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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 10:19

INITIATIVES ET INNOVATIONS SONT PARTOUT,
MAIS...
Lors de la séance plénière de l'Assemblée régionnale du 18 juin, le Président du Conseil régional du Centre a présenté une communication sur la stratégie de l'innovation en Région centre. Ce projet de stratégie est souhaité par l'Union Européenne et se trouve élaboré conjointement par le Préfet de région et le Conseil régionnal. Une innovation finalement très institutionnelle.

Un avis a été produit par le Conseil Economique et Social Régionnal(CESR) dans lequel "l'après crise" est évoquée. Mais de quelle crise parle-t-on sachant qu'elle n'est pas uniquement financière, économique et sociale? Elle est multiforme: elle est également climatique et environnementale, elle est alimentaire, elle est sanitaire, elle est énergétique, etc...La recherche, la création, la découverte en un mot, l'innovation, ne peut se cantonner aux seules entreprises et à l'économie. La recherche ne doit-elle pas élargir son investigation? Ne doit-elle pas intégrer  et prendre en compte les changements de comportements individuels et collectifs que ces sorties de crise induisent  déjà sur ie  champ  social dans la vie quotidienne et de proximité? Changements qui n'ont pas attendu la "crise" pour émerger. N'y-a-t-il pas une nécessité de soutenir par divers dispositifs (financiers, accompagnement, et autres) tous ceux qui en éclaireurs qu'ils sont, font en sorte d'appliquer concrètement ces ressorts de l'innovation ?

Au nom du groupe Vert, voici mon intervention lors du débat à l'Assemblée régionale,.Intervention que  j'ai souhaitée concrète autour d'une réalisation innovante,existante et bien réelle...et si peu soutenue par la puissance publique. Ce débat autour de l'innovation à travers des initiatives porteuses de changement de comportement s'impose plus que jamais afin de ne pas se tromper de "sortie" de crise... à suivre sans aucun doute.


             construction de Pasta Terra en monomur

Monsieur le Président,  

Chers(es) collègues,

 

Dans cette communication notre collectivité réaffirme sa priorité qu’est l’innovation. Vous précisez que la première responsabilité du développement économique, de l’innovation et de la création d’emploi appartient aux entreprises elles-mêmes ce qui est vrai. Néanmoins dans la période de crise financière, économique, sociale et écologique que nous connaissons, où les entreprises pensent à la sortie de crise, vous affirmez une politique offensive en matière d’innovation.

 

Dans notre  Schéma Régional de Développement Economiqueet Social (SRDES), la Région Centre a clairement affiché l’innovation comme une dimension majeure pour permettre aux entreprises de son territoire d’affronter les mutations économiques et technologiques. Par exemple, notre Région qui n’oppose pas environnement et industrie s’est engagée sur la création d’un pôle d’excellence européen en matière d’efficacité énergétique, ce qui entraîne la recherche et l’émergence des filières dans laquelle nous relevons : la maitrise de l’énergie et les bâtiments basse-consommation et l’éco-construction parce que la Région fait de la croissance « verte » l’un des moteurs de l’industrie de l'avenir, et qui sera demain un des éléments de performance de nos entreprises.

 

Il s’agira d’accompagner les entreprises dans leur projet d’innovation concernant tant les produits que les services ou les procédés et ceci quelque soit les secteurs d’activités (industrie, services, agriculture et industrie agro-alimentaire, tourisme, culture, …).

 

Pour réussir le développement de l’innovation dans les entreprises, la Région met l’accent entre autre sur « favoriser l’esprit d’entreprendre ». Mais l’esprit ne suffit pas, encore faut-il avoir des moyens.

Et, porter l’innovation coûte souvent cher. Sans aucun doute la Région s’implique, mais l’innovation est à facettes multiples.

 

Plutôt que de longs discours théoriques, prenons un exemple concret. Celui d’un entrepreneur qui décide de créer un concept nouveau autour d’un fast food dans l’esprit slow food. D’abord, celui-ci décide de concevoir le bâtiment en qualité environnementale de manière globale.

 

Nous sommes en ville. Pour l’aspect thermique, la construction a été réalisée en monomur ; l’eau chaude est produite grâce à des chauffe-eaux solaires ; l’énergie électrique est produite par 50 mètres carrés de capteurs photo voltaïques, dont une partie de la production est revendue à EDF ; aucune utilisation des pvc dans les huisseries, mais utilisation du chêne de proximité ; les sols sont adaptés en conséquence ; les peintures sont naturelles ; les eaux de pluie sont récupérées ; la chaudière qui est importée d’Autriche parce que la France est en grand retard en ce domaine, fonctionne aux granulés de bois en provenance de Pithiviers ; l’établissement dispose d’une centrale d’affinage d’eau, ce qui permet de la purifier osmosée, puis de la revitaliser par des algues, ce qui produit une eau plate ou pétillante d’une qualité exemplaire et évite les transports des eaux minérales et autres eaux gazeuses. A ce jour, il est le seul en France à produire une telle eau pétillante. L’établissement dispose également d’un puits canadien,  ce qui évite la consommation d’énergie pour climatiser, puisque cela permet de rafraîchir l’air l’été, et de faire un préchauffage l’hiver.

 

L’enseigne est en LEDS, d’une équivalence de consommation de 20 watts, à comparer avec les enseignes style fast flood, qui sont halogènes et à la hauteur de 500 watts minimum, voire le double.

 

Passons maintenant à table. La philosophie de l’établissement est d’utiliser des produits au plus près de la nature et bio si possible, fournis par  des producteurs locaux. Les produits incontournables venant d’ailleurs sont de commerce équitable, ce qui est également valable pour les produits de proximité.

 

Nous sommes dans une philosophie qui consiste à proposer à la clientèle des menus bien équilibrés par un apport nutritionnel qui suit les produits de saison, et à des critères de prix proches du fast flood ordinaire (8,9 € pour un plat, un dessert et une eau pure revitalisée, bière et vins à partir de 1 € en supplément). 

 

Cet établissement confortable, agréable, utilisant les technologies les plus avancées a créé 16 postes équivalent temps plein, avec 30 personnes en tout.

 

Pasta-Terra, Slow food unique en France sur la globalité innovante d'un éco-concept, ni triste, ni ringard et qui prouve que des changements de comportements sont possibles tout en étant utile et agréable. Pasta-Terra, 49, rue Jean Jaurès, 45200, Montargis. 

La démarche de cette entreprise est innovante. Innovante sur le plan social, économique, environnemental, équitable, nutritionnel, énergétique, d’aménagement du territoire, etc… dans la mesure où le projet puis sa réalisation va de la conception du bâtiment à la qualité du contenu de l’assiette, à son coût et à la provenance des produits., dans une démarche globale et transversale initiée par un entrepreneur.
 

 

Cet établissement est unique dans le Loiret, dans la Région Centre et même en France.

 

Coût de l’opération : 2 millions d’euros d’investissement. Aide publique tout confondu : 13 000 euros, et c’est le Conseil régional qui a participé au financement du solaire.

 

L’entrepreneur explique qu’il a été lâché par les banques en cours de réalisation du projet parce que les coûts d’investissement sont plus onéreux que la construction conventionnelle, et que les banques ne tiennent aujourd’hui pas compte des coûts de fonctionnement avantageux sur l'avenir. Comment voulez-vous faire évoluer les comportements sans moyens? Finalement, innover à tout niveau n’est pas actuellement reconnu économiquement et socialement (absence de cautionnements et de taux bonifiés).

 

Notre appui à l’innovation ne peut-il pas prendre en compte ce type de démarche, celle-ci étant un exemple parmi d’autres, sous d’autres formes et dans d'autres domaines. N’y-aurait-il pas sur l’innovation à innover, pour compléter l’actuel dispositif ?

 

Toutes les entreprises n’ont pas cette volonté d’innovation, et nous pensons qu’elles mériteraient de vrais soutiens pédagogiques et financiers afin qu'elles s'engagent sur des démarches vertueuses et innovantes. 

 

Un dernier mot encore, cette entreprise est à Montargis, mais l’entrepreneur se sent bien seul et fragile face à l’innovation qu'il pratique. Il est vrai que Bernard Palissy pour inventer et innover avait brûlé ses meubles. L’entrepreneur, lui, a vendu ses biens pour faire face à l’abandon des banques et la non reconnaissance des pouvoirs publics.

Chaque élément de cette démarche est le fruit de la recherche, de production, de formation, d’emploi. Cet entrepreneur utilise des produits innovants, pour innover lui-même. De plus, il est dans une démarche innovante de changement de comportements, à la fois dans son rapport à la nourriture, à l’habitat, aux circuits courts de distribution, etc… Avec cet exemple, comme tant d’autres qui restent isolés et pas reconnus nous sommes dans une démarche de développement durable qui mérite une vraie considération par le développement d’une politique régionale curieuse de toutes ces initiatives riches de développement et d’humanité.

Je vous remercie.

Après mon intervention, réponse m'a été faite de la tribune qu'il y avait des aides pour cette entreprise et qu'elle devait prendre rendez-vous avec le service économie. Le lendemain, j'ai informé le chef d'entreprise qui s'est empressé de le faire. Hier, j'ai demandé à ma collègue chargée de l'économie qui devait-être contacté. Elle m'a transmis le nom de la personne. Il se trouve qu'alors que je m'aprètais de mettre en ligne sur le blog ce sujet sur l'innovation, j'ai reçu ce message du chef d'entreprise que je vous livre brut de décoffrage. Bien-sur je lui réponds et je suis avec beaucoup d'attention son parcours du combattant.

Bonjour

 j’ai relancé suite à mon mail la Région , mais je crois que c’est très compliqué .j’ai l’habitude !!!!!
 Le service économique c’est pas eux ,
 le développement durable non plus ,
 l’artisanat non plus ,
la Chambre des métiers refuse mon inscription ,
l’innovation c’est réservé aux industriels ,
 des aides existent mais pour des villes de moins de 7000 habitants ,
 brefs on me dit qu’on pense à moi  , je dois être un extra terrestre pour mes activités à moins que la Région Centre soit dotée d’un service  OVNI  avec une branche “ EINI  “ Entreprise  Innovante Non Identifiée ............
  c’est un peu la chanson du défunt Jacques Martin , je frappe à la porte n°1   , je frappe à la porte n°2  ....etc........
C’est mon  humeur de la journée

 bon Week End
 Alain LEMIRRE

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Publié par Burgunder - dans Société
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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