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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 15:42

Acte 2 (suite de "Retour sur un contexte particulier")

POURCENTAGES QUI NOIENT LE POISSON
ET ENFUMENT LE BON PEUPLE 

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Au soir du second tour, le 21 octobre, Jacques Reboul (PC) dit les choses : « Des électeurs de gauche insatisfaits nous ont dit pendant la campagne ne pas vouloir aller voter « parce que nous avons élu François Hollande mais dans notre vie quotidienne rien n’a changé ». Le mécontentement naissant à l’égard du gouvernement socialiste est d’ailleurs bien visible dans le score très faible du candidat PS-Verts-PRG le 14 octobre. Evidemment, ce mauvais résultat du PS a handicapé la dynamique du 2ème tour (…) ».

 

Ben voyons ! Sincèrement, de vous à moi, qui peut croire une seconde et de bonne foi que le changement annoncé puisse s’opérer sur un claquement de doigt, fut-il celui de Mr Reboul, au lendemain même d’une l’élection : personne. Par contre, pour avoir moi aussi beaucoup échangé avec les Montargois durant cette campagne, j’entends et je comprends, que les seuls qui ne peuvent pas entendre que le changement ne soit pas immédiat sont les personnes qui subissent de plein fouet au quotidien les conséquences des dix années de pouvoir UMP et particulièrement les cinq années de Sarkozy. J’ai parlé à beaucoup de gens en grande détresse, et ce qui m’interpelle le plus c’est qu’ils n’attendent de nous (les politiques) aucune promesse mais des actes immédiats qui répondent aux difficultés majeures qui les empêchent de vivre, et là j’avoue que je n’ai pas de « réponses minutes » et que vis-à-vis de cette attente dans l’urgence, je suis concrètement démuni. Plus que jamais le dicton « ventre affamé n’a pas d’oreilles » est d’actualité. Localement, notre bassin d’emplois est passé de 9000 chômeurs à la cantonale de 2011 à 9600 chômeurs inscrits en 2012 et donc a encore perdu 600 emplois. Voilà en quoi à lui seul, un changement de président ne peut en cinq mois réparer ce massacre numérisation0576économique et social. Le problème, c’est que ce « mécontentement » auquel fait référence le candidat PC, est son fond de commerce et qu’il l’entretient fort bien dans les quartiers populaires qu’il considère comme ses fiefs. Pour autant beaucoup de gens parlent et ne sont pas dupes de ce que leur dit ce candidat, par contre nombre d’entre eux m’ont clairement exprimé leur repli dans l’abstention, et souvent en sont fiers.   .

 

Alors, pensez bien qu’être candidat représentant la Majorité présidentielle dans un tel contexte économique et social à ce point dégradé localement, accompagné chaque jour d’annonces gouvernementales peu ou prou difficiles à entendre par telle ou telle catégorie sociale, ne fait pas recette. Plus facile pour ne pas dire trop simple, la posture du PC et du Front de gauche qui n’ont pas les mains dans le cambouis, et ne sont pas en responsabilité. Ainsi, dans la semaine qui a précédé le scrutin, plusieurs manifestations nationales ou locales se sont déroulées interpellant le gouvernement. Cerise sur le gâteau, à l’avant-veille du scrutin, l’annonce de la compromission d’une élue verte de Paris dans un trafic d’évasion fiscale (présomption d’innocence), ça fait désordre, et  rajouté au reste, cela fait beaucoup et crée un climat.. .

 

Pour ma part, j’avais parfaitement conscience des difficultés de la période, sans imaginer que le trou d’air serait électoralement aussi conséquent. D’un point de vue local, objectivement l’avantage du candidat PC a été d’avoir porté et gagné son recours, ce qui incontestablement lui a donné sur ce scrutin une légitimité vis-à-vis de son électorat et un argument fort de campagne débutée dès juillet. Je dis bien son électorat ! Car à bien observer les différents scrutins, il s’avère qu’il mobilise à Montargis toujours sensiblement un nombre d’électeurs constant, y compris dans les quartiers populaires.

 

Les pourcentages désinforment et manipulent l’opinion.

 

Evitons les pourcentages dans la mesure où pour ma part j’estime que cela ne donne aucune indication sur l’état réel des lieux. Les chiffres sont beaucoup plus explicites et parlants pour tout le monde que des pourcentages qui s’imposent à la mémoire sans pour autant illustrer clairement la réalité. Exemple, la République du Centre du lundi 22 octobre 2012 qui au lendemain du second tour sous son titre à la une « Viviane Jehannet élue conseillère générale » commente en six lignes « La représentante de l’UMP a remporté l’élection cantonale partielle, hier, avec 60,93% des voix » et plus loin « Malgré un taux d’abstention élevé, la candidate sortante a confirmé son statut de favorite ». En quelques mots tout est dit et avec ce pourcentage de 60,93%, pas de chiffres (ni pourcentage) concernant l’abstention ! Ce qui fait dire à la candidate UMP : « Je suis ravie et fière que les électeurs m’aient de nouveau fait confiance » (…) « Je suis réélue avec 61% des suffrages. C’est la reconnaissance de mon indéfectible engagement pour le département et pour tous les Montargois sans exception ». Bêtise ou inconscience ? Tu parles, la réalité est plus crue, voir cruelle. Le 21 octobre 2012, elle est élue avec 1569 voix sur les 2677 votants, et c’est bien là le malaise, 6233 électeurs sur les 8910 inscrits n’ont pas participé au scrutin. Voilà en quoi l’utilisation des pourcentages n’est qu’un enfumage qui planque tout ce qui dérange ou démontre ce qui arrange..

 

Pourcentages magiques… pour l'UMP...et le PC...

 

Ce qui est valable pour l’UMP l’est également pour le candidat du Parti Communiste quand au soir du second tour 2012, il déclare : « Après un 1er tour à 26% (en progrès de 4%), les électeurs de gauche se sont rassemblés sur mon nom au 2ème  (117 voix de plus que le total gauche du dimanche précédent (…). Pour le moins ces pourcentages ne parlent qu’à lui et embrouillent le bon peuple qui ne sait pas à quoi ces pourcentages font référence. Ce candidat oublie de dire qu’entre le premier tour de 2011 et celui de 2012, il a perdu 83 voix, que les inscrits ont baissé de 57, et que les votants sont passés de 3223 à 2365 soit 858 abstentionnistes de plus ce qui incontestablement a .pesé sur le scrutin. Reste que le premier tour du 14 octobre 2012 a été marqué d’une pluie de mousson toute la journée alors qu’il il a eu du soleil le 21 ce qui peut expliquer le retour aux urnes de ce second tour de 312 électeurs qui s’étaient abstenus au premier. Pas sûr que la météo explique tout. En tant que président d’un bureau de vote j’ai pu observer de nouveaux votants au second tour, alors que certains du premier ne se sont pas déplacés. Au second tour le candidat de gauche (PC) recueille 1006 sur les 8910 électeurs inscrits… ce qui pas plus que pour l’élection de Madame Jehannet, à ce niveau d’indifférence n’a de sens.

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Démocratie représentative: un cimetière d'abstentions

 

Ces pourcentages utilisés par les uns et les autres ne sont rien que les cache-sexe de la grande misère de la démocratie représentative. Ils permettent de maquiller et de manipuler afin de passer à la trappe ce malaise mortifère de la représentativité réelle des élus. Car au final à Montargis, c’est bien de cela dont il s’agit.

 

Bien-sûr Jehannet est élue et Reboul est battu, mais avec des strates qui profondément portent atteinte au fonctionnement démocratique de notre république. Avec de tels résultats que représente-t-on  quand on règne sur ce cimetière d’abstentions ? Même éliminé au premier tour je ne m’exclus pas de ce constat qui, au final, est un échec collectif de l’offre politique locale.       

 

Le grand gagnant de ce scrutin n’est pas Madame Jehannet, mais cette abstention record qui en dit long sur l’usure des Montargois vis-à-vis de la politique représentative dont ils n’attendent plus rien (Dixit nombre d’entre eux dans les cages d’escaliers). L’absence de débats publics contradictoires organisés selon des règles de bonne conduite n’invite pas nos concitoyens à s’intéresser à ce qui fait la différence entre la droite et la gauche, puis entre droite et extrême-droite et enfin entre gauche et gauche. Dans le cas présent de ce scrutin, il aurait été intéressant de débattre non seulement des projets du Conseil général mais du cadre de ses financements. Il n’y a rien eu sur ce point pourtant pertinent alors que cette collectivité est engagée par les Partenariats publics privés dans une spirale infernale de dettes différées sur des années et que le contribuable devra payer. Evidement ces questions ne répondent pas aux demandes immédiates de la population.

 

Ce type de confrontation et d’échanges publics répondraient au moins partiellement à l’interrogation de Madame Jehannet à propos de l’abstention qui d’après elle serait le fait que « ce sont des élections partielles » sans doute, mais pour mémoire le 27 mars 2011, au second tour d’un scrutin, qui lui n’était pas partiel, cette même candidate avait été élue avec 1799 voix sur les 3176 votants des 8967 inscrits soit avec la non participation de 5791 abstentionnistes…ce qui n’était déjà pas brillantissime. Débat qui pourrait répondre à son autre interrogation : « il y a peut-être un certain flou autour des missions du conseiller général »  Mais qu’a-t-elle localement pris comme initiatives pour informer les montargois sur ses missions ? Aucune que je sache. De plus elle a le grand avantage de la caractéristique exceptionnelle de notre canton dont le périmètre est uniquement celui de la ville, alors qu’elle dispose sur place d’une toute nouvelle Maison du département. Alors qu’attend-elle ?

 

Je t'aime, moi non plus !

 

De son coté, fort de ses 610 voix du 14 octobre sur 8910 inscrits, Monsieur Reboul et le PC dans la presse locale sont plus que jamais à la manœuvre. « Cette élection confirme aussi que pour que la gauche l’emporte à Montargis, il faut qu’elle soit unie, comme nous l’avions proposé pour cette élection partielle, alors que le PS local choisissait une fois de plus la division. Une telle attitude finit par décourager des électeurs de gauche et permet à la droite de gagner alors qu’elle est en perte de vitesse. On peut compter sur nous pour ne pas baisser les bras et dans les prochaines semaines nous prendrons une initiative en ce sens, dans le respect du choix des électeurs ! », de la même façon qu’il voit « un signe » dans les résultats obtenus par la gauche avec François Hollande à la présidentielle et Jalila Gaboret aux législatives.

 

Du grand art, toute une culture de la manipulation et de la propagande  avec comme ingrédients slogans et petites phrases  que l’on fait gober à des gens de bonne foi: « C’est moi le rassembleur », « les autres (le PS) comme d’habitude, n’accepte pas » « les électeurs de gauche sont découragés de cette situation », « Comptez sur nous », « nous ne baisserons pas les bras » et le fin du fin « nous prendrons des initiatives dans le respect des électeurs », je suppose qu’il parle des futures municipales ?

 

Ainsi donc, c’est sans rire qu’il avance « le respect des électeurs » alors qu’au second tour il totalise pour l’ensemble de la gauche 1006 voix sur 8910 inscrits ! Pas gêné non plus quand il amalgame aujourd’hui pour la gauche montargoise, ses résultats à ceux de François Hollande et ceux de Jalila Gaboret. C’est entretenir une ambigüité « unitaire » qui irait de soi alors qu’en réalité il n’en n’est rien. N’était-il pas en mai dernier l’auteur et le signataire d’un appel à un débat ouvert à tous pour aboutir à une candidature unique à gauche pour la législative numérisation0575dans la 4ème circonscription, alors que le candidat PC-Front de Gauche avait déjà déposé la sienne en préfecture… La difficulté avec le PC c’est qu’à l’écouter le rassemblement vient toujours de lui et qu’il doit se faire derrière lui puisqu’il s’autoproclame « la vraie gauche ». Si tel n’est pas le cas, les « autres » sont jetés en pâture à la vindicte de l’électorat de gauche tout en les culpabilisant. En d’autres termes, c’est le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière qui est son credo…La totale quoi ! 

 

Tant que la droite était au pouvoir, l’unité de la gauche avait un caractère automatique. Avec son arrivée à la présidence de la République, au gouvernement et majoritaire dans les deux assemblées, la donne n’est plus la même. Contrairement à 1981-84 avec le Gouvernement Mauroy, puis 1997-2002 au sein de la Gauche Plurielle de Lionel Jospin, en 2012 le PC et le Front de Gauche, après avoir contribué à la chute de Sarkozy, ont fait le choix délibéré de ne pas participer au Gouvernement tout en affichant un soutien supposé, ce qui n’est pas le cas. Alors pour être « unis » comme le propose Monsieur Reboul, il faudrait savoir sur quoi et comment ? A mes yeux l’opposition locale ne crée pas nécessairement et loin s’en faut une communauté d’idées, de projets et de résultat. Dans le cas présent, ce n'est pas de "division" dont il s'agit mais de postures et de rôles différents à gauche. C'est la différence entre une majorité et une opposition fussent-elles toutes deux de gauche.  

 

Même s’il y a des désaccords, dans tous les cas, les unions durables  passent par la confiance, Aussi il faut être clair vis-à-vis de soi-même, des partenaires et des électeurs, et ne pas jouer la confusion. On ne peut à la fois détester la politique gouvernementale, s’opposer sans cesse à elle et revendiquer derrière soi une «unité» locale, avec ceux-là-mêmes qui la soutiennent et prennent le risque de l’impopularité au quotidien par l’incontournable gestion du Pays. Il faut-être honnête, cohérent et savoir assumer ses choix. Dans le cas présent, ce n'est pas de "division" dont il s'agit mais de postures et de rôles différents.  

 

Dernier point, en tant qu’EELV j’ai voté pour un changement qui devrait s’opérer sur cinq ans. C’est du temps, voilà pourquoi, je ne peux réagir au quotidien sur toutes les décisions avant même qu’elles soient opérationnelles. Je revendique le droit d’inventaire au vue des résultats, c’est pourquoi je me dois de hiérarchiser mes critiques en fonction des situations sans pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain. En clair je ne souhaite pas revoir le Sarkozisme revenir aux affaires.    

 

Résultats des différents scrutins en nombre de voix

à Montargis lors des premiers tours depuis 2011.

 

Cantonale 2011 : 693 voix PC-Front de gauche ; 689 voix Gauche rassemblée.

1059 voix UMP ; 694 voix FN.

8967 inscrits, 3223 votants, 3135 exprimés.

 

Présidentielle 2012 : 687 voix pour Mélanchon ; 1 706 voix pour Hollande et Joly.

1830 voix UMP ; 1217 voix FN.

8876 inscrits, 6262 votants, 6145 exprimés.

 

Législatives 2012 : 597 voix pour PC-Front de gauche ; 1188 voix pour la Gauche rassemblée.

1997 voix UMP ; 631 voix FN

8887 inscrits, 4644 votants, 4603 exprimés

 

Cantonale 2012 : 610 voix pour PC-Front de gauche ; 279 voix pour la Gauche rassemblée.

1110 voix UMP ; 328 voix FN

8910 inscrits, 2365 votants, 2327 exprimés.

 

A cette partielle en comparaison avec 2011, on constate une baisse de 57 inscrits, que les votants sont passés de 3223 à 2365 soit 858 abstentionnistes de plus ce qui incontestablement a .pesé sur le scrutin. 

A remarquer une érosion de l’électorat du FN (sans doute en faveur de l’UMP), ce qui l’a éliminé du second tour.

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Politique
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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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