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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 12:44

 



les jeunes

et le travail


Le 25 novembre 2008, se sont tenues à Amilly (Loiret) les 2èmes Assises locales pour l'insertion des jeunes, sur le thème "Les jeunes et le travail". Ces Assises étaient patronnées par la Région Centre et organisées par la Mission Locale Montargis-Gien (AIJAM). Pour animer et échanger avec l'assistance nombreuse, trois intervenants majeurs sont intervenus: Caroline François (1), chargée d'étude à l'Observatoire Régional Formation Emploi (ORFE) du GIP Alfa-Centre (dont je suis le président délégué); Philippe Cormont (2), consultant du COPAS (Conseil en pratiques et analyses sociales-Lille) et François Sarfati (3), maitre de conférences en sociologie à l'Université Paris Est-Marne LISE (UMR-CNRS). Voici mon intervention d'introduction.



 

Je suis heureux de m’associer aux réflexions que vous allez conduire aujourd’hui à l’occasion des 2èmes assises locales pour l’emploi des jeunes organisées par la Mission locale du Montargois et du Giennois.

 

Cette manifestation intervient tout à la fois en écho et dans la continuité des 1ères assises organisées ici même en 2006 sur le thème de « la relation à construire entre le jeune et l’entreprise ».

 

De plus, dans le contexte économique et social particulier dans lequel nous nous trouvons d’une façon planétaire, cette thématique est lourde de sens sur notre territoire parce qu’elle nous interpelle au-delà même de l’insertion professionnelle.

 

Il faut le dire, et poser clairement le diagnostic : le Montargois est une zone sinistrée en terme d’emploi. J’en veux pour preuve les données de septembre de la Direction Régionale du Travail de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (DRTEFP). Le taux de chômage sur le Montargois est de 7,5% alors que Gien est à 6,4%, que le Loiret est à 6,1% et 7,2 au niveau national. Ces chiffres de septembre ne prennent bien évidemment pas en compte la crise déclarée depuis.

 

Concernant les femmes les chiffres de la Mission Locale sont éloquents avec une fréquentation en augmentation depuis janvier 2008 (3100 jeunes) soit plus de 1300 nouveaux cette année !

 

Pourtant les efforts sont faits en accompagnement social, en appui psychologique, actions financées par le Conseil Général. Le Fond d’Aide à la Jeunesse (FAJ) aux côtés des Centre Communaux d’Action Sociale (CCAS) et autres organismes caritatifs apportent des aides substantielles ainsi que l’allocation CIVIS (Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale) et le Fond d’intervention pour les jeunes mineurs du CIVIS. D’autres actions existent encore .

 


Néanmoins, la situation sociale des jeunes ne s’améliore pas en 2008 (précarité liée aux manques de ressources, de logement, de difficulté de mobilité, de problèmes de santé, etc…) si bien que malgré ces efforts nous sommes très loin du compte du fait de l’accroissement de la pauvreté.

 

Parallèlement, l’offre de formation, en particulier pour la qualification, s’est étoffée sous l’impulsion financée par le Conseil Régional.

 

Il est donc urgent de faire mieux et aller au-delà des seuls dispositifs institutionnels (je m’inquiète du peu d’implication des entreprises de l’opération ANRU  du  Plateau à Montargis et Chalette) en prenant des initiatives locales et territoriales qui répondent au plus près des besoins repérés et ils sont nombreux alors il y a urgence à faire.

 

Une journée professionnelle comme celle d’aujourd’hui autour du thème « les jeunes et le travail » fait partie de ces initiatives. C’est une journée de réflexion collective afin d’agir mieux demain. N’est-il pas, aujourd’hui, question d’approfondir et questionner l’une des préoccupations principales actuellement partagées par l’ensemble des acteurs en charge de l’insertion professionnelle, à savoir l’accès et surtout le maintien durable dans l’emploi.

 

 

Questionner la relation des jeunes au travail c’est également se donner les moyens d’actualiser les pratiques professionnelles d’accompagnement des personnes en tenant compte des évolutions de l’environnement socio-économique, des modes d’apprentissage et des comportements des jeunes.

 

Accompagner dans l’accès et le maintien durable dans l’emploi, c’est notamment tenir compte de quelques unes des évolutions les plus significatives de ces dernières années au regard des structures de l’emploi et du rapport au travail qui sont :

 

·        les déroulements de parcours professionnels sont de moins en moins linéaires ;

 

·        les métiers et les emplois afférents ont fortement évolué ce qui entraine un décalage entre les représentations qui sont véhiculées et la réalité des emplois correspondants ;

 

·        la situation économique est désormais plus difficile et conduit à des situations telles qu’une sélectivité plus forte dans le recrutement ou un décalage entre niveau de diplôme obtenu et niveau de l’emploi occupé,

·        une tension entre les aspirations des jeunes, leurs souhaits de qualification et le passage, de plus en plus régulier, par un emploi non qualifié au cours des premières années de la vie active.

 

Ces évolutions ont un impact incontournable sur les modes d’accompagnement vers l’insertion professionnelle mais aussi sur les modes d’accueil des nouveaux collaborateurs dans l’entreprise, notamment lorsque ce sont des jeunes peu qualifiés.

 

A l’occasion de cette journée d’échanges entre professionnels, il s’agit de répondre ensemble aux défis posés en s’appuyant, comme vous le faites aujourd’hui, sur :

 

·        l’actualisation des informations sur le marché de l’emploi et des évolutions attendues ;

 

·        l’amélioration de la connaissance des métiers et des emplois en les ancrant sur les réalités locales grâce aux liens tissés avec les entreprises présentes localement.

 

·        Une réflexion sur vos pratiques et les adaptations nécessaires à y apporter afin d’assurer une insertion sociale et professionnelle réussie aux jeunes rencontrant des difficultés dans l’accès à l’emploi.





Je trouve que les acteurs de l'éducation, de l'information et de l'orientation, de la formation et de l'insertion sociale et professionnelle ne cessent de s'interroger sur les évolutions sociétales et des conséquences sur leurs pratiques. J'entends peu de choses du côté du monde de l'économie, or, qui crée l'emploi sinon l'économie?
Il nous parle de ses besoins immédiats mais si peu de sa propre évolution et presque jamais de prospectives.

Alors qu'aujourd'hui nous sommes pris dans une économie globalisée qui fragilise tout le monde, alors qu'aujourd'hui nous sommes dans une crise financière et sociale d'une amplitude que personne ne mesure vraiment, alors qu'aujourd'hui l'humanité est confrontée à la crise majeure du climat et de ses multiples conséquences, peut-on raisonnablement imaginer que la sortie de crise ne changera rien au type de développement jusqu'alors dominant. Non seulement cette forme de croissance menace l'équilibre de la société et la planète, mais nous vérifions ici à Montargis et dans l'Est du Loiret précarise et fragilise notre jeunesse et son avenir de façon inacceptable. Hier, on envoyait les jeunes à la guerre, aujourd'hui en temps de paix beaucoup trop d'entre eux ne se voient pas d'avenir.

 

La solidarité existe peu entre les territoires qui pour des raisons de survie sont en compétition entre eux. En conséquence une partie de la sortie de crise passera par notre capacité locale à favoriser la réalisation de projets portés par des citoyens, des coopératives ou des associations à commencer par les initiatives de nos habitants eux-mêmes. Ne soyons pas timorés, il s’agit de valoriser localement de nouveaux talents liés en priorité à l’innovation (énergie, transports, bâtiment, alimentation, multimédia, services à la personne, etc…) qui vont modifier nos façons de vie, les métiers, les formations et je n’en doute pas l’insertion rapide de nos jeunes. L’emploi n’est pas en contradiction avec le Développement Durable.

 

Toujours est-il qu’ici dans le Montargois c’est collectivement que nous réussirons à réduire le chômage et celui de nos jeunes en priorité mais encore il nous faut jouer sur des postures innovantes à tous les niveaux : politique, économique, social, sociétal, culturel et environnemental.

 

Je vous invite donc à engager vos travaux en ayant à l’esprit d’identifier les actions et les pratiques qui, dans les prochains mois, et plus si affinité, pourraient être mises en place, confortées ou au contraire amendées afin de renforcer et favoriser l’accès des jeunes à l’emploi.




(1) Présentation de l'étude "les jeunes en Région Centre".

(2) Après une rapide présentation des évolutions récentes de ce que l'on nomme "marché du travail" et du poids de la formation initiale, une mise en perspective des différents points de vue et des attentes des uns et des autres sera proposée, à partir d'enquêtes conduites auprès des jeunes et d'entrepreneurs. On peut se rendre compte que si des points de rencontres existent, les représentations mutuelles, les méconnaissances ou encore les stéréotypes à l'oeuvre conditionnent fortement la relation duale.

(3) Après avoir retracé les évolutions du rapport au travail au cours du demi-siècle qui vient de s'écouler, révélant le passage d'une société concevant le travail comme un devoir à une société du travail comme vecteur d'épanouissement personnel, nous aborderons la question spécifique du rapport des jeunes au travail et à l'emploi. En distinguant ces deux notions, nous focaliserons notre attention  sur la montée de l'incertitude sur le marché de l'emploi et verrons comment elle impacte l'activité de travail et son ressenti. Les

jeunes, en tant qu'ils appartiennent à une génération qui n'a jamais connu de période de plein emploi seront analysés comme des révélateurs des mutations contemporaines du travail.

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Publié par Burgunder - dans Société
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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