricité. Nombreuses sont les centrales en URSS qui ont reçu des propositions pour ce genre d’essai, mais toutes ont reculé devant les risques. La direction de Tchernobyl les prend. Celles qui toutefois ont mené ce type d’essai ont toujours laissé le système de protection du réacteur enclenché.

 

Quel est le but de l’expérience ? En cas de perte complète d’alimentation électrique de la centrale, ce qui est possible en cours d’exploitation, les mécanismes de refroidissement du cœur et notamment les pompes s’arrêtent. Le cœur entre donc en fusion, ce qui équivaut à un accident grave. L’essai a pour objectif d’utiliser l’énergie mécanique du rotor afin de contourner ce danger en mobilisant d’autres sources d’énergie que l’alimentation par le réseau. En effet, tant qu’il tourne, le rotor du générateur produit de l’électricité. On peut, et on doit l’utiliser dans les cas critiques.

 

Le programme de ces travaux est établi très longtemps à l’avance et doit être approuvé par le constructeur du réacteur, le concepteur de la centrale, le service d’inspection et de surveillance des centrales nucléaires. Il prévoit obligatoirement une alimentation électrique de secours pendant l’expérience. Il prévoit de la même manière d’autres dispositions sur de multiples domaines.

 

Pour garantir la sûreté nucléaire pendant l’expérience, le système de protection d’urgence du cœur doit être absolument enclenché. Par ailleurs, le système de refroidissement du cœur, doit, être aussi en service. A condition que ces règles et d’autres consignes de sûreté soient respectées, les essais d’utilisation de l’énergie potentielle du089_Chernobyl_reactor4_03.jpg rotor sont autorisés dans des réacteurs en exploitation.

 

Il faut souligner que ces expériences ne doivent avoir lieu que si le système de protection du réacteur en cas d’accident ou système AU (arrêt d’urgence) est enclenché, c’est-à-dire à partir du moment où l’on a appuyé sur le bouton AU. Le réacteur doit être en régime stable, contrôlé, et sa réserve de réactivité doit correspondre aux normes règlementaires. Le programme approuvé par Fomine ne respectait aucune de ces prescriptions...

 

25 avril 1986, à 1h précise, le personnel d’exploitation commence à réduire la puissance du réacteur n°4 qui jusqu’alors fonctionnait en régime nominal à savoir 3000MWth.

 

13h 5mn,le turbo-alternateur n° 7 est découplé du réseau, alors que la puissance du réacteur est de 16MWth.

 

116_Pripyat_reactors.jpg14h,conformément au programme des essais, le système de refroidissement du réacteur est déconnecté du circuit de circulation forcée multiniveaux  qui refroidit le cœur. Cette opération est délibérément exécutée afin d’écarter le risque de choc thermique au cas où de l’eau froide des ballons du système d’injection de secours pénétrerait dans le réacteur à chaud. Manœuvre qui va se révéler fatale.

 

Quelles sont les pensées mystérieuses qui traversaient alors l’esprit de Fomine ? Il n’ignorait pas la physique des réacteurs mais semble avoir une confiance excessive en lui en prenant la décision d’isoler le système d’injection de secours qui aurait pu à l’instant critique, empêcher l’explosion en réduisant le titre de vapeur dans le cœur. Pourtant, il l’a fait, était-ce par un désir et l’ambition de se distinguer dans un travail prestigieux, et de démontrer qu’un réacteur nucléaire peut fonctionner sans être refroidi ! . Il est évident que le personnel d’exploitation n’avait pas envisagé l’éventualité d’un accident majeur. L’habitude et l’exploitation assez tranquille des dix dernières années à la centrale de Tchernobyl avaient contribué à banaliser pour les personnels la règle d’or des établissements dangereux : « attention ! une erreur et tout saute ». Pourtant, en septembre 1982, une fusion partielle du cœur de la première tranche aurait dû lui servir de leçon.A leur131 Pripyat building 26 décharge, il faut dire qu'on dissimulait les accidents, que les personnels ne mesuraient pas à leur juste niveau et n’y accordaient pas l’importance nécessaire. En outre, ils considéraient les accidents comme des avatars inévitables du développement du nucléaire d’où l’assurance des opérateurs qui s’est transformée avec le temps en suffisance ce qui les a conduits à bafouer les lois de la physique nucléaire et les dispositions des règles d’exploitation.

 

A 14h,les services extérieurs de la distribution de l’électricité à Kiev demandent à différer la mise à  l’arrêt de la tranche et de continuer à alimenter le réseau. C’est pourquoi, que contrairement aux règles d’exploitation, la tranche n°4 continue donc à fonctionner alors que le refroidissement de secours a été mis hors service.

 

23h 10mn le chef de quart de la tranche n°4 est à ce moment là Youri Tregoub, la réduction de puissance reprend.

A 24h,il va passer la main à A. Akimov. Néanmoins, compte tenu du caractère sensible de l’essai et dans un esprit de continuité, il restera avec la nouvelle équipe accompagné de son ingénieur principal chargé des turbines, Sergueï Gazin

 

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986,tous les futurs responsables de Tchernobyl dorment tranquilles sur leurs deux oreilles. Qu'ils soient ministres, président de l’Académie des sciences d’URSS, responsable du service d’inspection de l’industrie nucléaire, le directeur général de la centrale de Tchernobyl ou encore N.M. Fomine l’ingénieur en chef. Moscou dort, ainsi que la moitié de la terre plongée dans la nuit. Pourtant à cet instant, dans la salle de commande de la tranche n°04 de la centrale de Tchernobyl se produisent des évènements historiques.

 

136_Pripyat_theatre_cccp60.jpgLes essais devaient avoir lieu dans le quart précédent. Il est 0h lorsque l’équipe d’Alexandre Akimov (chef d’équipe de la tranche) prend la relève. Nous sommes à 1h25 mn avant l’explosion. De cette équipe, deux mourront sur le champ et plusieurs ne travailleront pas jusqu’au matin.

 

1h 00mn,la puissance du réacteur de la tranche est stabilisée à 200MWth. L’empoisonnement du réacteur aux produits de désintégration se poursuit. Il est impossible de relever davantage la puissance, la réserve de réactivité disponible est nettement inférieure au seuil réglementaire. C’est le décompte qu’a donné l’ordinateur Sakla, 7 mn avant que ne soit pressé le bouton AU « arrêt d’urgence ».

 

Le réacteur est devenu instable il menace d’exploser : à partir de ce moment jusqu’à l’instant historique X, appuyer sur le bouton AU ne pouvait que provoquer une excursion fatale et incontrôlable sachant qu’on ne pouvait plus agir sur la réactivité.

 

De 1h 3mn, à 1h 7mn, deux pompes de circulation principales supplémentaires sont rajoutées aux 6 pompes de circulation principales déjà en fonctionnement, de façon qu’à la fin des essais, 4 d’entre elles restent disponibles dans le système de circulation pour assurer sans danger le refroidissement du cœur.

 

138 Pripyat theatre paintingsIl faut savoir que la perte de charge du cœur et du circuit primaire principal dépend directement de la puissance du réacteur. Celle-ci étant faible (200MWth), la perte de charge hydraulique du cœur est diminuée d’autant. Le débit total du fluide caloporteur dans le réacteur s’élève alors à 60000m3 alors que la norme est de 45000m3/h. A ce régime, la tuyauterie se met à vibrer suite à la mise en ébullition de l’eau accompagnée de coups de bélier importants.

 

L’augmentation brusque du débit de l’eau dans le réacteur contribue à faire chuter la pression dans les séparateurs chauffeurs de vapeur ce qui aggrave les effets d’autres paramètres.

 

Léonid. Toptounov (responsable du pilotage du réacteur), A. Akimov  et B. Stoliartchouk, (ingénieur principal chargé du pilotage du réacteur) tentent de maintenir manuellement les principaux paramètres du réacteur, sans y parvenir complètement. Ils s’aperçoivent que la pression de 5-6 atmosphères et que le niveau d’eau chute au-dessous de la cote d’alerte. Akimov en accord avec Diatlov (adjoint à l'ingénieur en chef chargé de l'exploitation) ordonne de bloquer les signaux d’arrêt d’urgence sur ces paramètres.

 

Pouvait-on éviter encore la catastrophe ? Oui. Il fallait interrompre immédiatement les essais et mettre en route une152 Pripyat kindergarten 03 gasmask série de protocoles afin de commencer peu à peu à réduire manuellement la puissance du réacteur jusqu’à son arrêt complet. En aucun cas il ne fallait appuyer sur le bouton AU sachant que c’était l’explosion garantie.

 

1h 22mn 30s (90s avant l’explosion)L Toptounov constate sur une sortie d’imprimante  que l’arrêt immédiat du réacteur s’impose. L’ordinateur s’est déjà trompé, les opérateurs en discutent entre eux. Pendant que le cœur est entier il est encore temps d’arrêter les essais et de réduire la puissance du réacteur en commande manuelle. Tous les opérateurs sont calmes, persuadés de bien faire. On commence les essais. Diatlov harangue toute l’équipe : « encore deux, trois minutes, et c’est fini ! Hauts les cœurs les gars ».

 

1h 23mn 40son court-circuite la sécurité d’urgence sur l’arrêt des deux turbines, de façon que l’essai puisse être répété s’il n’est pas réussi du premier coup. On s’écarte de nouveau du programme des essais qui ne prévoyait pas cette dernière opération. A ce moment, L. Toptounov donne l’alerte : il faut déclencher l’arrêt d’urgence, et A. Fedorovitch prévient Akimov que le réacteur s’emballe. Celui-ci est en proie à des sentiments complexes. Il remonte la puissance du 155 Pripyat kindergarten 06 girlréacteur hors du seuil non règlementaire et attend qu’une nouvelle occasion se présente de pousser le système de pression du réacteur. Le moment lui semble venu. C’est peut-être ce qui a poussé Akimov à appuyer, à 1h23mn40s sur le bouton AU dans l’espoir d’activer de nouveau l’arrêt d’urgence, ce qui provoque une conjonction de trois facteurs défavorables pour le cœur.

 

1h 23mn 40s :Dès qu’il a appuyé sur le bouton AU-5, Akimov voit avec effroi une lumière vive clignoter sur le cadran des indicateurs Selsyn. Même les opérateurs les plus expérimentés et les plus calmes sentent alors leur cœur se serrer… dans les entrailles du réacteur la destruction du cœur est amorcée, mais ce n’est pas encore l’explosion. Il reste 20 secondes jusqu’à l’instant X.

 

Qu’ont ressenti Akimov et Toptoumov, responsables du processus technologique, quand les barres absorbantes se sont bloquées à mi-course et que les premières secousses menaçantes se sont fait sentir dans le hall central ? Difficile à dire, puisqu'ils ont tous deux péri des suites de l’irradiation sans pouvoir témoigner sur ce sujet.

 

On peut l’imaginer. Le premier instant, c’est la stupeur ; on se sent comme emporté par une avalanche, par une vague glacée de peur panique devant l’imprévisible. D’abord, on ne sait que faire devant les aiguilles d’appareils enregistreurs et des indicateurs qui s’affolent, et on ne sait plus où donner de la tête. On ne connaît pas la raison et les lois de la séquence accidentelle que déjà, au fond de soi, on suppute les responsabilités en jeu et l’on envisage les conséquences de l’accident. L’instant d’après, on retrouve une clarté d’esprit et un sang froid inhabituel, et on se hâte de localiser précisément l’accident. Sur les 14 présents dans la salle de contrôle plusieurs ne connaissent pas la physique nucléaire, mais sont gagnés par la panique des opérateurs compétents dans le nucléaire. Dans le hall central raisonnent des coups secs… le sol tremble. Ce n'est toutefois pas encore l’explosion…

 

Akimov, au lieu d’appuyer sur le bouton, aurait dû attendre un peu. Le système de refroidissement du réacteur qui était débranché, verrouillé et scellé, aurait été bien utile. Là encore, toute une série de protocoles n’ont pas été ordonnancés. On appuie sur le bouton et une excursion brutale de criticité commence. Des secousses se font sentir142 Pripyat amusement park ferris wheel 01 du côté du hall central, tous les paramètres indiquent que de toute évidence, les canaux du réacteur sont déformés et que les barres descendues sont coincées. Dans les 20s qui précèdent l’explosion une multitude de phénomènes devenus incontrôlables se multiplient et s’accélèrent dans l’ensemble du réacteur, dans les circuits d’alimentation et dans le hall, allant jusqu’à la destruction totale des canaux de combustible.

 

1h 23mn 58s,la concentration d’hydrogène dans le mélange détonnant atteint le seuil critique d’explosion. Selon certains témoins, il y aurait eu deux explosions successives, selon d’autres trois et plus, en fait le réacteur et le bâtiment de la 4‘ème tranche sont détruits par une série d’explosions dues au mélange détonnant. Au dessus de la tranche 4 fusent des débris incandescents, des étincelles et jaillissent des flammes. Ainsi près de 50 tonnes de combustible nucléaire se sont évaporées, pour être propulsées dans l’atmosphère par l’explosion sous forme de particules finement dispersées :bioxyde d’uranium, radionucléides de haute activité (iode 131), plutonium 239, neptunium139, césium 137, strontium 90) et autres isotopes radioactifs ayant une durée de vie plus ou moins longue. L’explosion latérale a également touché 70 autres tonnes de combustible situées dans la périphérie du cœur, projetant les matériaux de construction. L’activité du combustible rejeté a atteint 15 à 20000 roentgens/h. 800 tonnes de graphite sur 1700 sont restées dans le cœur du réacteur formant un entonnoir semblable à un volcan. Pour mémoire, 50 tonnes de combustible évaporées, c’est-à-dire l’équivalent de 10 bombes d’Hiroshima sans les effets immédiats. A suivre…

154 Pripyat kindergarten 05 beds Photos: centrale et réacteur n°4 de Tchernobyl et la ville de Pripyat à 3km du site nucléaire mais se trouve dans la zône d'exclusion des trente km en juin 2005

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Ecologie
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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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