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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 11:10


Vers une révolution culturelle…


Le Jeudi 19 juin, lors de son Assemblée plénière, le Conseil Régional du Centre a voté à une très large majorité (sauf le FN) son Agenda 21. Lors de la session d’octobre 2007, j’étais intervenu au nom du groupe Vert (voir sur ce Blog : Charte Régionale du développement Durable - Autour de l’Agenda 21 du Conseil Régional). Durant cette session, je suis à nouveau intervenu. Intervention qui précise le contexte et les modalités de l’élaboration puis de la mise en action de cet Agenda. Ces deux interventions sont complémentaires. Lors des accords électoraux avec nos partenaires PS, PC et PRG pour l’élection de 2004, les Verts avait fait de l’Agenda 21 une condition d’accord incontournable. C’est Agnès THIBAL, Vice-Présidente chargée de l'Environnement, du Développement Durable et de la Loire (Verte), qui depuis 2004 porte ce dossier.


Issu directement de la Charte Régionale du Développement Durable votée dans cette Assemblée en décembre 2003, aujourd’hui ce vote de l’Agenda 21 de la Région Centre est une étape importante pour notre collectivité, son territoire et ses habitants.

Sans doute à nous seuls, n’allons nous pas sauver la planète. Néanmoins c’est la juste et solidaire contribution de notre collectivité régionale à la communauté humaine pour tenter de sauver le caractère vivable de la planète. Pour rappel, lorsqu’en mars 2006 nous avons ici même décidé d’élaborer un Agenda 21, nous mettions notre collectivité en conformité avec la loi constitutionnelle relative à la Charte de l’Environnement adoptée par la France le 28 février 2005 qui stipule que : « les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social ». Une revendication déjà ancienne des Verts.

A propos, si beaucoup ne retiennent des écologistes que le caractère environnemental de leur action, c’est tout simplement que les décideurs de toute nature et de tous bords ne considéraient l’environnement, et le considèrent parfois encore, au-delà de l’effet de mode, que comme une problématique secondaire, voire annexe. Une histoire de parcs et jardins en quelque sorte. Sauf que, pas de progrès social et une économie totalement dérégulée puisqu’on en arrive aujourd’hui à privilégier les réservoirs de nos voitures à l’alimentation des populations. Gare que, dans un avenir plus ou moins proche par une fiscalité environnementale au nom de l’adoption de comportements vertueux du consommateur, on voit surgir par des générations nouvelles de bonus-malus, des dispositifs très discriminatoires vis-à-vis des catégories les moins favorisées de notre société. Prenons garde à ce que les plus pauvres qui faute de moyens pour leur habitat ou véhicules (pensons aux ruraux) ne pourraient devenir vertueux et ne subissent pas des malus punitifs qui permettraient aux plus aisés de s’acheter une vertu. Ce serait une écologie de classe, ce que nous n’acceptons absolument pas. Dis-moi quelle économie tu développes je te dirais quelle écologie tu imagines et quel social tu pratiques. Pourtant ce sont bien là de vrais enjeux de société.

En octobre dernier j’étais intervenu dans cet hémicycle pour le Groupe Vert à propos de la communication sur l’Agenda 21, la Terre était alors déjà un village mais depuis ne trouvez-vous pas que ce village se rétrécie chaque jour un peu plus ? Prix de l’énergie, crise alimentaire, migrations de populations de continents à continents toujours plus importantes, climat dérégulé, etc…

D’octobre à aujourd’hui, que d’événements et que de bouleversements en accéléré et dont nous ne mesurons pas encore les bouleversements à venir, pour vous, pour elle, pour lui, pour nous, pour eux, pour moi. La vraie question qui se pose aux humains et donc aux politiques, c’est de savoir si nous allons infléchir notre type de développement dominant et particulièrement nos mentalités, suffisamment rapidement avant d’être rattrapé par une réalité immaîtrisable qui s’imposera à nous de façon brutale. Nous sommes dans une course de vitesse. Si nous ne dominons pas ces crises et que nous les subissons, les conditions de pouvoirs autoritaires sont réunies. Qu’en sera-t-il demain de la bousculade autour du dernier verre d’eau ?

En élaborant cet Agenda 21, la Région Centre a pris ses responsabilités et s’est emparée avec volonté des problématiques qui se posent à notre société, à notre civilisation. De plus, nous nous félicitons que ce plan d’actions s’adosse sur les trois piliers du développement durable à savoir : l’économie, le social et l’environnement. Le tout dans une démarche de concertation et de participation la plus ouverte qui soit, et ce durant des mois. Ainsi tous les élus, le CESR, les partenaires toutes catégories confondues et jusqu’à la population régionale. Les Verts se félicitent de cette large participation, sans cesse appelée de leurs vœux. Participation déjà en œuvre sur des dispositifs régionaux comme le PRDF, le SRDES et d’autres encore.

Ce cadre stratégique s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue de l’action de notre collectivité sur l’ensemble de ses interventions dans tous les domaines. Ainsi, il permet de situer ces actions dans un référentiel global qui s’appuie sur des éléments de méthode structurant qui introduisent non seulement la participation des acteurs mais avec une organisation du pilotage, mais encore la transversalité de la démarche, l’évaluation et une stratégie d’amélioration continue. Dans votre rapport présentant l’Agenda 21 vous écrivez Monsieur le Président que c’est autour de cette notion d’amélioration continue que cet Agenda nous sera le plus utile. A propos des éléments de méthode vous écrivez encore qu’ils n’auraient rien de « révolutionnaires ». Sans doute nous ne sommes pas sur le Potemkine et pourtant… En octobre dernier, j’exprimais ici même « qu’en renforçant la participation des acteurs du territoire, la transversalité, l’organisation du pilotage, l’évaluation et une stratégie d’amélioration continue en croisant en permanence l’économie, le social et l’environnement, nous entrons dans une révolution culturelle de la construction des politiques publiques jusque là verticales et tellement cloisonnées ». J’ajoute aujourd’hui qu’à terme c’est d’une révolution des mentalités dont il s’agit, et j’en veux pour preuve les résistances qui existent encore nombreuses, autour de ces pratiques émergentes d’animer la vie publique. Résistances faites de scientisme sectaire pour les uns, de rigidité institutionnelle pour les autres ou l’affairisme débridé pour d’autres encore. Ils sont encore nombreux, ceux qui ont de bonnes raisons de ne pas bouger ou de bouger dans des logiques de continuité en s’aménageant de ci de là des espaces de bonne conscience. Mais l’utopie d’aujourd’hui ne serait-elle pas d’imaginer poursuivre pour demain les développements d’hier repeint en vert ? Quelques principes durs de réalité risquent un jour de les prendre de cours. Ils seraient alors responsables et coupables.

Voilà en quoi le long travail d’élaboration de l’Agenda 21 proposé aujourd’hui est une révolution silencieuse et un apport de progrès considérable à notre collectivité.

Ce document est riche, sans aucun doute imparfait mais n’oublions pas et prenons en compte que les références sont rarissimes sur ce sujet et que nous sommes au début de cette démarche innovante. Il ne s’agit pas de construire un monument qui serait la référence de tout et sur tout. Si tel était le cas nous aurions échoué. Ce n’est pas un monument que nous construisons mais le mouvement et le mouvement ne s’arrête jamais. Une fois passée l’étape du vote de ce document, restera toujours à l’ajuster, à le faire vivre, à l’enrichir, à l’évaluer à l’aide d’indicateurs de réalisation et de résultats qui nous permettront d’en connaître plus sur la pertinence des politiques régionales à la fois sur la quantité et sur la qualité, afin de mieux suivre l’évolution de notre territoire régional.

Un mot sur les propositions pour impliquer les habitants de notre région et en particulier la proposition 4 « connaître et préserver la nature ». En octobre 2002 la région Centre a été la première à voter un vœu contre la culture des OGM en plein champ. En décembre 2004 c’est un rapport sur le même sujet qui fut adopté en séance plénière.

Il se trouve que le 22 mai dernier seuls les parlementaires UMP (et pas tous) ont adopté une loi qui autorise le principe de la liberté de produire et de consommer « avec ou sans OGM ». Bonjour le Grenelle de l’Environnement !!! Sans doute un jour auront-ils des comptes à rendre à la justice nationale voire internationale.

Donc, il est désormais clair (je ne refais pas ici le débat) qu’une proportion d’OGM, par dissémination, se retrouvera non seulement sur l’ensemble des cultures non OGM mais touchera obligatoirement la biodiversité qui est un enjeu majeur du devenir de la planète. De plus, on n’en mesure pas les conséquences réelles et ce d’autant plus qu’on ne connaît pas la surface des cultures OGM à venir. Il eut été important que les votes de cette Assemblée soient confirmés en direction des citoyens. Rien non plus sur les pesticides. De ces absences, doit-on y voir ici en Région Centre le poids incontestable et bien présent du lobbie pro-OGM ?

De toute façon un travail considérable a été collectivement produit pour atteindre l’étape d’aujourd’hui qui je le rappelle n’est pas une fin en soi, mais le début d’un processus évolutif et que nous allons devoir faire vivre. Cette construction collective nouvelle est le fruit certes imparfait de compromis, du fait même de la participation de nombreux acteurs de l’économie, du social et de l’environnement.

Les Verts se félicitent du travail effectué et de sa qualité. Bien évidemment ils soutiennent et voteront ce rapport. Merci à toi Agnès de porter ce travail, merci au Président et aux élus qui t’ont soutenu et qui soutiennent cet Agenda, merci aux agents des services qui s’impliquent dans ce travail, merci de la participation du Conseil Economique et Social Régional (CESR), merci à toux ceux qui d’une manière ou d’une autre participent à cet Agenda 21.

Je vous remercie.


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Publié par Burgunder - dans Ecologie
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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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