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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:59

Permis de conduire.

Amendement : la faute du Maire


Sans aucun doute, d’aucun peuvent trouver ces débats municipaux entre majorité et minorité sans intérêt, voire dérisoires. Pourtant, ces bisbilles ne sont pas sans incidence sur la vie quotidienne des gens dans leur proximité. Nous ne sommes pas a priori dans des enjeux géopolitiques, ni dans une démarche philosophique et intellectuelle, ni dans une recherche sociétale, ni encore dans l’élaboration d’un idéal de vie. Pourtant, ces débats ne sont pas à mépriser tout simplement parce que mine de rien, à leur échelle, ils sont la déclinaison locale de tout cela et donnent du sens (ou pas) à l’action municipale au quotidien. Cependant entre l’idéal espéré et la réalité vécue, il y a bien des obstacles et des étapes qui toutes ont leur importance et qu’on ne peut bien évidemment pas négliger. Dans tous les cas, de mon point de vue, rien n’est insignifiant.

A défaut de participer activement et directement à la construction des politiques locales, chacun(e) devrait au minimum se tenir informé(e) et relayer si possible l’information afin que l’engagement d’élus minoritaires ne soit pas clandestin et par conséquent inutile. Au-delà de leur vote, les citoyens ont un rôle de vigilance et de suivi tout au long d’un mandat. La citoyenneté peut s’exprimer sous des formes diverses d’actions. Néanmoins, pour éviter le cloisonnement, elle implique un regard transversal sur les différents engagements parce qu’ils sont complémentair
es. Et même si l’on doit hiérarchiser les sujets, tous ont leur importance.

D’un point de vue municipal, je parle de Montargis parce que j’y suis. Mais ce qui s’y passe peut résonner ailleurs par des similitudes de problématiques, de situations, de comportements, etc… c’est pourquoi je m’applique à poursuivre de publier sur ce Blog ces interventions que je porte au nom des Verts et des Ecocitoyens au sein du Conseil municipal dans la minorité.



A Montargis, le 14 mars dernier, lors du premier Conseil municipal de l’après élection, bien qu’élu de la minorité, j’avais présenté symboliquement ma candidature à la fonction de maire. Dans ma déclaration (voir sur ce Blog : « Opposition municipale ») j’avais précisé que dans l’opposition je serais force de proposition en précisant : « que dans l’opposition, je siège au Conseil municipal pour l’intérêt bien compris de mes concitoyens(nes) et au service de ma ville ». J’avais également fait un vœu : celui du respect c'est-à-dire d’en finir avec les ricanements, les invectives de certains conseillers de la majorité, alors que le maire les laisse faire. De plus, la conclusion des débats ne se résume souvent non pas à des échanges sur le fond des délibérations mais par l’argument sans cesse répété que « la population a voté ». Oui, la population a voté, et personne ne le remet en cause, mais la minorité municipale représente 43,72%. Les représentants de ces électeurs méritent de pouvoir s’exprimer librement dans la sérénité et le respect de la majorité pour la minorité ; sinon autant fermer le Conseil municipal. Depuis mars dernier, je suis au nom des Verts dans une posture positive c'est-à-dire, comme annoncé, « force de proposition » et je n’ai pas l’intention d’en changer tout simplement parce que je crois à l’intelligence collective pour le service des habitants ce qui n’empêche qu’il peut y avoir et il y en a, de véritables oppositions d’ordre idéologique. L’idéologie n’étant pas réservée à la minorité et l’action à la seule majorité comme le dit Jean-Pierre Door et de plus, l’action peut tout à fait être adossée à une posture idéologique et elle l’est souvent. Posture que la majorité se doit d’assumer elle aussi.

Lors du Conseil municipal de Montargis du 2 septembre 2008, une délibération a été présentée par la majorité sur la mise en place d’une bourse pour les permis de conduire destinée à 10 jeunes Montargois. Sujet intéressant et consensuel sans aucun doute. Durant le débat je suis intervenu non pas pour réécrire ni le projet, ni la délibération mais pour apporter mon expérience sur ce sujet (lire mon intervention). De plus, pour être concret je proposais un amendement en quatre points. Pour moi, il s’agissait que le Conseil municipal acte par son vote sur cette délibération la plus-value d’insertion qui est incontournable et nécessaire pour le plus grand bénéfice des jeunes. Pourquoi se priver d’une exigence de qualité alors que les principes de réalité vont s’imposer de toute façon ?

En effet, dès l’instant où les candidats au permis seront proposés à la Commission de suivi par la Mission Locale (ce qui est bien), nous aurons des candidats qui seront de différentes manières en difficulté. Même si les candidats retenus ne seront pas les plus « cassés », la quasi majorité d’entre eux auront des besoins de soutien de façon très individualisée. Besoins auxquels ne peut répondre ni la Mission Locale, ni l’auto-école, ni le Comité de suivi mais un organisme d’insertion dont c’est le métier et la compétence (des protocoles existent). Pour moi, il n’est pas question non plus que parallèlement à la formation théorique de l’auto-école de faire un autre cursus de formation ce qui peut alourdir la formation pour certains jeunes. C’est pourquoi j’avais bien précisé dans mon intervention qu’il s’agit d’introduire lors de la période de formation théorique de l’auto-école des modules pédagogiques particuliers de sensibilisation (un, deux ou trois selon les besoins individuels repérés ou demandés) qui ne font pas partie de la pédagogie habituelle du permis. De plus, dans ce cas particulier j’entends par citoyenneté : l’intégration des règles, le partage de l’espace public, le respect de soi et des autres, etc… (voir mon intervention).

Voilà en quoi, pour chacun des candidats, ce passage du permis doit être une opportunité d’intégrer des réponses à des difficultés ou des manques individuels. C’est ce que j’appelle une plus-value pédagogique par rapport au permis sec. Tant qu’à aider les jeunes en difficulté, autant acter de suite la qualité de l’aide supplémentaire que nous serions susceptibles de leur proposer. Ce n’est pas un moins, c’est un plus mais encore aurait-il fallu que l’amendement puisse être présenté devant le Conseil municipal…

Tous les conseillers ont un droit d’amendement y compris en séance, et même à la suite du débat et avant le vote de la délibération. Dans le cas présent ce ne fut pas le cas. Jean-Pierre Door le Maire a conclu les échanges et n’a pas permis de présenter l’amendement si bien que le vote s’est déroulé sans que personne ne sache concrètement ce que je proposais…

C’est une faute du Maire que d’interdire le droit d’amendement à un conseiller. Je crois sincèrement qu’il aurait été intéressant sur le fond qu’un vote du Conseil eut lieu sur l’amendement. A remarquer que dans les quatre propositions, celle concernant le Comité de suivi qui de par la délibération est composé : d’élus de la commission ‘emploi, insertion, environnement et agenda 21, d’un représentant de la Mission Locale et du Directeur Général des Services de la Ville de Montargis, je souhaitais que soient intégrés un représentant de l’auto-école et un représentant du prestataire d’insertion qu’il faudra tôt ou tard associer à ce dispositif. Je reste convaincu que les acteurs les plus proches des jeunes soient aux côtés de la Mission Locale dans le Comité de suivi. Cet amendement ne retardait en rien le démarrage du dispositif, d’autant et je l’ai su après le Conseil municipal, que la quasi-totalité des jeunes concernés étaient déjà sélectionnés (ce qui ne change rien sur le fond du débat de l’amendement).

Conclusion provisoire : même une opposition constructive faite par la minorité municipale ne semble pas acceptable par la majorité à Montargis. Pourtant l’expérience m’a appris qu’on ne fait rien seul, ce qui est valable pour les individus l’est aussi pour une collectivité… du moins pour un nombre de projets qui n’engagent pas des orientations et des arbitrages idéologiques forts de la majorité et de la minorité.

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Publié par Burgunder - dans Politique
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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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