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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 10:41

numerisation0575.jpgRETOUR SUR UN CONTEXTE PARTICULIER…

La musique s’est arrêtée, les lampions sont éteints, les urnes sont rangées, la fête est finie. Chacun des deux protagonistes du second tour du 21 octobre s’en sont allés contents et l’expriment. Madame Jehannet UMP parce qu’elle est élue : « Je suis ravie et fière que les électeurs m’aient de nouveau fait confiance ». Monsieur Reboul : « content, même si je suis battu, que ce soit les électeurs qui aient tranché, plutôt que la tricherie ». Au-delà de ces congratulations  et bien que la page soit tournée, essayons de regarder plus loin que le bout de nôtre nez et de comprendre la face cachée de cette élection partielle et les enseignements que l’on peut en tirer pour l’avenir. Je vous propose une autopsie de ce scrutin en deux actes : « retour sur un contexte particulier » et le second « pourcentages qui noient le poisson et enfument le bon peuple ».Pour moi, la seule vraie bonne nouvelle a été l’élimination du FN du second tour…encore faudra-t-il voir ce qu’il va en être pour les élections futures du rapprochement UMP-FN ?

 

Montargis: RPR-UMP et PC, 40 ans d'une complicité objective...

Depuis 1970, le canton de Montargis est une exception puisque en France rares sont les « villes-cantons » où les mêmes électeurs sont appelés à trois ans d’intervalle, tous les six ans à élire un maire et un conseiller général. Résultat à Montargis depuis 40 ans nous observons des alternances quelquefois contradictoires, mais toujours entre les mêmes, à savoir le RPR (aujourd’hui UMP) et le PC qui, par des politiques clientélistes, plombent les gens et ne libèrent pas les énergies. Finalement si l’on en juge par la situation sociale et économique de la ville, force est de constater que cet huis-clos politique consanguin n’est pas favorable ànumerisation0574.jpg l’intérêt général individuel et collectif des habitants.de notre commune. (Revenus fiscaux les plus bas du département et chômage record).

 

Pour rappel, en 2011, sur les quatre candidats présents, pour atteindre le second tour, trois d’entre eux, dont moi, ont été départagés sur cinq voix avec une abstention record de 5832 sur 8967 inscrits (64,06%) soit 10 points de plus que la moyenne départementale. A l’époque, toute la gauche était dans l’opposition au pouvoir UMP en place (présidence, gouvernement, parlement, sénat) et contre la majorité départementale.UMP du Loiret. Cependant c’est l’abstention qui a fait réélire Mme Jehannet conseillère générale UMP sortante face au candidat FN.

 

Le candidat du Parti communiste à qui il avait manqué une voix pour être qualifié au second tour, a porté un recours, en raison de la diffusion par la majorité UMP de la ville d’un bulletin municipal inhabituel de nature à altérer les résultats du vote. Le Conseil d’Etat lui donne raison et invalide en juillet 2012 les élections cantonales de Montargis.

 

A Gauche: gestion pour les uns, opposition pour les autres...

Entre temps, des changements politiques majeurs sont intervenus dans le Pays : majorité à gauche au Sénat en septembre 2011, élection du Président de la République François Hollande en mai 2012, majorité à gauche à l’Assemblée nationale en juin 2012 (PS majoritaire à lui seul). La mise en place du nouveau Gouvernement s’est faite principalement autour de trois partis : le PS, EELV et le PRG. Ces partis de gauche ont pris le risque et la responsabilité « d’hériter » de la situation sociale et économique catastrophique pour la France et sa population. Le Parti communiste et le Front de gauche ont délibérément décidé de ne pas participer à ce gouvernement pour des raisons qui sont les leurs. De fait ils ne prennent pas le risque de l’impopularité. Ainsi ils conservent leur « virginité » tout en instrumentalisant l’impatience des plus fragiles au prétexte que le changement de l’après Sarkozy n’est pas assez rapide ou encore jouent de démagogie par des surenchères qu’ils savent n’avoir jamais à assumer. Concrètement ils sont plus opposants que partenaires mais entretiennent dans l’électorat de gauche l’illusion d’un rassemblement alors que finalement ils se considèrent dans l’opposition de l’actuel président, de son gouvernement et de sa majorité.

 

Suite à cette invalidation du scrutin de mars 2011, celui du 14 octobre 2012 s’est présenté malgré les apparences, par la présence des quatre mêmes candidats et les mêmes étiquettes politiques, dans un contexte rigoureusement différent, et ce à plus d’un titre.

 

En un an et demi le contexte politique national a changé et si jusqu’à la chute de Sarkozy la Gauche était unie pour le battre, aujourd’hui, il existe bien deux postures différentes à gauche. L’une est passée de l’opposition au pouvoir, l’autre est passée de l’opposition à l’opposition. L’une s’inscrit clairement dans la majorité de gouvernement et l’autre, à l’exemple du PC, se tient à coté en embuscade dans une opposition à la première tout en s’affichant comme l’axe du « rassemblement à gauche » en jouant de « l’ambigüité  unitaire auprès desnumérisation0586électeurs.  C’est subtil, mais source de confusion pour bien des gens. La réalité c’est que le pouvoir UMP a laissé un pays à ce point ravagé qu’il n’y a pas eu d’état de grâce pour le nouveau pouvoir. Depuis cet été, celui-ci est l’objet de tirs croisés entre l’arrogance des sortants, qui en grande partie après dix ans de pouvoir sont responsables de la casse économique et sociale que l’on sait, et ceux autoproclamés en « vraie Gauche » qui dégoulinants de démagogie font de la surenchère tout azimut afin de se refaire « la cerise » sans prendre aucun risque, ni responsabilité.

 

Hollande bashing

Fin août début septembre à son tour, la presse magazine hebdomadaire s’engage dans un « Hollande bashing » dont aucun des titres ne veut être en reste pour des raisons commerciales. Qu’affichent ces unes ? : « Les cocus de Hollande » suivies de « Et si Sarkozy avait eu raison ? » pour l’Express ; « On se réveille ? » du Point ; au "Hollande, secoues-toi, il y a le feu !"de Marianne en passant par le « Sont-ils si nuls ? » du Nouvel Observateur classé à gauche. Autant de messages dévastateurs envoyés à l’opinion par ceux là mêmes qui avaient soutenu Hollande lors de la présidentielle. Le résultat est immédiat dans les sempiternels sondages de 1183666920.jpgpopularité qui indiquent tous un « dévissage » du tandem Hollande/Ayrault qui en quatre mois à peine bat un record d’impopularité. Et que dire des réseaux sociaux  qui relaient à l’envie des messages délétères ? A cela dans la vraie vie il n’est pas de jours sans que des plus riches parlent de changer de nationalité, que nombre d’entreprises ferment leurs portes en jetant sur le pavé leurs cohortes de chômeurs laissant à penser que le nouveau pouvoir en serait responsable ! Voilà en quoi pour la Gauche présidentielle, octobre n’est pas juin 2012, qui de loin aurait été électoralement plus favorable.

 

En toute franchise, l’invalidation du scrutin de la cantonale de Montargis 2011 n’a pas été vécue par nous (EELV) comme une bonne nouvelle. Sans aucun doute toute manipulation pré-électorale de la majorité UMP de la ville méritait d’être sanctionnée et ce d’autant plus que « l’altération » retenue par la justice a nui à tous les candidats sauf à l’UMP. Reste que de ce nouveau scrutin, politiquement pour plein de raisons, nous n’en attendions rien de bon. Alors pourquoi être reparti ? Tout simplement parce que ce jugement nous renvoyait au premier tour de 2011, et que ce dernier avait fait à l’époque, l’objet d’un accord départemental (je n’ai pas participé à son élaboration) entre le PS, EELV et le PRG. Un accord se respecte même si le climat n’est plus le même dix huit mois plus tard à commencer déjà par le fait qu’une élection partielle est très souvent favorable au sortant. Si bien que du coté d’EELV nous estimions, sans le dire, que tactiquement dans ce territoire très ancré à droite que la Gauche locale n’avait aucun intérêt à se prendre une « tôle » si près d’autres échéances électorales qui, de plus, très fréquemment ne sont pas favorables aux candidats des majorités nationales en place. D’autres ont fait un choix différent et on ne maitrise pas le calendrier.

 

Candidat, j’avais tout cela en tête. Alors pourquoi porter cette candidature, et comment peut-on être offensif sur une campagne courte dans un tel climat ? En politique où rien n’est linéaire, il y a des passages obligés qu’il faut assumer quelles que soient les circonstances. Par ailleurs, la lucidité sur un contexte ou une situation n’empêche ni la combattivité, ni l’offensive. Elle permet d’être au plus prêt de la réalité et évite la désillusion. Au nom du rassemblement de la Gauche présidentielle, je m’étais fixé comme objectif d’être présent au second tour. Pour ce faire avec l’équipe de campagne nous nous sommes dotés des outils et supports que nous avons-nous-mêmes créés afin d’informer les électeurs.

 

Premier tour 2012: 858 abstentionistes de plus qu'en 2011 et 57 inscrits de moins... 

419450 374268245983121 1126103280 nNon seulement l’objectif n’a pas été atteint, mais pour un trou d’air, c’est un vrai trou d’air. Si comme en 2011 je suis toujours en quatrième position, cette fois-ci ce n’est plus dans un mouchoir de poche mais avec une perte sèche de 410 voix, dont acte ! La pluie de mousson qui s’est abattue avec violence toute la journée du premier tour n’explique pas tout, même si elle a permis d’atteindre une abstention absolue avec seulement 2365 votants sur 8910 inscrits (73,5%). A remarquer qu'entre 2011et 2012, les inscrits ont baissé de 57 unités, et que les votants sont passés de 3223 à 2365 soit 858 abstentionnistes de plus ce qui incontestablement a impacté l'électorat du Rassemblement que je représentais.  C’est un échec en tant que candidat représentant la Majorité  présidentielle que j’assume localement. Cependant  cela ne

 

m’interdit pas de m’interroger plus largement sur le  pourquoi, comment et ce que cela signifie en termes de conséquences sur la vie publique ? Autant de questions qui ont des réponses à la fois locales et nationales. Mais au-delà, ce n’est pas être mauvais joueur que d’élargir une observation plus pointue de ce scrutin local et sur notre territoire particulier et d’en tirer quelques enseignements. Un échec, çà sert aussi

à  cela.

Fin du Ier acte

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Politique
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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