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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 20:37

Blog---Ecole-Jean-Moulin.jpg« A remarquer que le maire dans Montargis.fr de janvier 2008, annonce bien la reconstruction du groupe scolaire Jean Moulin, sans faire aucune allusion au Partenariat Public Privé (PPP) de 20 ans qu’il a fait voter le mois de la parution de son journal municipal. Ni vu, ni connu. »


tour de passe-passe
public privé à l’école Jean Moulin


Lettre ouverte au député maire UMP de Montargis, Jean-Pierre Door, à propos du Partenariat Public Privé (PPP) et de l’école Jean Moulin. Cette lettre est très largement inspirée par mon intervention au Conseil municipal du 16 janvier 2008.
Pas de chance pour Jean Moulin, dont l’école primaire porte son nom. Je suis convaincu qu’avant le résistant qu’il était, le Préfet de Chartres n’aurait vraiment pas adhéré à ce Partenariat Public Privé, que Messieurs Door, Digeon (1er adjoint) et Supplisson (adjoint et conseiller à l’Elysée) ont voté sans publicité dans la discrétion feutrée du Conseil municipal de Montargis, à propos de la reconstruction de cet établissement.
D’ici quelques jours, j’interviendrai à nouveau sur ce Blog, sur la forme et le fond de ce que sont les PPP…et ce n’est pas triste !

Je me félicite du projet architectural de l’école Jean Moulin qui intègre quelques points de Haute Qualité environnementale (HQE). Faisant partie du jury qui devait choisir entre trois projets, je me suis exprimé sur le fait que nous étions frileux autour du solaire photovoltaïque qu’il était possible de mettre en place et dont le surplus de production électrique aurait pu être revendu à EDF. Option qui ne fut pas retenue par Benoît Digeon, votre premier adjoint. Ce qui m’interroge aujourd’hui sur ce dossier, c’est votre mise au vote d’un Plan de Partenariat Public privé (PPP) concernant cette école. Cela m’interpelle et me pose question, et me fait mieux comprendre cette non prise en compte du solaire photovoltaïque lors de la tenue du jury.

Sans doute ce PPP est-il, comme vous le dites, bien inscrit dans des dispositifs règlementaires vous permettant le présenter sans tambour ni trompette au Conseil municipal. Sur le fond, j’aurais bien aimé en savoir plus sur les enjeux de ces PPP, encore que je sais lire et en l’occurrence cette lecture n’a rien de rassurant sur l’esprit même de la notion de service public.

« Ce sont des contrats administratifs par lesquels la Personne Publique confie à un tiers, pour une période déterminée en fonction de la durée d’amortissement des investissements et des modalités de financement retenues, une mission globale relative au financement d’investissements immatériels, d’ouvrages ou d’équipements nécessaires au service public, à la construction ou transformation des ouvrages ou équipements, ainsi qu’à leur entretien, leur maintenance, leur exploitation ou leur gestion, et, le cas échéant, à d’autres prestations de services concourant à l’exercice, par la Personne Publique, de la mission de service public dont elle est chargée ». A qui sait lire, je crois que c’est très clair.

Avec ce PPP, ce qui saute aux yeux, c’est que sous différents statuts, délégation après délégation, c’est l’effacement de la puissance publique (en l’occurrence la municipalité) au profit d’un secteur privé qui lui, et c’est bien normal, profite de la situation. Il faut bien vivre. Mais rien n’est jamais gratuit. Cette tendance de vouloir réduire l’administration au profit de grands groupes rappelle d’autres époques. C’est par l’effacement de l’administration romaine au profit d’auxiliaires non romains que s’évapora la puissance romaine et provoqua entre autre la chute de son empire d’occident (476). On peut sourire ou franchement rire de la comparaison, mais la connaissance de l’histoire ne nuit pas au regard des décisions que nous avons à prendre aujourd’hui.  Un peu de perspective n’a jamais nui à personne.

Revenons à l’école Jean Moulin. Ce qui apparaît dans l’écriture de votre rapport, c’est l’impréparation et l’urgence dans laquelle la municipalité se trouve ou fait semblant de se trouver. Vous l’écrivez vous-même : « Depuis quelques années, la Ville a bien identifié la nécessité d’un intervention lourde sur l’école Jean Moulin ». Vous dites dans votre rapport que « la Personne Publique n’est pas objectivement en mesure de définir seule et à l’avance les moyens techniques pouvant répondre à ses besoins ou d’établir le montage financier (…) ». J’entends bien qu’une collectivité ne puisse financer et réaliser tous les projets en même temps, mais ce qui m’interpelle c’est votre cruelle absence d’anticipation dans la qualité du savoir-faire de nos services municipaux. Alors que vous dites connaître depuis plusieurs années, la nécessité d’intervenir sur le site de cette école, il était donc tout à fait possible en prévision de cette opération de muscler par avance nos services municipaux par des formations adaptées. La formation, c’est valorisant pour les personnels et pour la collectivité, tous deux gagnant en compétences. Mais vous n’avez rien fait dans ce sens si bien que l’argument des délais à respecter avancé par vous aujourd’hui, n’est autre qu’un chantage à l’urgence pour mieux justifier et mieux faire avaler votre choix du partenariat public-privé. Sur un tel dispositif, qu’en sera-t-il des personnels non éducation nationale ?

A ce propos, parlons de votre méthode. Curieusement, vous faites distribuer aux conseillers municipaux le jour même et à l’instant du vote, les 26 pages du rapport financier concernant cette procédure de partenariat public privé (PPP). Cerise sur le gâteau, dans le journal municipal « Montargis.fr » sorti en janvier 2008 et qui tombe à pic pour les élections municipales, un article élogieux est consacré à la nouvelle école Jean Moulin. Mais, vous ne dites rien et surtout pas un mot sur ce Partenariat Public Privé pour 20 ans. Comme notre population n’est pas présente lors des conseils municipaux, ni vu, ni connu, personne n’en sait rien, ou si peu… De plus, en présentant votre PPP à la sauvette au vote du Conseil juste avant les élections, cela évite tout débat public sur le sujet dans notre presse locale. Comment toute opposition au PPP pourrait-elle s’exprimer publiquement sur ce sujet, durant la campagne municipale sans que cela soit assimilé aux élections ?

Monsieur le député maire votre manière de faire de la politique et d’informer n’est pas sincère, ni honnête et trop peu des Montargois et Montargoises le savent, et surtout ne peuvent l’imaginer. Vous dupez une population désinformée.

Pour moi, autant il est important de bien gérer l’argent public, autant il est nécessaire dans cette société de globalisation de l’économie, de conforter et d’affirmer le rôle et la primauté du politique. Votre choix c’est de l’affaiblir en délégant ces marges d’action au profit de sociétés privées, c'est-à-dire comme l’a dit votre premier adjoint, Monsieur Digeon, à un grand groupe (Bouygues, Vinci, ou autres…) et à une banque, des missions de service public. Gare à la dérive.

Dans votre logique, pourquoi pas un jour déléguer votre réseau de vidéosurveillance à une société multimédia ? Pourquoi pas déléguer la police municipale à une entreprise de vigiles (c’est déjà fait à la Préfecture du Loiret et de la Région) ? …et pourquoi pas un jour déléguer l’administration centrale municipale à un cabinet privé de syndics ? De glissement en glissement, un jour le Conseil municipal pourrait être la représentation des délégataires de « services publics », un conseil d’administration en quelque sorte. Au moins seriez-vous cohérent avec les idées que vous défendez et qu’insidieusement vous mettez en place avec vos amis. Après le collège de Villemandeur, qui fut le premier collège de France construit en PPP par le conseil général UMP, aujourd’hui la première école primaire de France construite en PPP par la majorité UMP(PP) est à Montargis…

Votre réponse sur les statuts différents de délégations qui selon les cas ne sont pas les mêmes, ne répond pas à mes questions sur le fait que quels que soient les statuts des délégations, de fait, de toutes les manières le public délègue au privé. Ensuite sur le fait que je serais accroché à de vieilles idéologies, c’est hors sujet. Sur ce point, je défends avant tout la puissance publique et la primauté de la commande politique dans son obligation d’intérêt général. Ce que je défends, c’est que ce ne soit pas des intérêts économiques de groupes financiers qui arbitrent les choix de l’action publique. C’est une affaire de valeur républicaine, non celle d’une foire à tout.

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Publié par Burgunder - dans Politique
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L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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