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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 15:31
Gâtinais vigilance rouge: pétrole de schiste, Macron et Royal signent de nouveaux permis...

ENCORE DE MAUVAISES SURPRISES... DU GOUVERNEMENT !

À quelques semaines du lancement de la COP 21, le Journal officiel publie le 29 septembre dernier trois arrêtés ministériels signés Emmanuel Macron (Ministre des finances) et Ségolène Royal (Ministre de l’environnement). Ces arrêtés octroient trois nouveaux permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux. Les heureux bénéficiaires de ces permis sont respectivement les entreprises Vermilion, Lundin et Bluebach et concernent les permis de Champfolie (Seine-et-Marne), d’Esthéria (Marne) et d’Herbsheim (Bas-Rhin).

TOUTES A L’AFFUT…

Premier producteur d’hydrocarbures sur le sol français, Vermilion exploitant de quelques milliers de barils par jour, se donne les moyens d’attendre que « les temps changent ». Cela lui permet d’affirmer haut et fort qu’il respecte la loi (venant d’une entreprise c’est heureux !). Si cette loi venait à être modifiée, il la suivrait encore, et particulièrement si elle levait l’interdiction de l’exploitation des ressources non conventionnelles par la fracturation hydraulique, aujourd’hui interdite en France. En d’autres termes, Vermillon est à l’affut.

Le permis de Champfolie a été posé par Vermilion en 2009, à une époque qui ne remettait pas en cause la fracturation hydraulique en France, mais ce qui est le cas aujourd’hui. Ces signatures positives des deux ministres posent bien des questions. La géologie aurait-elle changé en six ans ? Quel est l’intérêt d’un permis de recherche de 120 km2 pour une entreprise qui détient déjà 13 permis et qui en réclame encore 26 ? Comment expliquer la nouvelle autorisation faite à Vermilion par le préfet de Seine-et-Marne de procéder à 30 nouveaux forages sur la concession de Champotran qui ne fait ne que 90 km2 ? Comment expliquer la demande d’autorisation faite par Vermilion de 10 nouveaux forages sur la concession de Vert-le-Grand ? Comment expliquer l’autorisation de deux nouveaux forages sur le permis de Saint-Just-en-Brie malgré les oppositions exprimées des membres du conseil municipal sur les registres de l’enquête publique du printemps dernier ?

Le permis d’Herbsheim à la frontière allemande, a été octroyé à l’entreprise Bluebach. Le décret signé par Macron et Royal précise que l’engagement minimal de l’entreprise Bluebach devra être de 1,98 million d’euros. Comment peut-elle répondre à cet engagement alors qu’il s’agit d’une entreprise uninominale qui ne dispose d’aucun salarié et dont le capital social est de 8378 €? Qu’importe, Bluebach a été rachetée en 2010 par Moore Energy basée en Norvège. Sur son site, Moore prend bonne note qu’actuellement la fracturation hydraulique est interdite en France tout en remarquant que « le sous-sol français regorge de ressources non conventionnelles ». Moore parie sur l’avenir et un changement de législation… elle ne s’en cache pas, c’est pourquoi cette société demande des permis de recherche.

REFORME DU CODE MINIER, LA TENTATION DU DÉCRET

Pour mémoire, l’actuel Code minier ne permet pas à un gouvernement de revenir sur un permis de recherche préalablement octroyé. De la même façon, il rend quasi-automatique la transformation d’un permis de recherche en une concession (exploitation). Obtenir un permis de recherche, pour une entreprise pétrolière, revient à « mettre le pied dans la porte ». Or, le Code minier ne fait pas la distinction entre hydrocarbures conventionnels (sans fracturation) et non conventionnels. Tout permis obtenu aujourd’hui sera valide encore dans quatre ou cinq ans. Le prix du pétrole, bas aujourd’hui, remontera un jour ; et la fracturation hydraulique, interdite aujourd’hui…C’est une vraie question.

Cette réforme du Code minier tant réclamée par les écologistes dont EELV est un sujet sensible. Sa préparation subit un intense lobbying pour assouplir la législation existante et faciliter les nouvelles exploitations minières. Le ministère de l’Economie a rédigé, en mars dernier, un avant-projet de loi modifiant plusieurs critères – exigences environnementales, sanitaires et de sécurité publique, procédures d’autorisation, participation du public, etc. Le texte prévoyait une série de réformes… par ordonnances… Un tollé de parlementaires, d’associations et d’industriels ont stoppé net l’idée-même du décret et de son contenu. Berçy est en train de revoir sa copie pour lâcher du lest sur les arrêtés… Avec Macron et Royal, on peut s’attendre au pire.

POURQUOI PAS DICY EN GÂTINAIS

Compte-tenu de la précipitation avec laquelle les ministres Macron et Royal signent des prolongations et des octrois de permis, va-t-on voir dans les jours prochains de nouveaux arrêtés ministériels concernant les permis de Dicy, Gastins, et une dizaine d’autres dossiers propulsés dans les tuyaux il y a un an par la ministre ? Permis, rappelons-le, dont l’objectif initial était le pétrole de schiste ? (voir sur ce blog).

LE DOUBLE LANGAGE DU GOUVERNEMENT...

Comment se fait-il qu’un gouvernement qui dit refuser l’exploration et l’exploitation des ressources non conventionnelles accepte que les gaz de couche soient exploités en Lorraine et dans le Nord-Pas-de-Calais en entretenant une confusion entre gaz de houille (le grisou) et gaz de couche (CBM) dont on observe les ravages produits en Autralie ?

Comment se fait-il qu’un gouvernement qui prétend vouloir participer à la lutte contre le réchauffement climatique autorise de nouvelles concessions de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux en métropole (une énergie du passé et qui empoisonne l’atmosphère) ???

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Publié par BURGUNDER Jean-Luc - dans Ecologie
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  • : Au-delà de mes opinions écologistes et de mon engagement depuis 1970, je suis libre de ma pensée et un citoyen comme les autres. J'ai mes certitudes, mes doutes, mes questionnements, mes coups de cœur, mes espoirs, mes colères et une curiosité toujours en éveil. De plus, sur ce blog, je ne me limite pas à la politique institutionnelle mais élargi ce périmètre à toutes les dimensions de la vie. La politique n’est-elle pas la vie de la citée ?
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Edward Hopper

L'expo est terminée, les oeuvres restent....numérisation0781

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PUSSY RIOT, RESTONS MOBILISES JUSQU'A LEUR LIBERATION

 

Nadejda Tolokonnikova (22 ans), Ekaterina Samoutsevitch (29 ans), et Maria Alekhina (24 ans), quasiment inconnues jusqu'alors, ont été condamnées le 17 août 2012 à deux ans de détention en camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» pour avoir chanté en février, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une «prière punk» d'une minute trente dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine». Cinq des dix chanteuses du Groupe Pussy Riot ont pris part à l'action, trois ont été arrêtées, les deux autres sont en fuite... Elles ont fait appel du jugement. Les artistes français sont restés d'une discrétion étonnante.

 

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Nadejda Tolokonnikova

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VIème République, 1980 une idée part, 2012 une idée...

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C'est au "Club de la Presse" d'Europe 1, le 30 novembre 1980, que Brice Lalonde, candidat aux présidentielles de 1981 de l'ensemble des écologistes, demande un changement de Constitution et le passage à une VIème République. Depuis 32 ans les écologistes n'ont eu de cesse de réclamer cette nouvelle Constitution. Aujourd'hui, après nous avoir raillés durant trois décennies, il y a tous ceux qui défilent en appellant de leurs souhaits l'avènement de cette fameuse VIème, comme quoi au bout de tout ce temps la victoire des idées nous revient. Ci-dessus la couverture d'ECOLOGIE n°333 de janvier 1980 (journal que j'animais). Pour en savoir plus sur ce blog, allez à mars 2007, bonne lecture.

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Prendre l'air...

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L'info d'hier et d'aujourd'hui

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En 1970, l’information militante écologiste ne passe pas, c’est le blocage dans les médias nationaux et plus encore régionaux. Outre le mépris de cette « grande presse », la communication et la liaison entre la multitude des groupes écologistes sont inexistantes à l’exception des écrits et des notes de Pierre Fournier dans Charlie Hebdo et des bonnes adresses dans le mensuel Actuel.

 

Le « Tout passe » est la formule clé qui fait toute l’originalité de l’APRE. L’équipe technique de Montargis se contente alors de rassembler les informations envoyées par les groupes ou individus, de les classer, les présenter, les envoyer aux abonnés et à l’ensemble de la presse. « Tout Passe », même parfois les réflexions les plus saugrenues, mais l’APRE est un lieu d’expression ouvert à tous, sans exclusive idéologique, culturelle ou spirituelle, sans qu’aucune sélection ne soit opérée. Avec les moyens de l’époque, nous étions déjà dans la démarche et l’esprit des réseaux sociaux d’aujourd’hui, la technologie en moins.

 

Le projet n’est pas journalistique. Le rôle assigné à cette Agence de Presse est de collecter toute information touchant à l’écologie, aussi bien celles militantes que celles du domaine scientifique. Les sources proviennent de tout groupe ou mouvement, de toute association ou personne, intéressés par une diffusion et une circulation plus large de l’information écologique. Il s’agit alors de transmettre toutes les informations réunies, seule liaison hebdomadaire au service des militants et pour sensibiliser les grands médias à l’écologie dont ils ne parlent jamais. Il faut dire que tous les grands journaux et autres médias (radios, télés) sont destinataires d’un ou plusieurs exemplaires gratuits pour des journalistes ciblés Ces services de presse gratuits sont considérés comme un acte militant. De même, toutes les informations insérées dans le bulletin sont gratuites, et seul le montant des abonnements permet au bulletin de l’APRE d’être publié et expédié chaque semaine.

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Le numéro d'avril 1979 d'ECOLOGIE annonce à sa " une" l'accident nucléaire de Three Mile Island, et également Europe Ecologie qui annonce sa candidature aux élections européennes du mois de juin. Les Ecologistes ont obtenu 7,4% aux élections cantonales.

 

Le numéro de mai 1986, c'est la catastrophe de Tchernobyl en URSS. Aujourd'hui c'est Fukushima au Japon. L'actualité d'hier ne cesse de rattraper celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi , alors que de 1973 à 1992, durant 20 ans, j'ai créé et animé des structures d'éditions, de production et de diffusion de la presse écologiste (Agence Presse Ecologie et Ecologie), 462 numéros parus, 30 dossiers et livres thématiques dont le premier ouvrage généraliste sur l'énergie solaire en France (1976), j'ai décidé de réouvrir cette presse et vous en faire partager les bons morceaux, non pas par nostalgie, mais simplement pour comparer et faire ressurgir ce qui fut un investissement financier important, un réseaux de compétences, de talents, d'intelligence collective et de solidarité. C'est incroyable ce que pour l'écologie, l'actualité d'aujourd'hui colle à celle d'hier. C'est pourquoi lorsque l'information le justifiera,  je vous livrerai des illustrations ou des articles parus durant ces 20 ans de l'APRE et d'ECOLOGIE. Vous serez surpris.

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