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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 20:12
Ce texte a été envoyé à l’Eclaireur du Gâtinais et aux autres titres locaux le 5 novembre.
En date du 21 novembre, rien n’est paru…malgré trois envois !!!


Qui vivra verra !

D’abord deux remarques. La première, pour quelqu’un qui veut liquider l’héritage de Mai 68, quand Monsieur Sarkosy en appelle à « une révolution dans nos façons de penser, dans nos politiques, dans nos objectifs » à quoi fait-il référence sinon à un moment fort de 68 : « Je veux que le Grenelle (le nom est lâché) soit l’acte fondateur d’un  new deal écologique en France, en Europe et dans le monde » (comme si certains pays nous avaient attendus !). La seconde, c’est que ce « Grenelle » mené par l’actuel gouvernement se serait tenu de toute façon, si Mesdames Royal, Voynet ou Monsieur Bayrou avaient été élus, compte tenu de leurs signatures du pacte de Nicolas Hulot.
Ces trois mois d’échanges entre les acteurs politiques de la Majorité (on peut regretter cependant que l’ensemble  des sensibilités politiques n’y aient pas été associées en tant que telles au plus haut niveau), les acteurs sociaux (patronat, salariés, catégoriels) et les ONG environnementales ont été dans tous les cas une bonne chose. Compte tenu des enjeux contradictoires sur lesquels porte ce type de négociation, il faut savoir que la concertation et la participation de l’ensemble des acteurs sont le quatrième pilier (et la gouvernance) du Développement Durable tel que défini à Rio en 1992 et ratifié alors par la France. Donc, aujourd’hui avec ce Grenelle, nous ne sommes pas en avance, mais dans un exercice obligé de rattrapage, même si le temps perdu ne se rattrape jamais.
Au-delà du constat, semble-t-il partagé par tous, de la dégradation du climat et des ressources naturelles de la planète, une liste ambitieuse de propositions a été mise en avant. Entre autre, sur les normes énergétiques dans les bâtiments (sans doute la plus réaliste), sur le triplement des surfaces de l’agriculture biologique (décision très liée à la dissémination des OGM), sur l’arrêt de la capacité routière (localement l’A19 prend un sacré coup de vieux), sur la biodiversité (trouée verte), etc… Cependant restent en suspend les OGM (décision au printemps juste avant la mise en culture ?), les pesticides, les agro carburants (dont l’impact sur l’eau et sur la biodiversité dépasse leur apport dans la lutte contre le changement climatique), le nucléaire (dont on a toujours pas résolu la gestion des déchets qui ne cessent de s’accumuler) qui finalement ne produit que de l’électricité et ne se substitue pas au pétrole dont le prix du baril explose et dont la moitié des réserves mondiales semblent épuisées), les déchets, etc…
Par ailleurs, beaucoup de décisions sont suspendues à des « si possible », à des « 10-20 ans », à « des commissions à venir » et à des décisions fiscales qui pour l’instant sont bottées en touche. A propos de fiscalité, il faut être extrêmement vigilant à ce que les plus précaires ne soient pas pénalisés (véhicules et habitat) au profit d’une aide à ceux qui ont les moyens d’investir écolo. Attention à ne pas élaborer une écologie de classe, forcément injuste.
Finalement, la bonne humeur des participants de ce Grenelle n’est-elle pas plutôt due à l’étonnement de s’être parlé, d’avoir échangé et dégagé des propositions possibles, ce qui est déjà bien. Pour le reste, au-delà des sourires et des annonces l’important sera la traduction concrète en actions et en moyens. Corinne Lepage s’est déclarée « globalement séduite, car c’est la première fois qu’on avait un discours novateur et cohérent à ce niveau de l’Etat ». C’était le 25 octobre dernier. Elle a du déchanter le mercredi 31 octobre, lorsqu’en Corse, Mr Sarkozy a souhaité voir s’implanter dans l’Ile des compagnies aériennes à bas coûts (low cost), lorsqu’on sait que le transport aérien grand producteur de CO2 - qui attaque le climat - échappe totalement à toute taxe sur le carburant, ce qui n’est le privilège de personne d’autre dans le transports. Déception encore, nous sommes au cœur  du discours contradictoire du chef de l’état lorsque la « France pionnière de l’écologie » de Mr Sarkozy déplace son gouvernement à Ajaccio, ce qui correspond à un coût environnemental pour une seule journée à la consommation annuelle de 200 personnes.
Sur l’environnement  la France n’est pionnière de rien tellement elle vient de loin. De plus, en moins d’une semaine la preuve est faite que l’écologie n’est ni la priorité, ni entrée dans les mœurs politiques, au-delà des discours.
Plus que jamais la mobilisation, la vigilance et l’action des écologistes et des Verts est nécessaire et ce d’autant plus que les grands lobbies ne se sont pas encore exprimés.


Couverture de ce qui fut en 1975 le premier document français généraliste sur l’énergie solaire que j’ai publié avec l’équipe d’Ecologie. il fut très largement diffusé en plein combat anti-nucléaire par l’ensemble des groupes écologistes du territoire.

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Publié par Burgunder - dans Politique
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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