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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:38
 Enfin toi


Cette lettre à Ingrid, je l’ai écrite début août, c'est-à-dire une fois passés les jours d’euphorie qui ont suivi sa libération. Pour avoir suivi son internement dès le premier jour j’ai tenu à lui exprimer mon ressenti à sa libération. C’est important de se dire les choses pour le pire mais aussi pour le meilleur. Pour se parler, il n’y a pas que l’instant de l’événement. A ce jour je n’oublie pas toutes ces années.

 
Pour tous ceux qui pensaient à toi et espéraient ta libération, ce 2 juillet fut la divine surprise tant attendue depuis longtemps. Sans doute comme beaucoup d’autres, j’ai reçu la nouvelle avec la joie de te savoir libre, mais aussi avec un fond d’incrédulité. Trace probable d’espoir toujours déçu. Mais ce 2 juillet, ta libération était bien réelle. Tu étais enfin libre et à l’impossible, le possible s’était substitué et imposé après tant de fausses alertes suivies de cruelles déceptions, reportant toujours à plus tard l’espoir de ta liberté. Le bonheur ! Et comme l’a si bien formulé l’ex-otage d’Irak, Florence Aubenas : « Noël en juillet ».

Ta libération nous l’espérions tous, sans bien évidement en deviner les contours, quand ? où ? comment ? Les scénarios étaient multiples. De plus, avec les années s’imposait à nous cette lancinante question : dans quel état ? vivante, mourante, …morte ?

Sûr, ton internement n’avait rien de commun avec notre liberté de mouvement. Le décalage était flagrant. Chacun de nous évoluait dans des mondes tellement différents. Pourtant chacun à sa place pensait à l’autre. Ce lien invisible et pourtant bien réel échappait à tes geôliers. Ils pouvaient tout contre toi. Tout, sauf couper ou effacer cette complicité invisible entre toi et nous. Complicité qui chaque jour un peu plus gagnait en intensité chez ceux, qui en liberté, criaient ton nom afin que nul n’ignore ton sort et celui de tes compagnons d’infortune. Sans doute la solidarité ne peut pas tout pour les victimes. Il faudrait être naïf pour le croire. Mais du moins, elle leur témoigne publiquement, amour, amitié et soutien dans le cadre du possible de chacun.

Combien sont-elles ces personnes dans l’histoire humaine dont la vie a basculé d’un coup dans l’horreur sous le regard absent et transparent des autres ? Alors tout, sauf l’indifférence. Surtout ne pas se taire en laissant faire. Pour moi, c’est tellement évident que je ne disserterai pas sur le caractère inacceptable de la domination de certains sur leurs semblables au nom de je ne sais quelle cause, croyance, idéologie ou profit. Dans tous les cas de figure, que des individus disposent par la force de la liberté et de la vie des autres n’a aucune justification rationnelle pas plus que l’humiliation, la maltraitance ou l’exécution.

On n’a qu’une vie, précieuse, bien à nous, forte et si fragile à la fois… La prise d’otage est obscène. C’est pourquoi dès le premier jour de ton enlèvement, nous souhaitions ta libération. Ainsi après six ans, quatre mois et neuf jours, c'est-à-dire 2321 jours d’internement dans ta prison végétale, cette libération nous l’espérions toujours et la revendiquions avec toute la force qui nous était possible. Nous l’espérions, pas seulement pour la femme politique que nous connaissions, mais simplement pour l’être que tu es. Dans de telles circonstances, on peut imaginer qu’on ne triche pas avec soi-même. On ne joue pas un rôle. Confronté à soi-même on est soi-même ni plus ni moins, avec ses forces et ses faiblesses.

Ta libération nous l’espérions aussi pour tes proches les plus chers. Ta mère Yolanda Pulecio qui, de Bogota se mobilisa, organisa et mit en ondes la résistance en direction des otages. Ta sœur Astrid qui occupa toute sa place dans cette résistance et avec laquelle j’ai eu l’occasion d’échanger directement quelques mots par téléphone lors d’une manifestation de soutien au conseil Régional. Ton second mari, Juan Carlos Lecompte qui dès 2002 parcouru le monde dans tous les sens pour organiser des réseaux de soutien. Et bien évidement tes deux amours, je veux dire tes enfants, Mélanie et Lorenzo qui ici en France avec dignité et pudeur n’ont eu de cesse de crier à la fois leur désespoir et l’espoir du retour de celle qui leur manquait si fort et au destin si incertain. Bien involontairement tu les as quittés adolescents. Libre, tu les retrouves adultes. Durant ces six années ils ont grandi et se sont construits avec l’immense présence de ton absence de par la résistance qu’ils ont opposée à l’internement de leur mère. Ils n’ont jamais renoncé. Ce passage de leur vie est gravé à jamais dans ce qu’ils sont et seront plus tard. Leur adolescence n’aura été en aucun cas inconsciente et légère, alors qu’en même temps elle leur donnait tous les culots et qu’au final, ils t’ont retrouvée.

Durant tout ce temps, ils ont été soutenus par leur père Fabrice Delloye qui lui aussi de France n’a pas ménagé sa peine pour chercher une issue favorable. Je n’oublierai pas celui qui n’a pas pu de serrer dans ses bras le soir de ce 2 juillet, cet absent n’est autre que ton père Gabriel Betancourt qui est décédé le 24 mars 2002, soit pratiquement un mois après ton enlèvement. Mais nul doute que lui aussi tu l’as serré dans tes bras au plus profond de toi.

Je voulais te dire que durant tout ce temps, notre soutien ne t’a jamais séparé de Clara Rojas ni des autres otages qu’ils soient colombiens ou d’ailleurs. Sans doute, tous ne bénéficient pas de la même mobilisation donc du même soutien. Il en fut ainsi pour toi aussi. En France, la mobilisation pour ta libération ne fut pas égale de 2002 à 2008, loin s’en faut (voir sur ce Blog « De Florence à Ingrid »). Néanmoins chacun de nous fait de son mieux pour n’oublier personne. Ce n’est ni simple, ni facile dans un contexte mondial dominé par l’injustice et la violence. Comment être partout ?

Passés la surprise, l’émotion et le bonheur des premiers moments de liberté retrouvée, une nouvelle réalité va s’imposer à toi. Sans aucun doute la vie continue, mais très probablement ne sera-t-elle plus celle d’avant. Après tout ce temps comment pourrait-elle l’être alors que bien des choses se sont passées et ont été vécues différemment par les uns et les autres ?

En effet, la captivité est une tragédie à deux faces. L’une pour le détenu, l’autre pour son entourage si bien que d’un tel événement personne ne sort indemne. Il y a donc bien un « avant » et un « après ». Ainsi immanquablement vous allez vivre, les tiens et toi, une période non seulement de retrouvailles mais surtout de réadaptation, plus ou moins longue afin que chacun retrouve une place dans cet « après ». Alors ce temps, je te le souhaite, je vous le souhaite le moins difficile et douloureux possible.

Je connaissais ton engagement politique que j’appréciais avant que ne te soient imposées ces six années d’internement et de maltraitance. Mon soutien pour ta libération n’a pas d’exigence ni de contrepartie, pour aujourd’hui et pour demain. Pas plus que je n’attends de toi un comportement particulier. Tes choix t’appartiennent. Ils sont ceux d’une femme redevenue libre et quels qu’ils soient je les respecterai. Jamais je ne perdrai de vue que ces temps de captivité seront toujours là en embuscade quelque part en toi et avec lesquels de toi à toi tu composeras. N’est-ce pas cela aussi le « après » ?

Pour en terminer avec ton retour, je tiens à te remercier d’avoir vécu et survécu à cette épreuve et d’en sortir apparemment en bon état physique. Je te remercie d’avoir pu résister à la toute puissance armée de tes ravisseurs. Je te remercie d’avoir pu conserver en toi toute la force de ta liberté, celle-là même qui au plus profond de l’être est inaliénable quelques soient les circonstances y compris dans les pires instants. Merci d’avoir pu dominer ces 2321 jours. Pour tout cela je tiens à t’exprimer tout le respect que tu m’inspires. Je reste mobilisé pour que tout ceux, qui de par le monde sont « prisonniers otages », recouvrent la liberté.


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Publié par Burgunder - dans Coup de coeur
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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