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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 15:35

LE CHEMINEMENT D'UNE DEMOCRATIE... 

 

L'actualité va vite. Un évènement chasse l'autre y compris en période estivale. Ce tuilage d'informations toutes plus urgentes les unes que les autres font que la mémoire s'évapore et que finalement on suit mal ce que sur un instant nous étions toutes ouies. Ce blog n'a pas vocation à rivaliser entre la dictature de l'immédiat et ce qui me parait être une continuité nécéssaire pour bien intéger un évènement afin de rester mobilisé dans le temps. Voilà pourquoi malgré la rentrée difficile en France et en Europe, la Syrie, le procès de Moscou des Pussy Riot, le massacre des 44 mineurs Sud Africains, la destruction du patimoine de l'Humanité à Tombouctou et les expulsions des Rooms, tous des évènements importants,  je poursuis encore en deux articles sur la Birmanie et l'opposante Aung San Suu Kyi.

 

Le 13 juin dernier la chef de l'opposition birmane quitte Rangoun pour un voyage de 15 jours en Europe. Le premier depuis près de 24 ans. Au programme: Suisse, Norvège, Irlande, Grande-Bretagne et France ont été autant d'étapes symboliques. Genève où elle a salué au siège de l'Organisation internationale du travail (OIT) l'engagement permanent de cette agence onusienne contre le travail forcé en Birmanie. A Oslo en Norvège ou  vingt et un ans après avoir été nommée prix Nobel de la Paix, l’icône pacifiste Aung San Suu Kyi a reçu son titre honorifique. C’est donc accompagnée du Prince Håkon et du Président du Comité Nobel que la « Dame de Rangoun » a prononcé un discours d'acceptation appelant à la démocratie et à la solidarité devant 10 000 admirateurs venant de tous horizons.  Elle a déclaré qu' «un prisonnier d'opinion est un de trop (...). S'il vous plait, souvenez-vous d'eux et faites tout ce qui est en votre pouvoir pour parvenir au plus tôt à leur libération inconditionnelle». C'est dans le jet privé du chanteur de U2 qu'elle a fait le trajet de d'Oslo à Dublin.
 
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                         En Irlande 
En Irlande l'opposante birmane a rencontré les autorités du pays et a reçu un prix de la ville de Dublin qui lui avait été accordé il y a 12 ans. Ensuite elle assiste à un concert organisé en son honneur, "Electric Burma". A l'affiche se trouvaient Bob Geldof, la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, et Bono, qui a dédié à Aung San Suu Kyi une chanson, "Walk On", avec son groupe U2. Durant ce concert  le prix "d'ambassadeur de conscience" décerné par Amnesty International lui a été remis.  Plus tôt, lors de sa rencontre à Oslo avec Aung San Suu Kyi, Bono s'était dit "ébloui" par l'opposante birmane: "Ce que je trouve le plus impressionnant, c'est son attitude de non-violence", a expliqué le chanteur irlandais lors d'un forum pour la paix organisé dans la capitale norvégienne.

 

Le 19 juin, elle reçoit un accueil triomphal en Grande Bretagne, pays dans lequel elle a longuement vécu et a créé sa famille. Ce jour là, entourée de sa famille et d'amis, elle fête son 67ème anniversaire. Anniversaire encore, et ovationnée par une salle comble à la London School of Economics, où en tant que dirigeante de l'opposition birmane, elle évoque l'importance de l'Etat de droit en Birmanie au moment où le pays commence à s'ouvrir aux réformes démocratiques:  «C'est vous tous et des gens comme vous qui m'ont donné la force de continuer», a déclaré Aung San Suu Kyi. «Si j'ai mis autant l'accent sur la règle de droit dans mon travail politique, c'est parce que c'est ce dont nous avons tous besoin si nous voulons vraiment progresser vers la démocratie», a ajouté la diplômée d'Oxford qui siège désormais au parlement birman.

 

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                        Au Royaume Uni

Reçue  par David Cameron et son épouse au coeur de Londres  à sa résidence et son bureau  au 10 Downing Street.  Le jeudi 21 juin Aung Saun Suu Kyi a été invitée à s’exprimer devant  les deux Chambres du Parlement britannique à Westminster. D’ordinaire, les seules personnalités étrangères ayant ce privilège sont des chefs d’Etat. Londres a fait une exception pour la célèbre opposante birmane, prix Nobel de la paix en 1991.

 

En guise d’introduction, le speaker de la Chambre de chambre des Communes a déclaré : “j’ai l’honneur d’accueillir celle qui est la conscience d’un pays et une figure pour l’humanité : Aung san Suu Kyi.” Prenant alors la parole, la chef de l’opposition birmane a lancé : “mon pays s’apprête aujourd’hui à entamer sa route vers un avenir plus radieux. Il y a encore de nombreuses collines à gravir, de fossés à traverser, d’obstacles à surmonter. Notre propre volonté nous permettra d’y parvenir. Le soutien du peuple britannique et des peuples du monde entier nous permettra d’aller encore plus loin”.

 

Sans doute l'instant le plus intime et émouvant de ce voyage fut pour elle le passage à Oxford, université où elle a fait ses études, et rencontré celui qui est devenu son mari décédé en 1999. Pour la première fois elle a pu se recueillir sur sa tombe.

 

Visite Aung San Suu Kyi-d5c3a           Arrivée à Paris au coté de Pascal Canfin ministre délégué au développement auprès du ministre des Affaires Etrangères 

Dernière étape de sa tournée européenne en provenance de Grande Bretagne, la Prix Nobel de la Paix arrive en France, à Paris, le mardi 26 juin en train et est accueillie par Pascal Canfin ministre délégué au développement auprès du ministre des affaires étrangères,  selon un protocole habituellement réservé aux chefs d'Etat. Ces trois jours passés à Paris furent une succession de rencontres de toutes natures. De suite, elle est invitée et reçue à l'Elysée pour un diner par le président François Hollande. Le président a assuré le soutien de la France à la transition démocratique en Birmanie. Il a plaidé pour des élections libres et le respect des minorités, et a aussi souhaité plus de transparence pour les entreprises étrangères qui y investissent. Paris devait justifier la présence de l'entreprise pétrolière française Total, présente en Birmanie depuis 1992.  Présence très critiquée par des ONG qui dénonçaient l'entreprise française de collusion avec la junte militaire au pouvoir. Le président Hollande a affirmé que la compagnie Total respecterait les normes en matière d'environnement et de travail et qu'en cas de manquement a promis d'intervenir directement auprès de l'entreprise: « Aujourd'hui, il y a de la part de cette entreprise des pratiques qui ont changé et qui sont respectueuses d'abord des droits de l'Homme et qui doivent aussi respecter les normes environnementales et les normes sociales »..

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                        Avec François Hollande Président de la République 

Aung San Suu Kyi a renchéri: « Total a fait des efforts pour accorder des compensations suffisantes à ceux qui ont été déplacés par le gazoduc et essaie de faire ce qu'il peut pour ses employés », « Je sais qu'il y a eu de nombreuses accusations, mais je ne veux pas rester prisonnière du passé. Nous devons regarder vers l'avenir (...) » En outre, M. Hollande a indiqué qu'il était prêt à accueillir en France son homologue birman, l'ancien général Thein Sein, « s'il veut venir ». Le président birman a été décrit par Mme Aung San Suu Kyi comme « un homme qui est sincère dans le mouvement qu'il a engagé, » a déclaré M. Hollande lors de la conférence de presse. Le président français a d'ailleurs assuré que la France soutiendrait « tous les acteurs » de la transition démocratique en Birmanie. Suite à la tenue des élections démocratiques, la plupart des sanctions économiques européennes contre la Birmanie ont été levées, pour un an, en avril dernier.

 

Le 27 juin, acclamée dans les salons de l'Hôtel de Ville de Paris, le maire Bertrand Delanoë lui a remis son diplôme de citoyenne d'honneur de la Ville qui lui avait été décerné en 2004 alors qu'elle était assignée à résidence. Devant une assistance compacte la députée a ensuite pris la parole en français (qu'elle apprend depuis de nombreuses années), dans le salon des arcades pour saluer «le profond attachement de Paris à la justice et à la liberté qui ne sont pas le produit d’idées abstraites», «En 2009 alors que j'étais en prison on m’a dit que Paris était en émoi, j’en fus étonnée et heureuse que Paris soutienne ma cause avec une telle vigueur», "je suis heureuse et fière d'être citoyenne d'honneur de la ville". Entouré de ses principaux adjoints, le maire lui a répondu sur «la fidélité de l’engagement de la ville», «sa résistance» sa «ténacité» et «foi inébranlable» pour la liberté, «Vous êtes une femme de paix et d’amour et c’est aussi pour cela que Paris vous aime», a poursuivi Bertrand Delanoë. Ensuite déjeuner fut pris avec le maire, certains de ses adjoints et des représentants d'associations des droits de l'Homme.

 

Aung San Suu Kyi a tenu à visiter la maison de Victor Hugo qu'elle admire depuis longtemps aussi bien pour sa littérature que pour pour ses engagements politiques. Elle a laissé un mot en français sur le livre d'or du musée.

 

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                         Au Musée Victor Hugo 

Au milieu des hommages officiels et convenus, elle a tenu à rencontrer ceux qui ne l’ont jamais oubliée et aux yeux desquels elle incarne un combat gagné : les militants des droits de l’homme. Le 27 juin c'est chose faite à bord  d' une péniche sur la Seine où elle fut accueillie par Souhayr Belhassen, tunisienne, présidente de la Fédération internationale des droits de l’homme, qui très émue, lui a dit tout ce que peut représenter la présence à Paris de cette femme libre, que beaucoup dans la salle ont défendue sans être certains que leur action servait réellement à quelque chose (un peu à la manière des colibris de l'article précédent). 

 

"Je suis ravie de constater que c’est quelqu’un de Tunisie qui préside cette rencontre. J’ai été tellement surprise de voir des gens d’Afrique, du Maghreb, du Moyen-Orient, m’aborder pour me dire à quel point ils nous soutenaient, avaient prié pour nous, et nous souhaitaient bonne chance. C’est une surprise car je pensais que nous étions bien loin d’eux..." . Sont présents également  le fils de Mikhaïl KhodorkvsKi l’ex-oligarque russe emprisonné par Vladimir Poutine et la fille de Loulia Tymochenko, l’ex-premier ministre ukrainien actuellement emprisonné par le pouvoir en place. Concernant Total, un militant s'est étonné et dit surpris à propos des "bons points" que Aung San Suu Kyi a distribués au groupe pétrolier français, réponse: "Tout le monde devrait avoir le droit à la rédemption. Comment pourrions-nous parler de réconciliation avec le gouvernement birman, et la refuser à des entreprises comme Total ?", "Dire que Total a "entendu les critiques" ne signifie pas pour autant l'innocenter pour ses "actions passées en Birmanie", a-t-elle néanmoins précisé.

 

7459860138_a2661-95202.jpg                        Avec les militants des Droits de l'Homme 

Plus tard, en fin d'après midi, dans les jardins du ministère des Affaires Etrangères Aung San Suu Kyi en compagnie de Laurent Fabius chef de la diplomatie française a planté symboliquement un "arbre de la liberté", un Magnolia grandiflora de 3,5 m de haut, mis en place le matin même. "Pour nous, vous êtes la dame des droits de l'Homme" a déclaré le ministre qui a poursuivi en louant "sa résistance morale et physique". "Nous sommes juste au début du chemin. Nous devons être extrêment prudents pendant les trois prochaines années", jusqu'aux prochaines années" (jusqu'aux prochaines élections générales) a-elle répondu dans son allocution.

 

Le jeudi 28 au matin, durant trois quart d'heure à sa demande, Aung San Suu Kyi a pris un petit déjeuner avec Nicolas Sarkozy et son épouse. En début 2012, alors qu'il était encore président, l'ancien chef de l'Etat avait envoyé à Rangoun Alain Juppé son ministre des Affaires étrangères qui en son nom a décoré l'opposante de la légion d'honneur tout en l'invitant à se rendre en France. Ensuite elle s’est rendue au musée d’Orsay puis a 12h 45 elle a été accueillie sur le perron de l'hôtel de Lassay par le nouveau président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (il a été élu l'avant veille). Les deux personnalité ont déjeuné ensemble. 

 

Le chef de l'opposition birmane s'est ensuite rendue au Sénat pour un entretien avec son président Jean-Pierre Bel (PS). Celui-ci "a voulu à la fois rendre hommage à son parcours et à la détermination qu'elle a manifestée mais aussi savoir en quoi le Sénat français pouvait faciliter la transition démocratique en Birmanie", a-t-on indiqué de source parlementaire à l'issue de l'entretien.  Mme Aung San Suu Kyi, pour sa part, a notamment évoqué "l'idée d'une coopération parlementaire que pourrait organiser le Sénat".

 

En fin d'après midi, l'ancienne prisonnière birmane s'est rendue dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Durant plus d'une heure, elle a répondu aux questions de 1 400 étudiants français réunis qui lui firent un accueil particulièrement chaleureux. Les échanges ont porté sur la situation politique en Birmanie: "Je n'ai jamais pensé à punir les militaires, déclare l'ancienne prisonnière de la junte, je n'y pense que quand d'autres se mettent à en parler. Car ce pourquoi nous avons combattu, ce n'est pas pour punir, c'est pour améliorer la vie des gens. Il ne s'agit pas de punir, je n'ai jamais éprouvé le désir de vengeance. Je reconnais le fait que, parmi ceux qui ont  plus souffert que moi, certains peuvent ressentir le besoin de voir les militaires traduits en justice. Mais je ne pense pas qu'il faille sacrifier l'avenir de notre pays simplement par soif de vengeance. Mais il faut qu'il y ait réconciliation". Discours qui en a séduit beaucoup à en juger les salves d'applaudissements... "La prochaine étape, c'est maintenant", affirme Aung San Suu Kyi, qui se voit tout à fait dans le rôle de future dirigeante de la Birmanie: "Bien sûr, j'y pense. Ce serait si stupide de ma part de ne pas y penser alors qu'on n'arrête pas de me le demander".

photo-4.jpg                        A la Sorbonne

Samedi 29 et dernier jour de sa visite à Paris, Aung San Suu Kyi  s’est rendue au  musée du Louvre où elle fut accueillie par la  Ministre de la culture Mme Aurélie Filippetti . De nombreux touristes qui visitaient  alors le musée, la reconnaissant l'ont applaudie : "C'est une belle visite, je n’ai tout simplement pas pu rester plus longtemps. Je vais devoir revenir en France à nouveau, et pas seulement pour quelques jours. Ce n’est pas une façon de visiter la France. J’ai besoin de quelques mois... ». De son coté Aurélie Filippeti, ministre de la Culture a déclaré: «Elle est une femme exceptionnelle dans un environnement exceptionnel qui est le  Louvre. Avec la  visite d'hier du musée d'Orsay, ce sont les deux seuls musées qu'elle a réussi à visiter lors de son voyage à l'étranger. Son premier voyage en 25 ans, je suis heureuse qu'elle ait choisi Paris et la France et le Louvre et le musée d'Orsay. Cette visite culturelle met un terme à une tournée de dix neuf  jours.

  

louvre_galleryphoto_paysage_std.jpg                         Au Musée du Louvre accompagnée d'Aurélie Philippetti, ministre de la Culture   

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Politique
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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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