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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 13:59

NI DIEU, NI MAITRE,

JUSTE UN(E) CANDIDAT(E)

POUR UNE ELECTION.

Faites vos jeux… Rien ne va plus,: la candidate à la présidentielle de 2012 d’EELV est Eva Joly. Le sort en estarbre-small[1] jeté, le bonheur est dans le pré et que vive la campagne. 

 

La question est simple et se décline en deux questions. Aurons-nous (les écologistes) un candidat aux présidentielles ? La réponse a été très majoritairement oui. On ne discute plus alors on y va. Mais avec quel (le) candidat (e) ? A priori avec celle ou celui qui doit rassembler sur son nom le maximum d’électeurs, c'est-à-dire très au-delà des militants et même des sympathisants. Il est là l’enjeu, c’est celui de dépasser largement le pré-carré vert et le cercle des convaincus. Ce qui devrait-être une évidence devient un problème, pire un handicap à moins que cela soit un incroyable quiproquo.

 

numerisation0233.jpgC’est que l’écolo AOC n’imagine pas une seconde que son représentant (e) à la présidentielle, tout en défendant les mêmes projets de transformation de la société, par son histoire de vie et son parcours écologiste soit différent de lui, et surtout qu’il soit populaire (ce qui en écologie n’est pas donné à tout le monde, on le saurait). Alors cela devient très compliqué, puisqu’à l’évidence pour bon nombre de militants, de façon implicite, on ne peut à la fois, être populaire et un « bon écologiste ». La popularité semblerait-il n’est pas pour beaucoup, compatible avec une supposée pureté idéologique, comme si populaire était entaché de mille vices cachés et de plus que la pureté existerait (n’est-on pas toujours  le « social-traître » d’un autre ?). Résultat, mieux vaut désigner un(e) candidat (e) conforme à l’image« bien-pensante » de nous-mêmes, à savoir le contraire de la popularité. Etonnant, non ?

 

En 2012 pour les écologistes, ça sert à quoi de participer à l’élection présidentielle ? A être élu à l’Elysée ? Bien évidement non, pour témoigner ? Personnellement je pense que nous avons dépassé ce stade. Sans doute pour populariser les idées que nous défendons, mais pour ces idées nous faisons de la politique, c’est-dire que dans cette élection, notre score doit être le plus élevé possible afin de négocier avec le PS un groupe parlementaire et un accord de gouvernement. Avoir des ministres sans groupe parlementaire, c’est faire de la figuration. Un parti politique, bien que partenaire, n’a pas vocation naturelle à distribuer des sièges éligibles à un parti concurrent si il n’en est pas obligé soit par nécessité, soit par le poids d’un rapport de force et en politique, tout rapport de force passe par les urnes. Dans le cas présent c’est le chiffre du premier tour de la présidentielle qui permettra ou non d’atteindre nos objectifs. Sans oublier que nous sommes dans un scrutin à forte participation ce qui, pour les écolos, ne leur est pas favorable et n’a rien à voir avec les européennes, les régionales ou même les cantonales qui sont des scrutins à très forte abstention. Sans oublier le vote utile dès le premier tour sachant que de nombreux électeurs de gauche n’ont pas envie de revivre 2002 et que par ailleurs, il y a urgence à dégager l’actuel occupant de l’Elysée.

 

Pas sûr que nos écolos aient bien tous percuté sur les enjeux véritables au-delà de leur « bulle verte » sur la réalité vraie, à savoir celle de monsieur « tout le monde ». Il en est même qui en défendant la candidature d’Eva Joly pensent qu’elle fera un score  plus faible que Nicolas Hulot et ainsi fera courir moins de risques pour un nouvel échec de la gauche et des démocrates. En clair, au final il nous faudrait (les écolos) une candidature qui ne gène pas trop les socialistes. Dans ces conditions à quoi bon présenter un candidat si cela ne doit pas trop gêner le principal partenaire avec lequel il va falloir négocier un groupe parlementaire ?

 

Sur ce blog j’ai exprimé le pourquoi de mon choix de Nicolas Hulot (voir « entre Eva Joly et Nicolas Hulot j’ai fait mon choix »). J’ai fait ce choix en réaction à la détestation militante qui de façon épidermique et injuste a frappé Hulot durant ces primaires. J’avoue ne pas comprendre cette presque haine pour certains, alors que cela plaise numérisation0232ou non par son engagement professionnel et personnel, Hulot a beaucoup apporté à une reconnaissance publique et politique de l’écologie en France. Il ne l’a pas fait contre les Verts mais en complémentarité. Là où il agissai les Verts n’y étaient pas et inversement. Le Pacte Ecologique initié par lui et son équipe n’a-t-il pas été signé en 2007 par Dominique Voynet la candidate Verte à la présidentielle d’alors ? Revenons à la question de savoir qui serait le bon candidat(e) ? Pour ce choix, les écolos se sont trouvés dans un quiproquo « démocratique » de première grandeur. Soit avec Hulot, EELV poursuit l’ouverture de sa base et franchit une nouvelle étape d’un élargissement de popularité dans l’opinion publique. Soit les militants choisissent un repli identitaire en votant Eva Joly ce qui signifie que l’ouverture est « fermée ». Eva Joly ne s’y trompe pas quand dans ses déclarations elle loue la « culture militante ». Le succès d’Europe Ecologie aux Européennes de 2009 et Régionales de 2010 s’est construit sur une ouverture à la société civile qui bousculée et régénérée cette « culture militante », dont Eva Joly a bénéficié, et sur des scrutins à très forte abstention. Aujourd’hui la député européen, tout à fait estimable, est fière d’avoir conquis le cœur des militants, sauf que le cœur de la présidentielle est de conquérir « madame et monsieur tout le monde », d’où la nécessaire ouverture au grand public. Voilà pourquoi ces primaires n’étaient pas qu’un choix de personne, mais un choix entre poursuivre l’ouverture ou la stopper. C’est ainsi que EELV vient de vivre un chassé croisé autour de la popularité : celle des militants et celle de l’électorat et il est clair que la grande popularité de Nicolas Hulot ne vient pas des militants ce qui explique facilement les résultats des primaires. Voilà en quoi l’Ecologie politique française a raté une occasion de plus de passer à la vitesse supérieure en ne plaçant pas Hulot comme candidat. Ce n’est pas Hulot pour Hulot, c’est que pour ce scrutin de 2012, je continue comme Stéphane Essel, José Bové, Yves Cochet et beaucoup d’autres de penser qu’il aurait été la bonne personne au bon moment et au bon endroit. La majorité des militants en a décidé autrement et on fera avec. Rendez-vous au début 2012

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                         Eva Joly-Photo N4thaniel

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Politique
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Michel Grob 29/07/2011 15:21



Faut-il rappeler que le 14 juillet 1989, commémoration du Bicentenaire de la Révolution française, a donné lieu à un défilé grandiose , festif et populaire, comme on n'en n'a plus vu depuis ...


La déclaration d'Eva Joly sur le sujet s'inscrit peut-être dans la continuité de cet évènement ...


 



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L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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