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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 14:16


En mai 2008 (voir sur ce blog), j'avais été interpellé et avais suivi la situation d'Alexandre Dzidzikashvili, sa compagne et leur enfant également réfugiés georgiens et habitant à Montargis. A ce jour, il est toujours en France en attente du verdict de la Cour de justice européenne...
Aujourd'hui, c'est la famille Dzidzigouri également georgienne habitant à Nesploy qui est en grande difficulté. Le dimanche 22 mars à 15h, à la mairie de Nesploy (Loiret), est organisé un après midi de parrainage pour  la famille avec des élus en priorité. Seront également présents l'équipe de foot, plusieurs associations, et bien évidemment la presse locale.
La France n'a pas de politique d'intégration et durant des années elle se joue du destin d'hommes, de femmes et d'enfants car derrière les quotas imposés par la politique du gouvernement se trouvent des êtres humains qui ont dû fuir leur pays d'origine et ont choisi notre pays comme nouvelle patrie. Le penseur de cette chasse à l'homme n'est autre qu'un fils d'immigrés qui aujourd'hui par la politique qui est la sienne ne permettrait pas à son père de reconstruire sa vie en France alors qu'il ne pouvait pas rester en Hongrie, menacé dans sa vie qu'il était...


PERSONNE NE POURRA DIRE:
"ON NE SAVAIT PAS"

Depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1992, la Georgie n'est pas un pays tranquille. Des régions se déclarent autonomes vis à vis de TBILISSI et les affrontements armés sont nombreux. Qui dit affrontement dit armée et population. Nikolose D, bien qu'originaire d'une des régions en sécession, comme citoyen georgien il fait partie de l'armée georgienne et participe à des opérations militaires contre les sécessions. Il quitte l'armée pour se consacrer à son imprimerie et son épicerie, et adhère à un parti politique. C'est comme militant qu'il est désigné par celui-ci pour surveiller le bon déroulement d'un scrutin national. C'est  qu'en  2000, en Georgie, c'est une année électorale. Il constate de nombreuses fraudes et produit des vidéos cassettes afin d'en témoigner. Pas de chance, elles dénoncent le parti qui sort victorieux de l'élection. Sa vie bascule... Son beau frère ,le premier est arrêté et assassiné, de plus, sa soeur  a disparu  depuis ! .La chasse à l'homme est ouverte, l'objet étant de récupérer les cassettes compromettantes. L'imprimerie et l'épicerie de Nikolose sont incendiées et détruites. Il est arrêté et torturé, sa femme Katuna originaire d'une autre région en sécession est violée et perd le second enfant qu'elle porte. Totalement démunis, sur le trottoir et dans une insécurité absolue, il leur faut sauver leur peau à tous les trois. La seule solution c'est la fuite et l'exil. L'exil n'est jamais anodin pour personne, ni simple à vivre. La petite famille georgienne accompagnée de la mère de Nikolose choisit la France compte tenu de sa "réputation" de pays des droits de l'homme et de terre d'accueil. La réalité est beaucoup plus nuancée pour ne pas dire surfaite. La France est capricieuse à propos de l'accueil des réfugiés. Beaucoup l'ont appris à leurs dépends et l'ont, pour certains, payé de leur vie. N'a-t-elle pas non seulement livré massivement des réfugiés à des destins fatals, n'a-t-elle pas déchu de leur nationalité des citoyens français pour cause d'origine! A ce sujet, sa parole est versatile et peu fiable. Tout récemment, ne voulait-t-elle pas renvoyer en Italie d'ex-brigadistes rouges qu'elle avait accepté d'accueillilr dans les années 80 ? Qu'en sera-t-il demain pour les  Farcs colombiens aujourd'hui accueillis sur notre territoire ?



A leur arrivée en France, ils sont pris en charge par un organisme de soutien aux réfugiés. La petite famille obtient un logement à Bellegarde dans le Loiret. Le couple suit des cours de français à Montargis, et en 2001 naît un second garçon. Tout va bien, ou presque...

Nationalement, sous l'impulsion du  ministre de l'Intérieur de l'époque, un certain Sarkozy, le gouvernement ne cesse de durcir sa politique à propos des étrangers. Ce fils d'immigré ne peut accepter que d'autres puissent s'inscrire dans une paisible intégration. Une première demande de carte de séjour se trouve rejetée sans motif. Côté Géorgie, non seulement la grand-mère de Nikolose a été tuée, mais en 2003 son père est battu et laissé pour mort dans un fossé. Recueilli par une infirmière qui passait par là, il est soigné clandestinement par elle et un médecin. Rétabli, comme son fils, il choisit l'exil et fuit pour la France (où il se trouve actuellement) en passant  par la Turquie.

Le temps passe, de trois mois en trois mois, des titres provisoires de séjour mais avec une interdiction formelle du préfet de travailler alors qu'un employeur est prêt à embaucher Nickolose avec un contrat de travail (!).  Une seconde demande d' un titre de séjour est à nouveau rejetée sans explication en aout 2006 ,soit un mois après la naissance de la petite dernière, LIZI. De leur côté, les deux garçons suivent une scolarité normale à Bellegarde et Quiers. Ils jouent au foot au club local avec leurs petits camarades d'école.  Qui est l'entraineur  bénévole de l'équipe poussins du club Bellegarde-Ladon? Et qui joue dans l'équipe vétérans du même club?  Nikolose bien-sûr. L'intégration est naturelle et  tranquille et ne pose pas de problèmes. C'est en avril 2007, soit plus de six ans après le arrivée que la petite famille est frappée d'un avis d'expulsion de leur logement de Bellegarde. L'ordonnance de reconduite à la frontière les frappe et c'est le 23 octobre qu'à 7h30, la gendarmerie exécute et rafle toute la famille et les conduit au centre de rétention de ...Toulouse. A ne pas perdre de vue qu'un centre de rétention existe à Cercotte (à côté d'Orléans) dans le Loiret. Non, c'est à Toulouse qu'on les envoie, sans doute histoire de les séparer de leurs soutiens que sont les 150 personnes de Bellegarde et des environs qui refusent qu'ils soient ainsi traités. Le 26 octobre, le Tribunal administratif de Toulouse rejette la demande de reconduite à la frontière. C'est donc munie d'un nouveau titre de séjour provisoire que la famille Dzidzigouri est libre mais totalement démunie sur les trottoirs de Toulouse. A remarquer que le père Nikolose était du voyage, seule sa mère, absente, avait échappée à la rafle du 23 octobre.

De retour à Bellegarde, les nouvelles de Georgie ne sont pas bonnes. Nikolose apprend que son frère jumeau a été arrêté, et est mort en 2006 sous la torture, à 33 ans. Malgré cette "liberté" retrouvée, la menace d'expulsion est toujours présente. Plus vigilant que jamais, le comité de soutien reste mobilisé, totalement révolté d'une telle situation. Un couple d'agriculteurs en retraite habitant Nesploy (Loiret) décide de loger la famille Dzidzigouri. Yves et Thérèse Martin viennent d'achever l'aménagement d'un gîte rural, qu'importe, ils le mettent à, disposition. Ainsi sont logés les trois enfants : Zakro, Irakli et Lizi, leurs parents Nikolose et Katuna, ainsi que le père et la mère de Nikolose. Les services de la préfecture font bien  pression par des recommandation pressantes du genre : "de ne pas politiser et ébruiter l'affaire". Résultat, le couple et le Comité de soutien avertissent la presse locale qui réagit favorablement.


Le futur passeport de Nikolose


Le 27 janvier 2009, soit presque neuf ans après leur arrivée en France, la Cour administrative d'appel de Bordeaux a statué en confirmant  la demande de reconduite à la frontière d'octobre 2007 pourtant annulée par le Tribunal administratif de Toulouse . Désormais au jour d'aujourd'hui, tout est possible, allant jusqu'au retour en Georgie où il est clair que leur vie est en danger. Dans mon courrier au Préfet, du 18 de ce mois, je lui ai posé cette question "en cas de mort des personnes expulsées, qui serait responsable devant le Tribunal pénal international ?(voir sur ce blog)" .
Ne sommes-nous pas dans le cas présent devant une attitude qui en cas de reconduite à la frontière relève de  la non-assistance à personnes en danger ? En tous cas, jamais personne ne pourra dire "qu'on ne savait pas", alors, il faudra bien que certains assument leurs responsabilités. Je ne souhaite pas en arriver à ce stade. La famille Dzidzigouri doit rester parmi nous. Ils nous ont choisis.

 

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Publié par Burgunder - dans Société
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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