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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 08:35

SAUVONS LES CAPTAGES D'EAU

 

Pour ma part, il ne s'agit pas de pointer du doigt en permance le monde agricole en le rendant responsable de tout. Reste que néanmoins, alors que l'on sait que  les agriculteurs sont les premières victimes de l'arsenal chimique totalement énergivore qui leur est "imposé" au nom du rendement. Mais rendement pour qui ? Pour des multinationales qui possèdent tout à la fois: les semences, les engrais et les produits de traitement. En attendant aujourd'hui l'on sait que la frénésie productiviste imposée à nos agriculteurs les menace dans leur intégrité physique, dans leur survie économique pour un grand nombre, qu'elle détruit ou fragilise les écosystèmes, qu'elle porte atteinte à la diversité génétique par les sélections des espèces les plus productives, et encore par la pollution des nappes phréatiques par les nitrates, et l'eutrophisation des eaux de surface par les phosphates. Tout cela n'a pas valeur d'accusation, ce sont des faits qui doivent trouver des solutions non seulement techniques mais aussi alternatives à une économie productiviste qui ne respecte rien et détruit tout .  Les nitrates et pesticides polluent les réserves d’eau “brute” de la France. L’Etat a identifié 507 points de captage de l’eau particulièrement exposés, qui vont faire l’objet de plans d’action.

 

Si aujourd’hui, l’eau du robinet répond à des normes de qualité strictes, il n’en va pas de même pour l’eau “brute”, qui sert justement à la production d’eau potable. Qu’il s’agisse d’eaux de surface (cours d’eau, rivière, fleuve, etc.) ou d’eaux souterraines, ces ressources, qui alimentent près de 34 000 points de captage sont, dans certains secteurs, polluées. En cause, les nitrates rejetés par les engrais chimiques ou organiques issus de l’agriculture ou de l’élevage, ou présents dans les eaux usées mal traitées.

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“Les engrais sont utilisés en grande quantité pour prévenir les aléas climatiques et assurer des rendements élevés et, étant fortement solubles, ils se retrouvent dans les eaux par infiltration diffuse”, tempête Bernard Rousseau, spécialiste de l’eau à la fédération d’associations France nature environnement. Responsables de la prolifération des algues vertes en Bretagne, les nitrates contaminent depuis cinquante ans la plaine calcaire de la Beauce, à des taux qui peuvent être supérieurs aux 100 milligrammes par litre à ne pas dépasser pour les eaux souterraines. Les fleuves, à l’image du Rhône ou de la Loire, ne sont pas mieux lotis et leurs multiples affluents polluent à leur tour les ressources souterraines de départements comme le Loiret. Résultat : plus de la moitié du territoire français est polluée par les nitrates au vu d’une carte des zones vulnérables publiée et réactualisée depuis vingt ans.

 

Premier consommateur européen de pesticides

Aux nitrates, s’ajoutent les pesticides issus des produits phytosanitaires, comme les désherbants ou les insecticides qui, par évaporation, contaminent les sols et donc les eaux. Avec 78 000 tonnes de pesticides de synthèse utilisées en 2008, la France est le premier consommateur en Europe et le quatrième au niveau mondial. Or, si les nitrates arrivent à être bien suivis, “les pesticides sont quant à eux beaucoup plus difficiles à identifier par les services sanitaires, étant donné la grande diversité des molécules présentes dans les produits utilisés pour l’entretien des routes, des parcs et jardins, et bien sûr des cultures arboricoles ou viticoles”, souligne une experte d’une agence de l’eau.

 

Malgré des périmètres de protection mis en place il y a plusieurs années ou l’élaboration de schémas directeurs,arretesvossalades.jpg la qualité de l’eau laisse encore à désirer. “Les schémas de gestion des eaux sont souvent un condensé de bonnes intentions, sans engagements financiers, et les programmes d’action préfectoraux sont souvent négociés avec la profession agricole”,dénonce Bernard Rousseau. Pour inverser la tendance et limiter le coût de la dépollution, la France s’est engagée, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, dans une politique volontariste de protection des captages, mais sans aller jusqu’à la reconquête de la totalité des eaux souhaitée par Bruxelles. Des puits aux captages agricoles, en passant par les retenues des barrages, l’opération n’est pas aisée, compte tenu de la surface à traiter lorsqu’il s’agit d’un fleuve par exemple.

 

Solution médiane

Aussi, la France a-t-elle trouvé une solution médiane en décidant d’identifier un point noir, limité en général à quelques hectares, sur l’aire de captage à protéger en priorité. Répartis sur toute la France, 507 points de captage sur 100 départements ont été identifiés par les services de l’État sur la base de trois critères : l’état de l’eau vis-à-vis des pollutions par les nitrates et les pesticides, le caractère stratégique de la qualité de l’eau au vu de la population desservie, enfin la volonté de l’État de reconquérir certains captages abandonnés.

Sur la base d’un diagnostic élaboré en concertation avec le milieu agricole, les agences de l’eau pourront financer des études ou compenser le coût des changements de pratiques ou aider à l’acquisition de nouveaux matériels. Sans attendre ces plans d’action prévus pour 2012, certaines collectivités se sont engagées à protéger leur captage. A voir si toutes ces décisions seront suivit d'actions concrètes et de résultats probants dus à des changements de pratiques et de comportements du monde agricole, alors qu'il est directement concerné dans son intégrité.

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Ecologie
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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