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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 18:36


Environnement :
Doux n’est pas doux.

Durant l’été dernier le groupe Doux (volailles) pour des raisons de compétitivité a décidé la fermeture de trois abattoirs dont un dans le Cher et deux dans le Morbihan. Ce sont 647 personnes qui ont été concernées, auxquelles s’ajoutent les emplois induits (éleveurs, ramasseurs, transporteurs, etc…). Aujourd’hui ce même groupe envisage l’installation d’un abattoir à Boisne (près de Pithiviers) dans le Loiret. Ce projet émoustille quelques éleveurs en recherche d’idées pour se développer. C’est ainsi que l’un d’entre eux à Beauchamps sur Huillard a déposé un projet d’extension de son élevage actuel qui ferait de celui-ci la plus grande unité du Loiret (600 000 volailles par an).

La vraie question : cet éleveur pense-t-il véritablement, que dans ce contexte de compétitivité extrême et sans valeur ajoutée, pouvoir gagner sa vie ? Tôt ou tard, il sera écrasé comme d’autres avant lui, par une économie et un système qui utilisent et jettent les hommes et leurs moyens au gré des besoins.

L’autre question est que les communes concernées sont en zone sensible. Pourtant la qualité de l’environnement est source non seulement de bien-être des populations, mais se trouve être un facteur d’activité économique et touristique doux.

L’enquête d’utilité publique s’est close le 16 octobre. Au nom des Verts Est-Loiret et en ma qualité d’élu, j’ai déposé nos remarques sur cette extension auprès du Commissaire Enquêteur… (à suivre).




Objet : projet d’extension du poulailler situé à la Charpenterie
A l’attention du Commissaire Enquêteur, en Mairie de Beauchamps sur Huillard
Copie aux Maires de Beauchamps sur Huillard et Châtenoy


Monsieur le Commissaire Enquêteur,

Vice-Président du Conseil régional, Conseiller municipal de Montargis et animateur des Verts Est-Loiret, j’ai été interpellé par des élus et des habitants des communes de Beauchamps sur Huillard et Châtenoy (Loiret) à propos du projet d’extension de l’élevage avicole du GAEC COPPOOLSE, au lieu dit la Charpenterie, qu’il exploite déjà.

Ce projet d’extension à l’évidence pose de vraies questions inhérentes à ce type d’activité d’un point de vue économique, social et environnemental, et ce d’autant plus que d’ores et déjà d’importantes nuisances sont subies par les riverains du fait de l’élevage avicole actuel.

Ce qui nous pose question, c’est que ce projet d’extension ne prend pas en compte la déclaration des communes concernées en zone vulnérable prévue d’ici à quelques mois ( !).

N’est pas pris en compte non plus le Contrat Global Loing en Gâtinais, actuellement en cours d’élaboration et qui sera signé à la fin 2008 ou début 2009 entre trois structures intercommunales du Loiret (Pays Gâtinais, Pays Beauce Gâtinais et Pithiverais, Agglomération Montargoise) et trois communes de Seine-et-Marne (Bransles, Beaumont-du-Gâtinais, Château-Landon) qui sont associées dans le but d’avoir un périmètre hydrographique le plus cohérent possible. Au total ce sont 111 communes concernées. Le Huillard est concerné et par conséquent les deux communes Beauchamps sur Huillard et Châtenoy.

Signé le 8 mars 2008, le Contrat de Projet Etat-Région (CPER 2007-2013), intègre un volet territorial concrétisant la volonté de s’engager dans une démarche de partenariat avec les différents territoires de projets de la Région.

De plus, une convention spécifique de partenariat pour la période 2007-2013 a été signée le 1er février 2008 avec les deux agences de l’eau, Loire-Bretagne et Seine-Normandie, pour définir les modalités de financement des projets et traduire la volonté des parties à s’engager conjointement afin de mener des actions pour atteindre l’objectif de bon état des eaux en 2015.

La convention est bâtie autour de quatre axes d’interventions : dont la mise en place des programmes pluriannuels opérationnels de travaux de restauration de la qualité des eaux, le développement sur le territoire régional des programmes d’économie d’eau et d’utilisation des techniques alternatives à l’usage de produits phytosanitaires.

Le Conseil général du Loiret intervient également sous forme de soutien financier et technique.

Ce Contrat Global Loing en Gâtinais est passé entre les différents partenaires institutionnels et avec l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

Compte tenu de l’installation actuelle du GAEC et de l’extension proposée, il est à remarquer la présence de tas de fumier, régulièrement entreposés à moins de six mètres de la rivière, ainsi qu’un bâtiment d’élevage à moins de dix mètres d’une mare, alors que la distance réglementaire est de cinquante mètres. L’installation du plus grand poulailler réalisé dans le Loiret sur un terrain en pente à quelques mètres de la rivière affecterait à coup sûr et de manière constante la qualité de l’eau de celle-ci. En acceptant l’extension proposée, il y aurait là une contradiction majeure entre la volonté affichée de la Puissance publique d’améliorer la qualité de l’eau alors que de manière concomitante on permettrait de fait de polluer à coup sûr avec l’extension de élevage industriel privé.

Il est à remarquer que le rapport de l’enquête d’utilité publique n’intègre pas la présence d’une source proche du chemin de Blézine, situé en limite de la rivière l’Huillard, et qui se trouve à moins de cent mètres des premiers bâtiments. La nappe de cette source, pour des raisons de proximité, se trouvera immanquablement en contact avec les effluents des volailles (curages ou épandage sur les terres, etc…). A noter, que La nappe de cette source alimente également les puits des riverains.

Sur les communes de Beauchamps sur Huillard et Châtenoy, des habitants se sont engagés dans une politique de valorisation de leur commune et de leur territoire par la création de nombreux gîtes ruraux et de chambres d’hôtes. Ces nombreuses créations se sont adossées sur des sites d’intérêt environnementaux élevés qui attirent de nombreux touristes, amateurs de randonnée et de nature, ou de simples promeneurs.

A noter encore : que l’extension proposée est proche de la forêt d’Orléans (500 mètres) et que plusieurs zones de protection environnementales sont à proximité des zones d’épandage des fumiers :

ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique) de type 1 et 2, notamment en forêt d’Orléans et en forêt de Saint-Brisson (commune de Poilly lez Giens).
ZPS (Zone de Protection Spéciale) ou site Natura 2000 « oiseaux » (commune de Châtenoy et Sury aux Bois).
SIC (Site d’Importance Communautaire) ou site Natura 2000 « habitat » en forêt d’Orléans (sur la commune de Châtenoy et la commune de Poilly lez Giens).

Ces sites sont protégés et même s’ils ne sont pas directement touchés par l’épandage, ils sont en limite. Ce qui n’est pas une plus value touristique. Le chemin de randonnée de Blézine en est un parfait exemple.

On ne peut évidemment passer sous silence les nuisances olfactives survenant à n’importe quel moment de la journée et de l’année. Il n’est pas exact de noter que les personnes concernées sont très éloignées. Les riverains les plus proches sont aux alentours de 150 mètres, sachant que odeurs nauséabondes se déplacent au gré de la direction et de la puissance des vents et non de la distance. De surcroît, il est évident que les touristes et locataires des nombreux gîtes concernés et qui font partie de l’économie locale sont bien évidemment concernés par ces nuisances qui ne peuvent que s’aggraver et donc s’avérer un frein au développement touristique.

Les nuisances auditives seront obligatoirement aggravées par les manœuvres supplémentaires qui auront lieu dans les poulaillers, ainsi que les bruits produits par les souffleries et ventilateurs permanents supplémentaires.

La circulation des camions passera de 179 à 320 (par an, uniquement pour le poulailler) par l’extension de l’élevage, dont 144 de nuit. En sera affectée la sécurité des habitants, puisque la circulation de ces camions se fera d’abord à travers le village de Châtenoy, puis par une route inadaptée à un tel trafic le long du canal d’Orléans (deux voitures ne peuvent se croiser sans rouler sur l’accotement) et emprunter un pont étroit à l’accès en angle droit aujourd’hui interdit aux transports scolaires. Dans ces conditions, la sécurité publique des riverains est donc bien remise en cause par un trafic sur une voie inadaptée et qui met en danger la population des deux communes concernées.

Le futur bâtiment d’élevage prévu sur 124 mètres de long et sur 16 mètres de large aura nécessairement un impact visuel important. La nuit ce bâtiment comme les autres bâtiments de l’élevage restera éclairé et produira des émissions lumineuses qui sont prévues en principe par l’étude d’impact du code de l’environnement. Cette pollution visuelle nuit à la reproduction des espèces sauvages vivant à proximité et nous sommes bien là dans le cas présent dans une zone sensible.

Avec cette demande d’extension, nous sommes en présence d’un choix de type de développement. Soit un développement territorial par une économie douce et harmonieuse à forte valeur ajoutée qui correspond aux localités concernées (un agriculteur en culture biologique vient de s’installer face à ce qui serait l’extension demandée), soit d’une logique de production industrielle et financière peu respectueuse des hommes et de l’environnement. Dans le cas présent, il s’agit d’une production d’animaux de consommation de batterie, d’une qualité nutritive médiocre pour l’homme, compte tenu des conditions concentrationnaires d’élevage, et de leur durée de vie avant l’abattage, et de leur alimentation qui n’exclut pas la présence d’Organisme Génétiquement Modifiés (OGM). Ce type d’économie est peu respectueuse des conditions sociales et économiques des individus. La société Doux cet été 2008 a licencié 647 personnes sur 3 sites, dont 150 au Châtelet dans le Cher, mais en réalité 300 personnes puisqu’il faut compter les emplois induits : éleveurs, ramasseurs, transporteurs.

Pour toutes ces raisons, vous comprendrez Monsieur le Commissaire Enquêteur, que moi-même et les Verts souhaitent que l’ensemble de ce projet et l’enquête qui en découle, s’inscrivent clairement et se conforment aux exigences de l’article R 122-3-2 du Code de l’environnement : « 2° - une analyse des effets directs et indirects, temporaires et permanents du projet sur l’environnement, et en particulier sur la faune et la flore, les sites et paysages, le sol, l’eau, l’air, le climat, les milieux naturels et les équilibres biologiques, sur la protection des biens et du patrimoine culturel, et , le cas échéant, sur la commodité du voisinage (bruits, vibrations, odeurs, émissions lumineuses), ou sur l’hygiène, la santé, la sécurité et la salubrité publique ; ».

Il est clair que ce projet n’est pas satisfaisant au regard de cette analyse et que nous souhaitons, en l’état du dossier présenté, que l’extension ne soit pas autorisée. Si tel était le cas, il est évident que la valeur des biens immobiliers des riverains s’en trouverait dépréciée et que la qualité de la vie locale serait durablement affectée à Beauchamps sur Huillard et Châtenoy. Pour nous en aucun cas, un intérêt particulier ne peut l’emporter et s’imposer à l’intérêt collectif au sens large.

Je vous prie, Monsieur le Commissaire Enquêteur, de bien vouloir recevoir mes salutations distinguées.



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Publié par Burgunder - dans Ecologie
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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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