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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 11:35

UN JOUR PAS COMME LES AUTRES...

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Deux ans, deux ans déjà que la triple catastrophe (séïsme, tsunami, catastrophe nucléaire) a frappé le Japon. Comment ne pas se souvenir et ne pas être solidaire de nos amis japonais, dont beaucoup aujourd'hui encore sont en grande souffrance. Trop d'incertitudes, trop de silences, trop de mensonges favorisent ce mal être d'une société culturellement stoïque, mais humaine. Ce lundi 11 mars à 14h46 à l'heure exacte du début de ce séïsme surpuissant, sirènes et cornes de brume ont retenti et tout le Japon s'est figé pour se souvenir et se concentrer sur l'immense chantier hérité de cette catastrophe.  

 

Mémoire solidaire avec les japonais 

Au nord-est du Japon ce matin-là du11 mars 2011 personne n'imaginait le soir. Une journée ordinaire que chacune et chacun s'applique à vivre au mieux, et dans son activité et dans sa vie personnelle. Ainsi au quotidien, il y a beaucoup d'automatismes dans le fonctionnement de chacun. La journée se déroulait normalement, lorsqu' à 14h 46 mn (6h 46mn en France) tout bascule. Un séisme surpuissant d'une magnitude de 9,0 se produit à 130 km au large de l'est de Sendaï, chef-lieu de la préfecture de Miyagi à environ 300 km au nord-est de Tokyo faisant violemment tanguer ses immeubles. Ce séïsme dévastateur a été ressenti jusqu'à Pékin. Il a duré entre deux et trois minutes. Moins d'une heure plus tard c'est un tsunami qui ravage le littoral nipon sur 600 km de côtes et parfois jusqu'à 10 km à l'intérieur des terres. Une vague gigantesque de 20 à 30 mètres de haut par endroit, emporte toute vie  en détruisant partiellement ou totalement  villes avec habitations, écoles, usines, installations portuaires, infrastructures routières ou ferroviaires.

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"Etat d'urgence nucléaire"

Sous le choc du séisme, à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (220 km au nord-est de Tokyo), les systèmes de refroidissement tombent en panne semble-il avant le raz-de-marée.  A 15 h30 une vague de 15 m de haut submerge le mur de protection de 5,70 m que Tepco la société exploitante avait édifié comme protection. Sans refroidissement le réacteur n°1 chauffe et avant 20h les barres de combustible fondent, c'est l'escalade vers un accident majeur comme celui de Tchernobyl  25 ans plus tôt. Le 11 mars à 19h 03, le gouvernement japonais déclare "l'état d'urgence nucléaire" pour le pays.

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Le même jour, ce sont 56 répliques dont plusieurs de magnitudes 6, et dans les jours et les mois qui suivent, elles seront très nombreuses dont l'une supérieure à 7. Si les tremblements de terre à eux seuls ont provoqué peu de victimes par la qualité des constructions antisismiques japonaises,  le tsunami et ses conséquences sont à l'origine de plus de 90% des morts et disparus. Dans le désordre immédiat de l'après catastrophe le total des victimes est estimé à 25000 morts, on relève 6000 blessés.  Le 6 juin 2012, la police japonaise a ramené ces chiffres à la baisse.15.861 personnes décédées sont comptabilisées, 3.018 sont encore portées disparues sans que leur corps ait été retrouvé, soit un total de 18 879 victimes. Par ailleurs, plusieurs centaines de dépouilles, dont les états ne permettent que difficilement toute reconnaissance, restent anonymes dans des morgues.

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315 000 personnes toujours déplacées

Certaines zones restent inabitables et aujourd'hui, ce sont 341 500 personnes qui sont déplacées et réparties sur l'ensemble du territoire, et nombre de ces réfugiés ne reviendront jamais dans leur logement détruit par le tsunami. De plus, la plupart des dizaines de milliers de personnes évacuées après l'accident nucléaire n'ont pu regagner leur domicile. N'oublions pas qu'entre les 11 et 12 mars, le rayon de la zone à évacuer autour de la centrale a été porté successivement de 2 km à 3, puis 10 et enfin 20 km soit 140 000 personnes auxquelles il faut rajouter les animaux d'élevage abandonnés à eux-mêmes (10 000 bovins, 30 000 porcs et 600 000 poulets). En mai 2011 le gouvernement demande leur abattage contre indemnisation.  Ces 315.000 réfugiés demeurent en habitat provisoire, chez des proches ou coupés de leurs familles dans des logements temporaires bâtis à la hâte.  

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Même si des moyens importants (plus de 150 milliards d'euros) pour rebâtir les zones détruites ont été mobilisés, même  si les routes ont été goudronnées et les poteaux électriques replantés et que peu à peu la vie reprend autour de la reconstruction, nombre de secteurs restent à l'abandon et certains littoraux demeurent couverts par des montagnes de débris entassés suite à la vague. Moins de la moitié des 17 millions de tonnes de détritus ont été incinérés ou stockés en décharches ce qui laisse un sentiment d'abandon à ces populations de réfugiés vivant dans des conditions précaires et difficiles. Cette histoire est loin d'être terminée pour ces japonais, qui dans une grande dignité, restent profondemment traumatisés par l'ampleur de la catastrophe et dont les conséquences sont encore loin d'être totalement mesurées (suicides, maladies, hausse des troubles mentaux particulièrement dans le secteur de Fukushima, grossissement des enfants confinés, séparations, pollutions, retombées sur les productions agricoles locales... avec leurs retombées économiques...).   Si les radiations de Fukushima Daiichi n'ont tué personne à ce jour, le stress et les difficultés de tous ordres engendrés par la triple catastrophe (séïsme, tsunami, accident nucléaire) ont coûté depuis la vie à plus de 2.300 survivants, d'après des enquêtes officielles.

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Silence on irradie

Le 14 mars 2011 à 16 h 58, TEPCO confirme une fusion en cours dans les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi pour une situation placée au niveau 7, la plus élevée sur l'échelle internationale des évènements nucléaires (INES) des accidents nucléaires et radiologiques soit l'équivalent de Tchernobyl.  N'oublions pas que les réacteurs 4, 5 et 6 connaissent des dégâts importants. Depuis décembre 2011, TEPCO considère la phase critique de l'accident comme terminée, sauf qu'elle ne l'est pas et que sur la  question sanitaire bien des questions posées restent sans réponses de la part de l'exploitant qui pratique le non-dit et la désinformation. Par exemple, Tepco n'a toujours pas remis les données sur les doses de rayonnements auxquelles ont été exposés quelque 20 000 travailleurs du complexe nucléaire ravagé. Aujourd'hui, deux ans après, la thyroïde des enfants de Fukushima (40% sur les 100 000 qui ont subi une échographie) présente des anomalies.

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L'OMS absente du Japon

L'omerta est exercée au plus haut niveau. Pour en être persuadé, il suffit de lire le premier rapport d'estimations de l'OMS de 172 pages des risques de cancers attribuables aux radiations dans la préfecture de Fukushima, sur l'ensemble du pays et en dehors du Japon. Finalement, c'est comme pour Terchnobyl circulez il n'y a rien à voir, sauf peut-être  pour les personnes vivant dans les zones les plus exposées de la préfecture de Fukushima, les travailleurs de la centrale et les travailleurs d'urgence exposés pendant les opérations de sauvetage ont un risque de cancer plus élevé.  Mais quoi d'étonnant lorsque l'on sait que l'Organisation Mondiale de la Santé dont le but est la santé publique dans le monde est liée par l'accord WHA 12-40, signé en 1956 à l'Agence internationle de l'énergie atomique (AIEA) dont la mision est le développement du nucléaire civil.  Pour fournir des chiffres, il faut faire des travaux et l’OMS n’en a pas fait. L’OMS ne peut que répéter les chiffres que lui donne l’AIEA. Autant de sujets angoissants pour les populations concernées, mais aussi pour tous les peuples de la planète.

Cet accord entre OMS et AIEA d'une part et le nucléaire à Fukushima feront l'objet d'autres interventions sur ce blog.

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Ecologie
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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