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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 16:27

REQUIEM POUR DES JEUNES SACRIFIES: 

 mes numérisations 002

Dans deux ans la Grande Guerre aura cent ans. Vieille histoire, pas si sûr tant elle fut fondatrice des évènements du siècle. Les discours officiels parlent de nos aïeux, des anciens, enfin des vieux. Je crains qu'il y ait confusion entre unités de temps et de générations.

 

Pour les moins jeunes on a tous en mémoire ces derniers poilus de 14-18 centenaires, dont le dernier est décédé en 2008. L'image qu'ils donnaient d'eux était bien celle de personnes très âgées. Il en est de même maintenant pour les combattants de 39-45, qui parfois furent les mêmes que la Grande Guerre, mais aussi ceux d’Indochine, d’Algérie et d’autres terrains d'opérations . Mais de quoi et de qui parle-t-on?

 

De la guerre, on parle de la guerre, et de ceux qui l'ont faite, ou la font encore. Aujourd'hui les jeunes n'arrivent pas à s'insérer dans l'emploi, c'est-à-dire à pouvoir assumer une vie professionnelle et par là même une vie personnelle harmonieuse et épanouie, se projeter et s'inscrire dans un projet de vie. Ici en France, en Europe ou encore sur d'autres continents, la jeunesse a le sentiment d'un manque de reconnaissance et globalement d'un "no futur". Ils galèrent au quotidien mais heureusement sont peu nombreux à faire la guerre du moins en Europe (attention, l'éclatement de la Yougoslavie au début des années 90 n'est pas si lointaine). Aujourd'hui, la guerre mondiale est économique, les victimes et les dégâts aussi, ce qui n’empêche pas sur 800px-British recruits August 1914 Q53234différents continents nombre de conflits armés de grande intensité.

 

Bien présents dans la vie quotidienne 

 

Lorsque j'étais gamin dans les années cinquante, un ancien combattant pour moi c'était un vieux, pourquoi ? Malgré la proximité de la seconde guerre mondiale de 1939-1945, la première était encore très présente dans la société française d’alors. Présente parce très visible. Huit millions de Français ont été mobilisés, trois millions furent blessés et six cent mille invalides. Sans doute les 1450 000 morts n'encombraient pas les rues, mais à l’époque, il n'y avait pas d’instants publics ou privés sans que ce séisme sociologique et culturel ne s’invite pas. Il n’était pas de repas de famille sans que cette période ne soit évoquée et que la mémoire de l'un ou de plusieurs d'entre eux ne s’invite. Quelque fois s’imposait de suite au regard la présence d’un invalide. Les souvenirs étaient bien présents et d’une grande intensité (un père, un frère, un mari, un proche…). Dans presque chaque maison ou logement, une ou plusieurs photos rappelaient celui ou ceux qui n'étaient pas revenus de la boucherie. Dans les années vingt chaque ville et village avait édifié son monument aux morts sur lequel était inscrite la liste de tous ceux qui jamais ne reviendraient au pays. Ecoliers, on nous emmenait nous recueillir et nous souvenir de ces hommes « couverts de gloire ». On nous les présentait (comme aujourd’hui encore) comme des héros. Nous sommes là dans le mythe du sacrifice héroïque. Personnellement, je crois qu'à choisir, ils se seraient bien dispensés de cet honneur posthume. Ils chiaient dans leur froc, se demandant ce qu'ils faisaient là au mauvais endroit et au mauvais moment. Transformés en combattants de l’extrême, ils vivaient dans des conditions inimaginables et des années durant, ne sachant pas si en une fraction de seconde ils n’allaient pas pour les moins chanceux se retrouver, incrédules, le ventre ouvert, les boyaux à l’air à appeler leur mère durant le temps de leur agonie. Non, ces hommes n’ont pas choisi d’être des héros. On les y a obligés. C’était marche ou crève, et ce qui est valable pour les Français fut tout pareil pour les autres peuples, pour tous les autres.

 

Une rupture sans précédent

 

Le traumatisme de ces massives disparitions sévissait toujours, et ce d'autant plus que les combattants survivants étaient encore là en très grand nombre. Si certains s'étaient murés dans le silence, d'autres répétaient toujours les mêmes histoires, si bien que pour moi, gosse, un ancien combattant étaient synonyme de radoteur. Mais ce rabâchage permanent, qui tel un bruit de fond continu, n'était-il pas un impératif  besoin 800px-British 39th Siege Battery RGA Somme 1916d'exprimer et d'extérioriser une souffrance, un mal-être d'évènements épouvantables vécus et que l'on ne peut transmettre aux autres ? Comment exprimer cette intimité faite de visions, d’odeurs, de fracas, de ruptures affectives et l’épouvante d’un carnage qui jour après jour ne semblait pas se terminer avec en prime l’omniprésence de la mort qui peut surgir à chaque instant. Ce rabâchage n'était-il rien d’autre que l'expression d'un traumatisme individuel et collectif que seuls les anciens poilus pouvaient partager. Aujourd'hui n'y-a-t-il pas l'intervention de cellules psychologiques dès qu'un évènement plus grave que d'autres fait irruption dans notre vie quotidienne? Combien en aurait-il fallu de ces cellules à cette époque où des millions d'hommes en vrac ont été jetés en sacrifice dans cet incroyable enfer que fut la première guerre industrielle de l'histoire. Guerre qui inventa toutes les évolutions technologiques militaires et qui furent expérimentées en grandeur nature au nom de l'orgueil des 793px-Bundesarchiv Bild 183-R05148, Westfront, deutscher Sopatries et du nationalisme sur les hommes de 35 pays.  qui firent les beaux jours des guerres du vingtième siècle.

 

Les jeunes en première ligne

 

Mais ces hommes qui étaient-ils? Des anciens, des vieux? Non, pour l'essentiel des jeunes, voire des très jeunes. Ce sont des jeunes qui ont été tués. Pour eux le temps s'est arrêté autour de leurs vingt ans. Pour les survivants, le temps à fait son œuvre. Il les a patinés, les transformant au regard des autres et des générations suivantes en "vieux" combattants. Pourtant ils étaient tout aussi jeunes que ceux qui sont morts lorsqu’ensemble ils évoluaient en enfer. Sans doute sont-ils revenus vivants, mais en conservant cet enfer en eux dans leur jeunesse en lambeaux, pauvres jeunes, pauvres vieux !

 

Les morts vivants

 

Je me souviens aussi du nombre incroyable de ces hommes invalides qui m'impressionnaient tant et qui sans le vouloir témoignaient dans la vie quotidienne et dans les lieux publics ou la sphère privée de cette terrible période dont ils n'étaient pas sortis indemnes ni dans leurs corps, ni dans leurs têtes. Mutilations qui chaque jour les poursuivront leur vie durant. C'est autour de leurs vingt ans qu'ils sont devenus aveugles, qu'ils ont été amputés d'un ou plusieurs membres, que leurs visages ont été emportés, que leurs poumons gazés ne fonctionnaient plus, ou encore qu'ils semblaient un peu "dérangés" dans leur comportement sans parler des sexes et testicules disparus (sujet tabou) et bien d’autres encore... C'est autour de leurs vingt ans qu'ils se sont retrouvés brutalement, avec une jambe de bois, un crochet ou une pince métallique en guise de main, dans une chaise roulante, avec un masque de cuir, une béquille ou encore une canne blanche. D'autres ont perdu la raison. Mais lorsque ces combattants se sont retrouvés invalides, ils étaient jeunes et six millions. La guerre a fait d'eux de jeunes invalides. Le temps passant comme pour tout le monde, ils sont devenus des anciens combattants invalides, donc souvent visibles. Gamin, je me rappelle de ces billets de la Loterie Nationale aux tirages dédiés aux "Gueules cassées" comme quoi la Grande Guerre était toujours bien présente dans la société. Ne perdons800px-British 55th Division gas casualties 10 April 1918 pas de vue qu'en 1958, la France était en guerre depuis quatre ans en Algérie où elle envoyait… ses jeunes, il ne s'était déroulé seulement quarante ans depuis l'armistice de 1918... et qu'entre temps, la seconde guerre mondiale et la guerre d'Indochine avaient eu lieu. 

 

Si les hommes étaient exposés physiquement, c'est toute la société qui retenait son souffle. Tous ces hommes avaient des mères, des sœurs, des cousines, des amours, des femmes et pour certains aussi des enfants. Que d'inquiétude dans des attentes interminables. Recevoir un courrier n'était en rien la certitude que cet homme, l'expéditeur bien aimé, fusse toujours en bon état, et vivant à l'instant de la lecture. Que de silence, que de larmes, que de deuils ces femmes ont vécus durement. Que de courage dans ce quotidien qu'il fallut assumer dans l'incertitude affective et matérielle en remplaçant les hommes à tous les étages de la vie économique et sociale. Ce qu'ont vécu ces Français et ces Françaises, fut partagé par tous les hommes et toutes les femmes des trente cinq pays engagés dans cet ouragan. La guerre ne fait pas de cadeaux et la violence des souffrances n'a pas de nationalité. Elle prélève son butin de victimes militaires et civiles et selon les zones géographiques de combat ou d'occupation, par le viol les femmes faisait partie du rituel de la guerre (c'est toujours d'actualité). Pour les bavards et il y en avait, parfois les flots de paroles cachaient l’essentiel. Que d’histoires personnelles et de ruptures intimes faites de non-dit, de douleurs, de larmes et de silence qui n’ont jamais été formulés par pudeur, mais aussi par un ressenti intuitif que ceux qui n’avaient pas vécu l’indicible ne pouvaient comprendre, trancheespartager, et réaliser ces histoires extraordinaires et tragiques. Pour mieux faire accepter et avaler l'insupportable aux populations, les autorités ont choisi de sublimer toutes ces souffrances autour d'un patriotisme exacerbé et élevé au rang de dévotion nationale. Pourtant, l'Europe venait de vivre le premier grand recul de civilisation. Profonde rupture dont, seules, mort, souffrances et larmes furent les vainqueurs de ce désastre sociologique, culturel, politique et économique qui fut le terreau du conflit suivant, vingt et un ans plus tard… 

 

Marcel et Maurice morts pour...

 

Le 2 août 1914, un gamin de vingt ans de Montargis, est  mobilisé. Ainsi, Marcel Burgunder, mon grand oncle, comme les autres, se trouve piégé dans un cercle vicieux de violence et de guerre venu des Balkans. "Allait-on se battre et mourir pour la Serbie?"s'inquiétaient les mobilisés, et bien oui.  C’est affublé d'un uniforme à peine modifié de celui de 1870 (dernière guerre entre la France et la Prusse), c'est-à-dire dans son pantalon rouge garance, et son képi rouge et bleu (depuis 1913) que le jeune Marcel est parti. Comme tant d'autres, ainsi vêtu il était une cible idéale ce qu'il fut cinq semaines plus tard lors de la bataille de la Marne. Mort en héros pour la France ou pour la Serbie? Lui a-t-on donné le choix ? Il est mort en esclave et bête de somme et n'avaitP1000571 aucune vocation à vingt ans de devenir un héros. Ce fut le grand chagrin et la grande colère de ma famille et particulièrement de son frère, mon grand-père. Marcel n'a pas eu le temps d'écrire, seul son nom s'est ajouté à la liste du monument aux morts de Montargis. 

  

la France, la Serbie… ou ? 

 

Originaire de Saint Firmin des Vignes (aujourd'hui Amilly), Maurice Petit avait 19 ans lorsqu'il fut incorporé en 1914. Il n'arrivera sur le front qu'en avril 1915 au lieu dit du Bois-le-Prêtre dans la Meurthe et Moselle. Le 1er juillet 1916 les forces britanniques et françaises lancent l’une des plus importantes confrontations de cette guerre : la bataille de la Somme. Celle-ci va durer jusqu’au 18 novembre 1916 et hors victimes civiles, elle est l’une des batailles les plus meurtrières de l’histoire humaine avec environ 1 060 000 victimes parmi les belligérants dont environ 442 000 morts ou disparus. Le régiment de Maurice Petit est engagé dans cette terrible bataille. A partir de 7h30 ce premier jour va être le plus meurtrier de la Grande Guerre. Des unités britanniques vont être éliminées jusqu’à 91%. 60 000 anglais sur les 100 000 engagés seront morts, disparus ou blessés au soir de cette journée dont 30 000 dans les six premières minutes de cette bataille qui va durer près de cinq mois. Le 2 juillet, Maurice écrit à ses parents. Ce sera la dernière lettre. Le 8 juillet il pleut fort, Maurice progresse sur le plateau face à Maurepas. Il est à trois cents mètres à l’est d’Hardecourt-aux-Bois, mes numérisations 001Il est 11 heures du matin, il tombe, une balle de mitrailleuse dans la tête vient d’avoir raison de sa vie. Il avait 21 ans. Jusqu’en 1974, ce fut l’âge de la majorité en France. C’est banal de dire que ce n’est pas un âge pour mourir. Il en avait peur et l’avait formulé dans son courrier. Il fait partie de ces 250 000 français dont on ne retrouvera pas le corps d’où un impossible deuil pour sa famille. Bien que maîtrisant mal l'écriture et l'orthographe, Maurice désireux de conserver un lien fort avec sa famille a écrit quelques 125 lettres, cartes postales et cartes "correspondance militaire" qui furent conservées avec soin par les siens. Beaucoup de sensibilité de délicatesse et de tendresse dans l'expression des  sentiments de ce jeune homme précipité dans l'horreur. Ces courriers ont été rassemblés et publiés en 2008 dans un ouvrage "Bientôt mes 20 ans" par Roland Mousset et Philippe Picoche aux éditions Cheminements, ZA du Bois d'Orties-49730 Turquant. www.cheminements.fr

 

Respect pour tous

 

Pour toutes ces raisons et beaucoup plus encore, j’ai gardé la mémoire et je m’incline avec beaucoup de respect devant tous les jeunes de ces trente cinq pays qui furent sacrifiés comme chair à canons sur l’autel des nationalismes et du profit. Mémoire n’est pas nostalgie, mais indispensable pour comprendre le présent et se projeter dans l’avenir.

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Société
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Lalik 23/11/2012 20:32


"Une très large majorité majorité des Français est favorable au mariage pour tous".


Cela reste à prouver (par un réferendum ?). Les porte parole autoproclamés du peuple sont péremptoires et font - de bonne foi - le jeu des extrêmes.


On débat tellement peu à Gauche que l'on considère que tout le monde est d'accord à part les homophobes, les fachos et les intégristes. Il semble pourtant que les homosexuels eux-mêmes n'y soient
pas majoritairement favorables.


Le libéralisme au niveau des moeurs accompagne le libéralisme économique.


Il faut lire Michéa sur ce thème. Avec le "mariage pour tous", on transige sur le genre et bientôt sur le nombre. C'est le cas au Brésil où 3 personnes se sont mariées entre elles.


Les individus sont libres de contractés comme ils veulent, c'est ça le libéralisme.


Thatcher ne savait pas ce qu'était une société, elle ne connaissait que des individus. La Gauche moderne qui considère que toute porte fermée doit être enfoncée ouvre les boites de Pandore les
unes après les autres.


Le capitalisme doit détruire toutes les structures (de l'ancien régime ?) qui lui sont antérieures pour laisser derrière lui un désert écologique, social et anthropologique.


Devons nous jouer ce jeu sans réfléchir et considérer que tout conservatisme doit être abattu ? Est-ce une priorité alors que les travaux du Club de Rome sont confirmés par de nouvelles études
qui annoncent un effondrement entre 2020 et 2030 ?


Un aménagement du PACS ne serait-il pas satisfaisant ?


 


 


 


 


 


 

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L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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