Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 10:47

 


Crise, vous avez dit crise!



En 2008, la crise financière internationale a tapé fort. Des empires financiers et industriels se sont écroulés, d'autres sont nés. D'une certaine manière, personne n'y échappe et ce sont les moins favorisés qui payent la note. Si faire de la politique c'est prévoir, au vote de leur budget, les collectivités ne peuvent pas faire l'économie d'un état des lieux sur leurs compétences et leur territoire et d'une analyse des retombées visibles ou à avenir. Ne pas se laisser submerger  c'est rester lucide et bien mesurer et comprendre dans quel contexte nous évoluons. Lors de la session plénière des 18 et 19 décembre 2008 au Conseil régional du centre, s'est tenu un débat sur la crise financière, avec un avis du Conseil économique et social régional (CESR) ; voici mon intervention... 



Crise financière ! Bonne question Monsieur le Président, à l’instant où la globalisation de l’économie est devenue folle. Mais peut-on se contenter de cette seule question ? Ne sommes-nous pas aujourd’hui au carrefour de multiples crises : crise financière, crise économique, crise sociale, crise énergétique, crise alimentaire et sanitaire, crise environnementale et climatique, crise sociétale et une autre et pas des moindre, crise idéologique. Parler de la seule crise financière sans avoir les autres en perspective serait à notre sens une faute grave qui prendrait à revers votre volonté affichée d’anticipation. C’est d’autant plus nécessaire qu’à l’évidence on ne peut trouver l’issue crise par crise tant elles sont imbriquées et que toutes nous concernent à titre individuel et collectif. Nous sommes au coeur de la tranversalité.

 

Ces crises sont les symptômes invalidants de la crise idéologique. Crise qui ne sévit pas qu’en France, mais globalement dans tous les endroits stratégiques de la planète : USA, Europe, Russie, sans oublier la Chine. Cette absence d’idéologie a fait place au dogme du libre échange économique qui désormais est la seule vérité possible des élites économico-politico-médiatiques. Nous sommes au cœur du conformisme de la pensée unique des classes pensantes et dirigeantes.

 

Il n’est pas besoin de faire partie des élites pour constater que le libre échange est devenu une nuisance sociale, environnementale et sociétale majeure, qui pourrait aller jusqu’à mettre en cause les fondements des démocraties existantes, c’est un vrai danger. Autour du libre échange et de ses crises, les enjeux sont majeurs pour le devenir de nos sociétés. Aujourd’hui, autour de la crise financière, la question du libre échange ne devrait même plus se poser tant ses effets négatifs s’affichent tous les jours : moins d’Etat, moins de social, baisse des revenus pour le plus grand nombre (actifs et retraités), émergence de travailleurs et étudiants pauvres, liquidation accélérée de l’appareil productif français et européen, manque cruel de logements sociaux, une fonction publique sous pression du marché de la globalisation, etc…

 

La liste n’est pas exhaustive loin s’en faut. Même, si comme le remarquait le CESR (Conseil Economique et Social Régional) fin septembre de cette année (2008) la région Centre maintient comme en 2007 un excédent de 880 millions d’€ du commerce extérieur, dans le même temps la France enregistre un déficit de 54 milliards d’€, alors… tout est très relatif.

 

Les habitants de notre région souffrent, les entreprises souffrent, notre institution souffre. Les effets de cette croyance quasi religieuse dans le libre échange sont dévastateurs et perçus comme tels par une très large majorité de la population. L’obsession du profit à court terme n’affecte pas seulement les marchés financiers. Elle est la loi d’un monde sans perspective qui met en compétition les salaires et l’ensemble des coûts de production, y compris ceux des services, voire ceux de la recherche,  au moins disant des pays aux travailleurs à très bas coûts.

 

La globalisation est le monde de l’inégalité qui ne se développe pas seulement en Orient ou en Afrique mais ici en Europe, en France et en région Centre.

 

Quand on encourage les entreprises moyennes et petites à s’engager dans la compétitivité internationale, elles doivent s’adapter à des règles du jeu qui viennent d’ailleurs et qu’elles ne maitrisent pas, pas plus que nous ici au Conseil régional. Quel sens donne-t-on à cette compétitivité et quels risques faisons-nous courir aux salariés qui d’un jour à l’autre peuvent être jetés comme des kleenex et pour quel projet de société ? Ne serait-ce pas la question à se poser pour la future sortie de crise, mais quand ?

 

Les Verts n’imaginent pas que l’on poursuive à l’avenir de développer les mêmes causes qui fatalement entraineront les mêmes effets en crescendo et peut-être jusqu’à la guerre tant la compétition internationale est rude et sans merci. Les solutions ne sont plus dans les baisses des taux d’intérêt alors que pour nous, elles passent par la reconquête de la maitrise de l’économie.

 

Citoyen du monde je suis, mais pas n’importe quel monde ,et en tant que citoyen élu je me dois de porter assistance à la population en difficulté ou en danger de paupérisation sans cesse grandissante, nous le voyons bien dans les publics stagiaires de la formation professionnelle. Je ne suis pas partisan d’une économie planifiée à la soviétique. Je suis pour une économie de marché, mais régulée. Je crois que le commerce international a toujours existé. Souvenons-nous de la Route de la soie ou  celle des épices, mais, dans l’histoire économique, des phases de protection peuvent s’avérer nécessaires et nous y sommes. Pour redonner du sens et un projet de société à l’Europe nous serions bien inspirés de développer un protectionnisme à l’échelle européenne. Ce protectionnisme européen est une attente d’une majorité de français à la tête desquels on retrouve 67% des femmes favorables, de 18 à 24 ans (contre : 18%). Les plus de 65 ans sont contre le protectionnisme à 48%  (pour : 29%). Les ouvriers sont à 63% pour (contre : 19%), les salariés du secteur privé sont pour à 58% (contre : 29%), le secteur public est plus réservé parce que se sentant encore protégé, néanmoins 48% pour (contre : 38%), la seule catégorie professionnelle qui est hostile mais de peu sont les cadres et professions intellectuelles supérieures, 45% contre (43% : pour le protectionnisme).

 


Ce protectionnisme européen ne serait ni honteux, ni peureux, ni populiste mais populaire parce qu’il rapprocherait les élus de la population. Ce protectionnisme serait audacieux, actif et inventif avec pour objet de redonner confiance et espoir aux peuples européens et de réinventer un vivre ensemble plus juste et plus harmonieux, ce que ne permet pas l’actuel libre échange.

 

A propos de cette crise, Monsieur le Président, devant une autre assemblée, vous nous avez encouragé à trouver des modalités et postures d’intervention innovantes et en rupture pour répondre socialement aux besoins de la population. Qu’on se le dise, la globalisation du libre échange ne sera jamais sociale. En soi, le protectionnisme n’est pas nouveau, mais au vu des crises précitées, c’est son périmètre, sa forme autour du Développement Durable et ses modalités d’échange avec les pays du sud qui pourraient le devenir. Sans doute durant une période intermédiaire il nous faudra accompagner notre territoire, son économie et socialement sa population, vous l’avez dit. La Région n’a pas la capacité à décider pour l’Europe, mais rien ne lui interdit de s’engager tel un laboratoire de recherche dans les expérimentations de relocalisation  de l’activité économique. Désormais, c’est idéologiquement et concrètement que le débat est ouvert autour de la future sortie de crise. 

Partager cet article

Repost 0
Publié par Burgunder
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  •   le blog de Jean-Luc BURGUNDER
  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
  • Contact

Rechercher

Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

numerisation0782.jpg

PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

542375 4005555250810 157558470 n

Nadejda Tolokonnikova

Liste Des Pages

VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

numerisation0344.jpg

 

C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

Catégories

Prendre l'air...

2012-08-06--Bretagne-5-062.JPG

L'info d'hier et d'aujourd'hui

numérisation0756

 

En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

numérisation0176

Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

numérisation0175

Tourner manège...

2012-08-06 Bretagne 5 022