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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 17:57



Autour de l’Agenda 21 
du Conseil régional



Ci-joint mon intervention au nom du Groupe Vert lors de la session du Jeudi 25 octobre 2007.

Monsieur le Président,
Chers(es) collègues,

Faire de la politique c’est prévoir.

Dans le document « Préparons ensemble un avenir durable », Monsieur le Président, au second paragraphe de votre introduction vous écrivez : « Face au changement climatique, à la fin des énergies fossiles et aux menaces sur la biodiversité, devant les défis de la mondialisation et la croissance démographique, nous devons réagir », et vous poursuivez : « Nous savons que notre société toute entière doit s’adapter et changer de mode de vie. Il est encore temps, et nous devons même trouver dans cette évolution indispensable, la source de nouvelles activités, de nouveaux emplois. »…

Vous ne serez pas surpris, Monsieur le Président, d’entendre que le groupe Vert de votre assemblée ne peut que souscrire à vos écrits. Nous le faisons avec d’autant plus d’aisance que la présence d’élus Verts dans cette assemblée ne vient pas de nulle part. d’abord le Club de Rome qui à partir d’avril 1968, autour d’universitaires, chercheurs, économistes et industriels de 53 pays ont réfléchi aux problèmes globaux afin de proposer des solutions aux dirigeants politiques nationaux. Leurs travaux initiaient déjà le concept de ce qui deviendra en 1988 et 1992 le Développement Durable. A suivi en 1971 le message de Menton lancé aux dirigeants et aux populations par 2200 scientifiques de 23 pays les mettant en garde sur les dangers sans précédent pour l’humanité, provoqués par un productivisme totalement irrespectueux des ressources vitales pourtant limitées de notre planète. Ensuite, c’est la conférence des Nations Unies sur l’environnement de Stockholm qui instaura la création des ministères de l’environnement qui depuis, cernés par les lobbys de l’économie et des profits à court terme, gèrent le curatif à défaut d’intervenir sur le préventif.

En l’absence de réponses des politiques, en 1974 des citoyens sensibilisés dont j’étais ont décidé de s’engager en politique autour de René Dumont lors des élections présidentielles. Et bien, votre introduction, Monsieur le Président, se trouve intégralement et plus encore (on parlait déjà de l’impasse et du réchauffement climatique) dans le document que j’ai le plaisir de vous montrer chers collègues et qui est le document de synthèse de la campagne de René Dumont, publié en 1974, auquel j’ai été bien inspiré de participer activement dans son élaboration. C’était sans compter sur l’inertie de la puissance publique, et du monde économique. Voilà comment après 33 ans de cette 1ère campagne et 15 ans après la conférence de Rio, c’est Agnès Thibal écologiste et Verte et soutenue par son Groupe qui se trouve en responsabilité de donner par la construction de l’agenda 21 régional, un cadre stratégique à l’action concrète du Conseil Régional en son sein et dans ses relations avec ses partenaires.

En 1998 et 1999, lors de la construction du Projet Régional 2000-2010, si le premier principe de ce projet est le Développement Durable, ce n’est pas un hasard. C’est à la demande pressante du Groupe Vert de l’époque. Depuis en nous appuyant sur ce principe inscrit et voté, nous n’avons eu de cesse de souhaiter voir notre assemblée s’engager dans un cercle écologiquement vertueux. Je l’ai déjà exprimé ici, lors de la même session, l’Assemblée a voté en décembre 2003 la Charte Régionale du Développement Durable et le Plan Régional de Développement des Formations (PRDF) qui pour ce dernier ; à la fois dans son esprit, sa méthode et son contenu, s’inscrit déjà dans des déclinaisons concrètes du DD. Est-ce un hasard ?

L’agenda 21 n’est ni une machine infernale, ni une couche technocratique de plus. C’est un engagement nécessaire et capital qui à partir de 4 objectifs de DD, des 10 thèmes d’actions prioritaires complétés par 2 principes d’action proposés, doit modifier en profondeur la méthodologie des interventions régionales de nos compétences et de nos initiatives volontaires.

En renforçant la participation des acteurs du territoire, la transversalité, l’organisation du pilotage, l’évaluation et une stratégie d’amélioration continue en croisant en permanence l’économie, le social et l’environnement, nous entrons dans une révolution culturelle de la construction des politiques publiques. Pourtant pour ceux qui doutent encore, et il y en a dans cet hémicycle, cet outil bâti collectivement va nous permettre de faire un bon qualitatif dans la pertinence, l’efficacité et la cohérence des interventions régionales. De plus, cela va permettre de sortir du caractère empirique et isolé d’actions s’inscrivant déjà, ici, nos politiques dans une démarche de Développement Durable. De surcroît, alors qu’à l’évidence nous avons le nez dans la falaise, avons-nous le choix ? Attendre encore serait à coup sûr être très vite rattrapé non pas par la fiction, mais par la réalité. La lucidité n’est pas catastrophiste si elle s’appuie sur la réalité. De même l’utopie du changement de mode de vie n’empêche nullement la lucidité par le caractère concret des propositions. Et avec un agenda 21 nous sommes bien dans les changements et dans le concret.

Deux mots encore. D’abord sur la concertation et la participation. Elles sont le quatrième pilier du DD tel que défini à Rio. Dans le cas présent tous les acteurs du conseil régional sont concernés qu’ils soient les personnels des services, qu’ils soient élus(es), qu’ils soient les groupes politiques ainsi que la société civile représentée par le CESR. De la même façon, la population de la région doit, elle aussi, être associée à travers les organisations régionales, et au-delà l’ensemble des habitants de notre territoire. Par des démarches adéquates encore à définir.

La participation et la concertation sont primordiales mais non pas comme des suppléments d’âme, de l’agitation médiatique ou autres effets d’annonce, la participation a un caractère pédagogique. Son enjeu véritable est que chaque acteur intègre le sujet, se l’approprie et puisse mesurer les vrais enjeux, au-delà des logiques ou intérêts contradictoires mais qu’il devient urgent de gérer et de réorienter dans un caractère qualitatif. Avec l’Agenda 21, il s’agit d’inscrire les politiques de notre collectivité et leurs résultats  dans une amélioration continue et constante. Il en va de l’avenir de notre territoire de ses habitants et plus largement celui de notre planète.

Sur l’évaluation. Cette thématique ne fait pas partie de la culture française plus proche du contrôle fiscal et du père fouettard que de la démarche qualité que devrait être l’évaluation. L’enjeu de l’évaluation c’est de mesurer non pas seulement l’efficience de nos politiques mais de se saisir en continu des marges de progression, ou de les réorienter selon les évolutions extérieures qu’elles soient institutionnelles, technologiques ou autres. Encore faut-il sur l’évaluation, qu’elle soit réalisée dans une cohérence tenant compte des spécificités des politiques que l’on évalue. Evalue-t-on de la même manière les investissements de structures d’équipement et les fonctionnement en direction des ressources humaines ?

Toujours est-il que pour qu’une évaluation soit pertinente, il lui faut une batterie d’indicateurs connus par tous. De plus, lorsque des politiques ont été élaborées collectivement avec une participation active des acteurs concernés, il va sans dire que toute évaluation interpelle collectivement l’ensemble des participants et ne peut en aucun cas être menée en catimini par un consultant extérieur totalement déconnecté de l’esprit même de l’élaboration des politiques concernées. Pour nous il est clair, que l’Agenda 21 qui justement prévoit l’évaluation, va nous permettre de rendre lisibles nos objectifs et les résultats de nos politiques.

A ne pas prendre de décision depuis plusieurs décennies, aujourd’hui nous sommes à un tournant historique de notre civilisation voire de l’espèce humaine et de bien d’autres espèces animales et végétales. On ne rattrape pas le temps perdu, néanmoins il est important de réagir le plus rapidement possible et d’apporter notre contribution à une amélioration de la situation régionale et planétaire. Il y a une solidarité entre les deux. L’élaboration de l’Agenda 21 ne peut qu’aller dans le bon sens et les Verts encouragent tous ceux qui le souhaitent et qui le peuvent de contribuer à construire et à faire vivre cet Agenda.

Merci à toi, Agnès, de porter ce chantier, merci au Président et aux élus(es) qui le soutiennent, merci aux élus(es) de l’opposition qui souhaitent participer, merci aux services qui s’impliquent dans ce travail, merci de la participation du CESR, merci à tous ceux qui participeront. Aujourd’hui il y a urgence, ne boudons pas notre plaisir. Agissons concrètement. Construisons ensemble.

Dans l’attente des concertations à venir et du vote par l’assemblée de l’Agenda 21 en mars ou avril 2008, d’ores et déjà le Groupe Vert valide les propositions de la présente communication.

Je vous remercie





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Publié par Burgunder - dans Politique
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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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