EGALITE DES
CHANCES...
Le Collectif « Sauvons les riches », dans le cadre de la campagne Europe-Ecologie, vise à instaurer un revenu maximal autorisé européen, de l’ordre de 30 fois le revenu médian, au-delà duquel les revenus seraient massivement imposés, sur le modèle
qu’avait instauré Franklin Roosevelt en 1942, qui a fait chuter les inégalités aux Etats-Unis durant 40 ans. Dans ce but, les jeunes contestataires, armés de baguettes de pain et de paquets
de spaghettis, interpellent à leur manière nos amis les riches, accrocs à un mode de vie destructeur, non-généralisable, et finalement tellement triste. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce Collectif, je vous présente l'une de ses actions récentes.
Ces militants pratiquent de
nouvelles formes d'action. Ce sont les fondateurs de "Jeudi noir", qui dénoncent le mal-logement des jeunes, et de "Générations Précaires", qui dénoncent la condition des stagiaires
dans l'emploi. Leur dernier né, « Sauvons les Riches », est une nouvelle machine d’interpellation médiatique. « On en avait marre de fournir des mal-logés, des stagiaires,
marre du regard misérabiliste sur les précaires. On a voulu changer les projecteurs de direction et montrer qu’une vie ne se réduit pas au porte monnaie », rapporte Manuel
Domergue. Avant le fils Sarko, ils avaient jeté leur dévolu sur un autre grand malade : le publicitaire Jacques Séguéla. Cette figure emblématique des années frics des années 80 s’est très bien
adaptée au style bling bling et néobeauf du Président. n'est-il pas l’auteur de cette phrase mythique (13 février 09, France 2) : « A 50 ans, si on n’a pas une Rolex, on a
raté sa vie ». Et ce, au moment où une crise économique - due en grande partie à une répartition inégalitaire des richesses, poussant les pauvres à s’endetter et les riches à en vouloir
toujours plus -, privent d’emploi des milliers de personnes c'est de très bon goût...
Mercredi, c’est le jour des enfants. Alors notre jeune collectif, le 22 avril dernier déguisé en Jeunes Populaires du 92, est venu perturber une cérémonie secrète initialement
interdite à la presse : ce midi, le Rotary Club organisait en effet en grandes pompes au luxueux Pavillon Dauphine une « conférence de Jean Sarkozy ». En réalité, il s’agissait ni
plus ni moins que de l’adoubement officiel par le gratin mondain du fils du « candidat des riches », appelé à devenir le candidat des riches lui-même. Une quarantaine de sauveurs
de riches ont tenté, au son du générique de Dallas, de ramener « le dauphin de la place Dauphine » dans le droit chemin.
Si le président du groupe UMP du Conseil général des Hauts-de-Seine a fait plutôt bonne figure, en revanche il
a été incapable de se prononcer sur une question pourtant simple : « Faut-il limiter les revenus les plus indécents ? ». « Vous savez, a-t-il déclaré,
dans mon département, il y a des riches et des pauvres. et il ne faut pas les opposer les uns aux autres ». Facile à dire quand on ripaille au Rotary, Jean… Mais pourquoi de telles
inégalités ? « Il faut savoir, a répondu le conférencier, que si certains sont riches, c’est parce qu’ils ont beaucoup travaillé ». Faut-il
comprendre que les pauvres le sont parce qu’ils n’ont pas assez travaillé ? Explication exquise dans la bouche d’un de ces héritiers qui, pour reprendre la phrase de Beaumarchais, « se
sont contentés de naître ».
Décidément, ce jeune homme à la dérive avait besoin de solides amarres à la réalité. Au menu du « kit de survie pour
retour sur terre », nous lui avons donc offert le livre "Sois stage et tais-toi", qui présente des témoignages de stagiaires de son âge exploités par leurs employeurs. Ainsi qu’un
ouvrage consacré aux nouveaux militants, pour lui montrer que la vraie politique s’exerce loin du Rotary-Club. Jean Sarkozy nous a promis qu’il était disponible pour débattre au calme avec nous,
mais sans répondre à nos multiples demandes de rendez-vous précis. Un courriel vient de lui être adressé pour préciser cette belle promesse. Suspens…
Hélas, triste témoignage de l’état de délitement de nos élites, nos slogans « Au Rotary / J’ai vraiment pas
d’amis », « Taxez les Rotariens / Aidez les roturiers »et autre « Première, deuxième, troisième maison de campagne / La propriété, c’est le bagne »n’ont pas
séduit outre-mesure les sommités du Rotary, qui ont repris en cœur durant de longues minutes « Cassez-vous / Bandes de cons ». Pas de doute possible, on était bien en
Sarkozie…
Et que dire de ce triste sire, assis à côté du dauphin, qui nous a distribué des miettes de pain à notre arrivée ?
Le collectif "Sauvons les riches" se désole d’avoir laissé le Rotary Club offrir une image si détestablement caricatural de lui-même. Nous qui nous étions si bien habillés pour faire bonne
figure, avons été choqués de rencontrer des gens si vulgaires.
Bilan des opérations : notre pétition a recueilli zéro signature et le journaliste de France Inter a renversé un
verre de vin rouge sur la table.
www.sauvonslesriches.lu
contact@sauvonslesriches.fr
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