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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:02

UNE AFFAIRE DANS L'AIR DU TEMPS  

397028 3874001138553 1592533389 nQuelque chose ne tourne pas rond dans la Venise du Gâtinais. En mai dernier nous avons eu un reportage sur France 2 concernant les électeurs du Front National trop nombreux dans le Gâtinais. Ensuite nous avons fait la Une du Monde du 16 octobre qui mentionne Montargis comme l'une des 8 villes au bassin d'emploi cumulant une hausse record du chômage depuis 2007 (+35%) et un taux de chômage élevé (13,3%, au deuxième rang derrière celui de Tergnier Aisne). Puis dans le prolongement, courant novembre au 20h de France 2, un reportage dans Montargis. Une jeune fille nous explique (à juste titre) l’impossibilité de trouver un emploi dans ses compétences et qui décide de quitter non seulement notre ville, mais aussi la France en direction du Québec. Après échange sur les réseaux sociaux, colocation à son arrivée, à l’essai dans l’emploi, et embauchée huit jours après. En décembre,  c’est le Père Noël dans une maternelle de la ville qui fait la une des TV, des radios et de la presse écrite et tourne en boucle sur le web de France et de Navarre avec la production d’un fort mauvais conte. Décidément question image, on n’en loupe pas une côté promo !

 

C’est le bouche à oreille qui m’a appris cette rumeur. Ma première réaction fut de prendre cette histoire de Père Noël sur le ton de la galéjade. Mais la lecture des deux pages consacrées à ce sujet, je dis bien deux pages dans l’hebdomadaire local « L’Eclaireur du Gâtinais » du 13 décembre m’a fait changer de ton. Je suis passé d’un étonnement quelque peu amusé à une consternation absolue. A l’évidence c’est le triomphe d’une inculture généralisée et collective, y compris chez ceux qui, sautant sur l’évènement, l’instrumentalisent par une récupération politicienne nauséabonde et totalement déplacée ce qui pour le moins ne relève pas le niveau du débat afin de sortir de cette histoire par le haut. .

Retour sur les faits de la bêtise ordinaire

L’histoire débute le 26 octobre dernier lors du conseil d’école de la maternelle du Grand-Clos. Jean-Paul Fonteneau, l’adjoint au maire en charge des affaires scolaires, passe à cette réunion mais n’assiste pas à la totalité de l’ordre du jour. Après son départ, sous la houlette de la directrice ; il est décidé de modifier la fête de Noël qui cette année se ferait sans Père Noël. Contrairement à ce que certains avancent, ce choix n’est pas lié à l’état des caisses de la coopérative scolaire qui est l’alibi mis en avant. Ce choix est de caractère pédagogique. Ce qui aurait pu être un non-évènement, malheureusement va faire un buz national.

 

En effet, c’était sans compter sur la malveillance anonyme bête et méchante via les réseaux sociaux. Bien évidement l’inélégance et la lâcheté sont au rendez-vous. La pièce jointe « anonyme » d’un mail d’une « montargoise consternée » met le feu aux poudres et se répand partout sur le web. Elle dénonce les pressions dont aurait fait l’objet la directrice de la part « d’une poignée de mères de familles de confession musulmane ». En résumé, ces parents d’élèves auraient décidé que le Père Noël n’est pas à sa place à l’école. Or ces parents n’ont rien dit de tel, mais bravo la rumeur qui tente de faire croire à une « islamisation » de cette école maternelle. C’est du grand n’importe quoi ! En attendant c’est une avalanche d’appels téléphoniques bien-sûr 65149 3857777332968 1170430738 ntous anonymes, de gens qui n’ont rien à voir avec l’école voire même avec Montargis qui s’abat sur la directrice, l’équipe enseignante et Monsieur Fred Jean-Charles l’inspecteur de l’Education nationale. Appels menaçants, pleins de haine et de racisme. Une plainte contre X a été déposée compte tenu de l’état et de la gravité de ces menaces. Reste que, comme le dit l’adjoint Jean-Paul Fonteneau, « depuis plusieurs années une poignée de familles de confession musulmane ce jour là ne participent pas et n’envoient pas leurs enfants à la fête ». Pourtant il semble que ces familles n’aient fait aucune pression auprès des personnels de l’établissement et n’ont eu aucune revendication anti-Père Noël !

Essence contre incendie

Afin d’enrayer cette rumeur, la directrice s’adresse aux parents via le bulletin de liaison. Le contenu du message et le choix des mots, ne peuvent hélas qu’amplifier le malaise. Vu le climat ambiant et loin de calmer le jeu, le choix des mots de ce message en rajoute : « Cette année, afin de respecter différentes croyances, ainsi que les valeurs de l’école laïque, le Père Noël ne viendra pas à l’école (…) »… Maladresse dit l’inspecteur de l’Education nationale tout en apportant son soutien à la directrice. « Certains enfants croient au Père Noël, d’autres non » déclare la directrice pour se défendre, « si j’avais voulu parler de religion, j’aurais écrit « religion »… ! Le problème c’est que ce choix des mots s’est fait après le début de la polémique, alors pourquoi ne pas avoir expliqué simplement la démarche avec des mots qui ne portent pas à équivoque ? Dans le cas présent nous sommes bien en présence d’une grande maladresse de vocabulaire. On n’éteint pas un incendie avec de l’essence…

 

DU COTE DES REACTIONS LOCALES 

 

556728 4593553889770 345421632 nJe reviens sur les réactions de la presse locale. Le quotidien la République du Centre tout en relatant les faits sans complaisance termine sa page positivement par « La fête sera belle, même sans le Père Noël… ». L’hebdomadaire « L’Eclaireur du Gâtinais » (même groupe de presse que le quotidien :) s’étale sur deux pages. C’est un patchwork d’édito, des faits relatés, de communiqués syndicaux, politiques, professionnels et de courriers. Hormis l’article « Le Père Noël au piquet » produit par la rédaction et qui présente de façon factuelle l’évènement et qui à lui seul aurait pu être une réponse appropriée à la rumeur, rien d’autre qui ne permette aux lecteurs de comprendre vraiment le pourquoi du comment de cette histoire. Bien au contraire c’est une surenchère de polémiques.

Un édito dans la tradition

Commençons par l’édito : les premiers deux tiers ne dérapent pas mais son auteur égal à lui-même termine sur des considérations autour de « revendications  minoritaires » « Pourquoi faudrait-il-il abolir nos traditions, et pire encore nos valeurs » question valeurs faudrait savoir de quoi il parle puisque plus haut dans son texte il écrit en parlant du Père Noël « qu’il est devenu un pur produit du consumérisme.. » ? En clair, notre éditorialiste n’a pas remarqué, enfermé qu’il est dans le bureau de son journal, comme d’autres dans leur tour d’ivoire, que ce qu’il nomme si bien « la tradition » à commencer par le Père Noël, est en mouvement constant. La « tradition » est tout sauf figée. Tant qu’aux valeurs, elles aussi sont en mouvement perpétuel. Il aurait été mieux inspiré, afin de bien nourrir ses lecteurs de mettre en perspective dans l’histoire y compris récente, ce que furent les évolutions des traditions et des valeurs qui sont ses références à moins que cela soit dans son imaginaire, plutôt des stéréotypes comme autant de vérités révélées.

Syndicats: laïcité contre laïcité

De leur coté, les syndicats s’ils sont dans leur rôle dans la défense des personnels enseignants, ils ne font pas mieux que l’éditorialiste local. Solidaire parle « des réactions de certains parents et celle du maire de Montargis remettent gravement en cause les valeurs fondamentales de laïcité et de liberté pédagogique des enseignants ». 547608 566673570015720 1891790237 nEtranges propos qui contredisent l’équipe enseignante de l’école qui a déclaré publiquement : « il n’y a eu de pression de quelconques parents d’élèves » ( ?). Tout n’aurait pas été dit implicitement ou explicitement autour de l’absentéisme de la fête d’enfants ? A propos du Père Noël, ce type de déclaration me semble être un contre sens puisque ce serait au nom de la laïcité que serait évacué le très laïque bonhomme accusé dans les années 50 de paganisme par les chrétiens. De son côté Sud Education reprend à son compte ceux de Solidaire, en déclarant que « le respect du principe de laïcité s’oppose à ce que des thèmes religieux, de croyance, ou d’ordre moral, soient imposés aux équipes enseignantes ». Sans doute il est peut-être fait référence à la croyance ou non des enfants au Père Noël ? Mais sincèrement, ce n’est pas cette croyance-là qui menacerait la laïcité. Quand la directrice avance cet argument, le ravage du mail anonyme est avéré et s’est  répandu partout sur le web. De plus, je n’ai jamais vu de Père Noël dans une crèche, si bien que plus laïque que moi tu meurs. Tout cela n’a pas de sens.

 

Les trophées de cynisme de ces deux pages sont les communiqués du FN et du PC, qui en tant que politiques sur un tel sujet, devraient conserver d’avec l’événement de la distance dans une posture d’apaisement afin de livrer à nos concitoyens des avis qui éclairent le sujet plutôt que de l’instrumentaliser et polémiquer à des fins partisanes. Rien qui n’élève le débat, c’est le ras des pâquerettes absolu.

FN une inculture primaire à l’état pur

Bernard Chauvet, le leader départemental du FN, met le Père Noël à toutes les sauces. Il délire autour «des valeurs, les mœurs, les habitudes, les coutumes, la culture, la cuisine, les institutions françaises, la Marseillaise… », avec en prime un rappel « à nos racines chrétiennes… », le tout assaisonné de menaces à peine voilées contre les personnes issues de l’immigration et particulièrement musulmane, une vraie et peu ragoutante bouillie. Bien sûr que la France existe, mais elle bouge tous les jours et n’est pas figée dans un « modèle » d’une époque fantasmée par ignorance de l’histoire. Ainsi aujourd’hui en France les églises sont vides, quand elles ne sont pas à vendre… Il est clair que pour ce conseiller régional cette histoire s’écrit et se 426020 280863251977503 384288466 nproclame sur ses opinions et non sur un savoir et une connaissance. Nous sommes dans une incantation idéologique et une propagande qui n’ont franchement rien à voir avec le Père Noël, sinon pourquoi parler de « charia » ? Concernant « nos racines chrétiennes », je tiens à rappeler au sieur FN que les trois religions abrahamiques ou monothéismes (Judaïsme, Christianisme et Islam) sont toutes trois nées au Moyen Orient et que l’Occident et la France ne sont pas les racines de la chrétienté. Ils s’y sont soumis pour des raisons politiques de l’époque. Voilà pourquoi il est toujours important de savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va !   . .

 

PC l’opposition n’autorise pas tout

Pour Jacques Reboul et ses compères cette histoire est une opportunité inespérée pour se faire valoir dans leur bonne gauche à la majorité UMP de la ville. « Personne n’est dupe, il s’agit bien là d’une campagne politique. Alimentée par un message anonyme qui plus est ! Il est absolument irresponsable de la part d’un député-maire d’attiser les tensions et de jouer avec le feu en inventant des soi-disant tensions religieuses et communautaires qui n’existent pas, ni dans ce quartier, ni dans cette école. On attendait davantage de recul et de hauteur de vue de sa part. Au contraire, il se comporte en politicien à la recherche de boucs émissaires ». Recul et hauteur de vue, Jacques Reboul en manque cruellement. C’est quoi cette thèse du complot ourdi par le député-maire ? Si ce n’est pas une plaisanterie, c’est bête. Si j’observe attentivement la chronologie des évènements depuis le conseil d’école, le maire n’intervient qu’une fois la rumeur répandue et que le carnet de liaison soit annoté par la directrice à propos « des croyances ». Alors sur quoi et sur quel fait avéré Jacques Reboul s’appuie pour écrire385089 480292588670723 1611018679 n « Il s’agit bien là d’une campagne politique » ou encore « après le coup du pain au chocolat », voici celui du « Père Noël ». C’est tout simplement consternant d’entretenir ce type de polémique à coup de rumeurs non fondées. Cela n’élève pas le niveau intellectuel et moral de notre ville alors que pour qu’elle sorte de ses difficultés, elle a besoin d’un solide socle de savoir et de connaissances. En cela les politiques ont un rôle déterminant pour créer les conditions ad doc, ce qui dans ce genre de réaction n’est pas le cas bien au contraire. A gauche et dans l’opposition, j’ai une autre idée de la pratique de celle-ci. L’opposition ne justifie pas tous les moyens, le respect cela existe pour soi et les autres. Alors que vient faire dans cette histoire de Père Noël les turpitudes de l’UMP : « L’UMP est en pleine déconfiture à cause de la guerre des chefs Copé-Fillion et JP Door essaie de faire diversion en courant derrière le FN ». Par de tels amalgames Reboul prend les gens pour des canards sauvages, mais ne relève pas la parole du politique.

Un Père Noël anti-rumeur

Face à ce déchaînement médiatique amplifié par le message de la directrice, le premier magistrat de la ville, Jean-Pierre Door, agacé par la soudaine « notoriété » de Montargis par cette histoire devenue nationale, décide que le Père Noël serait de la partie le 20 décembre. En cela de fait, il intervient dans le projet pédagogique de l’école. Quoique qu’on en pense, il est clair que du côté de l’Education nationale, plus personne ne maîtrise cette situation devenue irrationnelle sinon de soutenir une directrice menacée de mort. Dans ce contexte il est 8855 3900622884080 1974429665 nclair que tous les antagonistes se doivent de trouver une sortie par le haut qui calme le jeu et fasse plaisir aux enfants.

« Nous avons réfléchi en toute intelligence avec la municipalité. Ce lien entre l’école et les collectivités locales est nécessaire » a déclaré Mr Fred Jean-Charles inspecteur de l’Education national de Montargis Est. Ainsi le 20 décembre le goûter prévu a eu lieu et s’est déroulé en toute tranquillité. Juste après, mais dans le temps extra-scolaire, le Père Noël souhaité par le maire est arrivé même si sa présence dans les écoles publiques n’a pas de caractère d’obligation (Il est invité dans moins de 50% des écoles du Loiret). Tout s’est déroulé dans la bonne humeur des familles et la joie des enfants. Comme l’an passé, une dizaine de familles n’ont pas fait le déplacement. A remarquer que de tous les médias nationaux qui avaient relayé la rumeur avec insistance, seul RTL était présent.

Tempête dans les crânes

« Tempête dans un verre d’eau » disent certains. Personnellement je ne le pense pas. Si cette affaire a pris ce caractère irrationnel, c’est qu’un terreau favorable à ce type de rumeur existe bel et bien en France. Je pense que cet évènement aurait pu avoir lieu partout et pas seulement à Montargis. De plus il faut prendre en compte le 577766 396072620476466 458704423 ncaractère imprévisible et volatile de ce que sont aujourd’hui les réseaux sociaux et du poids qu’ils pèsent sur l’opinion, il suffit d’observer l’avalanche ravageuse de messages antisémites, islamophobes ou encore homophobes relayés en toute impunité. C’est le triomphe des technologies de la communication toujours plus performantes qui, mal utilisées, mettent à mal l’intelligence, le savoir et la connaissance. A véhiculer ce types de messages on ferait battre les montagnes ce qui nous éloigne de « la société de la connaissance » que les multimédias sont censés développer.  

Bon courage à la victime

La principale victime de cet imbroglio navrant et détestable est la directrice qui sort rincée de cette histoire. Sans aucun doute elle fut maladroite dans le choix des mots de sa communication, mais reste que l’Education nationale a des responsabilités dans cette situation. Pourquoi nommer des directeurs trop jeunes dans le métier, peu et mal formés et mal payés. Surtout quand on leur force quelque peu voir beaucoup leur acceptation à ces nominations à postes de responsabilité ? C’est que, être directeur vous transforme en acteur multitâches à la façon des hommes ou femmes orchestres : relations délicates avec de multiples partenaires, comme les municipalités, les parents, les employés municipaux, une équipe pédagogique sans oublier les enfants et la481856_3857179238016_1776036811_n-copie-1.jpg classe dont vous avez la charge. A tout cela s’ajoutent l’animation de la coopérative scolaire, un travail administratif prenant sans oublier la hiérarchie. C’est un travail de tous les instants allant de la location de cars à la fuite d’eau et une anticipation permanente de ce qui peut être un risque d’accident. On comprend que personne ne se bouscule pour devenir directeur de ce type d’établissement, et pour cause, alors on nomme des « bleus », ce qui n’est pas sans risques comme l’illustre fort bien la mésaventure de la directrice de la maternelle du Grand-Clos. Lynchée médiatiquement et en résonnance assaillie par le téléphone, menacée de mort sur plusieurs semaines, protection rapprochée de la police, il y a de quoi y perdre la santé. Toujours est-il que cet épisode ne sera pas sans laisser des traces pour cette jeune directrice. Je lui souhaite du courage pour la suite.

L’enquête de police se poursuit pour découvrir l’anonyme auteur de ce vilain conte, et je trouverais bien que le masque tombe. Des plumes et du goudron.

L'enfant que j'étais

Au fait, je ne vous ai pas dit, quand j’étais petit, j'ai cru au Père Noël, puis un jour j’ai compris. Je n’en ai pas voulu à mes parents et j’attendais toujours le Père Noël, enfin les étrennes avec la même impatience. D’avoir trouvé que le Père Noël n’existait pas m’a donné le sentiment d’avoir grandi un peu à la manière d’un passage initiatique. Plus tard mes enfants ont cru au même bonhomme et ainsi de suite… Si j’ai eu un jour comme tout le monde des problèmes existentiels, promis ils ne sont pas arrivés dans la hotte… C’est toujours bien de rêver…

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Société
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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